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	<title>Droits sociaux et économiques - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Droits sociaux et économiques - En avant</title>
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		<title>Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:43:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Human Rights Watch publie une vaste enquête mondiale sur l&#8217;économie des plateformes. Derrière les apps qui livrent nos repas et acheminent nos courses, 435 millions de travailleur·euse·s subissent un même paradoxe : contrôlé·e·s comme des salarié·e·s, privé·e·s de toute protection. À quelques semaines de négociations décisives à l&#8217;OIT, le moment est venu de trancher. Apraham, ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Human Rights Watch publie une <a href="https://www.hrw.org/feature/2026/05/13/algorithms-of-exploitation/rights-abuses-in-the-gig-economy-and-the-global-fight" target="_blank" rel="noopener" title="">vaste enquête mondiale </a>sur l&rsquo;économie des plateformes. Derrière les apps qui livrent nos repas et acheminent nos courses, 435 millions de travailleur·euse·s subissent un même paradoxe : contrôlé·e·s comme des salarié·e·s, privé·e·s de toute protection. À quelques semaines de négociations décisives à l&rsquo;OIT, le moment est venu de trancher.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Apraham, 74 ans, conduit pour Uber à Beyrouth depuis dix ans. Un soir d&rsquo;octobre 2024, deux passagers le braquent au couteau, lui volent voiture et téléphones. Quand il contacte la plateforme, on lui répond qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas responsable. La police attend qu&rsquo;Uber dépose plainte ; Uber attend que la police contacte l&rsquo;entreprise. « Personne n&rsquo;a bougé », résume-t-il. Sans véhicule, sans assurance, sans pension, il survit grâce à ses frères et sœurs. Son histoire ouvre l&rsquo;enquête que Human Rights Watch consacre aux travailleur·euse·s des plateformes numériques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">435 millions de personnes, un même piège</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. La Banque mondiale estime que 435 millions de personnes tirent désormais un revenu d&rsquo;une plateforme numérique. Dans l&rsquo;Union européenne, elles seraient 43 millions en 2025, en hausse de 52 % depuis 2022. L&rsquo;OIT mesure une croissance de 90 % entre 2016 et 2021. Derrière ces données, un même modèle : une application décide qui travaille, à quel prix, pour combien de temps — et peut désactiver le compte sans explication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les témoignages réunis par HRW dans dix pays composent un tableau glaçant. À Nairobi, Susan accepte des courses dans des quartiers qu&rsquo;elle juge dangereux : refuser ferait chuter sa note. À Édimbourg, Arjun constate qu&rsquo;une même commande est proposée à trois ou quatre livres selon le coursier. À Mexico, Jesús González est percuté à un feu rouge : l&rsquo;hôpital public le refoule, faute d&rsquo;affiliation. À Delhi, Ravi se brise le bras pour livrer dans les dix minutes imposées par l&rsquo;app.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Salarié·e·s en tout sauf en droit</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le mécanisme est partout identique. Les plateformes fixent les tarifs, contrôlent les itinéraires, évaluent les performances, sanctionnent les écarts. Mais elles qualifient leurs travailleur·euse·s d&rsquo;« indépendant·e·s » ou de « partenaires ». « Si elles contrôlent tout cela, comment ne sont-elles pas notre employeur ? », interroge Jesús. La question n&rsquo;est pas rhétorique : elle ouvre des contentieux dans toute l&rsquo;Europe et au-delà. Royaume-Uni, France, Espagne, Italie, Mexique : des juridictions ont reconnu un lien de subordination que les contrats s&rsquo;efforcent de nier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu est immense. Reclasser ces millions de personnes, c&rsquo;est leur ouvrir l&rsquo;accès au salaire minimum, aux congés payés, à l&rsquo;assurance maladie, à la pension. C&rsquo;est aussi remettre à leur place les algorithmes qui, comme l&rsquo;a théorisé la juriste Veena Dubal, pratiquent une « discrimination salariale algorithmique » en payant différemment deux personnes pour un même travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le moment européen, le moment mondial</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La directive européenne de 2024 a marqué une étape : présomption de salariat, transparence algorithmique, interdiction du licenciement automatisé. Les États membres — la Belgique comprise — ont jusqu&rsquo;en décembre 2026 pour la transposer. Mais l&rsquo;échelle du problème est mondiale. Les négociations en cours à l&rsquo;OIT, qui doivent aboutir en juin 2026, sont décisives : un premier traité international sur les droits des travailleur·euse·s de plateforme pourrait y être adopté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faudra-t-il y inscrire ? Une présomption de salariat dès lors que la plateforme exerce un contrôle effectif. Un droit d&rsquo;accès humain aux décisions algorithmiques. La rémunération de tout le temps de travail, attente comprise. L&rsquo;accès aux protections sociales. Et le droit de s&rsquo;organiser sans représailles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;invisibilité prend fin</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Car les travailleur·euse·s ne se résignent pas. Au Mexique, l&rsquo;UNTA a obtenu en 2024 l&rsquo;accès à la sécurité sociale pour celles et ceux atteignant le salaire minimum. En Inde, les grèves de janvier 2026 ont fait reculer les promesses de livraison en dix minutes. Au Kenya, à Édimbourg, des collectifs se forment, documentent, attaquent en justice. « Nous ne sommes enfin plus invisibles », confie Manuel Durán, de l&rsquo;UNTA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière chaque application, des choix politiques, des actionnaires, des silences. Derrière chaque livraison, une personne. À nous, citoyen·ne·s et consommateur·rice·s, de soutenir celles et ceux qui exigent que le droit du travail ne s&rsquo;arrête pas aux portes de l&rsquo;app store.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le clic n&rsquo;efface rien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #GigEconomy #Plateformes #OIT2026 #JusticeSociale</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/">Plateformes numériques : l’algorithme commande, personne ne répond</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La Belgique au miroir de Genève</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 19:51:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[Prisons]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&#8217;homme a publié sa compilation pour l&#8217;Examen périodique universel de la Belgique (voir bas de page), prévu en mai au Conseil des droits de l&#8217;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho. Une convergence ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme a publié <a href="https://docs.un.org/fr/A/HRC/WG.6/52/BEL/2" target="_blank" rel="noopener" title="">sa compilation</a> pour l&rsquo;Examen périodique universel de la Belgique </strong><em>(vo<a href="#EPU" title="">ir bas de page)</a>,</em><strong> prévu en mai au Conseil des droits de l&rsquo;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une convergence qui force la lecture</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le document n&rsquo;émane pas d&rsquo;une ONG militante ni d&rsquo;un État rival : il agrège les recommandations adressées à la Belgique par le Comité pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, le Comité CEDAW, le Comité des droits des personnes handicapées, l&rsquo;UNESCO et le Mécanisme international d&rsquo;experts indépendants chargé de promouvoir la justice et l&rsquo;égalité raciales dans le maintien de l&rsquo;ordre. Cinq instances distinctes, des mandats différents, des méthodologies propres — et un diagnostic qui se recoupe avec une netteté inhabituelle. Profilage racial, surpopulation carcérale, accueil défaillant des personnes en quête de protection, éducation inclusive en panne, violences fondées sur le genre, fragilité du cadre antiraciste : la Belgique de 2026 reçoit la même cartographie de manquements que celle de 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le plan qui n&rsquo;arrive pas</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mécanisme d&rsquo;experts comme le Comité CEDAW recommandent — à nouveau — l&rsquo;adoption d&rsquo;un plan d&rsquo;action interfédéral contre le racisme. Le rapport relève avec satisfaction que la Wallonie, la Communauté française, la Région bruxelloise et la Région flamande développent leurs propres dispositifs ; il regrette dans la même phrase qu&rsquo;aucun cadre interfédéral n&rsquo;ait pu être établi. La complexité institutionnelle belge fonctionne ici comme un alibi : chaque entité agit, et personne n&rsquo;agit ensemble. Pendant ce temps, les jeunes africain·e·s et d&rsquo;ascendance africaine continuent, selon le Mécanisme, de manifester une profonde méfiance envers les forces de l&rsquo;ordre. Méfiance que des contrôles d&rsquo;identité non enregistrés, l&rsquo;absence de garde-fous sur l&rsquo;intelligence artificielle policière et la lenteur des enquêtes sur les violences à caractère raciste ne contribuent pas à apaiser.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les corps qu&rsquo;on enferme, les enfants qu&rsquo;on trie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Trois organes différents convergent sur l&rsquo;état des prisons belges : surpopulation, surreprésentation des personnes d&rsquo;ascendance africaine, incarcération de personnes ayant un handicap psychosocial qui n&rsquo;y reçoivent pas les soins requis et y subissent souvent une médication excessive. Le Comité CRPD signale par ailleurs qu&rsquo;en Belgique, les écoles ordinaires peuvent encore refuser un·e élève handicapé·e au motif que les aménagements raisonnables seraient « trop contraignants » — alors même que notre pays affiche le pourcentage le plus élevé d&rsquo;élèves scolarisé·e·s dans l&rsquo;enseignement spécialisé de toute l&rsquo;Union européenne. Comment soutenir, à Genève, qu&rsquo;on défend l&rsquo;inclusion, lorsqu&rsquo;on trie aussi tôt, aussi systématiquement, et avec une telle constance statistique ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les invisibles que le rapport ramène à la lumière</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Restent celles et ceux que la compilation tire patiemment de l&rsquo;ombre. Les demandeur·euse·s d&rsquo;asile dont l&rsquo;accueil défaille, encore. Les migrant·e·s sans papiers que la police, selon le Mécanisme, expulse de leurs logements pour les renvoyer à la rue, parfois avec un usage excessif de la force. Les travailleuses domestiques signalées comme victimes d&rsquo;exploitation par leurs employeurs. Les femmes victimes de violences fondées sur le genre, dont les places en centres d&rsquo;accueil restent limitées et dont les fonds dédiés sont, selon le Comité CEDAW, en baisse. Les femmes dont la nationalité ou le titre de séjour ont été révoqués parce que leur nom — ou celui d&rsquo;un·e proche — figurait dans une base de données antiterroriste. Et cette pratique, dont le Comité CRPD demande la cessation, qui consiste pour la Belgique à accueillir activement dans ses hôpitaux psychiatriques des personnes handicapées résidant en France. Comment se présenter à Genève sans avoir, au préalable, croisé ces regards ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une parole sans force exécutoire, mais</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La parole des Nations Unies n&rsquo;a pas force exécutoire. Elle a force de témoignage. Elle s&rsquo;adresse à un État qui aime se présenter, dans les travées du Conseil, comme un·e défenseur·euse exigeant·e des droits humains. À ses représentant·e·s, désormais, d&rsquo;en faire quelque chose. Aux citoyen·ne·s, surtout, de leur rappeler que ces cinquante-cinq paragraphes ne se rangent pas dans un classeur diplomatique : ils nomment des vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;agir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 id="EPU" class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;EPU ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<strong>Examen périodique universel</strong> est le mécanisme du Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations Unies par lequel chaque État membre de l&rsquo;ONU — tous les 193 — voit, à tour de rôle, sa situation des droits humains examinée par ses pairs. Le dispositif a été créé en 2006 et fonctionne par cycles d&rsquo;environ quatre ans et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque examen repose sur <strong>trois documents</strong> : le rapport national rédigé par l&rsquo;État lui-même, une compilation établie par le Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme à partir des observations des organes de traités, des procédures spéciales et des agences onusiennes, et un résumé des contributions de la société civile (ONG, institution nationale des droits humains, syndicats, milieux académiques).