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	<title>droits humains - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
	<lastBuildDate>Sat, 18 Jul 2026 14:57:22 +0000</lastBuildDate>
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	<title>droits humains - En avant</title>
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		<title>Sans procédure, pas d&#8217;asile</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/18/sans-procedure-pas-asile-hcr-global-trends-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 14:48:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asile]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
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		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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		<category><![CDATA[Pacte migratoire]]></category>
		<category><![CDATA[Procédure d'asile]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rapport Global Trends 2025 du HCR enregistre le premier reflux du déplacement forcé depuis dix ans. Derrière ce chiffre rassurant se cache un basculement : les retours remplacent les procédures, et la protection recule là où l'on prétend la garantir.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Le rapport Global Trends 2025 du HCR enregistre le premier reflux du déplacement forcé depuis dix ans. Derrière ce chiffre rassurant se cache un basculement : les retours remplacent les procédures, et la protection recule là où l&rsquo;on prétend la garantir.</em></p>

<h2 class="wp-block-heading">Un reflux qui n&rsquo;est pas une accalmie</h2>

<p class="wp-block-paragraph">Publié en juin 2026, le rapport du Haut-Commissariat aux réfugiés annonce 117,8 millions de personnes déracinées fin 2025, soit 5,4 millions de moins qu&rsquo;un an plus tôt. Première baisse en une décennie.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Le HCR ne se paie pas de mots sur l&rsquo;origine de cette décrue : elle tient presque entièrement à un volume inédit de retours, 14,7 millions en une année, dont 4,4 millions de réfugié·e·s. Non pas des solutions trouvées, mais des départs contraints. Le déplacement ne diminue pas parce que les causes s&rsquo;apaisent. Il diminue parce que les portes se ferment.</p>

<h2 class="wp-block-heading">Retours massifs, consentements introuvables</h2>

<p class="wp-block-paragraph">Le cas afghan est le plus net. Environ 2,9 millions d&rsquo;Afghan·e·s sont rentré·e·s en 2025, dont 1,9 million de réfugié·e·s, après le durcissement des politiques iraniennes et pakistanaises. Le HCR qualifie la plupart de ces retours d&rsquo;involontaires. Quatre retourné·e·s sur cinq depuis le Pakistan étaient des femmes et des enfants.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Ce que les enquêtes du HCR décrivent ensuite ressemble peu à une réinstallation : plus de quatre ménages sur cinq sautent au moins un repas par jour, un tiers n&rsquo;accède pas aux soins, moins de la moitié des filles retrouvent une scolarité comparable à celle des autres. En Syrie, un quart des réfugié·e·s revenu·e·s n&rsquo;ont plus de papiers civils. Le retour n&rsquo;est pas la fin du déplacement. C&rsquo;est souvent son déguisement statistique.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, la réinstallation s&rsquo;effondre : 81 800 arrivées en 2025, moins de la moitié de l&rsquo;année précédente, pour 2,9 millions de personnes identifiées comme en ayant besoin. Trois pour cent. La voie légale se referme au moment précis où l&rsquo;on reproche aux exilé·e·s d&#8217;emprunter les autres.</p>

<h2 class="wp-block-heading">Le taux de protection, thermomètre discret</h2>

<p class="wp-block-paragraph">Un chiffre, presque enfoui dans le chapitre asile, raconte l&rsquo;essentiel. Le taux de protection en procédure individuelle est passé de 55 % en 2024 à 42 % en 2025. Non parce que les besoins auraient reculé.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Les demandes syriennes en fournissent la démonstration. Les décisions les concernant chutent de 151 100 à 35 300, la plupart des États de l&rsquo;Union ayant suspendu leur examen après décembre 2024. La protection n&rsquo;a pas été refusée. Elle a été suspendue, différée, mise en attente — ce qui produit le même résultat sans jamais s&rsquo;écrire noir sur blanc. Neuf millions de personnes attendent une décision, neuvième année consécutive de hausse.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Une procédure d&rsquo;asile n&rsquo;est pas une formalité administrative. C&rsquo;est le seul moment où un État vérifie, individuellement, si renvoyer quelqu&rsquo;un revient à le mettre en danger. Sans elle, il ne reste que des chiffres de flux.</p>

<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Europe raccourcit ses propres garanties</h2>

<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union a passé l&rsquo;année 2025 à préparer l&rsquo;entrée en vigueur de son Pacte migratoire, effective le 12 juin 2026 : procédures accélérées aux frontières, listes de pays sûrs, examen au rabais. Chaque dispositif est présenté comme un gain d&rsquo;efficacité. Chacun retire du temps, du recours, de l&rsquo;examen individuel.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Le rapport du HCR rappelle pourtant que 65 % des réfugié·e·s vivent dans un pays voisin du leur et que les pays à revenu faible ou intermédiaire en accueillent 68 %. L&rsquo;Europe débat de saturation en hébergeant une fraction.</p>

<h2 class="wp-block-heading">Belgique : juger ne suffit plus</h2>

<p class="wp-block-paragraph">La Belgique offre le cas limite. Depuis janvier 2022, l&rsquo;État a été condamné plus de 16 000 fois pour n&rsquo;avoir pas hébergé des demandeur·euse·s de protection internationale. Les condamnations s&rsquo;accumulent, les astreintes restent impayées, et la politique de non-exécution des décisions de justice est aujourd&rsquo;hui assumée publiquement. En avril 2026, la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme a condamné le pays pour avoir laissé quatre demandeur·euse·s d&rsquo;asile sans abri des mois durant, malgré une ordonnance définitive du tribunal du travail.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Le nombre de demandes, lui, a baissé : 34 439 en 2025, treize pour cent de moins qu&rsquo;en 2024. La saturation invoquée ne suit donc pas la demande. Elle suit une décision.</p>

<p class="wp-block-paragraph">Or, sans adresse, sans avocat·e, sans place, une procédure devient impraticable. Le droit d&rsquo;asile n&rsquo;a pas été aboli en Belgique. Il a été rendu inatteignable, ce qui coûte moins cher politiquement.</p>

<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>

<p class="wp-block-paragraph">Le rapport du HCR documente ce que subissent les personnes déracinées. En creux, il dit aussi ce que les États font de leurs propres engagements. Reste à faire appliquer.</p>

