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	<title>Philippe Hensmans - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
	<lastBuildDate>Thu, 13 Aug 2026 08:39:10 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Philippe Hensmans - En avant</title>
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		<title>Maisons de transition belges : liberté sans protection</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/08/13/maisons-transition-belgique-droits-protections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 08:39:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Détention]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<category><![CDATA[Espaces alternatifs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Non-Carcérale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les maisons de transition belges offrent une humanité sans droits. Zéro recours, zéro plainte indépendante, tests humiliants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>En Belgique, trois maisons de transition offrent un régime ouvert, du dialogue, des chances multiples. Mais le Mécanisme national de prévention des mauvais traitements en détention (MNP) vient de le révéler: ces lieux d&rsquo;humanité n&rsquo;ont pas de protections juridiques. Zéro recours contre révocation, zéro mécanisme de plainte indépendant, tests urinaires humiliants — la dignité s&rsquo;arrête parfois à la porte.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une avancée incontestable, mais fragile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les maisons de transition de Gentbrugge, Louvain et Enghien incarnent une rupture avec le carcéral classique. Elles fonctionnent en régime ouvert, avec des portes déverrouillées, un accompagnement intensif vers l&#8217;emploi, des permissions de sortie flexibles et un dialogue prioritaire sur la sanction. Pour celles et ceux qui sortent d&rsquo;années de détention, cela change tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le MNP l&rsquo;a vu lors de ses visites fin 2025 : cette humanité repose sur du vide juridique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les droits s&rsquo;arrêtent à la porte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun recours n&rsquo;existe contre révocation. La loi sur le statut externe ne le prévoit pas. Le contraste est saisissant : un transfert entre prisons ouvre droit à appel devant le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP). Une révocation de maison de transition : néant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus grave encore : il n&rsquo;existe pas de mécanisme de plainte externe et indépendant. Les trois maisons disposent de procédures internes, mais où aller se plaindre formellement ? Le CCSP ne possède pas cette compétence. Unia, institution publique interfédérale indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l&rsquo;égalité, ne traite que les cas de discrimination. Le MNP reçoit les signalements mais ne traite pas les plaintes individuelles. Un·e résident·e victime d&rsquo;une violation n&rsquo;a donc nulle part où se tourner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les normes internationales l&rsquo;exigent pourtant. Le MNP rappelle sans détour : cela contredit les Règles Nelson Mandela et les Règles pénitentiaires européennes. Comment protéger des droits quand aucun recours n&rsquo;existe ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sélectionner les « bons » condamnés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La loi énumère cinq critères : être à dix-huit mois de libération conditionnelle, être apte à la vie en communauté, ne pas présenter de contre-indications. En théorie, c&rsquo;est neutre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, d&rsquo;autres critères s&rsquo;ajoutent : maîtrise de langue requise, exclusion des faits médiatisés, absence de statut légal, orientation sexuelle, terrorisme. Aucune maison n&rsquo;accueille de femmes. Le MNP souligne qu&rsquo;aucune justification légale ne légitime ces exclusions supplémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire : ce tri s&rsquo;opère aussi au niveau des maisons elles-mêmes. Gentbrugge a refusé quatre candidat·e·s depuis son ouverture, Louvain en a refusé deux, Enghien une seule. Comment expliquer ces écarts ? Le MNP pose la question cruciale : les exploitant·e·s privés possèdent tout intérêt à ce que leurs projets réussissent. Cela peut les conduire à sélectionner préférentiellement les dossiers les plus « propres » — laissant ainsi de côté les personnes vulnérables qui auraient le plus besoin de cette passerelle. La logique du profit privé pèse-t-elle trop lourd dans une décision censée servir l&rsquo;intérêt public ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dignité mise à nu : les tests urinaires de Gentbrugge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP adresse sa critique la plus acérée aux tests urinaires pratiqués à Gentbrugge. Ces tests demeurent formellement volontaires : les participant·e·s y consentent lors de leur arrivée. Mais ils s&rsquo;accompagnent d&rsquo;une surveillance visuelle systématique, souvent exercée par du personnel du sexe opposé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP y voit une fouille à nu : exposition génitale sous surveillance. Cette pratique se déploie de façon systématique, sans indice concret justifiant chaque test. Ce traitement constitue une humiliation au sens de la Convention contre la torture et de la Convention européenne des droits humains (CEDH). Plusieurs participant·e·s ont confié au MNP que refuser serait perçu comme un aveu de culpabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette mesure s&rsquo;avère-t-elle vraiment nécessaire ? À Louvain et Enghien, les maisons ne pratiquent aucun test. Elles optent pour une approche purement comportementale : si quelqu&rsquo;un consomme, cela transparaît rapidement dans son implication au travail ou aux activités. Or, ces deux maisons n&rsquo;identifient pas plus de consommation que Gentbrugge, et elles n&rsquo;enregistrent pas davantage de révocations liées à la drogue. Le MNP en conclut qu&rsquo;une approche humiliante n&rsquo;apporte aucun bénéfice mesurable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, le secret médical s&rsquo;effiloche. Les maisons gèrent les médicaments des résident·e·s — une nécessité pratique bien réelle puisque les habitants entrent et sortent à des horaires variables. Mais cette gestion signifie que le personnel non médical connaît traitements, dépendances et diagnostics. Gentbrugge a formé un·e infirmier·ère pour encadrer cette pratique. Enghien utilise un système « crescendo » : les résident·e·s retrouvent progressivement le contrôle de leurs médicaments. Ces deux initiatives méritent d&rsquo;être saluées — mais elles restent insuffisantes. Le MNP recommande qu&rsquo;un nombre limité d&rsquo;agent·e·s responsables gère la médication, qu&rsquo;ils reçoivent une formation spécifique et que les registres évitent de mentionner le type de médicament.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après la maison : le piège</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici l&rsquo;ironie cruelle du système : on sort d&rsquo;une maison de transition en passant par la surveillance électronique (SE). Là où régnaient le régime ouvert et la flexibilité, on entre dans un système rigide : présence obligatoire à domicile selon un emploi du temps fixe, boîte de contrôle numérique qui géolocalise, procédures formelles requises pour chaque changement, zéro flexibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accompagnateurs, les prisons-mères et le tribunal de l&rsquo;application des peines vivent cette transition comme une régression. Le personnel des maisons retarde volontairement les demandes de libération conditionnelle pour l&rsquo;éviter. L&rsquo;assesseur du tribunal de Gand confirme : on cherche à contourner la SE quand c&rsquo;est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP pose un diagnostic clair : la libération conditionnelle devrait représenter la norme, non l&rsquo;exception. Cela exigerait de réviser les conditions d&rsquo;accès — permettre une transition plus précoce vers la libération plutôt que vers la SE. C&rsquo;est aussi une question économique : un retour en prison coûte cher à l&rsquo;État après qu&rsquo;une place en maison ait déjà été utilisée. La Direction générale des établissements pénitentiaires (DGD) contrôle ces placements, mais le cadre juridique demeure fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À nous d&rsquo;exiger le droit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP a remis son rapport. Les recommandations s&rsquo;énoncent clairement : cesser les tests urinaires, créer un recours contre révocation, étendre la compétence du CCSP aux maisons, imposer des exigences minimales de personnel, légaliser la transition vers libération conditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces structures ont prouvé qu&rsquo;on peut réintégrer sans murs. Elles ont montré qu&rsquo;on peut offrir des chances et de la dignité. Mais la dignité sans droits ne reste que du théâtre. La Belgique doit choisir : continuer sans fondations juridiques, ou enfin reconnaître que les condamné·e·s conservent des droits jusqu&rsquo;à la dernière porte. Ce n&rsquo;est pas de la complaisance. C&rsquo;est du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de l&rsquo;exiger.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/08/13/maisons-transition-belgique-droits-protections/">Maisons de transition belges : liberté sans protection</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Sans procédure, pas d&#8217;asile</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/18/sans-procedure-pas-asile-hcr-global-trends-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 14:48:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asile]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Demandeurs d'asile]]></category>
		<category><![CDATA[HCR]]></category>
		<category><![CDATA[Pacte migratoire]]></category>
		<category><![CDATA[Procédure d'asile]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rapport Global Trends 2025 du HCR enregistre le premier reflux du déplacement forcé depuis dix ans. Derrière ce chiffre rassurant se cache un basculement : les retours remplacent les procédures, et la protection recule là où l'on prétend la garantir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Le rapport Global Trends 2025 du HCR enregistre le premier reflux du déplacement forcé depuis dix ans. Derrière ce chiffre rassurant se cache un basculement : les retours remplacent les procédures, et la protection recule là où l&rsquo;on prétend la garantir.</em></p>

<h2 class="wp-block-heading">Un reflux qui n&rsquo;est pas une accalmie</h2>

<p class="wp-block-paragraph">Publié en juin 2026, le rapport du Haut-Commissariat aux réfugiés annonce 117,8 millions de personnes déracinées fin 2025, soit 5,4 millions de moins qu&rsquo;un an plus tôt. Première baisse en une décennie.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Le HCR ne se paie pas de mots sur l&rsquo;origine de cette décrue : elle tient presque entièrement à un volume inédit de retours, 14,7 millions en une année, dont 4,4 millions de réfugié·e·s. Non pas des solutions trouvées, mais des départs contraints. Le déplacement ne diminue pas parce que les causes s&rsquo;apaisent. Il diminue parce que les portes se ferment.</p>

<h2 class="wp-block-heading">Retours massifs, consentements introuvables</h2>

<p class="wp-block-paragraph">Le cas afghan est le plus net. Environ 2,9 millions d&rsquo;Afghan·e·s sont rentré·e·s en 2025, dont 1,9 million de réfugié·e·s, après le durcissement des politiques iraniennes et pakistanaises. Le HCR qualifie la plupart de ces retours d&rsquo;involontaires. Quatre retourné·e·s sur cinq depuis le Pakistan étaient des femmes et des enfants.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Ce que les enquêtes du HCR décrivent ensuite ressemble peu à une réinstallation : plus de quatre ménages sur cinq sautent au moins un repas par jour, un tiers n&rsquo;accède pas aux soins, moins de la moitié des filles retrouvent une scolarité comparable à celle des autres. En Syrie, un quart des réfugié·e·s revenu·e·s n&rsquo;ont plus de papiers civils. Le retour n&rsquo;est pas la fin du déplacement. C&rsquo;est souvent son déguisement statistique.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, la réinstallation s&rsquo;effondre : 81 800 arrivées en 2025, moins de la moitié de l&rsquo;année précédente, pour 2,9 millions de personnes identifiées comme en ayant besoin. Trois pour cent. La voie légale se referme au moment précis où l&rsquo;on reproche aux exilé·e·s d&#8217;emprunter les autres.</p>

