Chaque euro d’aide européenne à l’Afrique est associé à 6,80 euros d’exportations européennes supplémentaires, selon une étude d’ODI Global commandée par le réseau rani. Le chiffre est utile, mais il vient après l’essentiel, que rappelle la campagne « Un seul choix » du CNCD-11.11.11 : investir dans la solidarité internationale, c’est faire le choix de l’humanité. Or le gouvernement belge a décidé de couper 25 % du budget de la coopération.
Ce que la solidarité rend possible
Ouvrir l’école aux enfants d’Afrique centrale. Permettre à des enfants de naître sans le VIH en Afrique du Sud. Sécuriser les accouchements au Sahel. Appuyer les familles paysannes d’Asie pour une agriculture durable. Défendre les droits de celles et ceux qui produisent nos vêtements. Soutenir les personnes qui défendent la démocratie et l’environnement sous la menace de pouvoirs autoritaires. Apporter une aide humanitaire d’urgence. Le CNCD-11.11.11, coupole de plus de 70 ONG de développement de Belgique francophone et germanophone, décrit ainsi ce que permet chaque jour la coopération internationale.
Ses chiffres disent l’ampleur du résultat. L’extrême pauvreté dans le monde a été réduite de moitié en vingt ans, la mortalité infantile divisée par deux depuis 2000, et 327 millions d’enfants supplémentaires ont rejoint l’école depuis cette date. La coopération internationale y a largement contribué : elle change des vies par millions, et elle soutient la société entière.
Des acquis en danger
En 2025, l’aide mondiale au développement a été réduite de près d’un quart, la chute la plus importante jamais enregistrée, selon la campagne. L’OCDE a elle aussi fait état, en avril 2026, d’un net recul de l’aide internationale.
En Belgique, le gouvernement a décidé de couper 25 % du budget de la coopération au développement, ce qui contribue à l’affaiblissement mondial de la solidarité. D’après une étude publiée en février 2026 dans The Lancet Global Health, ces coupes d’aide pourraient causer jusqu’à 22 millions de décès supplémentaires d’ici 2030.
Le secteur n’a pas attendu pour réagir. Lors de la formation du gouvernement fédéral, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la Tour des Finances, à Bruxelles, pour refuser toute coupe et défendre la coopération comme compétence fédérale, selon BX1.
Un choix de société
Pour le CNCD-11.11.11, la coopération internationale est un choix de société : la coopération plutôt que le chacun pour soi, la solidarité plutôt que la loi du plus fort, l’ouverture plutôt que le repli, des ponts plutôt que des murs. Elle investit dans une prospérité partagée et dans la stabilité, elle prévient les crises, les pandémies et les conflits, elle prépare un futur plus juste et plus sûr pour toutes et tous.
La campagne demande donc au gouvernement belge de mettre un terme aux coupes et d’adopter un plan de croissance menant à l’objectif international de 0,7 % du revenu national brut, réaffirmé par l’Agenda 2030 des Nations Unies. Pour que chaque enfant aille à l’école, pour que chaque femme accouche en sécurité, pour que nous puissions toutes et tous vivre sur une planète vivante.
Ce que l’étude de rani ajoute
Publiée le 18 septembre 2026, l’étude d’ODI Global apporte un argument d’une autre nature. Sur la période 2005-2024, les exportations européennes vers les pays africains sont plus élevées là où l’aide des institutions européennes l’est aussi : 6,80 euros par euro d’aide, dont 5,05 en biens et 1,78 en services. Pour la Belgique, le chiffre atteint 15,42 euros, contre 4,50 pour l’Allemagne et 7,36 pour la France. L’aide commune étant attribuée à chaque pays selon sa part du budget européen, ces écarts invitent à la prudence.
Autre enseignement : l’aide mise en commun par les institutions européennes est associée à des gains d’exportation plus élevés que la même somme dépensée séparément par chaque État. Elle porte sur toute la coopération, y compris la santé, l’éducation et la gouvernance, et pas seulement sur les projets commerciaux.
Les auteur·rice·s précisent que ces montants sont des associations illustratives, pas des rendements budgétaires. Ils n’établissent pas de causalité, et le travail a été commandé par un réseau de plaidoyer. L’étude souligne aussi que les bénéfices commerciaux sont la conséquence d’un développement réussi, jamais une raison d’y attacher des conditions.
Pour une coupe de 25 %, ces données offrent un renfort bienvenu : l’Europe, et la Belgique en particulier, ne s’appauvrit pas en aidant. Elles ne sont toutefois pas le fondement. Un ministre des Finances peut se laisser convaincre par un taux de retour. Le choix de l’humanité, lui, n’en a pas besoin.
Quel choix ferons-nous ?
« Un seul choix » : la campagne du CNCD-11.11.11
Active depuis 1966, la coupole des ONG de développement interpelle les responsables politiques, mobilise la population et finance, par l’Opération 11.11.11, des programmes menés avec des partenaires du Sud. Son argumentaire complet est en ligne sur unseulchoix.be. La demande est claire : mettre fin aux coupes et reprendre la route des 0,7 %.
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Sources : CNCD-11.11.11, campagne « Un seul choix » ; rani et ODI Global, « EU Development Cooperation Delivers for Both Partners », 18 septembre 2026 (communiqué ODI) ; OCDE, communiqué d’avril 2026 ; BX1, mobilisation du secteur contre les coupes.
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