<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Asile #HCR #Belgique #PacteMigratoire #GlobalTrends2025</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/18/sans-procedure-pas-asile-hcr-global-trends-2025/">Sans procédure, pas d’asile</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Israël: Transformer le foin en aiguilles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi l'IA la plus avancée a-t-elle servi à tuer sans distinction à Gaza ? Ori Schwarz montre comment le calcul légitime des frappes de masse.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi mobiliser les technologies les plus avancées pour tuer sans distinction ? Le sociologue Ori Schwarz s&rsquo;est posé la question à propos de Gaza. Sa réponse, relayée par Hubert Guillaud  <a href="https://danslesalgorithmes.net/2026/06/30/pourquoi-lia-est-elle-utilisee-pour-faire-la-guerre/">Dans les algorithmes</a>, dérange : l&rsquo;intelligence artificielle n&rsquo;a pas servi à mieux viser, mais à légitimer l&rsquo;ampleur des frappes.</em></p>
<h2 class="wp-block-heading">Un paradoxe qui dérange</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armée israélienne s&rsquo;est vantée de sélectionner ses cibles à l&rsquo;aide des outils d&rsquo;IA les plus sophistiqués. Pourtant, le résultat ressemble à une destruction massive et indiscriminée. Dans un article pour *Big Data &amp; Society*, Ori Schwarz pointe la contradiction et la retourne en question : si l&rsquo;objectif est de tuer sans distinction, pourquoi une technologie aussi avancée serait-elle nécessaire ?</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse renverse l&rsquo;intuition. L&rsquo;IA n&rsquo;était pas requise pour personnaliser le traitement, mais pour justifier un traitement uniforme, en fabriquant des justifications sur mesure. Autrement dit, elle produit de la distinction au service de l&rsquo;indiscrimination.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Fabriquer des cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;image que le chercheur emploie est frappante. On présente souvent le big data comme l&rsquo;outil qui trouve l&rsquo;aiguille dans la botte de foin, la vraie menace parmi les innocent·e·s. Ici, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : il s&rsquo;agit de transformer le foin en aiguilles. D&rsquo;incriminer presque chaque habitant·e, presque chaque immeuble, en tissant autour de lui un récit singulier qui l&rsquo;associe à l&rsquo;ennemi.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce basculement s&rsquo;appuie sur deux mouvements anciens. L&rsquo;individualisation de la guerre, d&rsquo;abord, qui traite l&rsquo;adversaire comme un suspect à poursuivre. La juridicisation, ensuite : pour établir la légalité d&rsquo;une frappe, il faut des données. Beaucoup de données. Et l&rsquo;IA en produit à la chaîne.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Gospel, Lavender et l&rsquo;usine à cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Deux systèmes ont fonctionné en parallèle. Gospel pour les bâtiments, Lavender pour les personnes. Ce dernier attribuait à presque chaque habitant·e de Gaza un score de probabilité d&rsquo;appartenance au Hamas : trente-sept mille Palestinien·ne·s ainsi désigné·e·s par l&rsquo;algorithme. La méthode n&rsquo;a rien d&rsquo;inédit ; elle emprunte aux logiques de la police prédictive, dès 2015, quand un modèle scrutait déjà les réseaux sociaux d&rsquo;adolescent·e·s pour prédire un passage à l&rsquo;acte. Le score fait alors basculer la distinction entre combattant et civil d&rsquo;une catégorie binaire vers un continuum statistique.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2019, une Direction du ciblage a industrialisé la production. Au vingt-septième jour du conflit, l&rsquo;armée annonçait avoir frappé douze mille cibles et en générer douze cents nouvelles par jour, grâce à une « usine » tournant sans interruption. L&rsquo;accélération fut aussi politique : Netanyahou aurait reproché à son chef d&rsquo;état-major de n&rsquo;avoir bombardé « que » mille cinq cents objectifs en quarante-huit heures. Bilan, selon les chiffres cités : plus de soixante et onze mille morts, dont une part importante de femmes et de mineur·e·s, et une saisine de la Cour internationale de justice pour violation présumée de la Convention sur le génocide.</p>
<h2 class="wp-block-heading">La confiance dans les chiffres</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi le calcul rassure-t-il autant ? Parce qu&rsquo;un score porte une aura d&rsquo;objectivité. Chaque frappe devient juridiquement justifiée, chaque mort civile regrettable mais légitime. Le sociologue Eric Bonds parle de « violence humanisée » : une pratique de surveillance et d&rsquo;élimination doublée d&rsquo;un discours emprunté au langage des droits humains.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le glissement est subtil. En convertissant l&rsquo;incertitude morale en risques mesurables, l&rsquo;algorithme transforme un dilemme en procédure. Le statut moral ne dépend plus du résultat, mais du respect des étapes. On relève les seuils de « dommages collatéraux », on abandonne les tirs d&rsquo;avertissement censés protéger les habitant·e·s, et le taux de mortalité civile s&rsquo;envole. Préserver l&rsquo;éthique en l&rsquo;inscrivant dans le code : la promesse se retourne en son contraire.</p>
<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;humain, un alibi ?</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Reste la figure rassurante de l&rsquo;humain dans la boucle. Mais que valide-t-il, quand il lui faut vingt secondes pour approuver une recommandation ? Schwarz décrit même une stratégie de camouflage : dissimuler l&rsquo;IA derrière une analyste de confiance pour que les agents acceptent ses résultats. La machine ne décide pas, dit-on. Elle se contente de désigner.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur ajoute un avertissement. Une IA parfaite, sans erreur ni biais, produirait les mêmes effroyables conséquences, simplement en accélérant. Et ce pouvoir de légitimation ne restera pas confiné à un seul conflit : d&rsquo;autres armées, elles aussi attachées au droit international, adoptent des systèmes comparables.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La guerre de demain se jouera sur les données, leurs croisements sans limites et des seuils ajustables. Le droit international, lui, n&rsquo;a encore rien tranché.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Où s&rsquo;arrête le calcul ?</p>
<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity">
<p class="wp-block-paragraph">#IA #DroitsHumains #Gaza #Algorithmes #DroitInternational</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Salomé Saqué : « L&#8217;extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 14:29:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La montée des autoritarismes coïncide avec une concentration inédite des richesses. Pour la journaliste économique Salomé Saqué, l'extrême droite offre une réponse xénophobe à un problème d'abord social : le déclassement et le sentiment d'injustice.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>La montée des autoritarismes coïncide avec une concentration inédite des richesses. Pour la journaliste économique Salomé Saqué, l&rsquo;extrême droite offre une réponse xénophobe à un problème qui est d&rsquo;abord social : le déclassement et le sentiment d&rsquo;injustice. Entretien sur les narratifs qui nous empêchent de penser le partage des richesses.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi: <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;alarmisme, ce sont des données</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On ne parle quasiment plus de classes sociales dans les débats, y compris lorsqu&rsquo;on cherche à expliquer l&rsquo;émergence de l&rsquo;extrême droite. Pourquoi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, quelque chose a bougé dans la manière dont on pense la classe sociale, et dans l&rsquo;analyse aussi des raisons du glissement vers l&rsquo;extrême droite. Je pense que le vote d&rsquo;extrême droite ne s&rsquo;explique pas de façon binaire, avec une seule grande cause. En tant que journaliste, j&rsquo;ai beaucoup regardé ce que disaient les spécialistes sur le sujet — les universitaires, les sociologues : ils ne sont pas d&rsquo;accord entre eux. Je ne peux donc pas apporter une explication trop simpliste à cette question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je constate que l&rsquo;émergence de ces mouvements autoritaires intervient dans un moment de crise du système économique. Et ce n&rsquo;est pas un hasard que cela arrive au moment où l&rsquo;on a beaucoup de mal à faire perdurer ce système de la croissance éternelle, de l&rsquo;exploitation des ressources d&rsquo;autres pays, d&rsquo;autres peuples. On en parle encore, mais plus de la même manière qu&rsquo;au XIXᵉ siècle. Des bouleversements sont intervenus : le gâteau n&rsquo;est pas infini, on ne peut pas le rendre indéfiniment plus gros. Et donc se pose la question du partage des richesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« C&rsquo;est