<h2 class="wp-block-heading">Le taux de protection, thermomètre discret</h2>

<p class="wp-block-paragraph">Un chiffre, presque enfoui dans le chapitre asile, raconte l&rsquo;essentiel. Le taux de protection en procédure individuelle est passé de 55 % en 2024 à 42 % en 2025. Non parce que les besoins auraient reculé.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Les demandes syriennes en fournissent la démonstration. Les décisions les concernant chutent de 151 100 à 35 300, la plupart des États de l&rsquo;Union ayant suspendu leur examen après décembre 2024. La protection n&rsquo;a pas été refusée. Elle a été suspendue, différée, mise en attente — ce qui produit le même résultat sans jamais s&rsquo;écrire noir sur blanc. Neuf millions de personnes attendent une décision, neuvième année consécutive de hausse.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Une procédure d&rsquo;asile n&rsquo;est pas une formalité administrative. C&rsquo;est le seul moment où un État vérifie, individuellement, si renvoyer quelqu&rsquo;un revient à le mettre en danger. Sans elle, il ne reste que des chiffres de flux.</p>

<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Europe raccourcit ses propres garanties</h2>

<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union a passé l&rsquo;année 2025 à préparer l&rsquo;entrée en vigueur de son Pacte migratoire, effective le 12 juin 2026 : procédures accélérées aux frontières, listes de pays sûrs, examen au rabais. Chaque dispositif est présenté comme un gain d&rsquo;efficacité. Chacun retire du temps, du recours, de l&rsquo;examen individuel.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Le rapport du HCR rappelle pourtant que 65 % des réfugié·e·s vivent dans un pays voisin du leur et que les pays à revenu faible ou intermédiaire en accueillent 68 %. L&rsquo;Europe débat de saturation en hébergeant une fraction.</p>

<h2 class="wp-block-heading">Belgique : juger ne suffit plus</h2>

<p class="wp-block-paragraph">La Belgique offre le cas limite. Depuis janvier 2022, l&rsquo;État a été condamné plus de 16 000 fois pour n&rsquo;avoir pas hébergé des demandeur·euse·s de protection internationale. Les condamnations s&rsquo;accumulent, les astreintes restent impayées, et la politique de non-exécution des décisions de justice est aujourd&rsquo;hui assumée publiquement. En avril 2026, la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme a condamné le pays pour avoir laissé quatre demandeur·euse·s d&rsquo;asile sans abri des mois durant, malgré une ordonnance définitive du tribunal du travail.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Le nombre de demandes, lui, a baissé : 34 439 en 2025, treize pour cent de moins qu&rsquo;en 2024. La saturation invoquée ne suit donc pas la demande. Elle suit une décision.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Or, sans adresse, sans avocat·e, sans place, une procédure devient impraticable. Le droit d&rsquo;asile n&rsquo;a pas été aboli en Belgique. Il a été rendu inatteignable, ce qui coûte moins cher politiquement.</p>

<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>

<p class="wp-block-paragraph">Le rapport du HCR documente ce que subissent les personnes déracinées. En creux, il dit aussi ce que les États font de leurs propres engagements. Reste à faire appliquer.</p>

<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Asile #HCR #Belgique #PacteMigratoire #GlobalTrends2025</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/18/sans-procedure-pas-asile-hcr-global-trends-2025/">Sans procédure, pas d’asile</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>L&#8217;apport économique des migrant·e·s n&#8217;est plus une opinion</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/10/immigration-apport-economique-productivite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 20:14:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[démographie]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[migrations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une étude présentée au Forum de la BCE documente l'apport économique de l'immigration : productivité et investissement en hausse, sans effet inflationniste.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/10/immigration-apport-economique-productivite/">L’apport économique des migrant·e·s n’est plus une opinion</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Depuis des décennies, les associations de défense des personnes exilées répètent la même chose : accueillir profite à l&rsquo;économie. <a href="https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/sintra/ecb.forumcentbankpub2026_Peri_paper.en.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">Une étude présentée dans le cadre du Forum de la BCE </a>vient de le documenter à l&rsquo;échelle de trente-huit pays et de trente-cinq années. Et elle prolonge, chiffres à l&rsquo;appui, ce que l&rsquo;arithmétique démographique laissait déjà entrevoir.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une thèse longtemps militante, désormais chiffrée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail de Gaetano Basso, de la Banque d&rsquo;Italie, et des économistes Mitali Mathur et Giovanni Peri, de l&rsquo;université de Californie, part d&rsquo;un constat devenu familier : dans les pays de l&rsquo;OCDE, la population née sur place a cessé de croître, et l&rsquo;immigration compense l&rsquo;essentiel du recul. Rien de neuf pour les organisations qui accompagnent les migrant·e·s. Ce qui change, c&rsquo;est la méthode. Un jeu de données inédit couvre les flux venus des pays hors OCDE, de 1990 à 2024, et mesure leur effet sur la richesse produite. Longtemps portée par les seul·e·s militant·e·s, l&rsquo;idée que l&rsquo;immigration nourrit l&rsquo;économie se retrouve étayée par des chercheur·euse·s qu&rsquo;on ne soupçonnera pas de complaisance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La productivité, tirée par l&rsquo;investissement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat central est net. Quand les immigré·e·s augmentent d&rsquo;un point la population adulte d&rsquo;un pays, la production par travailleur·euse progresse d&rsquo;environ 1,9 % sur dix ans. Le moteur n&rsquo;a rien de mystérieux. Ces arrivées appellent des investissements, de nouvelles entreprises, des embauches. Là où le marché du travail manque de bras et de compétences, elles desserrent l&rsquo;étau. Plus frappant encore, la croissance de la population née sur place ne produit, elle, aucun de ces effets. Ajouter des habitant·e·s ne suffit donc pas ; ce sont bien les migrations qui font la différence. Les auteur·rice·s en donnent l&rsquo;ordre de grandeur : en Espagne, l&rsquo;immigration expliquerait jusqu&rsquo;à un tiers de la hausse de la productivité depuis 1990. La littérature qu&rsquo;ils rassemblent va dans le même sens. Aux États-Unis, les personnes immigrées fondent des entreprises bien plus souvent que les natif·ve·s, et plus de la moitié des start-up valorisées au-delà du milliard de dollars comptent un·e fondateur·rice venu·e d&rsquo;ailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ni remplacement, ni saturation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude désamorce au passage deux peurs tenaces. La première, celle du « remplacement ». Les données ne montrent presque aucun lien entre l&rsquo;arrivée d&rsquo;immigré·e·s et le déclin de la population née sur place ; les un·e·s ne chassent pas les autres, les deux phénomènes cohabitent sans se répondre. La seconde, celle de la « saturation ». Même dans les pays où les personnes d&rsquo;origine étrangère sont déjà nombreuses, l&rsquo;apport économique ne faiblit pas. Quant à l&rsquo;inflation, si souvent invoquée, elle ne bouge pas, car les migrant·e·s consomment autant qu&rsquo;ils et elles produisent. Faut-il vraiment une étude de banquiers centraux pour entendre ce que les associations répètent depuis trente ans ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le préjugé sur les « peu qualifié·e·s »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une nuance, que l&rsquo;honnêteté impose de dire. Les gains de productivité tiennent surtout aux personnes très diplômées ; l&rsquo;immigration moins qualifiée n&rsquo;améliore pas ces indicateurs, mais elle ne les dégrade pas davantage, contrairement à un lieu commun tenace sur les salaires. Or l&rsquo;image du « migrant peu qualifié » résiste mal aux chiffres : dans plus de huit cas sur dix, les personnes arrivées étaient plus diplômées que la population d&rsquo;accueil. Ce sont elles, précisément, qui tirent l&rsquo;innovation et la productivité d&rsquo;ensemble, souvent après quelques années d&rsquo;adaptation dans le pays. Les auteur·rice·s le reconnaissent, leurs estimations restent prudentes, parfois imprécises, des corrélations robustes à défaut de certitudes. Mais leur convergence, d&rsquo;un pays à l&rsquo;autre, force le respect.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Écouter enfin l&rsquo;arithmétique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En mars, nous décrivions une Europe qui se vide et refuse pourtant les personnes dont elle a besoin. Cette étude ajoute une pièce au dossier : non contente de combler un déficit démographique, l&rsquo;immigration soutient la prospérité. Comment continuer à opposer l&rsquo;accueil et l&rsquo;économie, quand les données montrent qu&rsquo;ils avancent ensemble ? Sur des terrains aussi concrets que les métiers en pénurie ou les caisses de pension sous tension, la contribution des migrant·e·s se mesure déjà, loin des fantasmes. Les défenseur·euse·s des droits humains n&rsquo;ont jamais réclamé qu&rsquo;on ferme les yeux sur les difficultés de l&rsquo;intégration. Ils et elles demandent qu&rsquo;on cesse de travestir les faits. Ces faits, désormais, s&rsquo;accumulent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux discours de suivre.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#Migration #Immigration #Économie #Démographie #DroitsHumains</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/10/immigration-apport-economique-productivite/">L’apport économique des migrant·e·s n’est plus une opinion</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Israël: Transformer le foin en aiguilles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi l'IA la plus avancée a-t-elle servi à tuer sans distinction à Gaza ? Ori Schwarz montre comment le calcul légitime des frappes de masse.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi mobiliser les technologies les plus avancées pour tuer sans distinction ? Le sociologue Ori Schwarz s&rsquo;est posé la question à propos de Gaza. Sa réponse, relayée par Hubert Guillaud  <a href="https://danslesalgorithmes.net/2026/06/30/pourquoi-lia-est-elle-utilisee-pour-faire-la-guerre/">Dans les algorithmes</a>, dérange : l&rsquo;intelligence artificielle n&rsquo;a pas servi à mieux viser, mais à légitimer l&rsquo;ampleur des frappes.</em></p>
<h2 class="wp-block-heading">Un paradoxe qui dérange</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armée israélienne s&rsquo;est vantée de sélectionner ses cibles à l&rsquo;aide des outils d&rsquo;IA les plus sophistiqués. Pourtant, le résultat ressemble à une destruction massive et indiscriminée. Dans un article pour *Big Data &amp; Society*, Ori Schwarz pointe la contradiction et la retourne en question : si l&rsquo;objectif est de tuer sans distinction, pourquoi une technologie aussi avancée serait-elle nécessaire ?</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse renverse l&rsquo;intuition. L&rsquo;IA n&rsquo;était pas requise pour personnaliser le traitement, mais pour justifier un traitement uniforme, en fabriquant des justifications sur mesure. Autrement dit, elle produit de la distinction au service de l&rsquo;indiscrimination.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Fabriquer des cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;image que le chercheur emploie est frappante. On présente souvent le big data comme l&rsquo;outil qui trouve l&rsquo;aiguille dans la botte de foin, la vraie menace parmi les innocent·e·s. Ici, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : il s&rsquo;agit de transformer le foin en aiguilles. D&rsquo;incriminer presque chaque habitant·e, presque chaque immeuble, en tissant autour de lui un récit singulier qui l&rsquo;associe à l&rsquo;ennemi.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce basculement s&rsquo;appuie sur deux mouvements anciens. L&rsquo;individualisation de la guerre, d&rsquo;abord, qui traite l&rsquo;adversaire comme un suspect à poursuivre. La juridicisation, ensuite : pour établir la légalité d&rsquo;une frappe, il faut des données. Beaucoup de données. Et l&rsquo;IA en produit à la chaîne.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Gospel, Lavender et l&rsquo;usine à cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Deux systèmes ont fonctionné en parallèle. Gospel pour les bâtiments, Lavender pour les personnes. Ce dernier attribuait à presque chaque habitant·e de Gaza un score de probabilité d&rsquo;appartenance au Hamas : trente-sept mille Palestinien·ne·s ainsi désigné·e·s par l&rsquo;algorithme. La méthode n&rsquo;a rien d&rsquo;inédit ; elle emprunte aux logiques de la police prédictive, dès 2015, quand un modèle scrutait déjà les réseaux sociaux d&rsquo;adolescent·e·s pour prédire un passage à l&rsquo;acte. Le score fait alors basculer la distinction entre combattant et civil d&rsquo;une catégorie binaire vers un continuum statistique.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2019, une Direction du ciblage a industrialisé la production. Au vingt-septième jour du conflit, l&rsquo;armée annonçait avoir frappé douze mille cibles et en générer douze cents nouvelles par jour, grâce à une « usine » tournant sans interruption. L&rsquo;accélération fut aussi politique : Netanyahou aurait reproché à son chef d&rsquo;état-major de n&rsquo;avoir bombardé « que » mille cinq cents objectifs en quarante-huit heures. Bilan, selon les chiffres cités : plus de soixante et onze mille morts, dont une part importante de femmes et de mineur·e·s, et une saisine de la Cour internationale de justice pour violation présumée de la Convention sur le génocide.</p>
<h2 class="wp-block-heading">La confiance dans les chiffres</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi le calcul rassure-t-il autant ? Parce qu&rsquo;un score porte une aura d&rsquo;objectivité. Chaque frappe devient juridiquement justifiée, chaque mort civile regrettable mais légitime. Le sociologue Eric Bonds parle de « violence humanisée » : une pratique de surveillance et d&rsquo;élimination doublée d&rsquo;un discours emprunté au langage des droits humains.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le glissement est subtil. En convertissant l&rsquo;incertitude morale en risques mesurables, l&rsquo;algorithme transforme un dilemme en procédure. Le statut moral ne dépend plus du résultat, mais du respect des étapes. On relève les seuils de « dommages collatéraux », on abandonne les tirs d&rsquo;avertissement censés protéger les habitant·e·s, et le taux de mortalité civile s&rsquo;envole. Préserver l&rsquo;éthique en l&rsquo;inscrivant dans le code : la promesse se retourne en son contraire.</p>
<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;humain, un alibi ?</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Reste la figure rassurante de l&rsquo;humain dans la boucle. Mais que valide-t-il, quand il lui faut vingt secondes pour approuver une recommandation ? Schwarz décrit même une stratégie de camouflage : dissimuler l&rsquo;IA derrière une analyste de confiance pour que les agents acceptent ses résultats. La machine ne décide pas, dit-on. Elle se contente de désigner.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur ajoute un avertissement. Une IA parfaite, sans erreur ni biais, produirait les mêmes effroyables conséquences, simplement en accélérant. Et ce pouvoir de légitimation ne restera pas confiné à un seul conflit : d&rsquo;autres armées, elles aussi attachées au droit international, adoptent des systèmes comparables.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La guerre de demain se jouera sur les données, leurs croisements sans limites et des seuils ajustables. Le droit international, lui, n&rsquo;a encore rien tranché.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Où s&rsquo;arrête le calcul ?</p>
<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity">
<p class="wp-block-paragraph">#IA #DroitsHumains #Gaza #Algorithmes #DroitInternational</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>À qui appartiendra l&#8217;intelligence artificielle ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 08:57:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Économie Des Plateformes]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1066</guid>