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;examen se tient à Genève, au sein du <strong>Groupe de travail sur l&rsquo;EPU</strong>, lors d&rsquo;un dialogue interactif au cours duquel les autres États posent des questions et formulent des recommandations. L&rsquo;État examiné peut ensuite <strong>accepter</strong> ou <strong>prendre note</strong> de chacune d&rsquo;elles ; il rendra compte de leur mise en œuvre lors du cycle suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique passe son <strong>quatrième EPU</strong> lors de la 52ᵉ session du Groupe de travail, du 4 au 15 mai 2026. Le document recensé ici est la compilation du HCDH — la photographie onusienne, la plus institutionnelle des trois, celle qu&rsquo;aucun ministère ne peut écarter d&rsquo;un revers de main.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #EPU #Belgique #Antiracisme #JusticeSociale</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/">La Belgique au miroir de Genève</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Iran : la guerre invisible des écosystèmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 08:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une analyse publiée par l&#8217;IRIS, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&#8217;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://www.iris-france.org/la-guerre-en-iran-un-conflit-aux-consequences-environnementales-et-sanitaires-durables/" target="_blank" rel="noopener" title="">analyse publiée par l&rsquo;IRIS</a>, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&rsquo;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend la stabilité même des sociétés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des panaches au-dessus de Téhéran</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les frappes contre plusieurs dépôts pétroliers iraniens ont libéré, au-dessus d&rsquo;une agglomération de près de dix millions d&rsquo;habitant·e·s, d&rsquo;épaisses fumées chargées de benzène, de formaldéhyde, d&rsquo;hydrocarbures aromatiques polycycliques et de particules fines. Documentés par satellite via le programme européen Copernicus, ces panaches s&rsquo;inscrivent dans la durée : ils aggravent les pathologies respiratoires et cardiovasculaires existantes, et accroissent à long terme les risques de cancers et de troubles neurologiques. Dans un pays où la qualité de l&rsquo;air constitue déjà l&rsquo;un des principaux problèmes environnementaux, des millions de civil·e·s respirent désormais les conséquences invisibles d&rsquo;un conflit dont ils ne sont pas acteur·rice·s.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage invisible des décombres</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des incendies spectaculaires, les explosions et les destructions urbaines libèrent des cocktails de plomb, cadmium, nickel, chrome — métaux lourds qui pénètrent les sols et les chaînes alimentaires pour des décennies. Amiante, produits chimiques industriels, munitions non explosées : la gestion de ces débris devient l&rsquo;un des principaux défis de l&rsquo;après-guerre. À Gaza, des millions de tonnes de gravats compliqueront durablement toute reconstruction. En Ukraine, les bombardements industriels ont dispersé des polluants persistants, tandis que la destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a libéré sédiments contaminés et polluants industriels sur le bassin inférieur du Dniepr. Comment parler de paix tant que la terre reste empoisonnée ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;eau, nouvelle arme de guerre ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Iran traverse une crise hydrique aiguë, marquée par des sécheresses récurrentes et la surexploitation des nappes phréatiques. Or les hydrocarbures écoulés par les frappes contaminent désormais cours d&rsquo;eau et sous-sols, susceptibles d&rsquo;altérer durablement la qualité de l&rsquo;eau. Des accusations d&rsquo;attaques contre une usine de dessalement sur l&rsquo;île de Qeshm révèlent une bascule inquiétante : les infrastructures hydriques deviennent des cibles stratégiques à part entière. Priver une population d&rsquo;eau potable n&rsquo;est pas un dommage collatéral — c&rsquo;est une méthode. Le droit international humanitaire la proscrit, mais l&rsquo;opinion publique l&rsquo;ignore encore largement, alors même que le précédent existe : en 1991, l&rsquo;incendie de plus de six cents puits de pétrole au Koweït avait déjà signé l&rsquo;une des pires catastrophes environnementales liées à un conflit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une comptabilité écologique des conflits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Conflict and Environment Observatory, les armées et leurs chaînes d&rsquo;approvisionnement représentaient 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2022. Un niveau comparable à celui de l&rsquo;aviation civile, pourtant absent du débat public sur les responsabilités climatiques. Pendant que l&rsquo;on somme les citoyen·ne·s de réduire leur empreinte, les conflits armés accélèrent silencieusement le franchissement de plusieurs limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre — climat, pollution, biodiversité, cycles biogéochimiques. La sécurité humaine ne se résume pas à l&rsquo;équilibre des puissances ou aux capacités militaires : elle dépend aussi, et peut-être surtout, des écosystèmes qui rendent la vie humaine possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse rappelle une évidence trop souvent oubliée : il n&rsquo;existe pas de droits humains sur une planète invivable. Tant que la guerre restera tolérée comme instrument politique, elle continuera d&rsquo;hypothéquer notre habitabilité commune. Documenter, mesurer, nommer les écocides militaires : voilà le préalable à toute exigence de justice climatique et sanitaire. À l&rsquo;heure où les responsabilités écologiques des secteurs aérien ou agricole s&rsquo;invitent au cœur du débat démocratique, l&rsquo;angle mort militaire ne peut plus tenir. Les générations futures ne nous demanderont pas seulement pourquoi les bombes sont tombées. Elles nous demanderont pourquoi la terre s&rsquo;est tue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Écocide #ClimatEtPaix #LimitesPlanétaires #Iran</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/">Iran : la guerre invisible des écosystèmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Démanteler la fabrique de la pauvreté</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 12:41:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&#8217;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une feuille de route exigeante. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&#8217;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire. Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Démanteler la fabrique de la pauvreté" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/#more-978" aria-label="En savoir plus sur Démanteler la fabrique de la pauvreté">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&rsquo;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une <a href="https://www.neep-poverty.org/roadmap-for-eradicating-poverty-beyond-growth/" target="_blank" rel="noopener" title="">feuille de route exigeante</a>. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&rsquo;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : 845 millions de personnes vivent sous le seuil officiel d&rsquo;extrême pauvreté, fixé à 3 dollars par jour. Un seuil qui maquille la réalité. À 8,20 dollars, ce sont 45 % de l&rsquo;humanité qui basculent dans la précarité extrême. Pendant six ans, De Schutter aura martelé une évidence dérangeante : nos gouvernements ne se contentent pas d&rsquo;enregistrer la pauvreté, ils la produisent — par des salaires de misère, des logements inaccessibles, des services publics démantelés, des emplois jetables. Une pauvreté manufacturée, donc politique, donc réversible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du dogme de la croissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;attaque frontalement à un mythe tenace : la croissance du PIB suffirait à « soulever toutes les barques ». Le bilan est sans appel. Croissance et précarité ont prospéré ensemble, pendant que les inégalités se creusaient, que la santé mentale des travailleur·euse·s s&rsquo;effondrait sous la pression de la compétition, et que la dégradation écologique s&rsquo;accélérait. Tant que l&rsquo;économie continuera à fabriquer de la pauvreté à un bout, aucune politique sociale ne pourra indéfiniment la compenser à l&rsquo;autre. Pour le juriste belge, il faut donc cesser de réparer après coup et transformer la machine elle-même : combiner redistribution <em>ex post</em>, réformes du marché et investissement social <em>ex ante</em>. Bref, ce que le rapport nomme des « réformes non-réformistes ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route co-construite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>Roadmap for Eradicating Poverty Beyond Growth</em>, adoptée le 22 avril 2026 sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OIT et de la Coalition mondiale pour la justice sociale, n&rsquo;est pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un cénacle d&rsquo;expert·e·s. Elle est le fruit de dix-huit mois de consultations rassemblant plus de 400 contributeur·rice·s : agences onusiennes, syndicats, mouvements de base, universitaires, organisations du Sud comme du Nord. Elle se présente comme un menu d&rsquo;options, à adapter selon les contextes nationaux, et non comme un plan unique imposé d&rsquo;en haut. Sa logique reste expérimentaliste : chaque mesure est documentée par un <em>policy profile</em> qui en pèse les forces et les limites, à partir d&rsquo;expériences déjà menées ailleurs. La démarche se prolongera dans l&rsquo;initiative <em>New Economies for Eradicating Poverty</em> (NEEP), conçue comme une plateforme d&rsquo;apprentissage collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six piliers pour une économie des droits humains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture est claire : transformer les systèmes économiques (fiscalité juste, finance régulée, économie sociale et solidaire) ; refonder le travail et le soin (revenus garantis, démocratie économique, valorisation du <em>care</em>) ; universaliser les services publics et la protection sociale ; rendre justice à l&rsquo;écologie (sobriété, communs, justice climatique) ; refonder l&rsquo;ordre économique international (justice fiscale, annulation de dettes) ; démocratiser la planification (assemblées citoyennes, indicateurs de bien-être au-delà du PIB). Le tout adossé à un cadre juridique : celui des droits humains, qui cesserait d&rsquo;être un horizon décoratif pour devenir une boussole opérationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment continuer à célébrer chaque dixième de point de croissance comme une victoire, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;accompagne d&rsquo;une concentration accrue des richesses et d&rsquo;un climat qui se dérègle ? Comment accepter que la lutte contre la pauvreté reste cantonnée à la charité publique, alors que les leviers structurels — fiscalité, salaires, dette, services publics — sont bien identifiés ? Et comment ignorer la voix des premier·ère·s concerné·e·s, dont De Schutter rappelle qu&rsquo;aucune expertise ne peut remplacer la leur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole pour l&rsquo;après</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mandat du juriste belge s&rsquo;achève, mais le chantier qu&rsquo;il ouvre engage déjà le prochain agenda mondial du développement, post-2030. La feuille de route est posée sur la table : accessible, opérationnelle, étayée par 400 contributions et des dizaines de profils de politiques publiques. Reste à ce que les gouvernements — y compris le nôtre — cessent de s&rsquo;en remettre à la seule croissance et acceptent de regarder en face la mécanique qu&rsquo;ils alimentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manufacturée, donc démontable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#PauvretéZéro #DroitsHumains #PostCroissance #JusticeSociale #DeSchutter</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/">Démanteler la fabrique de la pauvreté</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>« Extraction Extinction » : le cycle de mort des énergies fossiles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/15/extraction-extinction-le-cycle-de-mort-des-energies-fossiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 19:24:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[JusticeClimatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>463 millions de personnes vivent à moins d&#8217;un kilomètre d&#8217;une infrastructure fossile. Deux milliards en sont distantes de cinq kilomètres — un quart de l&#8217;humanité. Dans son rapport Extraction Extinction, publié en novembre 2025, Amnesty International dresse un constat implacable : le cycle de vie des combustibles fossiles constitue une menace systémique pour les droits ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>463 millions de personnes vivent à moins d&rsquo;un kilomètre d&rsquo;une infrastructure fossile. Deux milliards en sont distantes de cinq kilomètres — un quart de l&rsquo;humanité. Dans son rapport <em><a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/20251112_rapport_extraction_extinction.