la faute de l&rsquo;étranger » : une réponse simpliste à un problème réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je pose cette question de la montée des autoritarismes à un moment où le partage des richesses non seulement n&rsquo;est pas effectif, mais devient de moins en moins important et de plus en plus concentré. Les partis d&rsquo;extrême droite apportent une réponse simpliste et erronée à un problème économique plus large : celui de l&rsquo;accès aux ressources, de la dignité des conditions de vie. Ils disent : « C&rsquo;est la faute de l&rsquo;étranger, c&rsquo;est la faute de telle minorité, de telle religion. » Et si l&rsquo;on évince cette communauté, la promesse, c&rsquo;est : « Vous allez retrouver vos conditions de vie d&rsquo;avant » — des conditions complètement fantasmées, qui n&rsquo;ont jamais été réelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc une approche économique du problème, même si elle est totalement infondée. Ils affirment souvent : « Les étranger·ère·s vous volent votre travail. » Cela montre bien que c&rsquo;est un vrai sujet : le pouvoir d&rsquo;achat, le pouvoir économique, l&rsquo;insertion professionnelle. Au lieu de le prendre avec une approche de classe, ils le prennent avec une approche xénophobe. Mais l&rsquo;enjeu, lui, est réel. C&rsquo;est l&rsquo;un des terreaux de la montée du vote pour ces partis : ce déclassement d&rsquo;une partie des populations, et ce sentiment d&rsquo;injustice que ressentent beaucoup de gens sur le plan économique, alors même qu&rsquo;ils occupent des positions très différentes dans la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a urgence. Si l&rsquo;on entend faire face à l&rsquo;extrême droite, on ne peut pas faire l&rsquo;économie de ces problèmes — économiques, pour le coup. On ne peut pas éviter cette question de la répartition des richesses, de l&rsquo;organisation économique de notre société : qui possède quoi, qui produit quoi, dans quelles conditions. Évidemment, c&rsquo;est beaucoup plus compliqué d&rsquo;essayer de résoudre cela que de désigner un·e responsable factice de tous les maux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, il est important de souligner que, dans tous les pays où l&rsquo;extrême droite arrive au pouvoir, elle ne résout pas ces questions économiques. La promesse — « On va expulser des étranger·ère·s et vos conditions de vie vont s&rsquo;améliorer » — ne se vérifie jamais. Ce n&rsquo;est pas ce qui se passe. À aucun moment ces partis n&rsquo;apportent une rupture économique, à aucun moment ils ne changent l&rsquo;ordre social. Au contraire : ils le renforcent, dans leur programme comme dans son application. Il y a très peu de doute là-dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&rsquo;interpelle davantage, c&rsquo;est de comprendre pourquoi ils ont gagné certains esprits avec des discours qui ne sont pas corrélés à la réalité de ce qu&rsquo;ils font — littéralement, même avant d&rsquo;arriver au pouvoir, de ce qu&rsquo;ils votent au Parlement. En France, à l&rsquo;Assemblée nationale comme au Parlement européen, que votent-ils ? Ils ne protègent globalement pas les droits des travailleur·euse·s, encore moins ceux des plus vulnérables et des plus précaires. Il y a là un travail de clarification, de décryptage, que nous essayons de faire du côté des journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On voit s&rsquo;imposer progressivement une logique schmittienne — désigner un « ennemi public » commun, ici le migrant, pour garantir la cohésion sociale — y compris dans les partis du centre. Mais cela pose la question du narratif d&rsquo;une alternative, alors qu&rsquo;on fait face à une situation économique qui réclamerait une forme de mondialisation du contrôle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu ce que disait Piketty dans son dernier ouvrage du contrôle fiscal » c&rsquo;est certain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les libertariens sont en train de s&rsquo;imposer, sur le plan politique comme économique. Quelques pour cent détiennent presque tout. Si la gauche arrive au pouvoir, en sera-t-elle capable ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toute la question : a-t-elle les recettes ? La gauche au sens partisan, je ne sais pas — ce ne sont pas les partis politiques que je couvre, et je ne fais pas de politique partisane. En revanche, je fais le constat, comme certain·e·s économistes et comme les personnes qui documentent cette situation, qu&rsquo;on ne peut pas se passer de mesures internationales sur la question du contrôle fiscal. Et ce n&rsquo;est pas si inatteignable : des choses ont déjà été mises en place. En réalité, tous les États du monde ont intérêt à ce que cela se fasse. Ensuite, ils peuvent disposer de leur argent comme ils l&rsquo;entendent pour leur propre pays. Mais que cela leur échappe complètement est néfaste pour tout le monde, sur le long terme. Donc non, ce n&rsquo;est pas si inatteignable.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le mythe de la méritocratie, machine à reproduire les inégalités</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je regarde le programme du Vlaams Belang ou du RN : leur narratif a glissé vers la gauche sur le terrain social, je dirais sur les services publics.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, non. Même si, officiellement, ils prônent la défense des services publics — c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils disent publiquement — ce n&rsquo;est pas du tout ce qu&rsquo;on retrouve dans leur programme. Il faut vraiment le préciser. Le RN repose sur une idéologie extrêmement méritocratique : l&rsquo;idée qu&rsquo;on a ce qu&rsquo;on mérite. Ils parlent aussi d&rsquo;« assisté·e·s », de personnes qui profiteraient des aides. Ils ne visent pas que les étranger·ère·s, mais aussi celles et ceux qui ne travaillent pas, qui dépendent de l&rsquo;aide sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est précisément le moment, en Belgique, avec l&rsquo;attaque contre les malades de longue durée et contre les chômeur·euse·s : 200 000 personnes exclues du chômage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on revient à cette question du narratif, ce qui est très compliqué à combattre, c&rsquo;est l&rsquo;idée du « quand on veut, on peut », cette méritocratie très installée, y compris dans des sociétés fortement inégalitaires comme les États-Unis. Elle a imprégné les esprits. Il y a cette idée que les très riches, d&rsquo;une certaine manière, méritent ce qu&rsquo;ils ont. Ce qu&rsquo;il faut rappeler, c&rsquo;est que cette notion implique aussi que les très pauvres mériteraient leur sort. Et cela, on l&rsquo;intègre beaucoup moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs phénomènes s&rsquo;opèrent, dont un biais du survivant chez les personnes qui « réussissent », qui parviennent à s&rsquo;extraire de leur classe sociale. On en fait des exemples : les fameux personnages de transfuges de classe qu&rsquo;on adore mettre en scène au cinéma, dans la littérature, dans les médias. On les adore parce qu&rsquo;ils viennent valider un système : « Même si c&rsquo;est difficile, c&rsquo;est possible » — donc ce système serait acceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est compliqué, parce qu&rsquo;entre la réalité de la sociologie et la volonté de croire au rêve qu&rsquo;à tout moment, même très pauvre, on pourrait devenir Jeff Bezos, c&rsquo;est ce second récit qui l&#8217;emporte. Cela explique que la plupart des gens soient contre la taxe sur l&rsquo;héritage. Cela me frappe énormément. En dépit des travaux d&rsquo;économistes comme Thomas Piketty, ou de Mélanie Plouviez, qui a écrit un livre incroyable, <em>L&rsquo;Injustice en héritage</em> — en dépit de toutes les données scientifiques sur le poids de l&rsquo;héritage, sur la reproduction des inégalités et sur la pauvreté qu&rsquo;il engendre — la majorité des gens, y compris les plus pauvres, sont très massivement contre cette taxation, dont ils ne bénéficieront pourtant jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre une victoire dans la bataille culturelle menée par les libéraux et les ultralibéraux, aujourd&rsquo;hui reprise par l&rsquo;extrême droite, et qui nous dispense de réfléchir collectivement à la manière de nous organiser pour que tout le monde ait des conditions de vie dignes. Parce que c&rsquo;est bien cela, le but final. Mon travail de journaliste, encore une fois, c&rsquo;est simplement d&rsquo;expliquer ça. Nous avons fait beaucoup d&rsquo;émissions là-dessus sur Blast. Ce mythe de la méritocratie, qui n&rsquo;a jamais existé — comme l&rsquo;a très bien documenté Michael Sandel, qui remet en cause le concept même de méritocratie — m&rsquo;intéresse énormément. Le jour où tout le monde le comprendra, il sera compliqué pour ces partis de continuer à s&rsquo;appuyer sur ces narratifs, et d&rsquo;éviter la question des réponses économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela que je suis journaliste économique : tout ça peut avoir une utilité en termes de citoyenneté. Ce sont des sujets d&rsquo;intérêt public.</p>



