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	<title>Climat - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Climat - En avant</title>
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		<title>« La perturbation n&#8217;est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 14:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Rapporteur spécial Michel Forst publie sous l'égide de la Convention d'Aarhus des lignes directrices qui consacrent le droit à la protestation environnementale pacifique — y compris la désobéissance civile.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sous l&rsquo;égide de la Convention d&rsquo;Aarhus, Michel Forst, Rapporteur spécial sur les défenseur·e·s de l&rsquo;environnement, vient de publier ses </strong><a href="https://unece.org/environment-policy/public-participation/aarhus-convention/special-rapporteur-environmental-defenders"><strong><em>Guidelines on the Right to Peaceful Environmental Protest and Civil Disobedience</em></strong></a><strong>. Quarante et une pages adressées aux 47 États parties — dont la Belgique — qui consolident un acquis du droit international : la perturbation n&rsquo;est pas la violence, et la désobéissance civile non-violente est protégée. À l&rsquo;heure où les colleur·euse·s d&rsquo;autoroute et les militant·e·s du climat se retrouvent au banc des accusés, le texte trace une ligne rouge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document, qui combine deux références onusiennes (ECE/MP.PP/2025/21 et /44), a été soumis à la huitième réunion des parties à la Convention d&rsquo;Aarhus, tenue à Genève du 17 au 19 novembre 2025. Il n&rsquo;a rien d&rsquo;un manifeste militant : c&rsquo;est un outil opérationnel, méthodique, étayé par la jurisprudence du Comité des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU, de la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme et du Comité d&rsquo;examen du respect des dispositions d&rsquo;Aarhus lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Premier mécanisme contraignant dédié aux défenseur·e·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Convention d&rsquo;Aarhus, entrée en vigueur en 2001, garantit trois droits : accès à l&rsquo;information, participation aux décisions et accès à la justice en matière environnementale. Son article 3 (8) interdit toute pénalisation, persécution ou harcèlement contre celles et ceux qui exercent ces droits. En 2021, alarmée par les menaces, violences, surveillances et meurtres qui frappent les défenseur·e·s, la réunion des parties a créé par consensus un mandat de Rapporteur spécial — premier mécanisme de réponse rapide adossé à un traité juridiquement contraignant. Michel Forst, élu en 2022, en occupe le poste. Ces lignes directrices opérationnalisent ses précédentes alertes sur la « répression d&rsquo;État de la protestation environnementale ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désobéissance civile : quatre critères, une protection</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport pose une définition claire de la désobéissance civile : (a) une violation délibérée de la loi, (b) sur une question d&rsquo;intérêt public, (c) menée publiquement, (d) menée sans violence. Quatre conditions cumulatives. Et un statut : protégée par l&rsquo;article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, par l&rsquo;article 11 de la Convention européenne des droits de l&rsquo;homme, et par la Convention d&rsquo;Aarhus elle-même. Le Comité des droits de l&rsquo;homme l&rsquo;avait déjà acté dans son Observation générale n° 37 : « Les campagnes collectives de désobéissance civile ou d&rsquo;action directe peuvent être couvertes par l&rsquo;article 21, à condition d&rsquo;être non-violentes. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La perturbation n&rsquo;est pas la violence »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la formule-clef du document, et elle est lourde de conséquences. Michel Forst rappelle que « la simple bousculade, ou la perturbation de la circulation des véhicules, des piétons ou des activités quotidiennes ne constituent pas une &quot;violence&quot; ». Bloquer une route, occuper un site, organiser un sit-in, mener une opération de désobéissance numérique : autant d&rsquo;actes qui restent dans le périmètre de la liberté de réunion. Mieux encore : même si certains participants commettent des actes pouvant être qualifiés de violents, cela ne fait pas basculer l&rsquo;ensemble du rassemblement hors du champ de protection. La Cour européenne le dit elle aussi, dans sa jurisprudence <em>Kudrevičius</em> : les intentions pacifiques se présument, sauf preuve « suffisante et convaincante » du contraire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le test en trois temps</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toute restriction au droit de manifester doit franchir trois obstacles : (a) être prévue par la loi, (b) poursuivre un but légitime, (c) être nécessaire et proportionnée. La Cour de Strasbourg ajoute qu&rsquo;une simple « nécessité de punir une conduite illégale » ne suffit pas, et que les sanctions pénales — <em>a fortiori</em> les peines de prison — exigent une justification particulière. Forst en tire une exigence pratique : les juges nationaux doivent procéder à un examen au cas par cas, et non appliquer mécaniquement le droit pénal commun aux militant·e·s écologistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq principes pour les États</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte décline cinq principes directeurs. <em>Un</em> : traiter les causes profondes de la mobilisation, qui tiennent à l&rsquo;échec des politiques environnementales nationales et internationales. <em>Deux</em> : contrer activement les récits qui criminalisent les défenseur·e·s — interdire le vocabulaire « éco-terroristes », « éco-criminels », « agents étrangers », « ennemis de l&rsquo;État » dans la bouche des responsables politiques et des médias publics. <em>Trois</em> : ne pas se servir de la montée de la désobéissance civile comme prétexte pour rétrécir l&rsquo;espace civique, ce qui implique de revoir les législations « anti-terrorisme », « ordre public » et « sécurité nationale » utilisées pour faire taire les protestations. <em>Quatre</em> : encadrer strictement la réponse policière — interdiction de la torture et des traitements inhumains, force minimale et de dernier recours, prohibition de la reconnaissance faciale et de la surveillance de masse, encadrement strict du <em>kettling</em> et des dispersions. <em>Cinq</em> : garantir une approche judiciaire qui ne contribue pas à étouffer la protestation, notamment par une protection effective contre les procédures-bâillons (SLAPPs), déjà encadrées par la directive européenne 2024/1069.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et chez nous ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique est partie à la Convention d&rsquo;Aarhus. Elle n&rsquo;échappe ni au phénomène ni aux tentations. Des procès contre des activistes climatiques, des fichages, des poursuites pour « entrave » ou « association de malfaiteurs » contre des actions de désobéissance pacifique : autant de pratiques qui doivent désormais être relues à la lumière du test en trois temps et des cinq principes. À l&rsquo;échelle européenne, la transposition de la directive anti-SLAPP est en cours. Aux échelons régional, communautaire et fédéral, l&rsquo;effort d&rsquo;analyse de cohérence — celui-là même que Forst recommande aux États dans son principe directeur n° 1 — reste largement devant nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole, pas une baguette magique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les lignes directrices sont volontaires, juridiquement non contraignantes. Leur force vient d&rsquo;ailleurs : de leur consolidation de la jurisprudence existante, de leur méthodologie rigoureuse, et de leur capacité à servir de référence devant les juges, dans les commissariats, dans les commissions parlementaires. Encore faut-il qu&rsquo;elles soient traduites, disséminées et expliquées — comme le document lui-même y appelle. C&rsquo;est précisément ce travail de relais qui revient aux acteurs de terrain : ONG, syndicats, mouvements climat, défenseur·e·s des droits humains, médias indépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bloquer une route pour défendre une forêt n&rsquo;est pas un crime. Le droit international le dit. Reste à le faire entendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Aarhus #DésobéissanceCivile #JusticeClimatique #MichelForst #DroitsHumains</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/">« La perturbation n’est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Trump et l&#8217;effondrement de l&#8217;asile mondial</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/18/trump-et-leffondrement-de-lasile-mondial/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 21:03:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur les quelque 6 000 personnes admises aux États-Unis cette année au titre de réfugiées, toutes sauf trois sont des Afrikaners blanc·he·s. Le New Yorker documente la mise à mort méthodique du programme américain de réinstallation, et avec elle l&#8217;effondrement d&#8217;un pilier de la protection internationale. Lorsqu&#8217;un État inverse les principes qu&#8217;il a contribué à ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur les quelque 6 000 personnes admises aux États-Unis cette année au titre de réfugiées, toutes sauf trois sont des Afrikaners blanc·he·s. Le <a href="https://www.newyorker.com/news/letter-from-jordan/the-end-of-refugee-resettlement" target="_blank" rel="noopener" title=""><em>New Yorker</em> </a>documente la mise à mort méthodique du programme américain de réinstallation, et avec elle l&rsquo;effondrement d&rsquo;un pilier de la protection internationale. Lorsqu&rsquo;un État inverse les principes qu&rsquo;il a contribué à fonder, c&rsquo;est l&rsquo;idée même d&rsquo;asile qui se vide de son sens.