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">Extraction Extinction</a></em>, publié en novembre 2025, Amnesty International dresse un constat implacable : le cycle de vie des combustibles fossiles constitue une menace systémique pour les droits humains et pour les écosystèmes dont dépend notre survie collective.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cartographie mondiale inédite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois, Amnesty International s&rsquo;est associée aux data scientists du Better Planet Laboratory pour quantifier l&rsquo;ampleur globale des risques. Les résultats dépassent les pires anticipations. Parmi les 18 273 sites d&rsquo;infrastructure fossile en activité recensés à l&rsquo;échelle mondiale, 32 % se superposent à des écosystèmes critiques — forêts, zones humides, milieux essentiels à la séquestration du carbone. Plus frappant encore : les peuples autochtones représentent moins de 5 % de la population mondiale, mais 16,1 % des infrastructures fossiles mondiales sont implantées sur leurs territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces sites s&rsquo;ajoutent 3 507 projets en développement ou en construction, qui exposeraient 135 millions de personnes supplémentaires à des risques documentés : cancers, maladies cardiovasculaires, asthme, anomalies congénitales. Ce ne sont pas des projections abstraites. Ce sont des vies.</p>



<div style="border: 1.5px solid #888; border-left: 4px solid #1a1a1a; padding: 1.25rem 1.5rem; margin: 1.5rem 0; background: #f7f6f3;">
  <div style="display: flex; align-items: center; gap: 10px; margin-bottom: 0.9rem;">
    <span style="font-size: 10px; font-weight: 500; letter-spacing: 0.12em; text-transform: uppercase; color: #666; border: 0.5px solid #aaa; padding: 3px 8px; border-radius: 2px;">Carte blanche</span>
    <span style="font-size: 12px; color: #999;">Le Soir · 15 avril 2026</span>
  </div>
  <p style="font-size: 16px; font-weight: 500; line-height: 1.4; margin: 0 0 0.6rem; color: #1a1a1a;">La sortie des énergies fossiles ne peut être un tabou : c&rsquo;est une obligation pour les États, dont la Belgique</p>
  <p style="font-size: 13px; color: #555; margin: 0 0 0.9rem; line-height: 1.55;">Carine Thibaut, directrice générale d&rsquo;Amnesty International Belgique francophone, et Wies De Graeve, directeur de la section flamande, appellent la Belgique à traduire ses engagements internationaux en un plan national de sortie des fossiles, à l&rsquo;occasion de la conférence de Santa Marta.</p>
  <div style="border-top: 0.5px solid #ccc; padding-top: 0.75rem; margin-top: 0.25rem;">
    <p style="font-size: 12.5px; font-style: italic; color: #555; margin: 0 0 0.6rem; line-height: 1.55;">« Continuer à investir dans de nouveaux gisements ou octroyer de nouvelles licences tout en promettant une action climatique vigoureuse n&rsquo;est pas seulement contradictoire. Cela constitue — aux yeux de la Cour internationale de Justice — un fait internationalement illicite. »</p>
    <div style="display: flex; justify-content: space-between; align-items: center; flex-wrap: wrap; gap: 8px;">
      <span style="font-size: 11.5px; color: #888;">Belgique · 72 % d&rsquo;approvisionnement fossile · 17,8 Mrd € de subventions/an</span>
      <a href="https://www.lesoir.be/740404/article/2026-04-13/la-sortie-des-energies-fossiles-ne-peut-etre-un-tabou-cest-une-obligation-pour?fbclid=IwY2xjawRMvv5leHRuA2FlbQIxMABicmlkETE1QTdrdUp2VDlHM3gxWG9Zc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHif7DDlsKGMIZWtRACc9V3Un-6kgqoHqebuCYJufjvqTQbCMpKYWUCkRjlh__aem_ayNmYAFr4-_6jP6SvayneA" style="font-size: 12px; color: #1a1a1a; text-decoration: none; border-bottom: 0.5px solid #888; padding-bottom: 1px;">Lire sur lesoir.be →</a>
    </div>
  </div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Des zones sacrifiées à la logique du profit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les études de cas documentées par Amnesty International donnent chair à ces statistiques. Dans la baie de Guanabara au Brésil, les pêcheur·euse·s artisanal·e·s voient chaque jour des nappes d&rsquo;hydrocarbures flotter à la surface. <em>« Je vois de l&rsquo;huile dans l&rsquo;eau presque chaque jour. Nous nous plaignons aux autorités, mais il n&rsquo;y a pas de loi, pas de justice, il y a l&rsquo;impunité »</em>, témoigne Jardel Nascimento de Oliveira. Petrobras, société d&rsquo;État, est au cœur de ces dégradations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, la Nation Wet&rsquo;suwet&rsquo;en résiste à la construction du gazoduc Coastal GasLink sur ses terres ancestrales non cédées, sans consentement libre, préalable et éclairé, avec la Gendarmerie royale pour escorte armée. En Colombie, Yuly Velásquez risque sa vie pour dénoncer la pollution des zones humides du Magdalena Medio. Au Sénégal, les communautés de pêcheur·euse·s du delta du Saloum — patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO — voient arriver le projet offshore Sangomar sans consultation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un fil rouge traverse tous ces cas : des communautés marginalisées, racialisées, autochtones, contraintes de porter le poids de la production fossile mondiale, sans consentement et sans réparation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des défenseur·euse·s criminalisé·e·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire encore à la bonne foi des États lorsque celles et ceux qui défendent les droits des communautés riveraines font face à l&rsquo;intimidation, à la surveillance et à la violence ? Tous les défenseur·euse·s de l&rsquo;environnement interviewé·e·s dans ce rapport ont subi des risques graves pour leur sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rend hommage aux Neuf d&rsquo;Ogoni — Ken Saro-Wiwa et ses compagnon·ne·s de lutte, exécuté·e·s en novembre 1995 au Nigeria pour avoir osé défier Shell dans le delta du Niger. Trente ans plus tard, le gouvernement nigérian les a officiellement graciés. Une reconnaissance tardive, qui reste loin de la justice qu&rsquo;ils méritaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dépossiliser : un impératif juridique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport introduit un concept clé : la « dépossilisation » — terme forgé en 2025 par le Rapporteur spécial des Nations unies sur le climat et les droits humains. Il ne s&rsquo;agit plus seulement de transition énergétique, mais de l&rsquo;élimination progressive du cycle entier des combustibles fossiles : extraction, transformation, transport, et démantèlement des campagnes de désinformation que l&rsquo;industrie organise depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États sont juridiquement tenus de protéger le droit à un environnement sain, les droits des peuples autochtones, le droit à la santé. Amnesty International appelle à l&rsquo;adoption d&rsquo;un Traité de non-prolifération des combustibles fossiles et à l&rsquo;alignement des contributions nationales déterminées sur la limite de 1,5°C.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;heure des comptes</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Extraction Extinction</em> n&rsquo;est pas un rapport de plus. C&rsquo;est une démonstration : le modèle fossile détruit des écosystèmes irremplaçables, criminalise ses opposant·e·s, et impose ses coûts les plus lourds aux communautés les moins responsables de la crise climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au boulot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #JusticeClimatique #CombustiblesFossiles #Dépossilisation #Amnesty</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/15/extraction-extinction-le-cycle-de-mort-des-energies-fossiles/">« Extraction Extinction » : le cycle de mort des énergies fossiles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Déplacés climatiques : la Cour africaine saisie pour trancher</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/30/deplaces-climatiques-la-cour-africaine-saisie-pour-trancher/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 20:47:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Cour africaine des droits de l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=893</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Cour africaine des droits de l'homme est saisie d'une pétition sur les obligations climatiques des États. HRW y soumet le cas de Khar Yalla, Sénégal : mille déplacé·e·s climatiques abandonnés depuis dix ans dans un site inondable impropre à l'habitation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Cour africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples est sur le point de rendre un avis consultatif sur les obligations des États face à la crise climatique. Human Rights Watch vient de lui soumettre un <a href="https://www.hrw.org/news/2026/03/30/african-court-should-protect-people-displaced-by-climate-change">mémoire d&rsquo;amicus</a> fondé sur une enquête de terrain au Sénégal. En jeu : la reconnaissance de droits contraignants pour les communautés déplacées par les inondations côtières — et l&rsquo;obligation pour les États d&rsquo;y répondre par des relocalisations planifiées respectueuses des droits humains.