					<description><![CDATA[<p>Recension de l'entretien de Bernie Sanders dans Wired : l'IA comme question de pouvoir, de démocratie et de partage des richesses produites.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/">À qui appartiendra l’intelligence artificielle ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans un <a href="https://www.wired.com/story/the-big-interview-podcast-senator-bernie-sanders/?utm_source=nl&amp;utm_brand=wired&amp;utm_mailing=WIR_SystemUpdate_070226&amp;utm_campaign=aud-dev&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=WIR_SystemUpdate_070226&amp;bxid=5fd62ba971d49c530600b9ba&amp;cndid=63161527&amp;hasha=cf91fa6535c98cc1afad8e978f7db62a&amp;hashb=03e89099af63e2861c8c7627552fcc05ae43a705&amp;hashc=825a9a335fde5f7798257872d513fdf8aedd873bd23ef55a1f7aa3aab64715c6&amp;esrc=&amp;utm_term=WIR_Optdown" target="_blank" rel="noopener" title="">long entretien accordé à Wired fin juin</a>, le sénateur Bernie Sanders qualifie l&rsquo;intelligence artificielle de technologie la plus conséquente de l&rsquo;histoire humaine, et s&rsquo;alarme du silence qui l&rsquo;entoure au Congrès. Recension d&rsquo;une conversation où la question technique se mue, très vite, en question de pouvoir.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;éléphant dans la pièce</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bernie Sanders a 84 ans et une conviction ancienne : la richesse concentrée menace la démocratie. Depuis 2023, il en fait un combat neuf, celui de l&rsquo;intelligence artificielle. Ce qui le frappe d&rsquo;abord, confie-t-il à la journaliste Katie Drummond, c&rsquo;est un vide. Face à une technologie qui bouleversera « chaque aspect » de nos vies, il cherche au Congrès des débats à la hauteur et n&rsquo;en trouve aucun. Pas une loi d&rsquo;ampleur. Un éléphant au milieu de la pièce, que personne ne veut voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n&rsquo;a rien d&rsquo;un hasard, explique-t-il. Qu&rsquo;un·e élu·e s&rsquo;avise de réguler, et le lendemain des millions de dollars de publicités hostiles s&rsquo;abattent sur sa campagne. La peur, plus que l&rsquo;ignorance, tient les langues. D&rsquo;où deux initiatives. En mars, avec la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, il propose un moratoire sur la construction des centres de données tant que des garde-fous n&rsquo;existent pas. En juin, il dépose l&rsquo;American AI Sovereign Wealth Fund Act, qui taxerait les entreprises les plus riches du secteur pour reverser directement aux citoyen·ne·s une part de la richesse produite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À qui appartient le savoir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur quoi repose l&rsquo;IA ? Sur le travail et le savoir humains, répond Sanders. Les livres, les poèmes, les articles, les recherches scientifiques avalés par les modèles. Celles et ceux qui les ont produits n&rsquo;ont, eux, rien touché. Wired elle-même, rappelle sa directrice, n&rsquo;a perçu aucun dollar pour ce que l&rsquo;IA a moissonné dans ses pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là vient sa proposition la plus tranchante : que le public détienne la moitié de ces industries, avec la moitié des sièges au conseil d&rsquo;administration. La moitié des richesses créées reviendrait alors à la collectivité. Sam Altman, qu&rsquo;il a rencontré une heure, n&rsquo;a pas caché sa réticence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vertige des centres de données</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi la colère monte-t-elle contre les data centers ? Factures d&rsquo;électricité, bruit, saccage des paysages : les motifs immédiats sont concrets. Mais Sanders y lit autre chose. Dans une petite commune, cinq bénévoles d&rsquo;un conseil municipal se retrouvent face aux firmes les plus puissantes du monde, armées d&rsquo;avocat·e·s et d&rsquo;accords de confidentialité. Les habitant·e·s ignorent parfois ce qui se décide chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre de données, dit-il, cristallise un sentiment plus large : celui d&rsquo;une technologie imposée d&rsquo;en haut, sans consentement. Derrière la facture, il y a l&#8217;emploi. Six à huit millions de personnes conduisent camions, taxis et voitures avec chauffeur ; au Texas, des poids lourds roulent déjà sans personne au volant. Où iront ces travailleur·euse·s de cinquante ans, demande le sénateur, quand leur métier aura disparu ? Cette dépossession, il la voit déjà se retourner en mobilisation : assemblées locales, urnes, primaires new-yorkaises emportées par la gauche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Oligarchie et autoritarisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sanders refuse de séparer oligarchie et autoritarisme. « Frères jumeaux », dit-il. Il rappelle qu&rsquo;Elon Musk aurait dépensé quelque 290 millions de dollars pour faire élire Donald Trump, et que le premier déplacement du second mandat fut pour l&rsquo;Arabie saoudite. Fortune démesurée, mépris de la démocratie, appétit pour l&rsquo;IA : le triangle se referme. Comment, s&rsquo;étonne-t-il, peut-on juger impossible de garantir des soins à toutes et tous, mais parfaitement réaliste de bâtir des centaines de centres de données ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la peur intime, qu&rsquo;il nomme sans détour. Les deepfakes qui mettent des mots dans la bouche d&rsquo;autrui. La surveillance qui suit chaque trace laissée en ligne. Ces enfants confiés à des « compagnons » artificiels. Et l&rsquo;avertissement de Geoffrey Hinton, prix Nobel et pionnier du domaine, sur une perte de contrôle aux conséquences possiblement calamiteuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser la peur comme moteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument « il faut battre la Chine » ? Un épouvantail, tranche Sanders, une fausse urgence brandie pour tout permettre. Il dit avoir réuni autour d&rsquo;une même table des scientifiques américain·e·s et chinois·es, mus par les mêmes inquiétudes. Contre le fatalisme, il convoque l&rsquo;histoire longue des luttes : abolitionnistes, droits civiques, New Deal. Des combats jugés perdus d&rsquo;avance, et pourtant gagnés. Sa boussole tient en peu de mots : une semaine de travail allégée à salaire égal, des richesses partagées, et surtout le refus de céder ce qui nous rend humains à des machines vouées à la seule efficacité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien ne referme rien. Il laisse une question suspendue : une majorité en colère peut-elle peser plus lourd que quelques fortunes ? Sanders parie que oui, sans prétendre connaître la réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui tiendra la bougie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">#IntelligenceArtificielle #Démocratie #DroitsHumains #JusticeSociale #Oligarchie</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/">À qui appartiendra l’intelligence artificielle ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La peur d&#8217;accueillir, à l&#8217;épreuve des faits</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/21/peur-accueillir-epreuve-des-faits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 19:37:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asile]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1058</guid>