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un programme méthodiquement détricoté</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 janvier 2025, quelques heures après son investiture, Donald Trump signe le décret « Realigning the United States Refugee Admissions Program ». Effet immédiat : suspension intégrale des admissions, gel des financements, plus de 12 000 voyages déjà programmés annulés. Pendant des décennies, les États-Unis ont assuré plus des deux tiers des réinstallations mondiales — davantage à eux seuls que tous les autres pays réunis. Ce pilier, construit par le Refugee Act de 1980 sur les ruines morales du refus d&rsquo;accueillir les Juif·ve·s pendant la Shoah, est aujourd&rsquo;hui démantelé pièce par pièce. Plus de 100 000 personnes conditionnellement approuvées attendent désormais dans le vide.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une exception racialisée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Trois semaines plus tard, un second décret crée un programme spécifique pour les Afrikaners, ces descendant·e·s blanc·he·s des colons européen·ne·s d&rsquo;Afrique du Sud, présenté·e·s comme « victimes de discrimination raciale ». Le plafond 2026 est fixé à 7 500 personnes — un plus bas historique. Sur les 6 000 admis·es à ce jour, toutes sauf trois sont des Afrikaners. La théorie complotiste du « génocide blanc », promue par Elon Musk et Stephen Miller, qu&rsquo;un juge sud-africain a qualifiée de « clairement imaginée », est devenue politique publique. Les familles soudanaises, syriennes, afghanes dont les dossiers étaient validés depuis des années restent bloquées en Jordanie, au Kenya, au Qatar. La couleur de peau filtre désormais ce que le droit prétendait protéger sans distinction.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le non-refoulement attaqué</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;Assemblée générale de l&rsquo;ONU à l&rsquo;automne 2025, l&rsquo;administration américaine plaide pour rendre le statut de réfugié·e « temporaire, pas permanent ». Derrière la formule technique se joue l&rsquo;érosion du principe de non-refoulement, pierre angulaire du droit international, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la persécution. Najmaldeen Mussa, militant soudanais torturé sous Bachir, attendait son vol vers le Nebraska. Il croupit aujourd&rsquo;hui dans un centre de détention jordanien, en attente d&rsquo;expulsion vers un Soudan en guerre où il craint pour sa vie. Combien d&rsquo;autres Mussa avant que nous regardions ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment réagir, ici, à cet effondrement ? Lors du premier mandat Trump, le Canada et plusieurs pays européens avaient compensé en augmentant leurs quotas. Cette fois, ces mêmes pays — Allemagne, France, Autriche, Italie — réduisent les leurs, sous la pression de leurs droites nationalistes. L&rsquo;espace de protection « se contracte » partout, constate l&rsquo;International Refugee Assistance Project. La Belgique n&rsquo;est pas en reste, elle qui peine déjà à honorer ses obligations envers les demandeur·euse·s d&rsquo;asile dormant sur ses trottoirs. Comment exiger des autres ce que nous ne tenons plus nous-mêmes ? Comment croire encore au discours universaliste de nos chancelleries lorsque l&rsquo;accueil devient sélectif jusqu&rsquo;à la peau ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui tient encore</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le HCR a supprimé 5 000 emplois. Le Center for Victims of Torture a dû fermer ses programmes de soutien aux survivant·e·s. Des dizaines de milliers de personnes vulnérables — femmes violées par les RSF au Darfour, personnes LGBTQ+ menacées de mort, ex-collaborateur·rice·s afghan·e·s des forces alliées — sont abandonnées en cours de procédure. Mais des avocat·e·s plaident encore. IRAP a déposé la class action <em>Pacito v. Trump</em>. Des collectivités, des ONG, des Églises, des bénévoles continuent d&rsquo;accueillir, de plaider, de relier. L&rsquo;architecture s&rsquo;effrite, mais des mains la tiennent encore. Une étude récente du <em>Department of Health and Human Services</em> rappelle qu&rsquo;entre 2005 et 2019, les réfugié·e·s ont payé 581 milliards de dollars d&rsquo;impôts de plus que ce qu&rsquo;ils et elles ont coûté. Le « narratif » du fardeau ne résiste pas aux chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes pas spectateur·rice·s. Nos gouvernements signent encore les conventions de Genève. Notre voix, notre vote, notre vigilance comptent. Défendre l&rsquo;asile, c&rsquo;est défendre l&rsquo;idée que des personnes existent indépendamment de leur utilité ou de leur couleur de peau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tenir bon. Maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Asile #Réfugiés #Migration #Solidarité</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/18/trump-et-leffondrement-de-lasile-mondial/">Trump et l’effondrement de l’asile mondial</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Iran : la guerre invisible des écosystèmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 08:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une analyse publiée par l&#8217;IRIS, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&#8217;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://www.iris-france.org/la-guerre-en-iran-un-conflit-aux-consequences-environnementales-et-sanitaires-durables/" target="_blank" rel="noopener" title="">analyse publiée par l&rsquo;IRIS</a>, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&rsquo;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend la stabilité même des sociétés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des panaches au-dessus de Téhéran</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les frappes contre plusieurs dépôts pétroliers iraniens ont libéré, au-dessus d&rsquo;une agglomération de près de dix millions d&rsquo;habitant·e·s, d&rsquo;épaisses fumées chargées de benzène, de formaldéhyde, d&rsquo;hydrocarbures aromatiques polycycliques et de particules fines. Documentés par satellite via le programme européen Copernicus, ces panaches s&rsquo;inscrivent dans la durée : ils aggravent les pathologies respiratoires et cardiovasculaires existantes, et accroissent à long terme les risques de cancers et de troubles neurologiques. Dans un pays où la qualité de l&rsquo;air constitue déjà l&rsquo;un des principaux problèmes environnementaux, des millions de civil·e·s respirent désormais les conséquences invisibles d&rsquo;un conflit dont ils ne sont pas acteur·rice·s.