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une procédure inédite en Afrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2025, l&rsquo;Union Panafricaine des Avocats et l&rsquo;African Climate Platform ont déposé une pétition demandant à la Cour d&rsquo;interpréter les obligations des États parties à la Charte africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples à la lumière du dérèglement climatique. Cette initiative s&rsquo;inscrit dans une vague de clarifications juridiques internationales : en 2025, la Cour internationale de justice et la Cour interaméricaine ont toutes deux établi que les politiques climatiques devaient respecter les droits humains et refléter le niveau d&rsquo;ambition le plus élevé possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aucun tribunal international n&rsquo;a encore tranché de manière complète sur les droits des communautés déplacées par le climat qui attendent une relocalisation. C&rsquo;est précisément ce vide que HRW demande à la Cour africaine de combler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte africain est urgent. Selon le Centre de surveillance des déplacements internes, le nombre de personnes déplacées par les inondations et autres aléas climatiques sur le continent a été multiplié par six en quinze ans, atteignant 6,3 millions en 2023. Trente-neuf cas de relocalisations planifiées ont déjà été recensés à travers l&rsquo;Afrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Khar Yalla, cas d&rsquo;école</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour étayer sa demande, HRW s&rsquo;appuie sur son rapport publié en août 2025, fondé sur 101 entretiens menés à Saint-Louis du Sénégal. Le cas documenté est celui de Khar Yalla — en wolof, « attendre Dieu » — où environ mille personnes déplacées par les crues côtières de 2015 et 2016 vivent depuis dix ans dans un site que les autorités sénégalaises et la Banque mondiale reconnaissent elles-mêmes comme impropre à l&rsquo;habitation permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conditions relevées sont sévères : surpeuplement extrême, quasi-absence d&rsquo;électricité, inondations récurrentes mêlées aux eaux usées à chaque saison des pluies, aucun ramassage des ordures. Un tiers des enfants en âge scolaire ne fréquentent aucune école laïque. Une femme a accouché seule dans une maison partagée par vingt-huit personnes, faute de transport pour rejoindre l&rsquo;hôpital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui aggrave l&rsquo;injustice : les victimes des crues de 2017 et 2018 ont, elles, été relogées dans un nouveau site digne — Djougop — via un programme financé par la Banque mondiale. Les familles de Khar Yalla, déplacées plus tôt par les mêmes inondations depuis les mêmes quartiers, en ont été exclues. Plusieurs fonctionnaires ont même nié qu&rsquo;elles aient jamais été sinistrées, alors que c&rsquo;est la municipalité elle-même qui les y avait transférées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment un programme conçu pour protéger les plus vulnérables peut-il ignorer celles et ceux qui l&rsquo;ont été en premier ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la Cour pourrait changer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">HRW demande à la Cour de clarifier que les États parties à la Charte africaine ont des obligations contraignantes pour protéger les personnes déplacées par le dérèglement climatique — notamment par des relocalisations planifiées en dernier recours, conduites dans le respect de leurs droits économiques, sociaux et culturels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle décision constituerait une avancée majeure. Elle fournirait un cadre juridique applicable à des dizaines de communautés africaines exposées à la montée des eaux, aux sécheresses et aux inondations. Elle obligerait aussi les institutions financières internationales comme la Banque mondiale à adapter leurs politiques, conçues à l&rsquo;origine pour des déplacements liés à des projets d&rsquo;infrastructure et inadaptées aux réalités du déplacement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal est souvent présenté comme un exemple sur ces questions. Mais les habitant·e·s de Khar Yalla attendent depuis dix ans. Ce que la Cour africaine pourrait dire, c&rsquo;est que cette attente a un nom juridique — et une fin obligatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces familles méritent mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #DérèglementClimatique #Sénégal #CourAfricaine #Déplacés #HumanRightsWatch</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source</strong> : <em>« Waiting for God »: Flood Displacement and Planned Relocation of Fisherfolk in Saint-Louis, Senegal</em>, Human Rights Watch, août 2025 ; <em>African Court Should Protect People Displaced by Climate Change</em>, Human Rights Watch, 2025.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/30/deplaces-climatiques-la-cour-africaine-saisie-pour-trancher/">Déplacés climatiques : la Cour africaine saisie pour trancher</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>« Ils gagnent presque autant qu&#8217;moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 09:57:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si un travailleur gagne à peine plus qu'un chômeur, le problème n'est pas que les allocations sont trop hautes. C'est que son salaire est trop bas. Chiffres belges, réforme De Wever et flexi-jobs à la loupe.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La scène est familière. Dans une conversation, quelqu&rsquo;un lâche : <em>« Moi je bosse et je touche à peine plus qu&rsquo;un chômeur. C&rsquo;est quoi l&rsquo;intérêt de travailler ? »</em> La frustration est réelle. Mais la cible est soigneusement mal choisie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le vrai problème n&rsquo;est pas en bas, il est au-dessus.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Commençons par les chiffres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, l&rsquo;allocation de chômage pour un isolé s&rsquo;élève au <strong>maximum à environ 1.594 euros net par mois</strong> — soit 1.773 euros brut auxquels s&rsquo;applique un précompte professionnel de 10,09 %. Pour un cohabitant, elle descend à <strong>1.054 euros net</strong> (1.172 euros brut). Le minimum garanti pour un isolé est de <strong>1.293 euros net</strong> (1.438 euros brut). Ça fait peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le <a href="https://www.bruxelles-j.be/droits-sociaux/obtenir-de-laide-du-cpas/quels-sont-les-categories-et-les-montants-du-revenu-dintegration-et-de-laide-sociale-et-que-se-passe-t-il-si-on-a-des-revenus-par-ailleurs/">revenu d&rsquo;intégration du CPAS</a>, dont certains parlent comme d&rsquo;une rente ? Il s&rsquo;élève à <strong>1.340,47 euros par mois pour une personne seule</strong> (taux au 1er février 2025). Contrairement aux allocations de chômage, le RIS est versé net, sans retenue de précompte ni de cotisations ONSS personnelles. Ce que le CPAS verse, c&rsquo;est ce que la personne reçoit. Avec ça, il faut payer un loyer, manger, se soigner, se déplacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Note : Tous les montants de cet article sont exprimés en net mensuel (ce que la personne perçoit effectivement), sauf indication contraire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre côté, le <a href="https://emploi.belgique.be/fr/themes/remuneration/salaire-minimum/revenu-mensuel-minimum-moyen-garanti">salaire minimum brut</a> en Belgique est de <strong>2.351 euros brut par mois</strong> depuis janvier 2025, soit environ <strong>1.954 euros net</strong>. L&rsquo;écart existe, oui. Mais voilà la vraie question : pourquoi est-il si faible ? Pas parce que les allocations sont trop généreuses — la Belgique a l&rsquo;un des taux de remplacement les plus bas d&rsquo;Europe, à 65 %. C&rsquo;est parce que les bas salaires sont trop bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Récapitulatif comparatif (montants nets mensuels, isolé)</strong></p>







<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le piège du flexi-job</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour compléter des salaires insuffisants, de plus en plus de Belges cumulent leur emploi principal avec un flexi-job. En 2024, <a href="https://www.onss.be/actualites/2025/07/09/les-plus-de-65-ans-adoptent-massivement-les-flexi-jobs-une-hausse-record-du-nombre-de-travailleurs-et-des-revenus-en-2024">229.423 Belges ont exercé un flexi-job</a> — 19,1 % de plus qu&rsquo;en 2023 — pour un gain moyen de <strong>3.342 euros par an</strong>, exonérés d&rsquo;impôts. Ce n&rsquo;est pas un luxe : 17 % des personnes concernées déclarent avoir besoin de ce complément pour joindre les deux bouts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat ? Quand autant de travailleurs acceptent n&rsquo;importe quelle condition pour s&rsquo;en sortir, tout le monde perd en pouvoir de négociation. Et au lieu de regarder qui tire profit de cette situation, on regarde son voisin qui touche une allocation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une mécanique ancienne : mettre les gens du bas de l&rsquo;échelle en compétition entre eux pour qu&rsquo;ils ne regardent jamais vers le haut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En haut, pendant ce temps…</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mettons les chiffres en perspective. Selon <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/emploi-et-formation/salaires-et-cout-de-la-main-doeuvre">Statbel</a>, 10 % des salariés belges gagnent moins de <strong>2.443 euros brut par mois</strong>, tandis que les 10 % les mieux payés touchent au moins <strong>6.305 euros brut</strong>. Les directeurs de société, eux, perçoivent en moyenne <strong>11.772 euros par mois</strong>, soit 189 % au-dessus de la moyenne nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la fraude et l&rsquo;évasion fiscale ? Selon <a href="https://www.lacsc.be/actualite/newsletter-vista/la-lutte-contre-la-fraude--une-arme-necessaire-pour-l-equilibre--budgetaire">Oxfam Belgique et la CSC</a>, elles coûtent chaque année <strong>30,4 milliards d&rsquo;euros</strong> à la Belgique — soit <strong>93,5 % du budget des soins de santé</strong>. Cela représente environ 6.050 euros par an par citoyen actif, soit un peu plus de deux mois et demi d&rsquo;un salaire net moyen. En 2020, <a href="https://www.rtbf.be/article/la-belgique-lutte-t-elle-suffisamment-contre-la-fraude-fiscale-11200380">383 milliards d&rsquo;euros de transactions</a> ont été déclarés par des entreprises belges vers des paradis fiscaux — légalement, mais révélant l&rsquo;ampleur des flux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Distinction importante : la fraude fiscale (illégale) et l&rsquo;optimisation fiscale agressive (légale mais moralement discutable) sont deux phénomènes distincts. Les 30,4 milliards couvrent les deux. Les 383 milliards représentent des transactions légalement déclarées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est le chômeur qu&rsquo;on montre du doigt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réforme De Wever : le troisième tiers dont personne ne parle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis janvier 2026, la réforme du chômage s&rsquo;applique. Après 24 mois sans emploi, les allocations s&rsquo;arrêtent. Les personnes exclues sont censées, selon le gouvernement, se répartir en trois groupes : un tiers retrouve un emploi, un tiers se tourne vers le CPAS, et un tiers&#8230; dispose de moyens suffisants et n&rsquo;a besoin de rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce troisième tiers est ahurissant. La <a href="https://www.cdc-ccrek.be/">Cour des comptes elle-même</a> a vivement critiqué cette estimation gouvernementale. Parce que si ces personnes avaient des moyens suffisants, elles n&rsquo;auraient pas été au chômage depuis des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité, c&rsquo;est que ce « troisième tiers » ne va probablement nulle part. Ces personnes risquent de disparaître simplement des statistiques. Elles ne retrouvent pas d&#8217;emploi. Elles n&rsquo;ont pas de patrimoine caché. Elles ne s&rsquo;adressent pas au CPAS parce qu&rsquo;elles n&rsquo;y ont pas droit — notamment parce qu&rsquo;elles cohabitent avec quelqu&rsquo;un qui travaille — ou parce que la complexité administrative les dépasse, ou par honte. Le président d&rsquo;un CPAS wallon a résumé la situation clairement : <strong><em>« On va faire disparaître des gens du radar pour les statistiques. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et sur le terrain, les CPAS observent déjà des disparités importantes, avec des présidents qui craignent un afflux « crescendo » dans les mois à venir. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral admet ne pas disposer de données sur le nombre de personnes exclues du chômage qui s&rsquo;adressent effectivement aux CPAS. Il a lancé une réforme massive sans se donner les moyens de mesurer ses propres effets.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi cette réforme arrange certains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La CSC l&rsquo;exprime sans détour : supprimer l&rsquo;allocation tend à pousser les gens à accepter n&rsquo;importe quel emploi à n&rsquo;importe quelles conditions, et contribue à renforcer la pression pour accepter des conditions de travail dégradées. Un travailleur qui sait qu&rsquo;il tombera dans le vide après deux ans de chômage est un travailleur qui n&rsquo;ose plus refuser. Ni un salaire trop bas. Ni des horaires impossibles. Ni un contrat précaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;après les chiffres de l&rsquo;ONEM, <strong>82 % des chômeurs de 55 ans et plus seront bel et bien exclus</strong> par cette réforme, contrairement aux affirmations du gouvernement sur leur protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La colère contre « ceux qui touchent des allocations » contribue mécaniquement à cet objectif. Elle divise ceux qui devraient regarder dans la même direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question à poser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La prochaine fois que quelqu&rsquo;un dit <em>« les chômeurs gagnent presque autant que moi »</em>, il y a une réponse simple : <strong><em>« Et toi, pourquoi gagnes-tu si peu ? »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que le vrai scandale n&rsquo;est pas que certains reçoivent 1.340 euros d&rsquo;aide d&rsquo;urgence. C&rsquo;est que des entreprises envoient 383 milliards vers des paradis fiscaux. Que des gens travaillent à plein temps et ont besoin d&rsquo;un deuxième job pour survivre. Et qu&rsquo;un gouvernement supprime des allocations sans même savoir où iront les personnes concernées.