FUTURS, collectif belge francophone né le 28 mai 2026 d’un appel à la création d’une plateforme de vigilance démocratique, rassemble universitaires, artistes, syndicalistes, juristes, journalistes et associations. Son point de départ est un refus : celui de banaliser les thèmes de l’extrême droite et la contamination antidémocratique qui l’accompagne. Son pari tient en un verbe, fédérer.
À bas bruit, constate l’appel, des pensées, des discours et des actes s’écartent des valeurs de nos démocraties. La justice, les universités, la presse et la culture deviennent des lieux à contrôler. Pas à pas, au gré des discours populistes, l’impensable devient pensable et l’inacceptable devient acceptable. FUTURS observe ces mutations aux États-Unis et juge nos pays perméables.
L’appel a été lancé par Bernard Foccroulle, Thierry Michel, Christine Pireaux et Ricardo Gutierrez. Plusieurs dizaines de personnalités de tous horizons y ont répondu. Le collectif se définit comme un espace libre, pluraliste et indépendant, au service des mobilisations de la société civile, et refuse d’être une association de plus.
Un danger sans frontières sectorielles
Premier argument de l’appel : la transversalité. Les attaques ne visent pas un secteur à la fois, elles touchent simultanément toute la société civile. Une riposte uniquement sectorielle serait donc vouée à l’échec.
L’appel passe en revue huit terrains. Pour la presse, il cite 57 journalistes tués dans l’exercice de leurs fonctions en Europe depuis 2015, et 143 aujourd’hui emprisonnés, « et pas seulement en Ukraine ». Pour la justice, il dénonce le non-respect des décisions des institutions qui disent le droit, des attaques contre son indépendance et des moyens insuffisants. En matière migratoire, il relève des visites domiciliaires, le démantèlement de structures d’accueil et la non-application persistante de décisions de justice, en renvoyant à un rapport de la Commission européenne. À l’école et à l’université, il pointe la hausse du minerval, des critères de bourses plus durs, notamment en Flandre, et une priorité donnée à la réussite rapide sur la compréhension. Pour la culture, il décrit une guerre culturelle menée par l’extrême droite et ses relais, qui vise l’édition, les médias et la culture comme vecteur d’esprit critique. Pour les universités, il dénonce le dénigrement de la recherche et la délégitimation des sciences sociales. La protection sociale et l’écologie complètent le tableau.
Comment défendre la presse quand la justice qui la protège s’affaiblit ? Comment défendre l’école quand la précarité chasse les étudiant·e·s des amphithéâtres ? Prises une à une, ces questions trouvent des réponses partielles. Posées ensemble, elles obligent à regarder le mouvement d’ensemble.
Fédérer plutôt que multiplier
La démocratie, écrivent les initiateur·rice·s, « ne meurt pas d’un coup de force mais de renoncements répétés ». Seule une vigilance organisée, durable, enracinée dans les luttes sociales et l’action des personnes de terrain pourrait, selon eux, inverser le cours des choses et remettre au centre les droits humains tels qu’énoncés dans les conventions internationales.
Le nom de la plateforme joue sur le pluriel. Il s’agit de désamorcer le sentiment paralysant de « no future » au profit d’un réveil des futurs, avec tout ce que ce pluriel induit de possibilités réfléchies et solidaires, imaginatives et créatives. Le collectif annonce d’ailleurs que d’autres domaines viendront compléter les premières thématiques, notamment les atteintes aux droits des femmes et le rejet des minorités.
Six pistes pour agir
FUTURS organisera des événements qui mêlent sensibilisation aux enjeux démocratiques, débats et actions ciblées. Il veut élargir la plateforme à un maximum de citoyen·ne·s, chacun·e devenant un relais vers une rédaction, une scène, un prétoire, un amphithéâtre ou une section syndicale.
Le collectif ambitionne aussi de devenir force de propositions face aux difficultés identifiées, qu’elles touchent au climat, au social ou à la culture. Il produira des analyses sur les influences de l’extrême droite dans la vie du pays et renverra vers des analyses extérieures. Il tisse enfin des passerelles avec des initiatives démocratiques similaires, en Belgique et en Europe, pour les promouvoir et, au besoin, les fédérer, et il donne écho aux initiatives citoyennes et aux nouveaux récits porteurs d’espoir.
Chacun·e, un relais
L’appel fait de chaque lecteur·rice un maillon possible. Il demande peu de ce qui coûte beaucoup : parler de ces enjeux autour de soi, dans sa rédaction, sa section syndicale, son atelier, son amphithéâtre. La démarche se suit sur futurs.be.
Une plateforme ne remplace ni une rédaction, ni un syndicat, ni une association. Elle peut les relier, si chacun·e s’en saisit. Le diagnostic est posé, l’action s’organise.
Qui relaiera l’appel ?
#DroitsHumains #Démocratie #SociétéCivile #Vigilance #FUTURS
En savoir plus sur En avant
Subscribe to get the latest posts sent to your email.