<div style="border-left:4px solid #1a1a1a;background:#f4f1ea;padding:16px 20px;margin:24px 0;font-size:0.95em;"><p style="margin:0 0 8px;font-weight:700;">Michael Sandel</p><p style="margin:0;">Philosophe politique américain, professeur à l&rsquo;Université Harvard. Proche du courant communautarien (qu&rsquo;il conteste), il est connu pour sa critique sans concession de la théorie libérale de la justice et du mérite de John Rawls. Dans <em>La Tyrannie du mérite</em>, il remet en cause le concept même de méritocratie.</p></div>



<div style="border-left:4px solid #1a1a1a;background:#f4f1ea;padding:16px 20px;margin:24px 0;font-size:0.95em;"><p style="margin:0 0 8px;font-weight:700;">Mélanie Plouviez, <em>L&rsquo;Injustice en héritage</em></p><p style="margin:0;">Sous-titré <em>Repenser la transmission du patrimoine</em> (La Découverte, 2025). L&rsquo;autrice y documente le poids de l&rsquo;héritage dans la reproduction des inégalités — et le paradoxe d&rsquo;une opposition massive à sa taxation, y compris chez celles et ceux qui n&rsquo;en bénéficieront jamais.</p></div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé à Spa, le 9 juin 2026, par Philippe Hensmans.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;IA qui construit l&#8217;IA : freiner, est-ce encore possible ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 11:11:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Anthropic admet que l'IA construit déjà l'IA et réclame un frein international. Une initiative à saluer — malgré son angle mort écologique. Décryptage.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Anthropic, l&rsquo;un des principaux laboratoires d&rsquo;intelligence artificielle au monde, <a href="https://www.anthropic.com/institute/recursive-self-improvement" target="_blank" rel="noopener" title="">vient de reconnaître publiquement </a>que ses systèmes participent de plus en plus à leur propre conception. Plus inattendu encore : l&rsquo;entreprise plaide pour qu&rsquo;existe l&rsquo;option d&rsquo;un ralentissement internationalement coordonné. Lorsque les concepteur·rice·s eux·elles-mêmes réclament un frein, qui tiendra les commandes ?</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme est technique, ses implications le sont moins. L&rsquo;« auto-amélioration récursive » désigne le moment où une IA deviendrait capable de concevoir et d&rsquo;entraîner seule la version suivante d&rsquo;elle-même. Nous n&rsquo;y sommes pas encore. Mais les chiffres qu&rsquo;avance Anthropic donnent le vertige : en 2026, plus de 80 % du code intégré à son infrastructure est écrit par son propre modèle, et chaque ingénieur·e en produit huit fois plus qu&rsquo;en 2024. La durée des tâches qu&rsquo;ils accomplissent seuls double tous les quatre mois environ : il y a deux ans, ces systèmes ne menaient à bien que des tâches de quelques minutes ; aujourd&rsquo;hui, ils abattent sans intervention humaine l&rsquo;équivalent de plusieurs heures de travail. La boucle ne s&rsquo;est pas encore refermée. Mais l&rsquo;écart se réduit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;humain, simple superviseur ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle humain se rétrécit à chaque étape. Hier, on écrivait le code ; aujourd&rsquo;hui, on le relit ; demain, peut-être, on se contentera de fixer un cap. Anthropic envisage trois avenirs : un essoufflement de la tendance, des gains d&rsquo;efficacité qui se cumulent, ou cette bascule où la machine se bâtit elle-même. Les deux derniers scénarios ouvrent des gouffres : surveillance de populations entières, manipulation taillée sur mesure pour chaque individu, et surtout le risque que l&rsquo;humanité perde le contrôle de ce qu&rsquo;elle a créé. L&rsquo;entreprise cite, presque en aveu, ces salarié·e·s troublé·e·s : les jours où tout fonctionne, certain·e·s confient n&rsquo;avoir plus le sentiment que leur travail compte. Comment garantir les droits fondamentaux dans un monde où la décision technique échappe à toute délibération démocratique ? Et que reste-t-il de notre responsabilité quand l&rsquo;outil décide à notre place ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le frein, un bien commun ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là que le document surprend. Anthropic affirme qu&rsquo;un ralentissement serait sans doute souhaitable, à condition qu&rsquo;il soit collectif : un frein actionné par un seul laboratoire ne ferait que désigner un·e autre vainqueur·e de la course. L&rsquo;entreprise appelle donc à un mécanisme international de coordination, capable de vérifier que chacun·e respecte la pause. L&rsquo;exercice s&rsquo;annonce ardu. Un programme d&rsquo;entraînement se dissimule plus aisément qu&rsquo;un silo de missiles, ses composants servent mille usages, et la tentation de tricher en secret est immense — car qui poursuit pendant que les autres s&rsquo;arrêtent hérite de l&rsquo;avance. Les précédents existent, tel le traité sur les forces nucléaires intermédiaires, mais ils ont exigé des décennies de patience et de confiance. Or, reconnaît l&rsquo;entreprise, le temps manque. Et celles et ceux qui ne travaillent pas dans ces laboratoires doivent, écrit-elle, prendre part à la décision.</p>