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4e6.png" alt="📦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <em>« Le chômage à vie n&rsquo;existe qu&rsquo;en Belgique » : un mythe à déconstruire</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On entend souvent : <em>« En Belgique, on peut toucher le chômage à vie — c&rsquo;est une exception scandaleuse. »</em> C&rsquo;est faux. Ou plutôt : c&rsquo;est une question de vocabulaire soigneusement entretenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les États membres de l&rsquo;Union européenne garantissent un revenu minimum, confirme la Commission européenne. Les noms changent selon les pays, mais le principe est le même : si vous n&rsquo;avez plus de ressources suffisantes, la société vous garantit un plancher, indéfiniment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, c&rsquo;est le RSA. Il n&rsquo;y a pas de limite de temps. En Allemagne, c&rsquo;est le Bürgergeld : sans durée maximale. Au Portugal, le Revenu Social d&rsquo;Insertion est accordé pour 12 mois renouvelables sans limite. En Espagne, en Italie, au Luxembourg, même logique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence belge, c&rsquo;est l&rsquo;étiquette — pas le principe. Ce que la Belgique appelait « allocation de chômage de longue durée » correspond fonctionnellement, dans d&rsquo;autres pays, à ce qu&rsquo;on nomme « aide sociale ». Avec la réforme De Wever, la Belgique ne supprime pas le « chômage à vie » : elle le renomme et le déplace au CPAS.<br>Ce qu&rsquo;on supprime réellement, c&rsquo;est la dignité de l&rsquo;accès. <em>Le chômage était un droit contributif, automatique, lié au passé professionnel. Le RIS du CPAS implique une enquête sociale, un examen du patrimoine, des obligations contractuelles, et — surtout — la honte sociale associée au fait de « demander la charité ». Des personnes n&rsquo;osent pas franchir la porte du CPAS, même quand elles y ont droit.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/">« Ils gagnent presque autant qu’moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;Europe se vide : les politiques migratoires contredisent l&#8217;arithmétique démographique</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/02/leurope-se-vide-les-politiques-migratoires-contredisent-larithmetique-demographique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Italie perd ses habitants, l&#8217;Europe vieillit, les systèmes de pension vacillent. Pendant ce temps, les gouvernements qui bâtissent leur succès électoral sur le rejet de l&#8217;immigration sont les mêmes qui, en coulisses, augmentent les quotas de travailleurs étrangers. Anatomie d&#8217;une contradiction fondamentale. Le paradoxe Meloni Dans un article récent publié par IrpiMedia, le journaliste Paolo ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;Italie perd ses habitants, l&rsquo;Europe vieillit, les systèmes de pension vacillent. Pendant ce temps, les gouvernements qui bâtissent leur succès électoral sur le rejet de l&rsquo;immigration sont les mêmes qui, en coulisses, augmentent les quotas de travailleurs étrangers. Anatomie d&rsquo;une contradiction fondamentale.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le paradoxe Meloni</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un article récent publié par IrpiMedia, le journaliste Paolo Riva met en lumière une contradiction saisissante. Giorgia Meloni a fait de la lutte contre l&rsquo;immigration l&rsquo;étendard de sa conquête du pouvoir. Accords avec les milices libyennes, mémorandum avec le régime tunisien de Kais Saied, centres de tri en Albanie : l&rsquo;arsenal répressif s&rsquo;est considérablement étoffé. Mais dans la précipitation à suivre l&rsquo;humeur des électeurs, presque personne n&rsquo;a remarqué l&rsquo;autre problème migratoire de l&rsquo;Italie, bien plus grave : des centaines de milliers d&rsquo;Italiens émigrent chaque année. L&rsquo;Italie se vide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres sont accablants. Entre 2006 et 2024, l&rsquo;émigration italienne est devenue un phénomène structurel : 1,6 million de départs en vingt ans, dont moins de la moitié de retours. En 2024, le record historique a été atteint avec 155 732 départs. Aujourd&rsquo;hui, 6,4 millions d&rsquo;Italiens vivent à l&rsquo;étranger, soit presque un sur neuf.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les mesures en faveur de la natalité échouent spectaculairement. Sur les sept premiers mois de 2025, les naissances ont reculé de 6,3 % par rapport à la même période de 2024. Le nombre moyen d&rsquo;enfants par femme continue de battre des records négatifs. Même Elon Musk s&rsquo;en est ému : « L&rsquo;Italie est en train de disparaître. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, voici le paradoxe : le même gouvernement qui a fait de la fermeture des frontières son crédo a approuvé, en juillet 2023, la première programmation triennale des flux migratoires légaux de l&rsquo;histoire italienne, prévoyant l&rsquo;entrée de 560 000 travailleurs étrangers sur quatre ans. En 2024, 151 000 permis de travail ont été alloués, contre 136 000 l&rsquo;année précédente. Et en octobre 2024, 500 000 entrées supplémentaires ont été approuvées pour 2026-2028. Comme l&rsquo;observe l&rsquo;analyste Matteo Villa de l&rsquo;ISPI, la classe politique qui profite électoralement d&rsquo;un récit perpétuellement négatif sur l&rsquo;immigration est la même qui reconnaît ne plus pouvoir se passer de main-d&rsquo;œuvre étrangère.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un continent au tournant démographique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas italien n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est le symptôme le plus visible d&rsquo;une transformation démographique qui touche l&rsquo;ensemble du continent européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Eurostat, la population de l&rsquo;UE atteindra son pic vers 2026 autour de 453 millions d&rsquo;habitants, avant d&rsquo;entamer un déclin qui pourrait la ramener à environ 428 millions en 2050, soit 22 millions de moins. Sans aucune migration, la perte serait d&rsquo;un tiers de la population d&rsquo;ici 2100.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déficit naturel — plus de décès que de naissances — est une réalité continue depuis 2012. En 2024, l&rsquo;UE a enregistré 4,82 millions de décès pour seulement 3,56 millions de naissances, un déficit de 1,26 million de personnes. L&rsquo;immigration nette positive est désormais le seul facteur de croissance démographique en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le taux de fécondité moyen de l&rsquo;UE — 1,38 enfant par femme en 2023 — est loin du seuil de remplacement de 2,1. Aucun pays membre ne l&rsquo;atteint. La Bulgarie, avec 1,81, affiche le taux le plus élevé, tandis que Malte, à 1,06, ferme la marche.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Trois Europe démographiques</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un rapport du Centre commun de recherche de la Commission européenne identifie trois profils régionaux distincts. L&rsquo;<strong>Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest</strong> (Suède, Autriche, Allemagne, Pays-Bas) bénéficie d&rsquo;une double immigration — intra-UE et extra-UE — suffisante pour compenser théoriquement le déficit de naissances. L&rsquo;<strong>Europe du Sud</strong> (Italie, Espagne, Grèce, Portugal) attire des migrants non-européens mais souffre d&rsquo;une fécondité extrêmement basse et d&rsquo;une émigration de ses propres citoyens vers le Nord. L&rsquo;<strong>Europe de l&rsquo;Est</strong> cumule les handicaps : faible natalité, émigration massive de ses jeunes vers l&rsquo;Ouest, et une structure d&rsquo;âge déjà très vieillissante. La Bulgarie, la Lituanie et la Lettonie ont perdu plus de 20 % de leur population depuis les années 1990.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend l&rsquo;analyse de Riva particulièrement pertinente, c&rsquo;est le glissement de l&rsquo;Italie vers le profil est-européen. Troisième économie de la zone euro, elle affiche désormais des dynamiques démographiques comparables à celles de la Pologne ou de la Roumanie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pensions : l&rsquo;impasse arithmétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieillissement démographique se traduit par une pression croissante sur les systèmes de protection sociale, et d&rsquo;abord sur les pensions. Le ratio de dépendance des personnes âgées — le nombre de personnes de 65 ans et plus rapporté à la population en âge de travailler — raconte l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, on comptait dans l&rsquo;UE environ 2,7 travailleurs pour chaque personne âgée. Ce ratio tombera à 1,8 en 2050, puis à 1,5 en 2100. Pour l&rsquo;Italie et la Grèce, ce sera moins de 2 actifs par retraité dès 2050. Au Luxembourg, le ratio contributeurs/pensionnés passera de 2,3 à moins de 1 d&rsquo;ici 2070.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des systèmes de pension européens fonctionnent par répartition : les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. L&rsquo;équation est simple : moins d&rsquo;actifs pour plus de retraités égale un déficit croissant. La Commission européenne projette une hausse des dépenses publiques de pension de 11,4 % du PIB en 2022 à 12,1 % en 2045 pour la moyenne européenne. En Belgique, sans réforme, ces dépenses pourraient atteindre 15 % du PIB dès 2040.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce ne sont que les pensions. Il faut y ajouter les dépenses de santé, en hausse de 6,9 % à 7,3 % du PIB d&rsquo;ici 2070, et les soins de longue durée, de 1,7 % à 2,6 % du PIB. Un tsunami gris silencieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Reculer l&rsquo;âge de la retraite : un levier limité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette pression, tous les États européens ont actionné le même levier : relever l&rsquo;âge légal de la retraite. Le Danemark vient d&rsquo;adopter le passage à 70 ans. L&rsquo;OCDE projette que d&rsquo;ici 2060, l&rsquo;âge moyen de la retraite dans l&rsquo;UE approchera 67 ans, plusieurs pays atteignant 70 ou plus. La Belgique passe à 66 ans en 2025, puis à 67 en 2030.