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage invisible des décombres</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des incendies spectaculaires, les explosions et les destructions urbaines libèrent des cocktails de plomb, cadmium, nickel, chrome — métaux lourds qui pénètrent les sols et les chaînes alimentaires pour des décennies. Amiante, produits chimiques industriels, munitions non explosées : la gestion de ces débris devient l&rsquo;un des principaux défis de l&rsquo;après-guerre. À Gaza, des millions de tonnes de gravats compliqueront durablement toute reconstruction. En Ukraine, les bombardements industriels ont dispersé des polluants persistants, tandis que la destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a libéré sédiments contaminés et polluants industriels sur le bassin inférieur du Dniepr. Comment parler de paix tant que la terre reste empoisonnée ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;eau, nouvelle arme de guerre ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Iran traverse une crise hydrique aiguë, marquée par des sécheresses récurrentes et la surexploitation des nappes phréatiques. Or les hydrocarbures écoulés par les frappes contaminent désormais cours d&rsquo;eau et sous-sols, susceptibles d&rsquo;altérer durablement la qualité de l&rsquo;eau. Des accusations d&rsquo;attaques contre une usine de dessalement sur l&rsquo;île de Qeshm révèlent une bascule inquiétante : les infrastructures hydriques deviennent des cibles stratégiques à part entière. Priver une population d&rsquo;eau potable n&rsquo;est pas un dommage collatéral — c&rsquo;est une méthode. Le droit international humanitaire la proscrit, mais l&rsquo;opinion publique l&rsquo;ignore encore largement, alors même que le précédent existe : en 1991, l&rsquo;incendie de plus de six cents puits de pétrole au Koweït avait déjà signé l&rsquo;une des pires catastrophes environnementales liées à un conflit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une comptabilité écologique des conflits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Conflict and Environment Observatory, les armées et leurs chaînes d&rsquo;approvisionnement représentaient 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2022. Un niveau comparable à celui de l&rsquo;aviation civile, pourtant absent du débat public sur les responsabilités climatiques. Pendant que l&rsquo;on somme les citoyen·ne·s de réduire leur empreinte, les conflits armés accélèrent silencieusement le franchissement de plusieurs limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre — climat, pollution, biodiversité, cycles biogéochimiques. La sécurité humaine ne se résume pas à l&rsquo;équilibre des puissances ou aux capacités militaires : elle dépend aussi, et peut-être surtout, des écosystèmes qui rendent la vie humaine possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse rappelle une évidence trop souvent oubliée : il n&rsquo;existe pas de droits humains sur une planète invivable. Tant que la guerre restera tolérée comme instrument politique, elle continuera d&rsquo;hypothéquer notre habitabilité commune. Documenter, mesurer, nommer les écocides militaires : voilà le préalable à toute exigence de justice climatique et sanitaire. À l&rsquo;heure où les responsabilités écologiques des secteurs aérien ou agricole s&rsquo;invitent au cœur du débat démocratique, l&rsquo;angle mort militaire ne peut plus tenir. Les générations futures ne nous demanderont pas seulement pourquoi les bombes sont tombées. Elles nous demanderont pourquoi la terre s&rsquo;est tue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Écocide #ClimatEtPaix #LimitesPlanétaires #Iran</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/">Iran : la guerre invisible des écosystèmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Démanteler la fabrique de la pauvreté</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 12:41:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&#8217;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une feuille de route exigeante. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&#8217;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire. Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Démanteler la fabrique de la pauvreté" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/#more-978" aria-label="En savoir plus sur Démanteler la fabrique de la pauvreté">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&rsquo;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une <a href="https://www.neep-poverty.org/roadmap-for-eradicating-poverty-beyond-growth/" target="_blank" rel="noopener" title="">feuille de route exigeante</a>. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&rsquo;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : 845 millions de personnes vivent sous le seuil officiel d&rsquo;extrême pauvreté, fixé à 3 dollars par jour. Un seuil qui maquille la réalité. À 8,20 dollars, ce sont 45 % de l&rsquo;humanité qui basculent dans la précarité extrême. Pendant six ans, De Schutter aura martelé une évidence dérangeante : nos gouvernements ne se contentent pas d&rsquo;enregistrer la pauvreté, ils la produisent — par des salaires de misère, des logements inaccessibles, des services publics démantelés, des emplois jetables. Une pauvreté manufacturée, donc politique, donc réversible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du dogme de la croissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;attaque frontalement à un mythe tenace : la croissance du PIB suffirait à « soulever toutes les barques ». Le bilan est sans appel. Croissance et précarité ont prospéré ensemble, pendant que les inégalités se creusaient, que la santé mentale des travailleur·euse·s s&rsquo;effondrait sous la pression de la compétition, et que la dégradation écologique s&rsquo;accélérait. Tant que l&rsquo;économie continuera à fabriquer de la pauvreté à un bout, aucune politique sociale ne pourra indéfiniment la compenser à l&rsquo;autre. Pour le juriste belge, il faut donc cesser de réparer après coup et transformer la machine elle-même : combiner redistribution <em>ex post</em>, réformes du marché et investissement social <em>ex ante</em>. Bref, ce que le rapport nomme des « réformes non-réformistes ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route co-construite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>Roadmap for Eradicating Poverty Beyond Growth</em>, adoptée le 22 avril 2026 sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OIT et de la Coalition mondiale pour la justice sociale, n&rsquo;est pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un cénacle d&rsquo;expert·e·s. Elle est le fruit de dix-huit mois de consultations rassemblant plus de 400 contributeur·rice·s : agences onusiennes, syndicats, mouvements de base, universitaires, organisations du Sud comme du Nord. Elle se présente comme un menu d&rsquo;options, à adapter selon les contextes nationaux, et non comme un plan unique imposé d&rsquo;en haut. Sa logique reste expérimentaliste : chaque mesure est documentée par un <em>policy profile</em> qui en pèse les forces et les limites, à partir d&rsquo;expériences déjà menées ailleurs. La démarche se prolongera dans l&rsquo;initiative <em>New Economies for Eradicating Poverty</em> (NEEP), conçue comme une plateforme d&rsquo;apprentissage collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six piliers pour une économie des droits humains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture est claire : transformer les systèmes économiques (fiscalité juste, finance régulée, économie sociale et solidaire) ; refonder le travail et le soin (revenus garantis, démocratie économique, valorisation du <em>care</em>) ; universaliser les services publics et la protection sociale ; rendre justice à l&rsquo;écologie (sobriété, communs, justice climatique) ; refonder l&rsquo;ordre économique international (justice fiscale, annulation de dettes) ; démocratiser la planification (assemblées citoyennes, indicateurs de bien-être au-delà du PIB). Le tout adossé à un cadre juridique : celui des droits humains, qui cesserait d&rsquo;être un horizon décoratif pour devenir une boussole opérationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment continuer à célébrer chaque dixième de point de croissance comme une victoire, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;accompagne d&rsquo;une concentration accrue des richesses et d&rsquo;un climat qui se dérègle ? Comment accepter que la lutte contre la pauvreté reste cantonnée à la charité publique, alors que les leviers structurels — fiscalité, salaires, dette, services publics — sont bien identifiés ? Et comment ignorer la voix des premier·ère·s concerné·e·s, dont De Schutter rappelle qu&rsquo;aucune expertise ne peut remplacer la leur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole pour l&rsquo;après</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mandat du juriste belge s&rsquo;achève, mais le chantier qu&rsquo;il ouvre engage déjà le prochain agenda mondial du développement, post-2030. La feuille de route est posée sur la table : accessible, opérationnelle, étayée par 400 contributions et des dizaines de profils de politiques publiques. Reste à ce que les gouvernements — y compris le nôtre — cessent de s&rsquo;en remettre à la seule croissance et acceptent de regarder en face la mécanique qu&rsquo;ils alimentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manufacturée, donc démontable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#PauvretéZéro #DroitsHumains #PostCroissance #JusticeSociale #DeSchutter</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/">Démanteler la fabrique de la pauvreté</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;année 2025: l&#8217;année des prédateurs</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 06:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans sa préface au rapport annuel 2026 d&#8217;Amnesty International, Agnès Callamard qualifie 2025 d&#8217;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans sa préface au <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/04/amnesty-international-calls-states-to-stop-predatory-era-taking-hold/" target="_blank" rel="noopener" title="">rapport annuel 2026 d&rsquo;Amnesty International</a>, Agnès Callamard qualifie 2025 d&rsquo;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit selon lequel l&rsquo;ordre international de 1948 aurait toujours été une « chimère ».