					<description><![CDATA[<p>Centres d'accueil de réfugié·e·s en Belgique : ce que la rumeur annonce, ce que les chiffres montrent. Emploi, écoles, sécurité, voisinage.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ouvrir un centre d&rsquo;accueil dans sa commune : peu de décisions suscitent autant d&rsquo;inquiétude. Pourtant, dès qu&rsquo;on regarde les données belges et européennes, le tableau redouté ne tient pas. Et si nos craintes en disaient plus long sur nous que sur celles et ceux que nous accueillons  ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la peur raconte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant même qu&rsquo;un·e réfugié·e n&rsquo;ait posé ses valises, le récit est déjà écrit. Effondrement de l&rsquo;immobilier, insécurité, écoles débordées, montée des extrêmes : la rumeur précède les personnes. À Anderlecht comme ailleurs, des riverain·e·s s&rsquo;alarment, des collectifs s&rsquo;organisent, parfois venus d&rsquo;autres communes que celle concernée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette peur n&rsquo;est pas illégitime. Elle se nourrit de l&rsquo;inconnu, de quelques nuisances réelles — bruit, propreté, occupation de l&rsquo;espace public — et de biais que les réseaux amplifient. Mais une peur sincère reste une peur, pas un fait. Et les faits, eux, racontent une tout autre histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;économie discrète d&rsquo;un voisinage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un centre, c&rsquo;est d&rsquo;abord des liquidités qui irriguent le commerce local. À Florennes, 583 résident·e·s et 85 professionnel·le·s forment plus de 650 client·e·s par jour pour les supermarchés, les sandwicheries, le marché hebdomadaire. L&rsquo;État verse à la commune 342,21 euros par place : près de 200 000 euros par an, réinjectés dans des animations ouvertes à toutes et tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a l&rsquo;école. Là-bas, 126 enfants du centre remplissent une douzaine de classes — des classes parfois menacées de fermeture, des postes d&rsquo;enseignant·e·s préservés. À plus long terme, le calcul penche du même côté : les impôts versés par les personnes accueillies dépassent le coût de leur prise en charge, et leur goût de l&rsquo;entreprise revitalise des quartiers en peine. Accueillir, ici, c&rsquo;est aussi sauver le tissu d&rsquo;un village.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le risque, vraiment mesuré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question qui fâche : la sécurité. Sur ce point, la recherche internationale est nette. En Allemagne, le bilan de la crise de 2015 n&rsquo;établit aucun lien entre l&rsquo;intensité de l&rsquo;immigration et le fait, pour les habitant·e·s, d&rsquo;être victimes de violences. Le vrai moteur de la délinquance, c&rsquo;est l&rsquo;impossibilité de travailler : au Royaume-Uni, interdire l&#8217;emploi aux demandeur·euse·s d&rsquo;asile a fait grimper les atteintes aux biens. En Belgique, la « carte orange » ouvre le travail après quatre mois, et désamorce ce risque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sentiment d&rsquo;insécurité, lui, suit rarement les chiffres. Quand des frictions naissent, la concertation y répond : à Anderlecht, des interpellations citoyennes ont mené à réduire la capacité du centre et à renforcer les médiateur·rice·s de quartier. L&rsquo;immobilier ? En ville dense, l&rsquo;effet sur les prix est nul. Les baisses documentées par la recherche ne concernent que les méga-centres ruraux de plus de 500 places. À Uccle, le centre de la rue du Ham héberge depuis des années 72 mineur·e·s isolé·e·s, sans la moindre hausse de délinquance dans le quartier de Saint-Job.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effet du contact</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus déroutant encore : là où un centre s&rsquo;installe, le vote nationaliste recule en moyenne de 2 %. Non par conversion des plus convaincu·e·s, mais parce que les électeur·rice·s les plus inquiet·ète·s, voyant le quotidien paisible du centre, se démobilisent. La réalité désarme la peur. Et l&rsquo;effet dure : il s&rsquo;amplifie même sur dix ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce que les sociologues nomment la théorie du contact : on redoute moins ce que l&rsquo;on côtoie. À Barvaux, des tournois de bingo réunissent demandeur·euse·s d&rsquo;asile et pensionnaires d&rsquo;une maison de repos. Ailleurs, la Croix-Rouge organise cours de langue, ateliers de couture, apprentissage du vélo — autant d&rsquo;occasions de se croiser pour de vrai. Rien de spectaculaire. Juste des liens qui se nouent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Reste à le faire savoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres existent. Les communes hospitalières aussi : Uccle s&rsquo;est déclarée telle, comme des dizaines d&rsquo;autres avec le CNCD-11.11.11. Ce qui manque rarement, ce sont les preuves. Ce qui manque souvent, c&rsquo;est de les faire circuler avant que la peur ne prenne toute la place. Les communes qui réussissent le savent : un accueil réparti dans de petits logements plutôt qu&rsquo;entassé, une information donnée tôt et sans détour, et la rumeur perd vite de sa prise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la solidarité ne va pas de soi : elle se construit rue par rue, école par école, voisin·e par voisin·e. La vraie question n&rsquo;est peut-être pas « faut-il accueillir ? », mais : qui racontera l&rsquo;accueil avant que la rumeur ne le fasse ? Et serons-nous, cette fois, du bon côté du récit ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accueillir nous regarde.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Asile #Belgique #CommunesHospitalières #VivreEnsemble</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en savoir plus:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Fedasil: Accueil, <a href="https://www.fedasil.be/fr">https://www.fedasil.be/fr</a></li>



<li>Le centre d&rsquo;accueil : du positif pour toute la commune ! | Fedasil, <a href="https://www.fedasil.be/fr/actualites/accueil-des-demandeurs-dasile/le-centre-daccueil-du-positif-pour-toute-la-commune">https://www.fedasil.be/fr/actualites/accueil-des-demandeurs-dasile/le-centre-daccueil-du-positif-pour-toute-la-commune</a></li>



<li>The Fiscal Impact of Refugees and Asylees at the Federal, State, and Local Levels from 2005-2019 &#8211; ASPE.hhs.gov, <a href="https://aspe.hhs.gov/reports/fiscal-impact-refugees-asylees">https://aspe.hhs.gov/reports/fiscal-impact-refugees-asylees</a></li>



<li>How refugees strengthen the U.S. economy | The IRC &#8211; International Rescue Committee, <a href="https://www.rescue.org/article/how-refugees-strengthen-us-economy">https://www.rescue.org/article/how-refugees-strengthen-us-economy</a></li>



<li>A Closer Look: The Economic Benefits of Welcoming Refugees &#8211; CWS, <a href="https://cwsglobal.org/blog/a-closer-look-the-economic-benefits-of-welcoming-refugees/">https://cwsglobal.org/blog/a-closer-look-the-economic-benefits-of-welcoming-refugees/</a></li>



<li>Refugee Integration &amp; Economic Contributions to the United States, <a href="https://rcusa.org/wp-content/uploads/2019/10/Refugee-Integration-Economic-Contributions.pdf">https://rcusa.org/wp-content/uploads/2019/10/Refugee-Integration-Economic-Contributions.pdf</a></li>



<li>Des centres d&rsquo;accueil gérés par des réfugiés offrent un lieu sûr et un soutien à l&rsquo;intégration | UNHCR Belgique et Luxembourg, <a href="https://www.unhcr.org/be/actualites/articles-et-reportages/des-centres-d-accueil-geres-par-des-refugies-offrent-un-lieu-sur">https://www.unhcr.org/be/actualites/articles-et-reportages/des-centres-d-accueil-geres-par-des-refugies-offrent-un-lieu-sur</a></li>



<li>The effect of 3.6 million refugees on crime|JDC &#8211; Joint Data Center on Forced Displacement, <a href="https://www.jointdatacenter.org/literature_review/the-effect-of-3-6-million-refugees-on-crime/">https://www.jointdatacenter.org/literature_review/the-effect-of-3-6-million-refugees-on-crime/</a></li>



<li>The effect of asylum seeker reception centers on nearby house prices: Evidence from The Netherlands, <a href="https://www.jointdatacenter.org/literature_review/the-effect-of-asylum-seeker-reception-centers-on-nearby-house-prices-evidence-from-the-netherlands/">https://www.jointdatacenter.org/literature_review/the-effect-of-asylum-seeker-reception-centers-on-nearby-house-prices-evidence-from-the-netherlands/</a></li>