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce levier a des limites physiques, économiques et politiques évidentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Physiques d&rsquo;abord. L&rsquo;OCDE observe que seulement 59 % des adultes maintiennent un emploi continu dans la cinquantaine. Parmi eux, seuls 31 % sont encore employés de manière constante dans la soixantaine, tandis que 30 % ne travaillent plus du tout. Problèmes de santé, âgisme en entreprise, obsolescence des compétences : le mur de verre est réel. On peut décréter l&rsquo;âge de la retraite à 70 ans ; si le marché du travail n&#8217;emploie plus les gens à partir de 55 ans, l&rsquo;effet est nul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Politiques ensuite. La France a été secouée par des mois de manifestations massives en 2023 pour le passage de 62 à 64 ans. La Belgique a connu une grève générale en janvier 2025 contre la réforme des pensions. La résistance sociale fixe un plafond politique au relèvement de l&rsquo;âge de départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, ce levier ne suffira pas, loin de là, à résoudre l&rsquo;équation démographique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;immigration : un impératif que le discours politique refuse de nommer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le think tank Bruegel, dans un document de travail d&rsquo;octobre 2025, pose le constat sans détour : la faible probabilité d&rsquo;un rebond soutenu des taux de fécondité laisse l&rsquo;UE avec des niveaux élevés et continus de migration nette positive comme seule voie pour atténuer les effets économiques du vieillissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Banque centrale européenne confirme que les travailleurs étrangers jouent un rôle de plus en plus important sur les marchés du travail de la zone euro, et que le vieillissement pose des défis sérieux à l&rsquo;expansion de la force de travail. L&rsquo;OCDE précise que l&rsquo;immigration peut retarder le vieillissement ou ralentir son rythme, tout en notant que maintenir en permanence un ratio favorable nécessiterait un flux migratoire toujours croissant. L&rsquo;immigration n&rsquo;est pas une solution miracle, mais elle est incontournable dans l&rsquo;équation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est que cette réalité, connue de tous les décideurs, reste largement innommable dans le débat public. Les élections se gagnent sur la promesse de fermer les frontières. Les politiques économiques se font sur la nécessité de les ouvrir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contre-modèle espagnol</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce déni généralisé, l&rsquo;Espagne fait figure d&rsquo;exception. Madrid a choisi d&rsquo;assumer ouvertement le rôle de l&rsquo;immigration dans sa stratégie économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2025, le gouvernement espagnol a lancé un programme de régularisation visant 300 000 personnes par an sur trois ans. Un projet de loi complémentaire prévoit la régularisation de 470 000 immigrés sans papiers arrivés avant fin 2024. L&rsquo;objectif est explicité sans ambiguïté : soutenir la croissance économique et le système de pension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats sont mesurables. L&rsquo;économie espagnole a crû d&rsquo;environ 3 % en 2024, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro de 0,8 %. Entre 2022 et 2024, 5,2 millions d&#8217;emplois ont été créés, dont 75 % occupés par des personnes à double nationalité ou étrangères. Les migrants représentent 13,5 % de la main-d&rsquo;œuvre et 40 % des nouveaux emplois en 2024. La ministre espagnole de la Sécurité sociale, Elma Saiz, a résumé le choix : « Nous avions deux options : être un pays fermé en difficulté ou un pays ouvert et prospère. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle n&rsquo;est pas exempt de tensions. Les immigrés y occupent principalement des emplois moins qualifiés et moins rémunérés — agriculture, construction, hôtellerie. Les salaires moyens des travailleurs étrangers sont inférieurs de 17 % à 37 % à ceux des Espagnols selon l&rsquo;origine. Mais l&rsquo;approche espagnole a le mérite de la cohérence : reconnaissant le besoin, elle tente d&rsquo;y répondre par des voies légales et organisées, plutôt que par le double discours italien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait remarquable : malgré cette politique ouvertement pro-immigration, les sondages montrent moins d&rsquo;hostilité envers les immigrés en Espagne que dans des pays à marchés du travail plus robustes et États-providence plus généreux, comme l&rsquo;Allemagne ou la Suède.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et la Belgique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique se trouve dans une position intermédiaire. Ni le déclin dramatique de l&rsquo;Italie, ni l&rsquo;audace espagnole. Mais les mêmes contradictions structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté démographie, le taux de fécondité est tombé à 1,65 enfant par femme. La pyramide des âges est de type constrictif, avec une population vieillissante et une croissance naturelle négative ou en déclin. Comme partout en Europe, seule l&rsquo;immigration soutient encore une légère croissance démographique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté pensions, la Belgique est sous pression. Les dépenses de pension représentent déjà 12,7 % du PIB. L&rsquo;âge légal passe à 66 ans en 2025, puis à 67 en 2030. Mais la Belgique reste l&rsquo;un des rares pays de l&rsquo;OCDE à n&rsquo;appliquer aucune pénalité en cas de départ anticipé à la retraite. Le taux d&#8217;emploi des 55-64 ans y est de 62,1 %, très en dessous de la Suède, de l&rsquo;Allemagne ou des Pays-Bas. Le think tank Bruegel identifie explicitement la Belgique, avec la France, le Luxembourg et l&rsquo;Autriche, comme des pays disposant d&rsquo;un potentiel significatif d&rsquo;amélioration sur ce point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté marché du travail, 20,3 % de la force de travail est d&rsquo;origine étrangère. La Wallonie compte 77 métiers en pénurie, dont plus d&rsquo;un tiers ont une main-d&rsquo;œuvre proche de l&rsquo;âge de la retraite. La question de qui remplira ces postes — et qui cotisera pour les pensions des baby-boomers — n&rsquo;est pas un débat théorique : c&rsquo;est une urgence actuarielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, en Belgique comme ailleurs, le débat sur les pensions et celui sur l&rsquo;immigration sont menés dans des silos étanches. D&rsquo;un côté, on discute de l&rsquo;âge de la retraite et du financement de la sécurité sociale. De l&rsquo;autre, on parle de contrôle des frontières et d&rsquo;intégration. Rarement les deux conversations se croisent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La quadrature du cercle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre constats s&rsquo;imposent au terme de cette analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le déclin démographique naturel de l&rsquo;Europe est un fait acquis</strong> pour les décennies à venir. Aucune politique nataliste n&rsquo;a jusqu&rsquo;ici renversé la tendance. Même un rebond spectaculaire de la fécondité ne produirait d&rsquo;effets sur la force de travail qu&rsquo;après vingt ans. Comme l&rsquo;écrit l&rsquo;Egmont Institute, la migration et la fécondité doivent être comprises comme des leviers distincts mais interdépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le relèvement de l&rsquo;âge de la retraite a des rendements décroissants.</strong> On approche des limites biologiques (santé, capacité physique), culturelles (âgisme en entreprise, exclusion des seniors du marché du travail) et politiques (résistance sociale). Le Danemark à 70 ans semble proche du plafond.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;immigration est le seul facteur capable de compenser à court et moyen terme</strong> le déficit de population active et de contributeurs aux systèmes de sécurité sociale. Tous les rapports institutionnels — Commission européenne, Bruegel, OCDE, BCE — convergent sur ce point. Non pas comme solution miracle, mais comme composante indispensable d&rsquo;une réponse nécessairement multifactorielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les politiques migratoires restrictives entrent en contradiction directe</strong> avec les nécessités économiques et actuarielles des pays qui les mènent. Le cas italien est le plus frappant — un gouvernement anti-immigration qui augmente discrètement les quotas de travailleurs étrangers — mais le phénomène touche l&rsquo;ensemble du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème fondamental est un problème de temporalité politique. Les élections se jouent tous les quatre ou cinq ans. Le déclin démographique se déploie sur des décennies. Le discours anti-immigration rapporte des voix aujourd&rsquo;hui. La facture de l&rsquo;effondrement démographique n&rsquo;arrive qu&rsquo;en différé. Quand elle arrivera, il sera trop tard pour recruter les cotisants qu&rsquo;on aura passé des années à refouler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Europe n&rsquo;a pas le luxe de choisir entre natalité, prolongation de la vie active et immigration. Elle a besoin des trois. Simultanément. Et elle a surtout besoin d&rsquo;un discours politique qui dise la vérité sur cette nécessité, plutôt que de la nier pour mieux séduire les électeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources principales</strong></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Paolo Riva, «&nbsp;Le vrai problème migratoire de Meloni&nbsp;: l’Italie se vide&nbsp;», IrpiMedia, 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Eurostat, Demography of Europe – 2025 edition</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– JRC / Commission européenne, The Role of Migration and Fertility for the Future Size of the EU’s Population, 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Bruegel, «&nbsp;The macroeconomic impact of ageing, EU immigration policy and pension expenditures&nbsp;», Working Paper 24/2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Bruegel, «&nbsp;The demographic divide: inequalities in ageing across the European Union&nbsp;», Policy Brief 13/2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Bruegel, «&nbsp;Beyond retirement: a closer look at the very old&nbsp;», octobre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Egmont Institute, «&nbsp;Navigating the Population Change in the EU&nbsp;», décembre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– OCDE, Pensions at a Glance 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– OCDE, Employment Outlook 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– OCDE, International Migration Outlook 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Commission européenne / EPC, 2024 Ageing Report</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Eurofound, «&nbsp;Europe must adapt to its ageing workforce&nbsp;», novembre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Euronews, «&nbsp;Spain bets on migrants to counter labour shortage&nbsp;», octobre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Migration Policy Institute, «&nbsp;A Pragmatic Bet: The Evolution of Spain’s Immigration System&nbsp;»</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Real Instituto Elcano, «&nbsp;Immigration, employment, productivity and inequality in Spain&nbsp;»</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/02/leurope-se-vide-les-politiques-migratoires-contredisent-larithmetique-demographique/">L’Europe se vide : les politiques migratoires contredisent l’arithmétique démographique</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Résister par le faire : quand les maker·euse·s défendent les droits fondamentaux</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/21/resister-par-le-faire-quand-les-maker%c2%b7euse%c2%b7s-defendent-les-droits-fondamentaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Feb 2026 11:32:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=817</guid>

					<description><![CDATA[<p>Aux États-Unis, des citoyen·ne·s utilisent imprimantes 3D et maker spaces pour résister aux raids d'ICE. Un mouvement qui interpelle l'Europe sur la défense concrète des droits fondamentaux.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/21/resister-par-le-faire-quand-les-maker%c2%b7euse%c2%b7s-defendent-les-droits-fondamentaux/">Résister par le faire : quand les maker·euse·s défendent les droits fondamentaux</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aux États-Unis, des citoyen·ne·s transforment leurs imprimantes 3D et leurs ateliers communautaires en outils de résistance face aux raids de l&rsquo;agence fédérale ICE. Un mouvement qui interroge l&rsquo;Europe sur sa propre trajectoire sécuritaire et sur la capacité des sociétés civiles à défendre concrètement les droits fondamentaux. Wired a mené une <a href="https://www.wired.com/story/makers-are-building-back-against-ice/" target="_blank" rel="noopener" title="">enquête à ce suje</a>t.