</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;année où les pare-feu ont cédé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic est implacable. Tout au long de 2025, selon Agnès Callamard, « le bien commun de l&rsquo;humanité » a été la proie de « prédateurs voraces » dont la soif de domination économique s&rsquo;est traduite par répressions, déplacements forcés et violences massives. Gaza, Ukraine, Soudan, RDC, Myanmar, Iran : les atrocités s&rsquo;enchaînent. Face à cela, la plupart des gouvernements, notamment européens, ont « joué la carte de la capitulation ». Certains sont allés jusqu&rsquo;à imiter les prédateurs ; d&rsquo;autres ont préféré se fondre dans leur ombre. Seule une poignée d&rsquo;États leur ont fait front.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La fable de « l&rsquo;illusion »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être la contribution la plus forte du texte. Au discours qui présente désormais l&rsquo;ordre de 1948 comme obsolète, Callamard oppose un rappel historique précis : la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, la Convention sur le génocide, les Pactes internationaux ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit du travail, « souvent au grand dam d&rsquo;acteurs bien plus puissants », de générations de diplomates et de militant·e·s, notamment issu·e·s des jeunes États d&rsquo;Afrique, des Caraïbes, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie. Et la formule claque : « Il n&rsquo;appartient pas à celles et ceux qui trahissent les promesses de proclamer que celles-ci sont illusoires. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un « nouvel ordre » qui sent le vieux monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Début 2026, le secrétaire d&rsquo;État états-unien Marco Rubio a exposé la vision de substitution : une alliance de pays occidentaux et chrétiens menée par Washington, enracinée dans un « héritage commun » présenté en termes romantiques. Callamard renvoie froidement l&rsquo;image : cette histoire est aussi « faite de domination, de colonialisme, d&rsquo;esclavage et de génocide ». Pas d&rsquo;alternative réelle du côté de Pékin non plus, qui rejette l&rsquo;universalité des droits humains. Ce qu&rsquo;on nous propose ? La suprématie du commerce et l&rsquo;hégémonie de la technologie, la guerre à la société civile, l&rsquo;envolée des budgets militaires et les coupes dans l&rsquo;aide internationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui a résisté, quand même</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. La préface détaille les brèches ouvertes en 2025 : mandats d&rsquo;arrêt de la CPI contre deux dirigeants talibans pour persécution liée au genre, remise de l&rsquo;ancien président philippin Rodrigo Duterte à la Cour, 156 États votant pour des négociations sur les armes autonomes, avis consultatifs climatiques de la CIJ et de la Cour interaméricaine, grèves de dockers en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour bloquer les livraisons d&rsquo;armes vers Israël. La Belgique figure nommément parmi les États qui se sont engagés à infléchir ou suspendre ce commerce d&rsquo;armes avec Israël — aux côtés notamment de l&rsquo;Espagne, de l&rsquo;Afrique du Sud, de la Colombie et de la Slovénie. Au Népal, un gouvernement est tombé sous la pression d&rsquo;une jeunesse mobilisée contre la corruption. Au Danemark, en Norvège, au Luxembourg et au Malawi, les droits reproductifs ont progressé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir l&rsquo;histoire, ou l&rsquo;écrire ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment accepter que des puissant·e·s décrètent « illusoire » ce qui a protégé, même imparfaitement, des millions de personnes ? Comment se résigner à voir l&rsquo;ordre fondé sur les règles remplacé par celui des prédateurs, simplement parce qu&rsquo;il dérange leurs intérêts ? Et comment nos gouvernements peuvent-ils financer la diplomatie multilatérale tout en se taisant devant le génocide à Gaza ? Callamard ne prétend pas que le système de 1948 soit parfait : elle rappelle le « deux poids, deux mesures », la paralysie, les millions de victimes ignorées. Mais résister, prévient-elle, ne signifie pas défendre un monde figé. C&rsquo;est « imaginer une vision transformée et transformatrice des droits humains ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message final est sans ambiguïté : « Nous ne subissons pas seulement l&rsquo;histoire. Nous l&rsquo;écrivons aussi. » À chacun·e, dans son rôle — électeur·rice, consommateur·rice, militant·e, investisseur·euse — d&rsquo;écrire la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résister. Transformer. Écrire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Amnesty #Multilatéralisme #Callamard #Résistance</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>« Extraction Extinction » : le cycle de mort des énergies fossiles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/15/extraction-extinction-le-cycle-de-mort-des-energies-fossiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 19:24:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[JusticeClimatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>463 millions de personnes vivent à moins d&#8217;un kilomètre d&#8217;une infrastructure fossile. Deux milliards en sont distantes de cinq kilomètres — un quart de l&#8217;humanité. Dans son rapport Extraction Extinction, publié en novembre 2025, Amnesty International dresse un constat implacable : le cycle de vie des combustibles fossiles constitue une menace systémique pour les droits ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>463 millions de personnes vivent à moins d&rsquo;un kilomètre d&rsquo;une infrastructure fossile. Deux milliards en sont distantes de cinq kilomètres — un quart de l&rsquo;humanité. Dans son rapport <em><a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/20251112_rapport_extraction_extinction.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">Extraction Extinction</a></em>, publié en novembre 2025, Amnesty International dresse un constat implacable : le cycle de vie des combustibles fossiles constitue une menace systémique pour les droits humains et pour les écosystèmes dont dépend notre survie collective.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cartographie mondiale inédite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois, Amnesty International s&rsquo;est associée aux data scientists du Better Planet Laboratory pour quantifier l&rsquo;ampleur globale des risques. Les résultats dépassent les pires anticipations. Parmi les 18 273 sites d&rsquo;infrastructure fossile en activité recensés à l&rsquo;échelle mondiale, 32 % se superposent à des écosystèmes critiques — forêts, zones humides, milieux essentiels à la séquestration du carbone. Plus frappant encore : les peuples autochtones représentent moins de 5 % de la population mondiale, mais 16,1 % des infrastructures fossiles mondiales sont implantées sur leurs territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces sites s&rsquo;ajoutent 3 507 projets en développement ou en construction, qui exposeraient 135 millions de personnes supplémentaires à des risques documentés : cancers, maladies cardiovasculaires, asthme, anomalies congénitales. Ce ne sont pas des projections abstraites. Ce sont des vies.</p>



<div style="border: 1.5px solid #888; border-left: 4px solid #1a1a1a; padding: 1.25rem 1.5rem; margin: 1.5rem 0; background: #f7f6f3;">
  <div style="display: flex; align-items: center; gap: 10px; margin-bottom: 0.9rem;">
    <span style="font-size: 10px; font-weight: 500; letter-spacing: 0.12em; text-transform: uppercase; color: #666; border: 0.5px solid #aaa; padding: 3px 8px; border-radius: 2px;">Carte blanche</span>
    <span style="font-size: 12px; color: #999;">Le Soir · 15 avril 2026</span>
  </div>
  <p style="font-size: 16px; font-weight: 500; line-height: 1.4; margin: 0 0 0.6rem; color: #1a1a1a;">La sortie des énergies fossiles ne peut être un tabou : c&rsquo;est une obligation pour les États, dont la Belgique</p>