<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;angle mort écologique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Saluons l&rsquo;honnêteté de la démarche. Mais une omission frappe. Parmi les freins possibles, Anthropic cite la limite des capacités de calcul : il faudra peut-être plus d&rsquo;énergie et de puces que la planète n&rsquo;en produit. Le « compute » est ainsi pensé comme un obstacle à la croissance de l&rsquo;IA — jamais comme un coût pour le vivant. Pas un mot sur l&#8217;empreinte climatique de ces centres de données, sur l&rsquo;eau qu&rsquo;ils engloutissent, sur les terres rares qu&rsquo;ils arrachent au sol, sur les déchets — y compris nucléaires — qu&rsquo;une telle course suppose. Penser le calcul comme une ressource rare pour l&rsquo;IA, sans jamais le penser comme une charge pour la biosphère : l&rsquo;omission n&rsquo;est pas neutre. Peut-on raisonner les limites d&rsquo;une technologie sans jamais regarder ce qu&rsquo;elle prélève sur le monde ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une convergence inattendue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte paraît presque en même temps que l&rsquo;encyclique <em>Magnifica Humanitas</em>, par laquelle le pape Léon XIV appelle, lui aussi, à « désarmer » l&rsquo;intelligence artificielle et à la soumettre à une éthique commune. Un laboratoire et une Église, à quelques jours d&rsquo;intervalle, réclament des garde-fous. Coïncidence ou signal ? L&rsquo;initiative d&rsquo;Anthropic, en posant elle-même la question du contrôle, ouvre une brèche. À la société civile, aux militant·e·s des droits humains, de s&rsquo;y engouffrer : pour exiger que ces décisions ne restent pas confisquées par une poignée d&rsquo;acteur·rice·s, et que le frein, s&rsquo;il existe un jour, serve d&rsquo;abord l&rsquo;humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La boucle reste ouverte.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#IntelligenceArtificielle #DroitsHumains #GouvernanceMondiale #JusticeClimatique #Régulation</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/">L’IA qui construit l’IA : freiner, est-ce encore possible ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>« La perturbation n&#8217;est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 14:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[Aarhus]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[DéfenseursDroitsHumains]]></category>
		<category><![CDATA[DésobéissanceCivile]]></category>
		<category><![CDATA[JusticeClimatique]]></category>
		<category><![CDATA[MichelForst]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Rapporteur spécial Michel Forst publie sous l'égide de la Convention d'Aarhus des lignes directrices qui consacrent le droit à la protestation environnementale pacifique — y compris la désobéissance civile.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/">« La perturbation n’est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sous l&rsquo;égide de la Convention d&rsquo;Aarhus, Michel Forst, Rapporteur spécial sur les défenseur·e·s de l&rsquo;environnement, vient de publier ses </strong><a href="https://unece.org/environment-policy/public-participation/aarhus-convention/special-rapporteur-environmental-defenders"><strong><em>Guidelines on the Right to Peaceful Environmental Protest and Civil Disobedience</em></strong></a><strong>. Quarante et une pages adressées aux 47 États parties — dont la Belgique — qui consolident un acquis du droit international : la perturbation n&rsquo;est pas la violence, et la désobéissance civile non-violente est protégée. À l&rsquo;heure où les colleur·euse·s d&rsquo;autoroute et les militant·e·s du climat se retrouvent au banc des accusés, le texte trace une ligne rouge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document, qui combine deux références onusiennes (ECE/MP.PP/2025/21 et /44), a été soumis à la huitième réunion des parties à la Convention d&rsquo;Aarhus, tenue à Genève du 17 au 19 novembre 2025. Il n&rsquo;a rien d&rsquo;un manifeste militant : c&rsquo;est un outil opérationnel, méthodique, étayé par la jurisprudence du Comité des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU, de la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme et du Comité d&rsquo;examen du respect des dispositions d&rsquo;Aarhus lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Premier mécanisme contraignant dédié aux défenseur·e·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Convention d&rsquo;Aarhus, entrée en vigueur en 2001, garantit trois droits : accès à l&rsquo;information, participation aux décisions et accès à la justice en matière environnementale. Son article 3 (8) interdit toute pénalisation, persécution ou harcèlement contre celles et ceux qui exercent ces droits. En 2021, alarmée par les menaces, violences, surveillances et meurtres qui frappent les défenseur·e·s, la réunion des parties a créé par consensus un mandat de Rapporteur spécial — premier mécanisme de réponse rapide adossé à un traité juridiquement contraignant. Michel Forst, élu en 2022, en occupe le poste. Ces lignes directrices opérationnalisent ses précédentes alertes sur la « répression d&rsquo;État de la protestation environnementale ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désobéissance civile : quatre critères, une protection</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport pose une définition claire de la désobéissance civile : (a) une violation délibérée de la loi, (b) sur une question d&rsquo;intérêt public, (c) menée publiquement, (d) menée sans violence. Quatre conditions cumulatives. Et un statut : protégée par l&rsquo;article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, par l&rsquo;article 11 de la Convention européenne des droits de l&rsquo;homme, et par la Convention d&rsquo;Aarhus elle-même. Le Comité des droits de l&rsquo;homme l&rsquo;avait déjà acté dans son Observation générale n° 37 : « Les campagnes collectives de désobéissance civile ou d&rsquo;action directe peuvent être couvertes par l&rsquo;article 21, à condition d&rsquo;être non-violentes. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La perturbation n&rsquo;est pas la violence »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la formule-clef du document, et elle est lourde de conséquences. Michel Forst rappelle que « la simple bousculade, ou la perturbation de la circulation des véhicules, des piétons ou des activités quotidiennes ne constituent pas une &quot;violence&quot; ». Bloquer une route, occuper un site, organiser un sit-in, mener une opération de désobéissance numérique : autant d&rsquo;actes qui restent dans le périmètre de la liberté de réunion. Mieux encore : même si certains participants commettent des actes pouvant être qualifiés de violents, cela ne fait pas basculer l&rsquo;ensemble du rassemblement hors du champ de protection. La Cour européenne le dit elle aussi, dans sa jurisprudence <em>Kudrevičius</em> : les intentions pacifiques se présument, sauf preuve « suffisante et convaincante » du contraire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le test en trois temps</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toute restriction au droit de manifester doit franchir trois obstacles : (a) être prévue par la loi, (b) poursuivre un but légitime, (c) être nécessaire et proportionnée. La Cour de Strasbourg ajoute qu&rsquo;une simple « nécessité de punir une conduite illégale » ne suffit pas, et que les sanctions pénales — <em>a fortiori</em> les peines de prison — exigent une justification particulière. Forst en tire une exigence pratique : les juges nationaux doivent procéder à un examen au cas par cas, et non appliquer mécaniquement le droit pénal commun aux militant·e·s écologistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq principes pour les États</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte décline cinq principes directeurs. <em>Un</em> : traiter les causes profondes de la mobilisation, qui tiennent à l&rsquo;échec des politiques environnementales nationales et internationales. <em>Deux</em> : contrer activement les récits qui criminalisent les défenseur·e·s — interdire le vocabulaire « éco-terroristes », « éco-criminels », « agents étrangers », « ennemis de l&rsquo;État » dans la bouche des responsables politiques et des médias publics. <em>Trois</em> : ne pas se servir de la montée de la désobéissance civile comme prétexte pour rétrécir l&rsquo;espace civique, ce qui implique de revoir les législations « anti-terrorisme », « ordre public » et « sécurité nationale » utilisées pour faire taire les protestations. <em>Quatre</em> : encadrer strictement la réponse policière — interdiction de la torture et des traitements inhumains, force minimale et de dernier recours, prohibition de la reconnaissance faciale et de la surveillance de masse, encadrement strict du <em>kettling</em> et des dispersions. <em>Cinq</em> : garantir une approche judiciaire qui ne contribue pas à étouffer la protestation, notamment par une protection effective contre les procédures-bâillons (SLAPPs), déjà encadrées par la directive européenne 2024/1069.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et chez nous ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique est partie à la Convention d&rsquo;Aarhus. Elle n&rsquo;échappe ni au phénomène ni aux tentations. Des procès contre des activistes climatiques, des fichages, des poursuites pour « entrave » ou « association de malfaiteurs » contre des actions de désobéissance pacifique : autant de pratiques qui doivent désormais être relues à la lumière du test en trois temps et des cinq principes. À l&rsquo;échelle européenne, la transposition de la directive anti-SLAPP est en cours. Aux échelons régional, communautaire et fédéral, l&rsquo;effort d&rsquo;analyse de cohérence — celui-là même que Forst recommande aux États dans son principe directeur n° 1 — reste largement devant nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole, pas une baguette magique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les lignes directrices sont volontaires, juridiquement non contraignantes. Leur force vient d&rsquo;ailleurs : de leur consolidation de la jurisprudence existante, de leur méthodologie rigoureuse, et de leur capacité à servir de référence devant les juges, dans les commissariats, dans les commissions parlementaires. Encore faut-il qu&rsquo;elles soient traduites, disséminées et expliquées — comme le document lui-même y appelle. C&rsquo;est précisément ce travail de relais qui revient aux acteurs de terrain : ONG, syndicats, mouvements climat, défenseur·e·s des droits humains, médias indépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bloquer une route pour défendre une forêt n&rsquo;est pas un