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un quartier de Minneapolis, en janvier 2026, des agent·e·s fédéraux abattent deux personnes lors d&rsquo;une opération de contrôle migratoire. Un mois plus tard, à quelques rues de là, une imprimante 3D crache son énième sifflet d&rsquo;alerte, destiné à prévenir les habitant·e·s de la présence de l&rsquo;Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans le voisinage. C&rsquo;est toute la tension de ce moment américain : la violence d&rsquo;État d&rsquo;un côté, l&rsquo;ingéniosité citoyenne de l&rsquo;autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La solidarité en kit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l&rsquo;intensification des opérations d&rsquo;ICE sous l&rsquo;administration Trump — dont les agent·e·s fédéraux disposent désormais d&rsquo;une latitude d&rsquo;usage de la force considérablement élargie —, les maker spaces, ces ateliers communautaires équipés d&rsquo;imprimantes 3D et de machines-outils, se sont transformés en véritables infrastructures de protection. Des milliers de sifflets circulent dans les quartiers ciblés. Des supports de caméras corporelles sont distribués aux observateur·rice·s civil·e·s. Des réseaux maillés Meshtastic, fonctionnant sans internet ni réseau mobile, permettent de communiquer hors de portée de toute surveillance. Des ateliers de réparation accueillent celles et ceux dont les portes ont été enfoncées lors de descentes policières — une réalité devenue banale dans certaines villes américaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de reconnaître que cette inventivité n&rsquo;est pas un caprice de bricoleur·euse·s. C&rsquo;est une réponse directe à une politique qui criminalise des populations entières, sépare des familles et transforme des quartiers en zones d&rsquo;occupation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mécanismes qui nous concernent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les situations ne sont certes pas comparables en intensité. Mais depuis Bruxelles ou Liège, les mécanismes à l&rsquo;œuvre aux États-Unis renvoient à des dynamiques que nous connaissons. Les dispositifs de surveillance aux frontières européennes, le recours systématique à Frontex pour refouler des embarcations en Méditerranée, les technologies de reconnaissance faciale déployées dans plusieurs pays de l&rsquo;Union : l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas spectatrice innocente de la dérive sécuritaire mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, la question de la proportionnalité des moyens de contrôle migratoire se pose avec une acuité croissante. Les centres fermés, les raids dans les logements, les confiscations de biens de première nécessité documentées par plusieurs ONG sur nos trottoirs dessinent un paysage où l&rsquo;État de droit vacille parfois dangereusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « faire » comme acte politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire encore aux discours sur les « valeurs européennes » lorsque nos gouvernements multiplient les investissements dans des dispositifs de contrôle aux frontières sans effort comparable en matière d&rsquo;accueil ? Comment exiger des États-Unis le respect des droits fondamentaux si nous détournons le regard de nos propres pratiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que montrent les maker·euse·s américain·e·s, c&rsquo;est que la résistance peut être concrète, quotidienne, accessible. Comme le résume un·e participant·e anonyme interrogé·e par le magazine Wired : la résistance est d&rsquo;abord quelque chose de pratique. Cette philosophie du « faire » rappelle que les droits ne se défendent pas uniquement dans les tribunaux ou les parlements, mais aussi dans les ateliers de quartier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espoir par l&rsquo;action</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous revient, par nos actions, de ne pas abandonner cet espace de solidarité aux seul·e·s bricoleur·euse·s d&rsquo;outre-Atlantique. En Europe, des collectifs citoyens cartographient déjà les violences policières, documentent les conditions de rétention, développent des outils numériques de protection des droits. Des fablabs solidaires et des réseaux d&rsquo;entraide se multiplient dans nos villes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives parviendront, nous en sommes sûr·e·s, à tracer les pistes d&rsquo;une résistance démocratique, pour peu que nous les soutenions. Charge à nous non pas de céder à la peur ou au fatalisme, mais de fournir les outils — matériels et juridiques — qui permettront à chacun·e de défendre ses droits et ceux de ses voisin·e·s. La technologie change, les imprimantes 3D remplacent les machines à écrire, mais l&rsquo;essentiel demeure : des citoyen·ne·s déterminé·e·s, uni·e·s, qui refusent de baisser les bras.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de fabriquer la lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #RésistanceCitoyenne #MakerSpaces #ICE #Solidarité #ÉtatDeDroit #Frontex #Surveillance #FabLab #DroitsFondamentaux</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/21/resister-par-le-faire-quand-les-maker%c2%b7euse%c2%b7s-defendent-les-droits-fondamentaux/">Résister par le faire : quand les maker·euse·s défendent les droits fondamentaux</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Inde : comment abroger un droit sans le dire</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/05/inde-comment-abroger-un-droit-sans-le-dire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2026 08:01:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2005, l'Inde a établi la NREGA, garantissant 100 jours de travail rémunéré par an pour les ménages ruraux, mais un projet de loi récent menace ce programme. Jean Drèze critique cette réforme, soulignant qu'elle affaiblit les droits des travailleurs tout en augmentant les autorités discrétionnaires du gouvernement central, sans résoudre les problèmes d’implémentation.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/05/inde-comment-abroger-un-droit-sans-le-dire/">Inde : comment abroger un droit sans le dire</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2005, l&rsquo;Inde a fait ce qu&rsquo;aucun autre pays n&rsquo;avait osé à cette échelle : transformer le droit au travail en garantie légale opposable. La <a href="http://NREGA" title="">NREGA </a>— 100 jours de travail rémunéré garantis par an à tout ménage rural qui en fait la demande — est devenue une référence mondiale en matière de protection sociale, inspirant des programmes au Bangladesh, en Éthiopie et en Afrique du Sud.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vingt ans plus tard, cette conquête est menacée. Le projet de loi VB-G RAM G 2025, adopté à la hâte par le Parlement indien, vide le programme de sa substance sous couvert de réforme. <a href="http://JEAN" title="">L&rsquo;économiste Jean Drèze</a>, professeur à l&rsquo;université de Ranchi et figure de proue des politiques sociales indiennes, analyse ce démantèlement en cours.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading has-medium-font-size"></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le projet de loi VB-G RAM G est sur le point de faire sombrer la garantie d&#8217;emploi en Inde sous prétexte de la réformer.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a vingt ans, l&rsquo;Inde a joué un rôle de « viswaguru » (maître du monde) en lançant la loi nationale sur la garantie d&#8217;emploi rural (NREGA). L&rsquo;idée n&rsquo;était pas entièrement nouvelle : le Maharashtra avait déjà montré la voie avec son propre programme de garantie d&#8217;emploi depuis le début des années 1970. Mais la NREGA a poussé l&rsquo;idée beaucoup plus loin et est devenue une source d&rsquo;inspiration pour le monde entier.</p>



<div class="wp-block-group has-base-2-background-color has-background is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8f761849 wp-block-group-is-layout-flex">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Viswaguru</strong> (विश्वगुरु) est un terme sanskrit qui signifie littéralement « guide/maître du monde ». C&rsquo;est une expression utilisée pour décrire l&rsquo;Inde comme une source d&rsquo;inspiration et de sagesse pour les autres nations — un concept parfois mobilisé dans le discours nationaliste indien contemporain, mais ici utilisé pour souligner un véritable apport innovant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La NREGA</strong> (National Rural Employment Guarantee Act), adoptée en 2005 et mise en œuvre à partir de 2006, est un programme ambitieux qui garantit légalement 100 jours de travail rémunéré par an à chaque ménage rural dont les membres adultes acceptent d&rsquo;effectuer des travaux manuels non qualifiés. C&rsquo;est un droit opposable : si l&rsquo;État ne fournit pas ce travail dans les 15 jours suivant la demande, il doit verser une allocation chômage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le précédent du Maharashtra</strong> : l&rsquo;État du Maharashtra avait effectivement lancé dès 1972 un programme similaire (Employment Guarantee Scheme), qui a servi de laboratoire et d&rsquo;inspiration pour la loi nationale.</p>
</div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;influence mondiale</strong> : la NREGA est devenue une référence internationale en matière de protection sociale et de « filets de sécurité » (safety nets), inspirant des réflexions sur les programmes de travaux publics garantis dans d&rsquo;autres pays en développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi était l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un processus de délibération publique d&rsquo;un an impliquant des mouvements sociaux, des organisations de travailleurs, le Conseil consultatif national, le cabinet du Premier ministre, plusieurs ministères et, bien sûr, le Parlement, y compris une commission permanente active présidée par le député Kalyan Singh du Bharatiya Janata Party (BJP). Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une initiative nationale dépassant les clivages politiques, qui a reçu le soutien unanime du Parlement au moment de la décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Six ans plus tard, en 2011-2012, des preuves importantes ont montré que le programme fonctionnait plutôt bien. À cette époque, le MGNREGA (comme il avait été rebaptisé) générait officiellement plus de 200 crores de jours-personnes d&#8217;emploi par an pour 50 millions de ménages ruraux. Près de la moitié des travailleurs étaient des femmes et plus de 40 % appartenaient à une caste ou une tribu répertoriée. Ces chiffres officiels ont été largement corroborés par des enquêtes indépendantes auprès des ménages, notamment la 68e édition de l&rsquo;enquête nationale par sondage et surtout la deuxième enquête indienne sur le développement humain. Les salaires ruraux augmentaient à un rythme sans précédent. Certaines études suggèrent également que le MGNREGA, loin de remplacer le travail productif, avait des effets <em>positifs</em> sur l&rsquo;efficacité économique et la production globale. Ces réalisations s&rsquo;appuyaient sur l&rsquo;énergie et l&rsquo;enthousiasme des premières années du MGNREGA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, les obstacles à la mise en œuvre et les erreurs se sont multipliés. La centralisation, la technocratie, le sous-financement, les retards dans le paiement des salaires, l&rsquo;incapacité à lutter contre la corruption et d&rsquo;autres problèmes ont eu des conséquences néfastes. Aujourd&rsquo;hui, le MGNREGA n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-même, malgré le rôle remarquable qu&rsquo;il a joué pendant la crise du Covid-19.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des problèmes de mise en œuvre peuvent être résolus, mais cela nécessite un engagement politique renouvelé en faveur du MGNREGA. Le projet de loi VB-G RAM G 2025, adopté à la hâte par le Parlement au cours des deux derniers jours sans préavis, va dans le sens contraire : il abroge cette loi historique et la remplace par un programme financé par le gouvernement central, à la discrétion de ce dernier. En vertu de ce projet de loi, le gouvernement central dispose de tous les pouvoirs et n&rsquo;a aucune obligation sérieuse. Toutes les obligations (fournir des emplois, verser les allocations chômage, indemniser les travailleurs en cas de retard de paiement et même garantir un financement adéquat) ont été transférées aux gouvernements des États.