<li>The effect of asylum seeker reception centers on nearby house prices_ Evidence from The Netherlands &#8211; the University of Groningen research portal, <a href="https://research.rug.nl/files/103311702/1_s2.0_S1051137718302651_main.pdf">https://research.rug.nl/files/103311702/1_s2.0_S1051137718302651_main.pdf</a></li>



<li>Pas à pas Chercher ensemble un logement pour les réfugiés &#8211; Caritas International, <a href="https://www.caritasinternational.be/wp-content/uploads/2017/11/171122-Brochure-Logement-FR-l.pdf">https://www.caritasinternational.be/wp-content/uploads/2017/11/171122-Brochure-Logement-FR-l.pdf</a></li>



<li>Le centre public d&rsquo;action sociale: ses missions &#8211; UVCW, <a href="https://www.uvcw.be/focus/aide-sociale/art-2398">https://www.uvcw.be/focus/aide-sociale/art-2398</a></li>



<li>Aides aux réfugiés &#8211; Uccle, <a href="https://www.uccle.be/fr/ma-commune/solidarite-internationale/aides-aux-refugies">https://www.uccle.be/fr/ma-commune/solidarite-internationale/aides-aux-refugies</a></li>



<li>LES COMMUNES AU SERVICE DU CITOYEN &#8211; Brulocalis, <a href="https://brulocalis.brussels/sites/default/files/2022-05/les-communes-au-service-du-citoyen_bd.pdf">https://brulocalis.brussels/sites/default/files/2022-05/les-communes-au-service-du-citoyen_bd.pdf</a></li>



<li>Initiative locale d&rsquo;accueil ILA &#8211; CPAS Uccle, <a href="https://cpasuccle.be/initiative-locale-daccueil/">https://cpasuccle.be/initiative-locale-daccueil/</a></li>



<li>Immigration and Crimes against Natives: The 2015 Refugee Crisis in Germany &#8211; IZA@LISER Network, <a href="https://docs.iza.org/dp12469.pdf">https://docs.iza.org/dp12469.pdf</a></li>



<li>How are asylum reception centers perceived in local communities? House prices as a mirror of minds &#8211; Knowledge for policy, <a href="https://knowledge4policy.ec.europa.eu/sites/default/files/proietti-et-al-the-effect-of-asylum-seekers-reception-centres-on-house-prices.pdf">https://knowledge4policy.ec.europa.eu/sites/default/files/proietti-et-al-the-effect-of-asylum-seekers-reception-centres-on-house-prices.pdf</a></li>



<li>Price and Prejudice: Housing Rents Reveal Racial Animus &#8211; ifo Institut, <a href="https://www.ifo.de/DocDL/cesifo1_wp10369.pdf">https://www.ifo.de/DocDL/cesifo1_wp10369.pdf</a></li>



<li>Immigration et délinquance : réalités et perceptions &#8211; CEPII, <a href="https://www.cepii.fr/PDF_PUB/lettre/2023/let436.pdf">https://www.cepii.fr/PDF_PUB/lettre/2023/let436.pdf</a></li>



<li>EU research disproves link between immigration and increased crime | News &#8211; CORDIS, <a href="https://cordis.europa.eu/article/id/20635-eu-research-disproves-link-between-immigration-and-increased-crime">https://cordis.europa.eu/article/id/20635-eu-research-disproves-link-between-immigration-and-increased-crime</a></li>



<li>Immigration and Crime: Evidence for the UK and Other Countries &#8211; Migration Observatory, <a href="https://migrationobservatory.ox.ac.uk/resources/briefings/immigration-and-crime-evidence-for-the-uk-and-other-countries/">https://migrationobservatory.ox.ac.uk/resources/briefings/immigration-and-crime-evidence-for-the-uk-and-other-countries/</a></li>



<li>Crime and Immigration: Evidence from Large Immigrant Waves &#8211; LSE, <a href="https://personal.lse.ac.uk/machin/drafts/crime%20and%20immigration.pdf">https://personal.lse.ac.uk/machin/drafts/crime%20and%20immigration.pdf</a></li>



<li>The Crime Effect of Refugees &#8211; NBER, <a href="https://www.nber.org/system/files/working_papers/w30070/w30070.pdf">https://www.nber.org/system/files/working_papers/w30070/w30070.pdf</a></li>



<li>Cohabiter à Sangatte &#8211; GISTI, <a href="https://www.gisti.org/doc/plein-droit/58/cohabiter.html">https://www.gisti.org/doc/plein-droit/58/cohabiter.html</a></li>



<li>Interpellation de S. BENNANI, relative au centre d&rsquo;accueil pour personnes en migration « Belrefugees » &#8211; Anderlecht, <a href="https://www.anderlecht.be/sites/default/files/medias/Files/politique/interpellations%20conseillers/2026/Interpellation%20de%20S.%20BENNANI%2C%20relative%20au%20centre%20d%E2%80%99accueil%20pour%20personnes%20en%20migration%20Belrefugees.pdf">https://www.anderlecht.be/sites/default/files/medias/Files/politique/interpellations%20conseillers/2026/Interpellation%20de%20S.%20BENNANI%2C%20relative%20au%20centre%20d%E2%80%99accueil%20pour%20personnes%20en%20migration%20Belrefugees.pdf</a></li>



<li>Accueil des demandeurs d&rsquo;asile &#8211; Bruxelles Social &#8211; Sociaal Brussel, <a href="https://social.brussels/category/871">https://social.brussels/category/871</a></li>



<li>croix-rouge de belgique &#8211; centre d&rsquo;accueil d&rsquo;uccle &#8211; Bruxelles Social &#8211; Sociaal Brussel, <a href="https://social.brussels/organisation/17692">https://social.brussels/organisation/17692</a></li>



<li>L&rsquo;expérience des demandeurs d&rsquo;asile détenus au Canada – Criminologie &#8211; Érudit, <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/crimino/2013-v46-n1-crimino0551/1015295ar/">https://www.erudit.org/fr/revues/crimino/2013-v46-n1-crimino0551/1015295ar/</a></li>



<li>Belgique. Les manquements persistants en matière d&rsquo;accueil bafouent les droits et la dignité des personnes en quête d&rsquo;asile &#8211; Amnesty International, <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/04/belgium-persistent-failure-to-provide-reception-violates-rights-and-dignity-of-people-seeking-asylum/">https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/04/belgium-persistent-failure-to-provide-reception-violates-rights-and-dignity-of-people-seeking-asylum/</a></li>



<li>Séjour en centre d&rsquo;accueil &#8211; Fedasil, <a href="https://www.fedasil.be/fr/reseau-daccueil/sejour-en-centre-daccueil">https://www.fedasil.be/fr/reseau-daccueil/sejour-en-centre-daccueil</a></li>



<li>Trafficking in Persons &amp; Smuggling of Migrants Module 5 Key Issues: Vulnerability &#8211; UNODC, <a href="https://www.unodc.org/cld/fr/education/tertiary/tip-and-som/module-5/key-issues/vulnerability.html">https://www.unodc.org/cld/fr/education/tertiary/tip-and-som/module-5/key-issues/vulnerability.html</a></li>



<li>Reception Centers and Practices for Women Migrants &#8211; PMC &#8211; NIH, <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12238843/">https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12238843/</a></li>



<li>À propos des Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles &#8211; Belgium.be, <a href="https://cpvs.belgium.be/fr/a-propos-des-centres-de-prise-en-charge-des-violences-sexuelles">https://cpvs.belgium.be/fr/a-propos-des-centres-de-prise-en-charge-des-violences-sexuelles</a></li>



<li>When is Contact Effective? Evidence on Refugee-Hosting and Far-Right Support in France. * &#8211; Paris School of Economics, <a href="https://www.parisschoolofeconomics.eu/app/uploads/2024/11/schneider-sarah-jmp.pdf">https://www.parisschoolofeconomics.eu/app/uploads/2024/11/schneider-sarah-jmp.pdf</a></li>



<li>C&rsquo;est quoi une Commune hospitalière ? &#8211; CNCD-11.11.11, <a href="https://www.cncd.be/-site-commune-hospitaliere-kesako-">https://www.cncd.be/-site-commune-hospitaliere-kesako-</a></li>



<li>Les personnes en situation irrégulière de séjour &#8211; COMMUNE D&rsquo;UCCLE, <a href="https://www.uccle.be/sites/default/files/filemanager/Legal/CC-GR/CC-2020-05-28-Interpellation.NORRE_Les_personnes_en_situation_irreguliere_de_sejour_pendant_la_crise_du_coronavirus_U1180_fr_0.pdf">https://www.uccle.be/sites/default/files/filemanager/Legal/CC-GR/CC-2020-05-28-Interpellation.NORRE_Les_personnes_en_situation_irreguliere_de_sejour_pendant_la_crise_du_coronavirus_U1180_fr_0.pdf</a></li>



<li>Migration et inclusion | Croix-Rouge de Belgique, <a href="https://croix-rouge.be/fr/migration-et-inclusion">https://croix-rouge.be/fr/migration-et-inclusion</a></li>



<li>Migration et inclusion | Croix-Rouge de Belgique, <a href="https://croix-rouge.be/migration-et-inclusion">https://croix-rouge.be/migration-et-inclusion</a></li>



<li>Aider dans un centre d&rsquo;accueil | UNHCR Belgique et Luxembourg, <a href="https://www.unhcr.org/be/aider-dans-un-centre-daccueil">https://www.unhcr.org/be/aider-dans-un-centre-daccueil</a></li>