crime. Le droit international le dit. Reste à le faire entendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Aarhus #DésobéissanceCivile #JusticeClimatique #MichelForst #DroitsHumains</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/">« La perturbation n’est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La Belgique au miroir de Genève</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 19:51:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[Prisons]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&#8217;homme a publié sa compilation pour l&#8217;Examen périodique universel de la Belgique (voir bas de page), prévu en mai au Conseil des droits de l&#8217;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho. Une convergence ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="La Belgique au miroir de Genève" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/#more-991" aria-label="En savoir plus sur La Belgique au miroir de Genève">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme a publié <a href="https://docs.un.org/fr/A/HRC/WG.6/52/BEL/2" target="_blank" rel="noopener" title="">sa compilation</a> pour l&rsquo;Examen périodique universel de la Belgique </strong><em>(vo<a href="#EPU" title="">ir bas de page)</a>,</em><strong> prévu en mai au Conseil des droits de l&rsquo;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une convergence qui force la lecture</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le document n&rsquo;émane pas d&rsquo;une ONG militante ni d&rsquo;un État rival : il agrège les recommandations adressées à la Belgique par le Comité pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, le Comité CEDAW, le Comité des droits des personnes handicapées, l&rsquo;UNESCO et le Mécanisme international d&rsquo;experts indépendants chargé de promouvoir la justice et l&rsquo;égalité raciales dans le maintien de l&rsquo;ordre. Cinq instances distinctes, des mandats différents, des méthodologies propres — et un diagnostic qui se recoupe avec une netteté inhabituelle. Profilage racial, surpopulation carcérale, accueil défaillant des personnes en quête de protection, éducation inclusive en panne, violences fondées sur le genre, fragilité du cadre antiraciste : la Belgique de 2026 reçoit la même cartographie de manquements que celle de 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le plan qui n&rsquo;arrive pas</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mécanisme d&rsquo;experts comme le Comité CEDAW recommandent — à nouveau — l&rsquo;adoption d&rsquo;un plan d&rsquo;action interfédéral contre le racisme. Le rapport relève avec satisfaction que la Wallonie, la Communauté française, la Région bruxelloise et la Région flamande développent leurs propres dispositifs ; il regrette dans la même phrase qu&rsquo;aucun cadre interfédéral n&rsquo;ait pu être établi. La complexité institutionnelle belge fonctionne ici comme un alibi : chaque entité agit, et personne n&rsquo;agit ensemble. Pendant ce temps, les jeunes africain·e·s et d&rsquo;ascendance africaine continuent, selon le Mécanisme, de manifester une profonde méfiance envers les forces de l&rsquo;ordre. Méfiance que des contrôles d&rsquo;identité non enregistrés, l&rsquo;absence de garde-fous sur l&rsquo;intelligence artificielle policière et la lenteur des enquêtes sur les violences à caractère raciste ne contribuent pas à apaiser.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les corps qu&rsquo;on enferme, les enfants qu&rsquo;on trie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Trois organes différents convergent sur l&rsquo;état des prisons belges : surpopulation, surreprésentation des personnes d&rsquo;ascendance africaine, incarcération de personnes ayant un handicap psychosocial qui n&rsquo;y reçoivent pas les soins requis et y subissent souvent une médication excessive. Le Comité CRPD signale par ailleurs qu&rsquo;en Belgique, les écoles ordinaires peuvent encore refuser un·e élève handicapé·e au motif que les aménagements raisonnables seraient « trop contraignants » — alors même que notre pays affiche le pourcentage le plus élevé d&rsquo;élèves scolarisé·e·s dans l&rsquo;enseignement spécialisé de toute l&rsquo;Union européenne. Comment soutenir, à Genève, qu&rsquo;on défend l&rsquo;inclusion, lorsqu&rsquo;on trie aussi tôt, aussi systématiquement, et avec une telle constance statistique ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les invisibles que le rapport ramène à la lumière</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Restent celles et ceux que la compilation tire patiemment de l&rsquo;ombre. Les demandeur·euse·s d&rsquo;asile dont l&rsquo;accueil défaille, encore. Les migrant·e·s sans papiers que la police, selon le Mécanisme, expulse de leurs logements pour les renvoyer à la rue, parfois avec un usage excessif de la force. Les travailleuses domestiques signalées comme victimes d&rsquo;exploitation par leurs employeurs. Les femmes victimes de violences fondées sur le genre, dont les places en centres d&rsquo;accueil restent limitées et dont les fonds dédiés sont, selon le Comité CEDAW, en baisse. Les femmes dont la nationalité ou le titre de séjour ont été révoqués parce que leur nom — ou celui d&rsquo;un·e proche — figurait dans une base de données antiterroriste. Et cette pratique, dont le Comité CRPD demande la cessation, qui consiste pour la Belgique à accueillir activement dans ses hôpitaux psychiatriques des personnes handicapées résidant en France. Comment se présenter à Genève sans avoir, au préalable, croisé ces regards ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une parole sans force exécutoire, mais</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La parole des Nations Unies n&rsquo;a pas force exécutoire. Elle a force de témoignage. Elle s&rsquo;adresse à un État qui aime se présenter, dans les travées du Conseil, comme un·e défenseur·euse exigeant·e des droits humains. À ses représentant·e·s, désormais, d&rsquo;en faire quelque chose. Aux citoyen·ne·s, surtout, de leur rappeler que ces cinquante-cinq paragraphes ne se rangent pas dans un classeur diplomatique : ils nomment des vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;agir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 id="EPU" class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;EPU ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<strong>Examen périodique universel</strong> est le mécanisme du Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations Unies par lequel chaque État membre de l&rsquo;ONU — tous les 193 — voit, à tour de rôle, sa situation des droits humains examinée par ses pairs. Le dispositif a été créé en 2006 et fonctionne par cycles d&rsquo;environ quatre ans et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque examen repose sur <strong>trois documents</strong> : le rapport national rédigé par l&rsquo;État lui-même, une compilation établie par le Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme à partir des observations des organes de traités, des procédures spéciales et des agences onusiennes, et un résumé des contributions de la société civile (ONG, institution nationale des droits humains, syndicats, milieux académiques).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;examen se tient à Genève, au sein du <strong>Groupe de travail sur l&rsquo;EPU</strong>, lors d&rsquo;un dialogue interactif au cours duquel les autres États posent des questions et formulent des recommandations. L&rsquo;État examiné peut ensuite <strong>accepter</strong> ou <strong>prendre note</strong> de chacune d&rsquo;elles ; il rendra compte de leur mise en œuvre lors du cycle suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique passe son <strong>quatrième EPU</strong> lors de la 52ᵉ session du Groupe de travail, du 4 au 15 mai 2026. Le document recensé ici est la compilation du HCDH — la photographie onusienne, la plus institutionnelle des trois, celle qu&rsquo;aucun ministère ne peut écarter d&rsquo;un revers de main.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #EPU #Belgique #Antiracisme #JusticeSociale</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/">La Belgique au miroir de Genève</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Iran : la guerre invisible des écosystèmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 08:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Enviornnement]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une analyse publiée par l&#8217;IRIS, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&#8217;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://www.iris-france.org/la-guerre-en-iran-un-conflit-aux-consequences-environnementales-et-sanitaires-durables/" target="_blank" rel="noopener" title="">analyse publiée par l&rsquo;IRIS</a>, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&rsquo;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend la stabilité même des sociétés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des panaches au-dessus de Téhéran</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les frappes contre plusieurs dépôts pétroliers iraniens ont libéré, au-dessus d&rsquo;une agglomération de près de dix millions d&rsquo;habitant·e·s, d&rsquo;épaisses fumées chargées de benzène, de formaldéhyde, d&rsquo;hydrocarbures aromatiques polycycliques et de particules fines. Documentés par satellite via le programme européen Copernicus, ces panaches s&rsquo;inscrivent dans la durée : ils aggravent les pathologies respiratoires et cardiovasculaires existantes, et accroissent à long terme les risques de cancers et de troubles neurologiques. Dans un pays où la qualité de l&rsquo;air constitue déjà l&rsquo;un des principaux problèmes environnementaux, des millions de civil·e·s respirent désormais les conséquences invisibles d&rsquo;un conflit dont ils ne sont pas acteur·rice·s.