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="559" data-attachment-id="778" data-permalink="https://en-avant.info/2026/01/05/inde-comment-abroger-un-droit-sans-le-dire/gemini_generated_image_igy9tnigy9tnigy9/#main" data-orig-file="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-scaled.png" data-orig-size="2560,1396" data-comments-opened="0" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9" data-image-description="" data-image-caption="" data-large-file="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-1024x559.png" src="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-1024x559.png" alt="Un croquis détaillé au crayon noir et blanc montre une femme âgée et une jeune fille assises par terre devant une hutte en terre battue dans une zone rurale de l'Inde. La femme, au visage ridé et portant un foulard, regarde vers le spectateur, tandis que la jeune fille à côté d'elle regarde vers la gauche. À l'arrière-plan, deux autres personnes sont assises, l'une dans l'embrasure de la porte de la hutte et l'autre à l'extérieur. Deux vaches se tiennent dans un champ derrière la hutte. Le dessin est rendu avec des hachures complexes." class="wp-image-778" srcset="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-1024x559.png 1024w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-300x164.png 300w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-768x419.png 768w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-1536x838.png 1536w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2026/01/Gemini_Generated_Image_igy9tnigy9tnigy9-2048x1117.png 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les pouvoirs discrétionnaires du gouvernement central commencent par le pouvoir de décider où et quand le programme doit être mis en œuvre. Cette « clause de suspension » va à l&rsquo;encontre de l&rsquo;objectif de la garantie d&#8217;emploi. Cela revient à fournir une garantie d&#8217;emploi sans aucune garantie que cette garantie s&rsquo;applique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement central dispose également d&rsquo;un pouvoir discrétionnaire en matière d&rsquo;allocations financières. Jusqu&rsquo;à présent, le MGNREGA reposait sur le principe d&rsquo;un financement illimité par le gouvernement central. Les États ne devaient payer que 25 % des coûts matériels (environ 10 % des coûts totaux). Dans le cadre du nouveau programme, le gouvernement central est libre de fixer des « allocations normatives par État ». Dans le cadre de ces allocations, le partage des coûts entre le centre et les États sera de 60/40. Au-delà, tout le financement est censé provenir des États.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque que le gouvernement central abuse de ses pouvoirs discrétionnaires n&rsquo;est pas imaginaire. Nous en avons eu un avant-goût au cours des trois dernières années avec l&rsquo;arrêt du financement du MGNREGA au Bengale occidental. Les raisons de cette mesure drastique n&rsquo;ont jamais été clairement expliquées par le gouvernement central, pas même au Parlement. Il est évident que le motif est politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau modèle financier, tout comme la clause de suspension, prive le MGNREGA de son efficacité. L&rsquo;ancien modèle incitait fortement les États à mettre en œuvre le programme. Il leur offrait une réelle opportunité de faire du bon travail à moindre coût. Le nouveau modèle de financement est un énorme obstacle à cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de gens ne réalisent pas que la mise en œuvre du MGNREGA est motivée autant (sinon plus) par la demande de <em>projets</em> que par la demande de <em>travail</em>. Les agriculteurs souhaitent construire des puits et planter des vergers, les communautés réclament des routes et des étangs, les gens demandent des logements – tout cela contribue à activer le MGNREGA. Les gouvernements des États approuvent facilement les projets car les coûts sont principalement pris en charge par le gouvernement central.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du nouveau programme, les gouvernements des États devront prendre en charge 40 %, voire 100 %, du coût des nouveaux projets. Il est fort probable que bon nombre d&rsquo;entre eux, en particulier dans les États les plus pauvres, ralentiront l&rsquo;approbation des projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau mode de financement soulève une autre question. Le projet de loi rend les États responsables de la création d&#8217;emplois (ou, à défaut, du versement d&rsquo;allocations chômage) <em>sans aucune garantie de financement</em> adéquat. En d&rsquo;autres termes, le gouvernement central impose aux États une obligation financière juridiquement contraignante, sans consultation. Les États ont de bonnes raisons de s&rsquo;y opposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont là que quelques-uns des principaux problèmes posés par le projet de loi. D&rsquo;autres problèmes ont été exposés avec justesse par de nombreux commentateurs ces derniers jours. Certains économistes bien intentionnés affirment que le projet de loi contribuera à garantir que les États les plus pauvres obtiennent une part plus importante des fonds. Cependant, un bien meilleur moyen d&rsquo;y parvenir serait d&rsquo;augmenter les taux de rémunération du MGNREGA dans les États les plus pauvres. L&rsquo;introduction du partage des coûts n&rsquo;est guère le moyen de les aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne veut pas dire que le MGNREGA fonctionne bien. Cependant, le projet de loi contient très peu de dispositions constructives susceptibles de contribuer à résoudre les problèmes actuels de mise en œuvre. Au contraire, il crée certains obstacles, comme une technologie contre-productive. La seule bonne nouvelle est l&rsquo;augmentation de la norme de 100 à 125 jours (par ménage et par an) pour l&#8217;emploi garanti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement central a utilisé efficacement cette mesure pour donner l&rsquo;impression que le projet de loi « réorganise » le MGNREGA, alors qu&rsquo;il l&rsquo;abroge en réalité. L&rsquo;augmentation du plafond est bien sûr la bienvenue. Mais cela ne changera pas grand-chose, pour deux raisons. Premièrement, très peu de ménages (environ 2 % de tous les ménages ruraux) bénéficient actuellement de 100 jours de travail complets dans le cadre du MGNREGA. Si le plafond n&rsquo;est pas contraignant, en quoi son relèvement est-il utile ? Une fois encore, l&rsquo;augmentation des taux de rémunération est un meilleur moyen d&rsquo;étendre les avantages. Deuxièmement, le relèvement du plafond est une mesure cosmétique alors que les restrictions financières vont dans le sens contraire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bref, loin de réformer la garantie d&#8217;emploi en Inde, le projet de loi la fait sombrer en démotivant les États et en affaiblissant les travailleurs. C&rsquo;est la fin d&rsquo;une époque, à moins que le projet de loi ne soit finalement abrogé sous la pression publique, tout comme les projets de loi agricoles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;auteur est professeur invité au département d&rsquo;économie de l&rsquo;université de Ranchi.</em></p>



<div class="wp-block-group has-base-background-color has-background"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h2 class="wp-block-heading" id="NREGA">LA NREGA, Un modèle de référence internationale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La NREGA est devenue l&rsquo;une des politiques sociales les plus étudiées au monde <a href="https://dnyuz.com/2026/01/02/india-pioneered-job-guarantees-a-new-law-could-weaken-them-critics-say/">DNYUZ</a>, générant une abondante littérature académique et influençant directement les politiques d&rsquo;autres pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reconnaissance institutionnelle majeure</strong> : La Banque mondiale, après l&rsquo;avoir critiquée en 2009, l&rsquo;a qualifiée en 2014 d' »exemple stellaire de développement rural » <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mahatma_Gandhi_National_Rural_Employment_Guarantee_Act,_2005">Wikipedia</a>. Le PNUD en Inde a été partenaire depuis sa création pour soutenir le partage de connaissances au niveau national et mondial <a href="https://www.undp.org/india/publications/rights-based-legal-guarantee-development-policy-mahatma-gandhi-national-rural-employment-guarantee-act">United Nations Development Programme</a></p>



<h2 class="wp-block-heading">Programmes inspirés ou comparables</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début du millénaire, outre l&rsquo;Inde, trois pays ont mis en œuvre des programmes d' »employeur de dernier recours » : le programme Jefes en Argentine, le Programme élargi de travaux publics (EPWP) en Afrique du Sud, et le Programme de filets de sécurité productifs (PSNP) en Éthiopie <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9487846/">PubMed Central</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, la conception du programme — une garantie légale de travail fondée sur la demande — a inspiré des programmes de travaux publics et de protection sociale à grande échelle dans le Sud global, notamment au Bangladesh, en Éthiopie et en Afrique du Sud <a href="https://dnyuz.com/2026/01/02/india-pioneered-job-guarantees-a-new-law-could-weaken-them-critics-say/">DNYUZ</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;innovation conceptuelle clé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue la NREGA, c&rsquo;est le passage d&rsquo;une logique d&rsquo;aide à une logique de <strong>droit opposable</strong>. Le programme partage la philosophie du Works Progress Administration américain pendant la Grande Dépression, mais va plus loin en établissant le travail comme un droit <a href="https://dnyuz.com/2026/01/02/india-pioneered-job-guarantees-a-new-law-could-weaken-them-critics-say/">DNYUZ</a>. « Le citoyen est devenu un acteur porteur de droits, capable d&rsquo;exiger de l&rsquo;État plutôt que de dépendre de sa bienveillance » <a href="https://dnyuz.com/2026/01/02/india-pioneered-job-guarantees-a-new-law-could-weaken-them-critics-say/">DNYUZ</a>, résume un chercheur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette dimension juridique — le fait que l&rsquo;État soit légalement tenu de fournir du travail ou une indemnité — qui constitue l&rsquo;apport conceptuel majeur pour les politiques de protection sociale mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
</div></div>



<div class="wp-block-group has-base-background-color has-background"><div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph" id="JEAN"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-accent-color">Jean Drèze</mark></strong> est un économiste belge de renommée internationale, né à Louvain, célèbre pour son engagement social profond en Inde où il vit depuis des décennies, œuvrant sans relâche auprès des plus pauvres pour transformer les politiques publiques, notamment sur les droits sociaux, la sécurité alimentaire et l&rsquo;éducation, en collaborant étroitement avec des figures comme Amartya Sen. Souvent décrit comme un intellectuel « aux pieds nus », il incarne une économie de terrain, enracinée dans le quotidien des populations marginalisées, loin des cercles académiques traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a reçu en 2021 le <a href="https://www.stichtingpv.be/fr/-/burgerschapsprijs-2021-jean-dreze" target="_blank" rel="noopener" title="">Prix de la Citoyenneté de la Fondation P&amp;V</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ses Origines et sa Formation</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Origine belge</strong> : Né à Louvain en 1959, il a étudié l&rsquo;économie mathématique à l&rsquo;Université d&rsquo;Essex.</li>



<li><strong>Le tournant indien</strong> : Il part en Inde en 1979, initialement pour sa thèse, et se passionne pour les problématiques de développement et de pauvreté.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Son Engagement en Inde</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Un économiste de terrain</strong> : Il est connu pour vivre modestement dans les villages, travaillant directement avec les communautés, ce qui lui vaut le surnom d&rsquo;« économiste aux pieds nus ».</li>



<li><strong>Collaborations majeures</strong> : Il a travaillé avec le Prix Nobel Amartya Sen sur des thèmes comme la faim et la pauvreté, cosignant plusieurs ouvrages fondamentaux.</li>



<li><strong>Influence politique</strong> : Il est un architecte clé de grandes réformes sociales en Inde, comme les politiques de sécurité alimentaire et de droit au travail, touchant des centaines de millions de personnes.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Son Approche de l&rsquo;Économie</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Économie au service du social</strong> : Il considère l&rsquo;économie comme un outil pour résoudre des problèmes concrets de vie et de dignité, s&rsquo;éloignant des modèles théoriques.</li>



<li><strong>Intellectuel engagé</strong> : Drèze allie recherche académique rigoureuse et action collective, cherchant à traduire les droits en réalités tangibles pour les plus démunis.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, Jean Drèze est une figure emblématique de l&rsquo;économie du développement, un intellectuel belge qui a consacré sa vie à l&rsquo;Inde rurale, promouvant des droits sociaux fondamentaux par l&rsquo;action et la recherche, devenant une voix influente et respectée dans le combat contre la pauvreté.</p>
</div></div>



<h2 class="wp-block-heading"></h2>



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