<li>L&rsquo;installation des réfugiés dans la commune : quel accueil et comment le préparer ?, <a href="https://accueil-integration-refugies.fr/wp-content/uploads/2024/07/Guide-accueillir-et-integrer-les-personnes-refugiees-en-milieu-rural-ed-2024-Partie-2.pdf">https://accueil-integration-refugies.fr/wp-content/uploads/2024/07/Guide-accueillir-et-integrer-les-personnes-refugiees-en-milieu-rural-ed-2024-Partie-2.pdf</a></li>
</ol><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/21/peur-accueillir-epreuve-des-faits/">La peur d’accueillir, à l’épreuve des faits</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Droits sociaux : l&#8217;interdiction de reculer</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/18/droits-sociaux-linterdiction-de-reculer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 06:35:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1053</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rapport 2025 de l'IFDH : le principe de standstill interdit de réduire les droits sociaux sans le justifier. Les réformes en cours l'éprouvent.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/18/droits-sociaux-linterdiction-de-reculer/">Droits sociaux : l’interdiction de reculer</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>En 2025, la Belgique a raboté le chômage, durci les pensions et alourdi les sanctions visant les malades de longue durée. <a href="https://institutfederaldroitshumains.be/sites/default/files/2026-06/Rapport-annuel-2025-IFDH.pdf" title="">Dans son rapport annuel</a>, l&rsquo;Institut fédéral des droits humains rappelle qu&rsquo;un principe constitutionnel encadre ces reculs : on ne régresse pas sans le justifier. Et si ce garde-fou méritait enfin d&rsquo;être connu ?</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rempart nommé standstill</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1994, l&rsquo;article 23 de la Constitution garantit le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine : travail, sécurité sociale, santé, logement. La Cour constitutionnelle en déduit une obligation de « standstill » : les autorités ne peuvent pas réduire sensiblement le niveau de protection sociale sans justification raisonnable d&rsquo;intérêt général. Les trois plus hautes juridictions du pays le confirment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un frein à toute réforme. Le relèvement de l&rsquo;âge de la pension de 65 à 67 ans a passé le test. Mais reculer, désormais, exige des preuves. Et l&rsquo;IFDH constate que ces reculs « tendent à se multiplier ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car ces droits ne sont pas un supplément d&rsquo;âme. Sans revenu décent ni accès aux soins, la liberté d&rsquo;expression ou la vie privée deviennent abstraites. Les droits humains forment un tout : l&rsquo;Institut parle d&rsquo;indivisibilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui paie l&rsquo;addition ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres du rapport dérangent. Limitation des allocations de chômage à deux ans, réforme du retour au travail des personnes malades : une absence injustifiée à une évaluation du « potentiel de travail » peut désormais coûter 100 % de l&rsquo;indemnité, contre 2,5 % auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or 38 % des personnes en incapacité de longue durée souffrent de troubles liés à la santé mentale, celles-là mêmes qui risquent de manquer un rendez-vous. Et la maladie frappe d&rsquo;abord les plus pauvres : 37 % des plus précaires déclarent un problème de santé durable, contre 17 % des plus aisé·es. Sanctionner les plus fragiles, est-ce vraiment « favoriser le retour à l&#8217;emploi » ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ne s&rsquo;additionnent pas par hasard. Allocations plafonnées, impôt alourdi sur le chômage, indexation rognée au-delà de 2 000 euros : prises ensemble, elles peuvent retirer quelque 700 euros net à une mère cohabitante, qui manquent ensuite à tout le ménage. L&rsquo;Institut réclame qu&rsquo;on mesure cet effet cumulé, presque jamais chiffré dans les débats.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La richesse monte, la protection descend</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici le paradoxe que l&rsquo;Institut met en lumière. Depuis 1960, le PIB belge croît presque sans interruption. Pourtant, la protection sociale, elle, régresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, l&rsquo;État consacre 25 milliards d&rsquo;euros par an aux subventions aux entreprises : 4 % du PIB, soit 1,5 % de plus que les pays voisins, selon la Banque nationale. Les deux tiers sont des subventions salariales dont l&rsquo;efficacité reste, de l&rsquo;aveu même de la BNB, « mitigée ». Comment justifier de rogner sur les indemnités des plus vulnérables quand des milliards filent ailleurs sans évaluation sérieuse ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;urgence comme méthode</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs de ces réformes structurelles ont été votées en procédure d&rsquo;urgence. À la Chambre, le temps de parole peut alors tomber à cinq minutes par orateur·rice. L&rsquo;IFDH rappelle que cette pratique heurte les lignes directrices de l&rsquo;OSCE et de l&rsquo;Agence européenne des droits fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même précipitation gagne le travail de nuit, que la réforme de la flexibilité banalise, alors que le Centre international de recherche sur le cancer le classe « cancérigène probable ». Le message de l&rsquo;Institut est net : de vraies études d&rsquo;impact, avant comme après le vote, et pas d&rsquo;urgence pour ce qui engage durablement les droits sociaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des contre-pouvoirs qui tiennent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;inscrit dans un tableau plus large : arriéré judiciaire, surpopulation carcérale, et plus de 17 000 condamnations de l&rsquo;État belge, sur l&rsquo;accueil des demandeur·euses d&rsquo;asile, restées sans effet. Quand l&rsquo;État n&rsquo;exécute plus ses propres jugements, quel poids garde encore la loi ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, tout n&rsquo;est pas écrit. Le standstill est un levier, à disposition de qui veut s&rsquo;en saisir : juges, avocat·es, syndicats, associations comme la Ligue des familles, citoyen·nes. Encore faut-il que ces voix puissent porter : l&rsquo;Institut documente aussi les pressions sur la société civile, les journalistes et les défenseur·es des droits, parfois visé·es par des poursuites-bâillons. L&rsquo;IFDH lui-même, qui a soufflé ses cinq bougies en 2025, plaide pour une institution renforcée, capable d&rsquo;agir à tous les niveaux de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reculer, oui, parfois. Mais jamais en silence, jamais sans preuve, jamais sur le dos des plus faibles. Le rapport ne tranche pas tout : il rappelle où passe la ligne rouge. À nous de veiller à ce qu&rsquo;on ne la franchisse pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les droits ne se soldent pas.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsSociaux #Standstill #IFDH #JusticeSociale #Belgique</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/18/droits-sociaux-linterdiction-de-reculer/">Droits sociaux : l’interdiction de reculer</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Un siècle pour réparer le monde</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/11/un-siecle-pour-reparer-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 19:50:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1050</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Global Justice Report chiffre un monde à 1,8 °C où 89 % de l'humanité y gagne. Recension du premier plan complet pour un siècle juste et habitable.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/11/un-siecle-pour-reparer-le-monde/">Un siècle pour réparer le monde</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Premier plan entièrement chiffré pour concilier justice sociale et habitabilité de la planète, le <a href="https://wir2026.wid.world/" title="">Global Justice Report du World Inequality Lab</a> décrit un monde à 1,8 °C en 2100 où 89 % de l&rsquo;humanité double ses revenus. Sa thèse dérange : sans réduction drastique des inégalités, il n&rsquo;y aura pas de transition du tout.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cent trente-six pages, deux siècles de données, une équipe coordonnée notamment par Lucas Chancel et Thomas Piketty. Là où les scénarios du GIEC traitent le climat à part, le Global Justice Report modélise tout ensemble : redistribution mondiale, réforme de l&rsquo;ordre financier international, transformation énergétique et changement des modes de consommation. Avec une conclusion simple et vertigineuse : un siècle juste est matériellement possible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois piliers, pas un de moins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La décarbonation rapide des énergies ? Indispensable, mais insuffisante. Il faut y ajouter la sobriété : réduction du temps de travail, baisse de l&#8217;empreinte matérielle, transformation de l&rsquo;alimentation et reforestation. Et ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre ne sera financée ou politiquement tenable sans le troisième pilier : une compression massive des inégalités de revenu, de patrimoine et de pouvoir, entre pays comme à l&rsquo;intérieur de chacun. L&rsquo;égalité n&rsquo;est pas un supplément d&rsquo;âme. Elle est la condition du climat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au passage, le rapport règle un vieux débat : la sobriété ciblée bat la décroissance uniforme. Mieux vaut un monde prospère qui transforme ses secteurs, son alimentation et ses forêts qu&rsquo;un appauvrissement général sans changement de structure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À quoi ressemblerait 2100</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario donne le vertige. Un revenu mensuel de 5 000 euros par habitant·e dans tous les pays, là où l&rsquo;écart va aujourd&rsquo;hui de 290 euros en Afrique subsaharienne à 4 590 en Amérique du Nord. Mille heures de travail par an au lieu de 2 100, soit 25 heures par semaine et douze semaines de congés, dans la droite ligne des conquêtes ouvrières de 1860 à 1980. L&rsquo;égalité complète entre femmes et hommes, au travail comme à la maison. L&rsquo;éducation et la santé qui passent de 11 % à 43 % des heures travaillées de l&rsquo;humanité. Les 50 % les plus pauvres qui détiennent 30 % du patrimoine mondial contre 2 % aujourd&rsquo;hui, pendant que la part des milliardaires est divisée par cent. Et au bout : 1,8 °C de réchauffement, contre plus de 4 °C si rien ne change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Utopique ? La Suède consacre déjà plus de 30 % de ses heures de travail à l&rsquo;éducation et à la santé. Et la compression des inégalités proposée reproduit simplement, à l&rsquo;échelle du monde, ce que l&rsquo;Europe occidentale et nordique a réalisé au XXe siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui paie ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un Fonds mondial pour la justice, alimenté par un impôt mondial sur la fortune (jusqu&rsquo;à 20 % par an sur les milliardaires) et sur le revenu (jusqu&rsquo;à 90 % au sommet), visant 1 % de la population mondiale. Son budget : 10,3 % du PIB mondial par an, quand l&rsquo;aide au développement et les budgets cumulés de l&rsquo;ONU, du FMI et de la Banque mondiale plafonnent à 0,4 %. Chaque pays reçoit un dividende égal par habitant·e pour financer climat, écoles et hôpitaux. Comment qualifier d&rsquo;irréaliste un plan dont les transferts Nord-Sud (0,8 % du PIB mondial par an) restent inférieurs aux dommages coloniaux et climatiques que le Nord a infligés depuis 1800 ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une personne, une voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport ne s&rsquo;arrête pas aux chiffres : il s&rsquo;attaque à la ploutocratie mondiale. Au FMI et à la Banque mondiale, l&rsquo;Europe et l&rsquo;Amérique du Nord pèsent quatre fois leur poids démographique ; l&rsquo;Afrique subsaharienne, quatre fois moins. Le plan propose le passage au principe une personne-une voix, une Union internationale de compensation et une monnaie de réserve onusienne pour mettre fin aux « privilèges exorbitants » : les rendements que les pays riches captent sur leurs actifs étrangers représentent deux fois l&rsquo;aide au développement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteur·rice·s sont lucides : aucun chiffre ne remplacera un mouvement citoyen massif, des syndicats, des partis capables de gagner la bataille culturelle sur le sens de la sobriété et de la prospérité. Le plan peut même démarrer sans Washington ni Pékin, à condition d&rsquo;une coalition décidée et de tarifs correctifs sur les récalcitrants. Et l&rsquo;histoire plaide pour elles et eux : les impôts sur le revenu sont nés à 2-5 % avant de bondir à 80-90 % en quelques années. Qui aurait parié, en 1910, sur la social-démocratie suédoise ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport se présente comme une base de délibération, pas comme un dogme. Il pose sur la table ce qui manquait au débat : la preuve que c&rsquo;est possible. Tout est chiffré. Sauf notre volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #JusticeClimatique #Inégalités #JusticeFiscale</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/11/un-siecle-pour-reparer-le-monde/">Un siècle pour réparer le monde</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ce n&#8217;est pas de l&#8217;alarmisme, ce sont des données</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/10/ce-nest-pas-de-lalarmisme-ce-sont-des-donnees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 18:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[DroitsDesFemmes]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1041</guid>