  <p style="font-size: 13px; color: #555; margin: 0 0 0.9rem; line-height: 1.55;">Carine Thibaut, directrice générale d&rsquo;Amnesty International Belgique francophone, et Wies De Graeve, directeur de la section flamande, appellent la Belgique à traduire ses engagements internationaux en un plan national de sortie des fossiles, à l&rsquo;occasion de la conférence de Santa Marta.</p>
  <div style="border-top: 0.5px solid #ccc; padding-top: 0.75rem; margin-top: 0.25rem;">
    <p style="font-size: 12.5px; font-style: italic; color: #555; margin: 0 0 0.6rem; line-height: 1.55;">« Continuer à investir dans de nouveaux gisements ou octroyer de nouvelles licences tout en promettant une action climatique vigoureuse n&rsquo;est pas seulement contradictoire. Cela constitue — aux yeux de la Cour internationale de Justice — un fait internationalement illicite. »</p>
    <div style="display: flex; justify-content: space-between; align-items: center; flex-wrap: wrap; gap: 8px;">
      <span style="font-size: 11.5px; color: #888;">Belgique · 72 % d&rsquo;approvisionnement fossile · 17,8 Mrd € de subventions/an</span>
      <a href="https://www.lesoir.be/740404/article/2026-04-13/la-sortie-des-energies-fossiles-ne-peut-etre-un-tabou-cest-une-obligation-pour?fbclid=IwY2xjawRMvv5leHRuA2FlbQIxMABicmlkETE1QTdrdUp2VDlHM3gxWG9Zc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHif7DDlsKGMIZWtRACc9V3Un-6kgqoHqebuCYJufjvqTQbCMpKYWUCkRjlh__aem_ayNmYAFr4-_6jP6SvayneA" style="font-size: 12px; color: #1a1a1a; text-decoration: none; border-bottom: 0.5px solid #888; padding-bottom: 1px;">Lire sur lesoir.be →</a>
    </div>
  </div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Des zones sacrifiées à la logique du profit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les études de cas documentées par Amnesty International donnent chair à ces statistiques. Dans la baie de Guanabara au Brésil, les pêcheur·euse·s artisanal·e·s voient chaque jour des nappes d&rsquo;hydrocarbures flotter à la surface. <em>« Je vois de l&rsquo;huile dans l&rsquo;eau presque chaque jour. Nous nous plaignons aux autorités, mais il n&rsquo;y a pas de loi, pas de justice, il y a l&rsquo;impunité »</em>, témoigne Jardel Nascimento de Oliveira. Petrobras, société d&rsquo;État, est au cœur de ces dégradations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, la Nation Wet&rsquo;suwet&rsquo;en résiste à la construction du gazoduc Coastal GasLink sur ses terres ancestrales non cédées, sans consentement libre, préalable et éclairé, avec la Gendarmerie royale pour escorte armée. En Colombie, Yuly Velásquez risque sa vie pour dénoncer la pollution des zones humides du Magdalena Medio. Au Sénégal, les communautés de pêcheur·euse·s du delta du Saloum — patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO — voient arriver le projet offshore Sangomar sans consultation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un fil rouge traverse tous ces cas : des communautés marginalisées, racialisées, autochtones, contraintes de porter le poids de la production fossile mondiale, sans consentement et sans réparation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des défenseur·euse·s criminalisé·e·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire encore à la bonne foi des États lorsque celles et ceux qui défendent les droits des communautés riveraines font face à l&rsquo;intimidation, à la surveillance et à la violence ? Tous les défenseur·euse·s de l&rsquo;environnement interviewé·e·s dans ce rapport ont subi des risques graves pour leur sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rend hommage aux Neuf d&rsquo;Ogoni — Ken Saro-Wiwa et ses compagnon·ne·s de lutte, exécuté·e·s en novembre 1995 au Nigeria pour avoir osé défier Shell dans le delta du Niger. Trente ans plus tard, le gouvernement nigérian les a officiellement graciés. Une reconnaissance tardive, qui reste loin de la justice qu&rsquo;ils méritaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dépossiliser : un impératif juridique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport introduit un concept clé : la « dépossilisation » — terme forgé en 2025 par le Rapporteur spécial des Nations unies sur le climat et les droits humains. Il ne s&rsquo;agit plus seulement de transition énergétique, mais de l&rsquo;élimination progressive du cycle entier des combustibles fossiles : extraction, transformation, transport, et démantèlement des campagnes de désinformation que l&rsquo;industrie organise depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États sont juridiquement tenus de protéger le droit à un environnement sain, les droits des peuples autochtones, le droit à la santé. Amnesty International appelle à l&rsquo;adoption d&rsquo;un Traité de non-prolifération des combustibles fossiles et à l&rsquo;alignement des contributions nationales déterminées sur la limite de 1,5°C.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;heure des comptes</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Extraction Extinction</em> n&rsquo;est pas un rapport de plus. C&rsquo;est une démonstration : le modèle fossile détruit des écosystèmes irremplaçables, criminalise ses opposant·e·s, et impose ses coûts les plus lourds aux communautés les moins responsables de la crise climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au boulot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #JusticeClimatique #CombustiblesFossiles #Dépossilisation #Amnesty</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/15/extraction-extinction-le-cycle-de-mort-des-energies-fossiles/">« Extraction Extinction » : le cycle de mort des énergies fossiles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Déplacés climatiques : la Cour africaine saisie pour trancher</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/30/deplaces-climatiques-la-cour-africaine-saisie-pour-trancher/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 20:47:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Cour africaine des droits de l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Cour africaine des droits de l'homme est saisie d'une pétition sur les obligations climatiques des États. HRW y soumet le cas de Khar Yalla, Sénégal : mille déplacé·e·s climatiques abandonnés depuis dix ans dans un site inondable impropre à l'habitation.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/30/deplaces-climatiques-la-cour-africaine-saisie-pour-trancher/">Déplacés climatiques : la Cour africaine saisie pour trancher</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Cour africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples est sur le point de rendre un avis consultatif sur les obligations des États face à la crise climatique. Human Rights Watch vient de lui soumettre un <a href="https://www.hrw.org/news/2026/03/30/african-court-should-protect-people-displaced-by-climate-change">mémoire d&rsquo;amicus</a> fondé sur une enquête de terrain au Sénégal. En jeu : la reconnaissance de droits contraignants pour les communautés déplacées par les inondations côtières — et l&rsquo;obligation pour les États d&rsquo;y répondre par des relocalisations planifiées respectueuses des droits humains.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une procédure inédite en Afrique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2025, l&rsquo;Union Panafricaine des Avocats et l&rsquo;African Climate Platform ont déposé une pétition demandant à la Cour d&rsquo;interpréter les obligations des États parties à la Charte africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples à la lumière du dérèglement climatique. Cette initiative s&rsquo;inscrit dans une vague de clarifications juridiques internationales : en 2025, la Cour internationale de justice et la Cour interaméricaine ont toutes deux établi que les politiques climatiques devaient respecter les droits humains et refléter le niveau d&rsquo;ambition le plus élevé possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aucun tribunal international n&rsquo;a encore tranché de manière complète sur les droits des communautés déplacées par le climat qui attendent une relocalisation. C&rsquo;est précisément ce vide que HRW demande à la Cour africaine de combler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte africain est urgent. Selon le Centre de surveillance des déplacements internes, le nombre de personnes déplacées par les inondations et autres aléas climatiques sur le continent a été multiplié par six en quinze ans, atteignant 6,3 millions en 2023. Trente-neuf cas de relocalisations planifiées ont déjà été recensés à travers l&rsquo;Afrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Khar Yalla, cas d&rsquo;école</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour étayer sa demande, HRW s&rsquo;appuie sur son rapport publié en août 2025, fondé sur 101 entretiens menés à Saint-Louis du Sénégal. Le cas documenté est celui de Khar Yalla — en wolof, « attendre Dieu » — où environ mille personnes