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage invisible des décombres</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des incendies spectaculaires, les explosions et les destructions urbaines libèrent des cocktails de plomb, cadmium, nickel, chrome — métaux lourds qui pénètrent les sols et les chaînes alimentaires pour des décennies. Amiante, produits chimiques industriels, munitions non explosées : la gestion de ces débris devient l&rsquo;un des principaux défis de l&rsquo;après-guerre. À Gaza, des millions de tonnes de gravats compliqueront durablement toute reconstruction. En Ukraine, les bombardements industriels ont dispersé des polluants persistants, tandis que la destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a libéré sédiments contaminés et polluants industriels sur le bassin inférieur du Dniepr. Comment parler de paix tant que la terre reste empoisonnée ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;eau, nouvelle arme de guerre ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Iran traverse une crise hydrique aiguë, marquée par des sécheresses récurrentes et la surexploitation des nappes phréatiques. Or les hydrocarbures écoulés par les frappes contaminent désormais cours d&rsquo;eau et sous-sols, susceptibles d&rsquo;altérer durablement la qualité de l&rsquo;eau. Des accusations d&rsquo;attaques contre une usine de dessalement sur l&rsquo;île de Qeshm révèlent une bascule inquiétante : les infrastructures hydriques deviennent des cibles stratégiques à part entière. Priver une population d&rsquo;eau potable n&rsquo;est pas un dommage collatéral — c&rsquo;est une méthode. Le droit international humanitaire la proscrit, mais l&rsquo;opinion publique l&rsquo;ignore encore largement, alors même que le précédent existe : en 1991, l&rsquo;incendie de plus de six cents puits de pétrole au Koweït avait déjà signé l&rsquo;une des pires catastrophes environnementales liées à un conflit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une comptabilité écologique des conflits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Conflict and Environment Observatory, les armées et leurs chaînes d&rsquo;approvisionnement représentaient 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2022. Un niveau comparable à celui de l&rsquo;aviation civile, pourtant absent du débat public sur les responsabilités climatiques. Pendant que l&rsquo;on somme les citoyen·ne·s de réduire leur empreinte, les conflits armés accélèrent silencieusement le franchissement de plusieurs limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre — climat, pollution, biodiversité, cycles biogéochimiques. La sécurité humaine ne se résume pas à l&rsquo;équilibre des puissances ou aux capacités militaires : elle dépend aussi, et peut-être surtout, des écosystèmes qui rendent la vie humaine possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse rappelle une évidence trop souvent oubliée : il n&rsquo;existe pas de droits humains sur une planète invivable. Tant que la guerre restera tolérée comme instrument politique, elle continuera d&rsquo;hypothéquer notre habitabilité commune. Documenter, mesurer, nommer les écocides militaires : voilà le préalable à toute exigence de justice climatique et sanitaire. À l&rsquo;heure où les responsabilités écologiques des secteurs aérien ou agricole s&rsquo;invitent au cœur du débat démocratique, l&rsquo;angle mort militaire ne peut plus tenir. Les générations futures ne nous demanderont pas seulement pourquoi les bombes sont tombées. Elles nous demanderont pourquoi la terre s&rsquo;est tue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Écocide #ClimatEtPaix #LimitesPlanétaires #Iran</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/">Iran : la guerre invisible des écosystèmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Démanteler la fabrique de la pauvreté</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 12:41:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
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		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&#8217;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une feuille de route exigeante. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&#8217;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire. Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&rsquo;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une <a href="https://www.neep-poverty.org/roadmap-for-eradicating-poverty-beyond-growth/" target="_blank" rel="noopener" title="">feuille de route exigeante</a>. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&rsquo;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : 845 millions de personnes vivent sous le seuil officiel d&rsquo;extrême pauvreté, fixé à 3 dollars par jour. Un seuil qui maquille la réalité. À 8,20 dollars, ce sont 45 % de l&rsquo;humanité qui basculent dans la précarité extrême. Pendant six ans, De Schutter aura martelé une évidence dérangeante : nos gouvernements ne se contentent pas d&rsquo;enregistrer la pauvreté, ils la produisent — par des salaires de misère, des logements inaccessibles, des services publics démantelés, des emplois jetables. Une pauvreté manufacturée, donc politique, donc réversible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du dogme de la croissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;attaque frontalement à un mythe tenace : la croissance du PIB suffirait à « soulever toutes les barques ». Le bilan est sans appel. Croissance et précarité ont prospéré ensemble, pendant que les inégalités se creusaient, que la santé mentale des travailleur·euse·s s&rsquo;effondrait sous la pression de la compétition, et que la dégradation écologique s&rsquo;accélérait. Tant que l&rsquo;économie continuera à fabriquer de la pauvreté à un bout, aucune politique sociale ne pourra indéfiniment la compenser à l&rsquo;autre. Pour le juriste belge, il faut donc cesser de réparer après coup et transformer la machine elle-même : combiner redistribution <em>ex post</em>, réformes du marché et investissement social <em>ex ante</em>. Bref, ce que le rapport nomme des « réformes non-réformistes ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route co-construite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>Roadmap for Eradicating Poverty Beyond Growth</em>, adoptée le 22 avril 2026 sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OIT et de la Coalition mondiale pour la justice sociale, n&rsquo;est pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un cénacle d&rsquo;expert·e·s. Elle est le fruit de dix-huit mois de consultations rassemblant plus de 400 contributeur·rice·s : agences onusiennes, syndicats, mouvements de base, universitaires, organisations du Sud comme du Nord. Elle se présente comme un menu d&rsquo;options, à adapter selon les contextes nationaux, et non comme un plan unique imposé d&rsquo;en haut. Sa logique reste expérimentaliste : chaque mesure est documentée par un <em>policy profile</em> qui en pèse les forces et les limites, à partir d&rsquo;expériences déjà menées ailleurs. La démarche se prolongera dans l&rsquo;initiative <em>New Economies for Eradicating Poverty</em> (NEEP), conçue comme une plateforme d&rsquo;apprentissage collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six piliers pour une économie des droits humains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture est claire : transformer les systèmes économiques (fiscalité juste, finance régulée, économie sociale et solidaire) ; refonder le travail et le soin (revenus garantis, démocratie économique, valorisation du <em>care</em>) ; universaliser les services publics et la protection sociale ; rendre justice à l&rsquo;écologie (sobriété, communs, justice climatique) ; refonder l&rsquo;ordre économique international (justice fiscale, annulation de dettes) ; démocratiser la planification (assemblées citoyennes, indicateurs de bien-être au-delà du PIB). Le tout adossé à un cadre juridique : celui des droits humains, qui cesserait d&rsquo;être un horizon décoratif pour devenir une boussole opérationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment continuer à célébrer chaque dixième de point de croissance comme une victoire, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;accompagne d&rsquo;une concentration accrue des richesses et d&rsquo;un climat qui se dérègle ? Comment accepter que la lutte contre la pauvreté reste cantonnée à la charité publique, alors que les leviers structurels — fiscalité, salaires, dette, services publics — sont bien identifiés ? Et comment ignorer la voix des premier·ère·s concerné·e·s, dont De Schutter rappelle qu&rsquo;aucune expertise ne peut remplacer la leur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole pour l&rsquo;après</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mandat du juriste belge s&rsquo;achève, mais le chantier qu&rsquo;il ouvre engage déjà le prochain agenda mondial du développement, post-2030. La feuille de route est posée sur la table : accessible, opérationnelle, étayée par 400 contributions et des dizaines de profils de politiques publiques. Reste à ce que les gouvernements — y compris le nôtre — cessent de s&rsquo;en remettre à la seule croissance et acceptent de regarder en face la mécanique qu&rsquo;ils alimentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manufacturée, donc démontable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#PauvretéZéro #DroitsHumains #PostCroissance #JusticeSociale #DeSchutter</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/">Démanteler la fabrique de la pauvreté</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;année 2025: l&#8217;année des prédateurs</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 06:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans sa préface au rapport annuel 2026 d&#8217;Amnesty International, Agnès Callamard qualifie 2025 d&#8217;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit ... </p>
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<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans sa préface au <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/04/amnesty-international-calls-states-to-stop-predatory-era-taking-hold/" target="_blank" rel="noopener" title="">rapport annuel 2026 d&rsquo;Amnesty International</a>, Agnès Callamard qualifie 2025 d&rsquo;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit selon lequel l&rsquo;ordre international de 1948 aurait toujours été une « chimère ».</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;année où les pare-feu ont cédé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic est implacable. Tout au long de 2025, selon Agnès Callamard, « le bien commun de l&rsquo;humanité » a été la proie de « prédateurs voraces » dont la soif de domination économique s&rsquo;est traduite par répressions, déplacements forcés et violences massives. Gaza, Ukraine, Soudan, RDC, Myanmar, Iran : les atrocités s&rsquo;enchaînent. Face à cela, la plupart des gouvernements, notamment européens, ont « joué la carte de la capitulation ». Certains sont allés jusqu&rsquo;à imiter les prédateurs ; d&rsquo;autres ont préféré se fondre dans leur ombre. Seule une poignée d&rsquo;États leur ont fait front.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La fable de « l&rsquo;illusion »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être la contribution la plus forte du texte. Au discours qui présente désormais l&rsquo;ordre de 1948 comme obsolète, Callamard oppose un rappel historique précis : la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, la Convention sur le génocide, les Pactes internationaux ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit du travail, « souvent au grand dam d&rsquo;acteurs bien plus puissants », de générations de diplomates et de militant·e·s, notamment issu·e·s des jeunes États d&rsquo;Afrique, des Caraïbes, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie. Et la formule claque : « Il n&rsquo;appartient pas à celles et ceux qui trahissent les promesses de proclamer que celles-ci sont illusoires. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un « nouvel ordre » qui sent le vieux monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Début 2026, le secrétaire d&rsquo;État états-unien Marco Rubio a exposé la vision de substitution : une alliance de pays occidentaux et chrétiens menée par Washington, enracinée dans un « héritage commun » présenté en termes romantiques. Callamard renvoie froidement l&rsquo;image : cette histoire est aussi « faite de domination, de colonialisme, d&rsquo;esclavage et de génocide ». Pas d&rsquo;alternative réelle du côté de Pékin non plus, qui rejette l&rsquo;universalité des droits humains. Ce qu&rsquo;on nous propose ? La suprématie du commerce et l&rsquo;hégémonie de la technologie, la guerre à la société civile, l&rsquo;envolée des budgets militaires et les coupes dans l&rsquo;aide internationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui a résisté, quand même</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. La préface détaille les brèches ouvertes en 2025 : mandats d&rsquo;arrêt de la CPI contre deux dirigeants talibans pour persécution liée au genre, remise de l&rsquo;ancien président philippin Rodrigo Duterte à la Cour, 156 États votant pour des négociations sur les armes autonomes, avis consultatifs climatiques de la CIJ et de la Cour interaméricaine, grèves de dockers en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour bloquer les livraisons d&rsquo;armes vers Israël. La Belgique figure nommément parmi les États qui se sont engagés à infléchir ou suspendre ce commerce d&rsquo;armes avec Israël — aux côtés notamment de l&rsquo;Espagne, de l&rsquo;Afrique du Sud, de la Colombie et de la Slovénie. Au Népal, un gouvernement est tombé sous la pression d&rsquo;une jeunesse mobilisée contre la corruption. Au Danemark, en Norvège, au Luxembourg et au Malawi, les droits reproductifs ont progressé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir l&rsquo;histoire, ou l&rsquo;écrire ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment accepter que des puissant·e·s décrètent « illusoire » ce qui a protégé, même imparfaitement, des millions de personnes ? Comment se résigner à voir l&rsquo;ordre fondé sur les règles remplacé par celui des prédateurs, simplement parce qu&rsquo;il dérange leurs intérêts ? Et comment nos gouvernements peuvent-ils financer la diplomatie multilatérale tout en se taisant devant le génocide à Gaza ? Callamard ne prétend pas que le système de 1948 soit parfait : elle rappelle le « deux poids, deux mesures », la paralysie, les millions de victimes ignorées. Mais résister, prévient-elle, ne signifie pas défendre un monde figé. C&rsquo;est « imaginer une vision transformée et transformatrice des droits humains ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message final est sans ambiguïté : « Nous ne subissons pas seulement l&rsquo;histoire. Nous l&rsquo;écrivons aussi. » À chacun·e, dans son rôle — électeur·rice, consommateur·rice, militant·e, investisseur·euse — d&rsquo;écrire la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résister. Transformer. Écrire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Amnesty #Multilatéralisme #Callamard #Résistance</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Francesca Albanese à Liège : « Cherchez la complicité »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/19/francesca-albanese-a-liege-cherchez-la-complicite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 12:44:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
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		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Crimes de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi 18 avril, à HEC Liège, la rapporteuse spéciale de l&#8217;ONU sur les territoires palestiniens occupés est venue à la rencontre du public belge, à l&#8217;invitation d&#8217;Amnesty International. Deux heures denses, âpres, dialoguées avec Carine Thibaut, qui ont commencé par cinq témoignages de torture et se sont achevées sur un mot d&#8217;ordre : arrêter de ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Samedi 18 avril, à HEC Liège, la rapporteuse spéciale de l&rsquo;ONU sur les territoires palestiniens occupés est venue à la rencontre du public belge, à l&rsquo;invitation d&rsquo;Amnesty International. Deux heures denses, âpres, dialoguées avec Carine Thibaut, qui ont commencé par cinq témoignages de torture et se sont achevées sur un mot d&rsquo;ordre : arrêter de détourner le regard.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des voix pour commencer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle aurait pu ouvrir par des chiffres. Francesca Albanese a choisi des voix : cinq récits de détenu·e·s palestinien·ne·s, extraits d&rsquo;un corpus de centaines qu&rsquo;elle a documentés depuis 2023. Viols commis par des soldats ou par des chiens dressés, humiliations rituelles, détenus saignés à mort dans les bras d&rsquo;autres détenus. Un silence terrible s&rsquo;abat sur la salle à l&rsquo;énoncé de ces crimes abominables. Tout ce qu&rsquo;elle avait essayé, quand même, de ne pas entendre. « Moi, j&rsquo;ai vomi, dit-elle. J&rsquo;ai vomi souvent dans cette période parce que vraiment, ça m&rsquo;a rendue malade de voir ce que les hommes et les femmes comme nous peuvent faire à d&rsquo;autres hommes et femmes comme eux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité contre la torture des Nations unies — peu suspect d&rsquo;activisme — a tranché en novembre : la torture est devenue une politique d&rsquo;État en Israël. Comment continuer, depuis ce constat, à débattre du « droit à l&rsquo;autodéfense » ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Mais ce que je trouve vraiment choquant, c&rsquo;est la non-action devant la torture. La torture. Et le fait qu&rsquo;on ne réagisse pas… Quel est l&rsquo;argument d&rsquo;autodéfense qu&rsquo;on peut utiliser pour justifier le viol ? Le viol… ». Francesca Albanese</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;économie d&rsquo;un génocide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un détail résume la suite : six jours après la publication, en juillet 2025, de son rapport <em>From Economy of Occupation to Economy of Genocide</em>, l&rsquo;administration Trump la plaçait sous sanctions. Les mêmes qui visent les trafiquant·e·s de drogue. Elle avait, selon ses mots, touché un « nerf sensible ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nerf, elle l&rsquo;a rappelé à Liège : pendant que Gaza était méthodiquement détruite, la Bourse de Tel-Aviv s&rsquo;appréciait de 213 %. Le fonds de pension norvégien, pourtant réputé éthique, détenait des participations dans l&rsquo;ensemble des 46 entreprises documentées. Caterpillar, Volvo, Hyundai, Hitachi pour raser les maisons. Banques occidentales pour garantir la dette israélienne. Universités pour la recherche dite « sur l&rsquo;eau ». Pourquoi ce génocide dure-t-il ? Parce qu&rsquo;il rapporte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être sa formule la plus dérangeante : <strong>si les méthodes israéliennes ne nous choquent plus, c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont déjà les nôtres</strong>. Manifestant·e·s dispersé·e·s, journalistes muselé·e·s, militant·e·s poursuivi·e·s au nom de l&rsquo;antisémitisme pour avoir cité le droit international. À Liège même, un membre de la Coordination Résistance a été convoqué par la police le 15 avril pour une phrase inscrite sur une affiche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;interrogation s&rsquo;adresse frontalement à la Belgique. Huit mois après la décision gouvernementale d&rsquo;interdire les produits des colonies, rien n&rsquo;a été mis en œuvre. Des citoyen·ne·s belges s&rsquo;installent en Cisjordanie sans que l&rsquo;État s&rsquo;en préoccupe. L&rsquo;accord d&rsquo;association UE-Israël, assorti pourtant d&rsquo;une clause de suspension en cas de violation des droits humains, tient toujours. « Si on ne s&rsquo;en défait pas cette année, nous serons esclaves de ce système à jamais. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chercher la complicité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire, concrètement ? Cesser de se raconter qu&rsquo;il existerait un « bon » Israël et un « mauvais » Israël, côté colonies. L&rsquo;eau, le carburant, les universités, la finance : tout est imbriqué. Il faut donc suspendre, boycotter, désinvestir, intenter des actions judiciaires stratégiques. Vérifier les citoyen·ne·s belges qui ont servi dans Tsahal. Soutenir les étudiant·e·s qui, depuis mars 2024, bloquent les partenariats universitaires : « Elles et ils ont une longueur d&rsquo;avance sur nous. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout, chercher méthodiquement les chaînes de complicité. « Comme on cherche Charlie », a-t-elle souri. Les distributeurs plutôt que les seules marques, les banques plutôt que les seuls gouvernements. On lui rappelle la condamnation obtenue en décembre 2024 par cinq femmes métisses enlevées enfants au Congo colonial : la première fois qu&rsquo;un État européen est condamné pour crime contre l&rsquo;humanité commis pendant la colonisation. Preuve, dit-elle, qu&rsquo;on n&rsquo;obtient jamais la justice par hasard — « elle se bâtit tous ensemble ». Les droits humains ne sont pas une télécommande : ils se conquièrent, ou ils reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un horizon, quand même</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question posée en fin de soirée : comment arrête-t-on un génocide ? La rapporteuse n&rsquo;a pas la réponse. Elle a un mot, emprunté aux Palestinien·ne·s : <em>soumoud</em>. Mal traduit par « résilience ». Plutôt la ténacité des arbres qui, brûlés, continuent à se nourrir entre-eux via les racines. Un Global Sumud Movement est en train d&rsquo;émerger. Si la Palestine est une blessure, elle est aussi, a-t-elle dit, « un portail par lequel on peut regarder notre futur ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Palestine #FrancescaAlbanese #Amnesty #DroitsHumains #Liège</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/19/francesca-albanese-a-liege-cherchez-la-complicite/">Francesca Albanese à Liège : « Cherchez la complicité »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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