					<description><![CDATA[<p>Conférence de Salomé Saqué : l'extrême droite menace les droits humains. Reculs démocratiques documentés, bataille culturelle financée, et mille façons de résister.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/ce-nest-pas-de-lalarmisme-ce-sont-des-donnees/">Ce n’est pas de l’alarmisme, ce sont des données</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Devant le public du festival Amigrants? la journaliste Salomé Saqué a déroulé une démonstration implacable : l&rsquo;extrême droite menace les droits humains, ici et maintenant. Pas une opinion, dit-elle. Un constat documenté. Et une invitation à résister.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi: <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/" title="">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a></p>



<h2 class="wp-block-heading">La neutralité n&rsquo;existe pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Salomé Saqué ouvre par une mise au point qui devrait faire réfléchir toutes les rédactions. Si elle partait en reportage en Afghanistan, donnerait-elle 50 % du temps de parole aux talibans et 50 % aux femmes ? Personne ne l&rsquo;exigerait. Pourquoi, alors, exiger cette fausse équivalence entre celles et ceux qui détruisent la planète et les militant·e·s qui tentent de l&#8217;empêcher ? Donner la parole est un choix, une prise de position. La journaliste revendique la rigueur — recouper ses sources, enquêter honnêtement, suivre la Charte de Munich — mais refuse l&rsquo;indifférence. Cette position lui a valu d&rsquo;être désignée comme la journaliste la plus menacée de France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effondrement est mesuré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sentiment que les démocraties reculent n&rsquo;est pas une impression : c&rsquo;est une réalité chiffrée. Le V-Dem Institute, qui évalue chaque année l&rsquo;état des démocraties, constate qu&rsquo;il y a désormais plus d&rsquo;autocraties que de démocraties dans le monde — les trois quarts de la planète vivent sous un régime autoritaire. Son directeur juge la situation pire que celle des années 1930. Reporters sans frontières documente, de son côté, un recul continu de la liberté de la presse, accéléré aux États-Unis depuis le retour de Donald Trump.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;extrême droite, au juste ? Saqué s&rsquo;appuie sur les travaux d&rsquo;historiens comme Nicolas Lebourg : la fabrication d&rsquo;un « nous » opposé à « eux », l&rsquo;essentialisation des différences, l&rsquo;utopie d&rsquo;une société fermée. Un écosystème entier — partis, personnalités médiatiques, milliardaires financeurs — qui coopère désormais à l&rsquo;échelle internationale, de Madrid à Washington, sous le slogan assumé « Make Europe great again ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;extrême droite tue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de la démonstration tient en trois mots. Avant même d&rsquo;accéder au pouvoir, les mouvances les plus radicales commettent des attentats : Utøya, Christchurch, Pittsburgh, El Paso. Plus de dix projets d&rsquo;attentats d&rsquo;extrême droite déjoués en France depuis 2017. Le FBI lui-même reconnaissait que ces extrémistes étaient responsables de la majorité des attentats meurtriers sur le sol américain ces vingt dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au pouvoir, les dégâts changent d&rsquo;échelle. Droits des femmes attaqués partout, jusqu&rsquo;à la perte du droit à l&rsquo;avortement aux États-Unis. Droits LGBTQIA+ rognés, de l&rsquo;interdiction de la Gay Pride en Hongrie au bannissement des personnes trans de l&rsquo;armée américaine. Et surtout, les personnes étrangères : une police de l&rsquo;immigration dotée de 75 milliards de dollars sur quatre ans, des quotas d&rsquo;arrestations, 32 mort·e·s en détention en 2025, et ce centre de Floride où Amnesty International a documenté des conditions relevant de la torture. Qui peut encore détourner le regard ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La bataille des esprits</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ces idées s&rsquo;imposent-elles ? Par une bataille culturelle méthodiquement financée. En France, Vincent Bolloré a mis son empire médiatique au service de cette vision du monde. Pierre-Édouard Stérin — qui réside en Belgique pour des raisons fiscales — y consacre 150 millions d&rsquo;euros. Sur les réseaux sociaux, la radicalisation avance masquée : conseils en séduction, musculation, décoration, autant de portes d&rsquo;entrée vers des contenus extrêmes. Hannah Arendt l&rsquo;avait dit : la liberté d&rsquo;opinion est une farce si les faits ne sont pas établis. La confusion n&rsquo;est pas la cause du vote d&rsquo;extrême droite, rappelle Saqué, mais sa condition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister, partout</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière partie de la conférence refuse le désespoir. Aux États-Unis, les mobilisations sont trois fois plus nombreuses que sous le premier mandat Trump : marées humaines des No Kings Day, scientifiques de Stand Up for Science, voisin·e·s qui s&rsquo;interposent physiquement contre les arrestations. En Allemagne, des millions de personnes dans la rue, et ces 100 000 « Mamies contre l&rsquo;extrême droite » qui tricotent leur mémoire en pancartes. Le message final est simple : participer à la démocratie ne se résume pas à voter. Rejoindre un collectif, une association, un syndicat, c&rsquo;est déjà faire barrage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;obscurité gagne du terrain. Pas nos esprits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résistons, ensemble, maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #ExtrêmeDroite #Démocratie #Résistance #SaloméSaqué</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://cirefasol.be/wp-content/uploads/2026/04/bandeu-amg-2026.jpg" alt="Amigrant's? 2026, un festival à contre-courant, organisé par CIREFASOL"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;association qui a donné la parole à Salomé Saqué</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conférence s&rsquo;est tenue dans le cadre du festival organisé par <strong>CIREFASOL</strong> (Citoyens et Réfugiés des Fagnes Solidaires), une association citoyenne active autour de Spa, Theux et Jalhay. Née de la crise migratoire de 2015 et constituée en ASBL en 2018, elle rassemble aujourd&rsquo;hui plusieurs dizaines de bénévoles et des centaines de sympathisant·e·s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son terrain : l&rsquo;accueil et l&rsquo;accompagnement des personnes réfugiées ou demandeuses de protection internationale. Cours de français, soutien administratif, aide au logement, distribution de meubles et de vêtements, atelier vélos, soutien scolaire — et des conférences comme celle-ci, pour penser ensemble les réalités migratoires. L&rsquo;association accompagne plusieurs centaines de personnes hébergées dans les centres de Spa, Sart-Jalhay et Polleur-Theux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses membres parlent d&rsquo;« amigrants » — contraction d&rsquo;« amis » et de « migrants ». Tout est dit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f517.png" alt="🔗" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <a href="https://cirefasol.be/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cirefasol.be</a></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/ce-nest-pas-de-lalarmisme-ce-sont-des-donnees/">Ce n’est pas de l’alarmisme, ce sont des données</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Salomé Saqué : « L&#8217;extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 14:29:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La montée des autoritarismes coïncide avec une concentration inédite des richesses. Pour la journaliste économique Salomé Saqué, l'extrême droite offre une réponse xénophobe à un problème d'abord social : le déclassement et le sentiment d'injustice.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>La montée des autoritarismes coïncide avec une concentration inédite des richesses. Pour la journaliste économique Salomé Saqué, l&rsquo;extrême droite offre une réponse xénophobe à un problème qui est d&rsquo;abord social : le déclassement et le sentiment d&rsquo;injustice. Entretien sur les narratifs qui nous empêchent de penser le partage des richesses.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi: <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;alarmisme, ce sont des données</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On ne parle quasiment plus de classes sociales dans les débats, y compris lorsqu&rsquo;on cherche à expliquer l&rsquo;émergence de l&rsquo;extrême droite. Pourquoi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, quelque chose a bougé dans la manière dont on pense la classe sociale, et dans l&rsquo;analyse aussi des raisons du glissement vers l&rsquo;extrême droite. Je pense que le vote d&rsquo;extrême droite ne s&rsquo;explique pas de façon binaire, avec une seule grande cause. En tant que journaliste, j&rsquo;ai beaucoup regardé ce que disaient les spécialistes sur le sujet — les universitaires, les sociologues : ils ne sont pas d&rsquo;accord entre eux. Je ne peux donc pas apporter une explication trop simpliste à cette question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je constate que l&rsquo;émergence de ces mouvements autoritaires intervient dans un moment de crise du système économique. Et ce n&rsquo;est pas un hasard que cela arrive au moment où l&rsquo;on a beaucoup de mal à faire perdurer ce système de la croissance éternelle, de l&rsquo;exploitation des ressources d&rsquo;autres pays, d&rsquo;autres peuples. On en parle encore, mais plus de la même manière qu&rsquo;au XIXᵉ siècle. Des bouleversements sont intervenus : le gâteau n&rsquo;est pas infini, on ne peut pas le rendre indéfiniment plus gros. Et donc se pose la question du partage des richesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« C&rsquo;est la faute de l&rsquo;étranger » : une réponse simpliste à un problème réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je pose cette question de la montée des autoritarismes à un moment où le partage des richesses non seulement n&rsquo;est pas effectif, mais devient de moins en moins important et de plus en plus concentré. Les partis d&rsquo;extrême droite apportent une réponse simpliste et erronée à un problème économique plus large : celui de l&rsquo;accès aux ressources, de la dignité des conditions de vie. Ils disent : « C&rsquo;est la faute de l&rsquo;étranger, c&rsquo;est la faute de telle minorité, de telle religion. » Et si l&rsquo;on évince cette communauté, la promesse, c&rsquo;est : « Vous allez retrouver vos conditions de vie d&rsquo;avant » — des conditions complètement fantasmées, qui n&rsquo;ont jamais été réelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc une approche économique du problème, même si elle est totalement infondée. Ils affirment souvent : « Les étranger·ère·s vous volent votre travail. » Cela montre bien que c&rsquo;est un vrai sujet : le pouvoir d&rsquo;achat, le pouvoir économique, l&rsquo;insertion professionnelle. Au lieu de le prendre avec une approche de classe, ils le prennent avec une approche xénophobe. Mais l&rsquo;enjeu, lui, est réel. C&rsquo;est l&rsquo;un des terreaux de la montée du vote pour ces partis : ce déclassement d&rsquo;une partie des populations, et ce sentiment d&rsquo;injustice que ressentent beaucoup de gens sur le plan économique, alors même qu&rsquo;ils occupent des positions très différentes dans la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a urgence. Si l&rsquo;on entend faire face à l&rsquo;extrême droite, on ne peut pas faire l&rsquo;économie de ces problèmes — économiques, pour le coup. On ne peut pas éviter cette question de la répartition des richesses, de l&rsquo;organisation économique de notre société : qui possède quoi, qui produit quoi, dans quelles conditions. Évidemment, c&rsquo;est beaucoup plus compliqué d&rsquo;essayer de résoudre cela que de désigner un·e responsable factice de tous les maux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, il est important de souligner que, dans tous les pays où l&rsquo;extrême droite arrive au pouvoir, elle ne résout pas ces questions économiques. La promesse — « On va expulser des étranger·ère·s et vos conditions de vie vont s&rsquo;améliorer » — ne se vérifie jamais. Ce n&rsquo;est pas ce qui se passe. À aucun moment ces partis n&rsquo;apportent une rupture économique, à aucun moment ils ne changent l&rsquo;ordre social. Au contraire : ils le renforcent, dans leur programme comme dans son application. Il y a très peu de doute là-dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&rsquo;interpelle davantage, c&rsquo;est de comprendre pourquoi ils ont gagné certains esprits avec des discours qui ne sont pas corrélés à la réalité de ce qu&rsquo;ils font — littéralement, même avant d&rsquo;arriver au pouvoir, de ce qu&rsquo;ils votent au Parlement. En France, à l&rsquo;Assemblée nationale comme au Parlement européen, que votent-ils ? Ils ne protègent globalement pas les droits des travailleur·euse·s, encore moins ceux des plus vulnérables et des plus précaires. Il y a là un travail de clarification, de décryptage, que nous essayons de faire du côté des journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On voit s&rsquo;imposer progressivement une logique schmittienne — désigner un « ennemi public » commun, ici le migrant, pour garantir la cohésion sociale — y compris dans les partis du centre. Mais cela pose la question du narratif d&rsquo;une alternative, alors qu&rsquo;on fait face à une situation économique qui réclamerait une forme de mondialisation du contrôle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu ce que disait Piketty dans son dernier ouvrage du contrôle fiscal » c&rsquo;est certain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les libertariens sont en train de s&rsquo;imposer, sur le plan politique comme économique. Quelques pour cent détiennent presque tout. Si la gauche arrive au pouvoir, en sera-t-elle capable ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toute la question : a-t-elle les recettes ? La gauche au sens partisan, je ne sais pas — ce ne sont pas les partis politiques que je couvre, et je ne fais pas de politique partisane. En revanche, je fais le constat, comme certain·e·s économistes et comme les personnes qui documentent cette situation, qu&rsquo;on ne peut pas se passer de mesures internationales sur la question du contrôle fiscal. Et ce n&rsquo;est pas si inatteignable : des choses ont déjà été mises en place. En réalité, tous les États du monde ont intérêt à ce que cela se fasse. Ensuite, ils peuvent disposer de leur argent comme ils l&rsquo;entendent pour leur propre pays. Mais que cela leur échappe complètement est néfaste pour tout le monde, sur le long terme. Donc non, ce n&rsquo;est pas si inatteignable.</p>