déplacées par les crues côtières de 2015 et 2016 vivent depuis dix ans dans un site que les autorités sénégalaises et la Banque mondiale reconnaissent elles-mêmes comme impropre à l&rsquo;habitation permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conditions relevées sont sévères : surpeuplement extrême, quasi-absence d&rsquo;électricité, inondations récurrentes mêlées aux eaux usées à chaque saison des pluies, aucun ramassage des ordures. Un tiers des enfants en âge scolaire ne fréquentent aucune école laïque. Une femme a accouché seule dans une maison partagée par vingt-huit personnes, faute de transport pour rejoindre l&rsquo;hôpital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui aggrave l&rsquo;injustice : les victimes des crues de 2017 et 2018 ont, elles, été relogées dans un nouveau site digne — Djougop — via un programme financé par la Banque mondiale. Les familles de Khar Yalla, déplacées plus tôt par les mêmes inondations depuis les mêmes quartiers, en ont été exclues. Plusieurs fonctionnaires ont même nié qu&rsquo;elles aient jamais été sinistrées, alors que c&rsquo;est la municipalité elle-même qui les y avait transférées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment un programme conçu pour protéger les plus vulnérables peut-il ignorer celles et ceux qui l&rsquo;ont été en premier ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la Cour pourrait changer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">HRW demande à la Cour de clarifier que les États parties à la Charte africaine ont des obligations contraignantes pour protéger les personnes déplacées par le dérèglement climatique — notamment par des relocalisations planifiées en dernier recours, conduites dans le respect de leurs droits économiques, sociaux et culturels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle décision constituerait une avancée majeure. Elle fournirait un cadre juridique applicable à des dizaines de communautés africaines exposées à la montée des eaux, aux sécheresses et aux inondations. Elle obligerait aussi les institutions financières internationales comme la Banque mondiale à adapter leurs politiques, conçues à l&rsquo;origine pour des déplacements liés à des projets d&rsquo;infrastructure et inadaptées aux réalités du déplacement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sénégal est souvent présenté comme un exemple sur ces questions. Mais les habitant·e·s de Khar Yalla attendent depuis dix ans. Ce que la Cour africaine pourrait dire, c&rsquo;est que cette attente a un nom juridique — et une fin obligatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces familles méritent mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #DérèglementClimatique #Sénégal #CourAfricaine #Déplacés #HumanRightsWatch</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source</strong> : <em>« Waiting for God »: Flood Displacement and Planned Relocation of Fisherfolk in Saint-Louis, Senegal</em>, Human Rights Watch, août 2025 ; <em>African Court Should Protect People Displaced by Climate Change</em>, Human Rights Watch, 2025.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/30/deplaces-climatiques-la-cour-africaine-saisie-pour-trancher/">Déplacés climatiques : la Cour africaine saisie pour trancher</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;Europe se vide : les politiques migratoires contredisent l&#8217;arithmétique démographique</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/02/leurope-se-vide-les-politiques-migratoires-contredisent-larithmetique-demographique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Italie perd ses habitants, l&#8217;Europe vieillit, les systèmes de pension vacillent. Pendant ce temps, les gouvernements qui bâtissent leur succès électoral sur le rejet de l&#8217;immigration sont les mêmes qui, en coulisses, augmentent les quotas de travailleurs étrangers. Anatomie d&#8217;une contradiction fondamentale. Le paradoxe Meloni Dans un article récent publié par IrpiMedia, le journaliste Paolo ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;Italie perd ses habitants, l&rsquo;Europe vieillit, les systèmes de pension vacillent. Pendant ce temps, les gouvernements qui bâtissent leur succès électoral sur le rejet de l&rsquo;immigration sont les mêmes qui, en coulisses, augmentent les quotas de travailleurs étrangers. Anatomie d&rsquo;une contradiction fondamentale.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le paradoxe Meloni</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un article récent publié par IrpiMedia, le journaliste Paolo Riva met en lumière une contradiction saisissante. Giorgia Meloni a fait de la lutte contre l&rsquo;immigration l&rsquo;étendard de sa conquête du pouvoir. Accords avec les milices libyennes, mémorandum avec le régime tunisien de Kais Saied, centres de tri en Albanie : l&rsquo;arsenal répressif s&rsquo;est considérablement étoffé. Mais dans la précipitation à suivre l&rsquo;humeur des électeurs, presque personne n&rsquo;a remarqué l&rsquo;autre problème migratoire de l&rsquo;Italie, bien plus grave : des centaines de milliers d&rsquo;Italiens émigrent chaque année. L&rsquo;Italie se vide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres sont accablants. Entre 2006 et 2024, l&rsquo;émigration italienne est devenue un phénomène structurel : 1,6 million de départs en vingt ans, dont moins de la moitié de retours. En 2024, le record historique a été atteint avec 155 732 départs. Aujourd&rsquo;hui, 6,4 millions d&rsquo;Italiens vivent à l&rsquo;étranger, soit presque un sur neuf.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les mesures en faveur de la natalité échouent spectaculairement. Sur les sept premiers mois de 2025, les naissances ont reculé de 6,3 % par rapport à la même période de 2024. Le nombre moyen d&rsquo;enfants par femme continue de battre des records négatifs. Même Elon Musk s&rsquo;en est ému : « L&rsquo;Italie est en train de disparaître. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, voici le paradoxe : le même gouvernement qui a fait de la fermeture des frontières son crédo a approuvé, en juillet 2023, la première programmation triennale des flux migratoires légaux de l&rsquo;histoire italienne, prévoyant l&rsquo;entrée de 560 000 travailleurs étrangers sur quatre ans. En 2024, 151 000 permis de travail ont été alloués, contre 136 000 l&rsquo;année précédente. Et en octobre 2024, 500 000 entrées supplémentaires ont été approuvées pour 2026-2028. Comme l&rsquo;observe l&rsquo;analyste Matteo Villa de l&rsquo;ISPI, la classe politique qui profite électoralement d&rsquo;un récit perpétuellement négatif sur l&rsquo;immigration est la même qui reconnaît ne plus pouvoir se passer de main-d&rsquo;œuvre étrangère.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un continent au tournant démographique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas italien n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est le symptôme le plus visible d&rsquo;une transformation démographique qui touche l&rsquo;ensemble du continent européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Eurostat, la population de l&rsquo;UE atteindra son pic vers 2026 autour de 453 millions d&rsquo;habitants, avant d&rsquo;entamer un déclin qui pourrait la ramener à environ 428 millions en 2050, soit 22 millions de moins. Sans aucune migration, la perte serait d&rsquo;un tiers de la population d&rsquo;ici 2100.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le déficit naturel — plus de décès que de naissances — est une réalité continue depuis 2012. En 2024, l&rsquo;UE a enregistré 4,82 millions de décès pour seulement 3,56 millions de naissances, un déficit de 1,26 million de personnes. L&rsquo;immigration nette positive est désormais le seul facteur de croissance démographique en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le taux de fécondité moyen de l&rsquo;UE — 1,38 enfant par femme en 2023 — est loin du seuil de remplacement de 2,1. Aucun pays membre ne l&rsquo;atteint. La Bulgarie, avec 1,81, affiche le taux le plus élevé, tandis que Malte, à 1,06, ferme la marche.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Trois Europe démographiques</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un rapport du Centre commun de recherche de la Commission européenne identifie trois profils régionaux distincts. L&rsquo;<strong>Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest</strong> (Suède, Autriche, Allemagne, Pays-Bas) bénéficie d&rsquo;une double immigration — intra-UE et extra-UE — suffisante pour compenser théoriquement le déficit de naissances. L&rsquo;<strong>Europe du Sud</strong> (Italie, Espagne, Grèce, Portugal) attire des migrants non-européens mais souffre d&rsquo;une fécondité extrêmement basse et d&rsquo;une émigration de ses propres citoyens vers le Nord. L&rsquo;<strong>Europe de l&rsquo;Est</strong> cumule les handicaps : faible natalité, émigration massive de ses jeunes vers l&rsquo;Ouest, et une structure d&rsquo;âge déjà très vieillissante. La Bulgarie, la Lituanie et la Lettonie ont perdu plus de 20 % de leur population depuis les années 1990.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend l&rsquo;analyse de Riva particulièrement pertinente, c&rsquo;est le glissement de l&rsquo;Italie vers le profil est-européen. Troisième économie de la zone euro, elle affiche désormais des dynamiques démographiques comparables à celles de la Pologne ou de la Roumanie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pensions : l&rsquo;impasse arithmétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieillissement démographique se traduit par une pression croissante sur les systèmes de protection sociale, et d&rsquo;abord sur les pensions. Le ratio de dépendance des personnes âgées — le nombre de personnes de 65 ans et plus rapporté à la population en âge de travailler — raconte l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, on comptait dans l&rsquo;UE environ 2,7 travailleurs pour chaque personne âgée. Ce ratio tombera à 1,8 en 2050, puis à 1,5 en 2100. Pour l&rsquo;Italie et la Grèce, ce sera moins de 2 actifs par retraité dès 2050. Au Luxembourg, le ratio contributeurs/pensionnés passera de 2,3 à moins de 1 d&rsquo;ici 2070.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des systèmes de pension européens fonctionnent par répartition : les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités. L&rsquo;équation est simple : moins d&rsquo;actifs pour plus de retraités égale un déficit croissant. La Commission européenne projette une hausse des dépenses publiques de pension de 11,4 % du PIB en 2022 à 12,1 % en 2045 pour la moyenne européenne. En Belgique, sans réforme, ces dépenses pourraient atteindre 15 % du PIB dès 2040.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce ne sont que les pensions. Il faut y ajouter les dépenses de santé, en hausse de 6,9 % à 7,3 % du PIB d&rsquo;ici 2070, et les soins de longue durée, de 1,7 % à 2,6 % du PIB. Un tsunami gris silencieux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Reculer l&rsquo;âge de la retraite : un levier limité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette pression, tous les États européens ont actionné le même levier : relever l&rsquo;âge légal de la retraite. Le Danemark vient d&rsquo;adopter le passage à 70 ans. L&rsquo;OCDE projette que d&rsquo;ici 2060, l&rsquo;âge moyen de la retraite dans l&rsquo;UE approchera 67 ans, plusieurs pays atteignant 70 ou plus. La Belgique passe à 66 ans en 2025, puis à 67 en 2030.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce levier a des limites physiques, économiques et politiques évidentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Physiques d&rsquo;abord. L&rsquo;OCDE observe que seulement 59 % des adultes maintiennent un emploi continu dans la cinquantaine. Parmi eux, seuls 31 % sont encore employés de manière constante dans la soixantaine, tandis que 30 % ne travaillent plus du tout. Problèmes de santé, âgisme en entreprise, obsolescence des compétences : le mur de verre est réel. On peut décréter l&rsquo;âge de la retraite à 70 ans ; si le marché du travail n&#8217;emploie plus les gens à partir de 55 ans, l&rsquo;effet est nul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Politiques ensuite. La France a été secouée par des mois de manifestations massives en 2023 pour le passage de 62 à 64 ans. La Belgique a connu une grève générale en janvier 2025 contre la réforme des pensions. La résistance sociale fixe un plafond politique au relèvement de l&rsquo;âge de départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, ce levier ne suffira pas, loin de là, à résoudre l&rsquo;équation démographique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;immigration : un impératif que le discours politique refuse de nommer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le think tank Bruegel, dans un document de travail d&rsquo;octobre 2025, pose le constat sans détour : la faible probabilité d&rsquo;un rebond soutenu des taux de fécondité laisse l&rsquo;UE avec des niveaux élevés et continus de migration nette positive comme seule voie pour atténuer les effets économiques du vieillissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Banque centrale européenne confirme que les travailleurs étrangers jouent un rôle de plus en plus important sur les marchés du travail de la zone euro, et que le vieillissement pose des défis sérieux à l&rsquo;expansion de la force de travail. L&rsquo;OCDE précise que l&rsquo;immigration peut retarder le vieillissement ou ralentir son rythme, tout en notant que maintenir en permanence un ratio favorable nécessiterait un flux migratoire toujours croissant. L&rsquo;immigration n&rsquo;est pas une solution miracle, mais elle est incontournable dans l&rsquo;équation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est que cette réalité, connue de tous les décideurs, reste largement innommable dans le débat public. Les élections se gagnent sur la promesse de fermer les frontières. Les politiques économiques se font sur la nécessité de les ouvrir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contre-modèle espagnol</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce déni généralisé, l&rsquo;Espagne fait figure d&rsquo;exception. Madrid a choisi d&rsquo;assumer ouvertement le rôle de l&rsquo;immigration dans sa stratégie économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2025, le gouvernement espagnol a lancé un programme de régularisation visant 300 000 personnes par an sur trois ans. Un projet de loi complémentaire prévoit la régularisation de 470 000 immigrés sans papiers arrivés avant fin 2024. L&rsquo;objectif est explicité sans ambiguïté : soutenir la croissance économique et le système de pension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats sont mesurables. L&rsquo;économie espagnole a crû d&rsquo;environ 3 % en 2024, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro de 0,8 %. Entre 2022 et 2024, 5,2 millions d&#8217;emplois ont été créés, dont 75 % occupés par des personnes à double nationalité ou étrangères. Les migrants représentent 13,5 % de la main-d&rsquo;œuvre et 40 % des nouveaux emplois en 2024. La ministre espagnole de la Sécurité sociale, Elma Saiz, a résumé le choix : « Nous avions deux options : être un pays fermé en difficulté ou un pays ouvert et prospère. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce modèle n&rsquo;est pas exempt de tensions. Les immigrés y occupent principalement des emplois moins qualifiés et moins rémunérés — agriculture, construction, hôtellerie. Les salaires moyens des travailleurs étrangers sont inférieurs de 17 % à 37 % à ceux des Espagnols selon l&rsquo;origine. Mais l&rsquo;approche espagnole a le mérite de la cohérence : reconnaissant le besoin, elle tente d&rsquo;y répondre par des voies légales et organisées, plutôt que par le double discours italien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fait remarquable : malgré cette politique ouvertement pro-immigration, les sondages montrent moins d&rsquo;hostilité envers les immigrés en Espagne que dans des pays à marchés du travail plus robustes et États-providence plus généreux, comme l&rsquo;Allemagne ou la Suède.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et la Belgique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique se trouve dans une position intermédiaire. Ni le déclin dramatique de l&rsquo;Italie, ni l&rsquo;audace espagnole. Mais les mêmes contradictions structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté démographie, le taux de fécondité est tombé à 1,65 enfant par femme. La pyramide des âges est de type constrictif, avec une population vieillissante et une croissance naturelle négative ou en déclin. Comme partout en Europe, seule l&rsquo;immigration soutient encore une légère croissance démographique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté pensions, la Belgique est sous pression. Les dépenses de pension représentent déjà 12,7 % du PIB. L&rsquo;âge légal passe à 66 ans en 2025, puis à 67 en 2030. Mais la Belgique reste l&rsquo;un des rares pays de l&rsquo;OCDE à n&rsquo;appliquer aucune pénalité en cas de départ anticipé à la retraite. Le taux d&#8217;emploi des 55-64 ans y est de 62,1 %, très en dessous de la Suède, de l&rsquo;Allemagne ou des Pays-Bas. Le think tank Bruegel identifie explicitement la Belgique, avec la France, le Luxembourg et l&rsquo;Autriche, comme des pays disposant d&rsquo;un potentiel significatif d&rsquo;amélioration sur ce point.