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  <p style="font-size:18px; line-height:1.6;">
    À Spa et dans la région des Fagnes, <strong>CIREFASOL</strong> accompagne les personnes réfugiées et migrantes : cours de français, aide administrative, soutien scolaire, recherche de logement, vélos, meubles, vêtements et activités de rencontre.
  </p>
  <p style="font-size:18px; line-height:1.6;">
    L’association vit grâce à l’engagement de bénévoles et de citoyennes et citoyens solidaires.
  </p>
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<h2 class="wp-block-heading">Le mythe de la méritocratie, machine à reproduire les inégalités</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je regarde le programme du Vlaams Belang ou du RN : leur narratif a glissé vers la gauche sur le terrain social, je dirais sur les services publics.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, non. Même si, officiellement, ils prônent la défense des services publics — c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils disent publiquement — ce n&rsquo;est pas du tout ce qu&rsquo;on retrouve dans leur programme. Il faut vraiment le préciser. Le RN repose sur une idéologie extrêmement méritocratique : l&rsquo;idée qu&rsquo;on a ce qu&rsquo;on mérite. Ils parlent aussi d&rsquo;« assisté·e·s », de personnes qui profiteraient des aides. Ils ne visent pas que les étranger·ère·s, mais aussi celles et ceux qui ne travaillent pas, qui dépendent de l&rsquo;aide sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est précisément le moment, en Belgique, avec l&rsquo;attaque contre les malades de longue durée et contre les chômeur·euse·s : 200 000 personnes exclues du chômage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on revient à cette question du narratif, ce qui est très compliqué à combattre, c&rsquo;est l&rsquo;idée du « quand on veut, on peut », cette méritocratie très installée, y compris dans des sociétés fortement inégalitaires comme les États-Unis. Elle a imprégné les esprits. Il y a cette idée que les très riches, d&rsquo;une certaine manière, méritent ce qu&rsquo;ils ont. Ce qu&rsquo;il faut rappeler, c&rsquo;est que cette notion implique aussi que les très pauvres mériteraient leur sort. Et cela, on l&rsquo;intègre beaucoup moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs phénomènes s&rsquo;opèrent, dont un biais du survivant chez les personnes qui « réussissent », qui parviennent à s&rsquo;extraire de leur classe sociale. On en fait des exemples : les fameux personnages de transfuges de classe qu&rsquo;on adore mettre en scène au cinéma, dans la littérature, dans les médias. On les adore parce qu&rsquo;ils viennent valider un système : « Même si c&rsquo;est difficile, c&rsquo;est possible » — donc ce système serait acceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est compliqué, parce qu&rsquo;entre la réalité de la sociologie et la volonté de croire au rêve qu&rsquo;à tout moment, même très pauvre, on pourrait devenir Jeff Bezos, c&rsquo;est ce second récit qui l&#8217;emporte. Cela explique que la plupart des gens soient contre la taxe sur l&rsquo;héritage. Cela me frappe énormément. En dépit des travaux d&rsquo;économistes comme Thomas Piketty, ou de Mélanie Plouviez, qui a écrit un livre incroyable, <em>L&rsquo;Injustice en héritage</em> — en dépit de toutes les données scientifiques sur le poids de l&rsquo;héritage, sur la reproduction des inégalités et sur la pauvreté qu&rsquo;il engendre — la majorité des gens, y compris les plus pauvres, sont très massivement contre cette taxation, dont ils ne bénéficieront pourtant jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre une victoire dans la bataille culturelle menée par les libéraux et les ultralibéraux, aujourd&rsquo;hui reprise par l&rsquo;extrême droite, et qui nous dispense de réfléchir collectivement à la manière de nous organiser pour que tout le monde ait des conditions de vie dignes. Parce que c&rsquo;est bien cela, le but final. Mon travail de journaliste, encore une fois, c&rsquo;est simplement d&rsquo;expliquer ça. Nous avons fait beaucoup d&rsquo;émissions là-dessus sur Blast. Ce mythe de la méritocratie, qui n&rsquo;a jamais existé — comme l&rsquo;a très bien documenté Michael Sandel, qui remet en cause le concept même de méritocratie — m&rsquo;intéresse énormément. Le jour où tout le monde le comprendra, il sera compliqué pour ces partis de continuer à s&rsquo;appuyer sur ces narratifs, et d&rsquo;éviter la question des réponses économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela que je suis journaliste économique : tout ça peut avoir une utilité en termes de citoyenneté. Ce sont des sujets d&rsquo;intérêt public.</p>



<div style="border-left:4px solid #1a1a1a;background:#f4f1ea;padding:16px 20px;margin:24px 0;font-size:0.95em;"><p style="margin:0 0 8px;font-weight:700;">Michael Sandel</p><p style="margin:0;">Philosophe politique américain, professeur à l&rsquo;Université Harvard. Proche du courant communautarien (qu&rsquo;il conteste), il est connu pour sa critique sans concession de la théorie libérale de la justice et du mérite de John Rawls. Dans <em>La Tyrannie du mérite</em>, il remet en cause le concept même de méritocratie.</p></div>



<div style="border-left:4px solid #1a1a1a;background:#f4f1ea;padding:16px 20px;margin:24px 0;font-size:0.95em;"><p style="margin:0 0 8px;font-weight:700;">Mélanie Plouviez, <em>L&rsquo;Injustice en héritage</em></p><p style="margin:0;">Sous-titré <em>Repenser la transmission du patrimoine</em> (La Découverte, 2025). L&rsquo;autrice y documente le poids de l&rsquo;héritage dans la reproduction des inégalités — et le paradoxe d&rsquo;une opposition massive à sa taxation, y compris chez celles et ceux qui n&rsquo;en bénéficieront jamais.</p></div>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé à Spa, le 9 juin 2026, par Philippe Hensmans.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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