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté marché du travail, 20,3 % de la force de travail est d&rsquo;origine étrangère. La Wallonie compte 77 métiers en pénurie, dont plus d&rsquo;un tiers ont une main-d&rsquo;œuvre proche de l&rsquo;âge de la retraite. La question de qui remplira ces postes — et qui cotisera pour les pensions des baby-boomers — n&rsquo;est pas un débat théorique : c&rsquo;est une urgence actuarielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, en Belgique comme ailleurs, le débat sur les pensions et celui sur l&rsquo;immigration sont menés dans des silos étanches. D&rsquo;un côté, on discute de l&rsquo;âge de la retraite et du financement de la sécurité sociale. De l&rsquo;autre, on parle de contrôle des frontières et d&rsquo;intégration. Rarement les deux conversations se croisent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La quadrature du cercle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre constats s&rsquo;imposent au terme de cette analyse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le déclin démographique naturel de l&rsquo;Europe est un fait acquis</strong> pour les décennies à venir. Aucune politique nataliste n&rsquo;a jusqu&rsquo;ici renversé la tendance. Même un rebond spectaculaire de la fécondité ne produirait d&rsquo;effets sur la force de travail qu&rsquo;après vingt ans. Comme l&rsquo;écrit l&rsquo;Egmont Institute, la migration et la fécondité doivent être comprises comme des leviers distincts mais interdépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le relèvement de l&rsquo;âge de la retraite a des rendements décroissants.</strong> On approche des limites biologiques (santé, capacité physique), culturelles (âgisme en entreprise, exclusion des seniors du marché du travail) et politiques (résistance sociale). Le Danemark à 70 ans semble proche du plafond.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;immigration est le seul facteur capable de compenser à court et moyen terme</strong> le déficit de population active et de contributeurs aux systèmes de sécurité sociale. Tous les rapports institutionnels — Commission européenne, Bruegel, OCDE, BCE — convergent sur ce point. Non pas comme solution miracle, mais comme composante indispensable d&rsquo;une réponse nécessairement multifactorielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les politiques migratoires restrictives entrent en contradiction directe</strong> avec les nécessités économiques et actuarielles des pays qui les mènent. Le cas italien est le plus frappant — un gouvernement anti-immigration qui augmente discrètement les quotas de travailleurs étrangers — mais le phénomène touche l&rsquo;ensemble du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème fondamental est un problème de temporalité politique. Les élections se jouent tous les quatre ou cinq ans. Le déclin démographique se déploie sur des décennies. Le discours anti-immigration rapporte des voix aujourd&rsquo;hui. La facture de l&rsquo;effondrement démographique n&rsquo;arrive qu&rsquo;en différé. Quand elle arrivera, il sera trop tard pour recruter les cotisants qu&rsquo;on aura passé des années à refouler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Europe n&rsquo;a pas le luxe de choisir entre natalité, prolongation de la vie active et immigration. Elle a besoin des trois. Simultanément. Et elle a surtout besoin d&rsquo;un discours politique qui dise la vérité sur cette nécessité, plutôt que de la nier pour mieux séduire les électeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources principales</strong></p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Paolo Riva, «&nbsp;Le vrai problème migratoire de Meloni&nbsp;: l’Italie se vide&nbsp;», IrpiMedia, 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Eurostat, Demography of Europe – 2025 edition</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– JRC / Commission européenne, The Role of Migration and Fertility for the Future Size of the EU’s Population, 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Bruegel, «&nbsp;The macroeconomic impact of ageing, EU immigration policy and pension expenditures&nbsp;», Working Paper 24/2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Bruegel, «&nbsp;The demographic divide: inequalities in ageing across the European Union&nbsp;», Policy Brief 13/2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Bruegel, «&nbsp;Beyond retirement: a closer look at the very old&nbsp;», octobre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Egmont Institute, «&nbsp;Navigating the Population Change in the EU&nbsp;», décembre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– OCDE, Pensions at a Glance 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– OCDE, Employment Outlook 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– OCDE, International Migration Outlook 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Commission européenne / EPC, 2024 Ageing Report</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Eurofound, «&nbsp;Europe must adapt to its ageing workforce&nbsp;», novembre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Euronews, «&nbsp;Spain bets on migrants to counter labour shortage&nbsp;», octobre 2025</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Migration Policy Institute, «&nbsp;A Pragmatic Bet: The Evolution of Spain’s Immigration System&nbsp;»</p>



<p class="has-small-font-size wp-block-paragraph">– Real Instituto Elcano, «&nbsp;Immigration, employment, productivity and inequality in Spain&nbsp;»</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/02/leurope-se-vide-les-politiques-migratoires-contredisent-larithmetique-demographique/">L’Europe se vide : les politiques migratoires contredisent l’arithmétique démographique</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>41 % des fonds « durables » financent ce qu&#8217;ils prétendent combattre</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 10:27:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on parler de greenwashing institutionnalisé ? Le nouveau rapport de Financité sur l&#8217;investissement socialement responsable en Belgique dresse un constat accablant. Sur 175 fonds labellisés durables dont la composition a pu être analysée, 72 — soit 41 % — détiennent des actifs figurant simultanément sur les quatre listes noires établies par l&#8217;organisation : droits fondamentaux, ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peut-on parler de greenwashing institutionnalisé ? Le <a href="https://www.financite.be/actualité/les-fonds-durables-belges-ont-investi-2573-millions-deuros-dans-la-destruction-du-climat" target="_blank" rel="noopener" title="">nouveau rapport de Financité</a> sur l&rsquo;investissement socialement responsable en Belgique dresse un constat accablant. Sur 175 fonds labellisés durables dont la composition a pu être analysée, 72 — soit 41 % — détiennent des actifs figurant simultanément sur les quatre listes noires établies par l&rsquo;organisation : droits fondamentaux, climat, nucléaire et armement.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">257 millions d&rsquo;euros dans les énergies fossiles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les investissements climaticides restent massivement présents dans les portefeuilles présentés comme responsables. Fin 2024, 65 % des fonds analysés avaient investi dans des entreprises actives dans les énergies fossiles, pour un encours total de 253,9 millions d&rsquo;euros. Plus troublant encore : 58 % de ces fonds financent des entreprises engagées dans des projets d&rsquo;expansion fossile, 41 % sont exposés au charbon, et 9 % à des « bombes climatiques » — ces projets susceptibles d&rsquo;émettre plus d&rsquo;une gigatonne de CO2 sur leur durée de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une évolution positive mérite toutefois d&rsquo;être signalée : en 2023, 77 % des fonds présentaient ce type d&rsquo;exposition, pour 471 millions d&rsquo;euros. La réduction est réelle, sans pour autant marquer de rupture structurelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Armes nucléaires et droits humains bafoués</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le volet armement n&rsquo;est guère plus reluisant. La moitié des fonds analysés (87 sur 175) ont investi dans au moins une entreprise figurant sur la liste noire « armes de guerre » de Financité — bombes à sous-munitions, mines antipersonnel ou armes nucléaires. L&rsquo;encours total : 138,4 millions d&rsquo;euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté nucléaire, 66 % des fonds (116 sur 175) présentent une exposition à l&rsquo;énergie ou aux armes atomiques, pour 330,6 millions d&rsquo;euros. Quant au respect des droits fondamentaux, 87 % des fonds ont investi dans des États ou entreprises en violation des conventions internationales ratifiées par la Belgique — principalement sur des questions de gouvernance (25 %), de droits civils (20 %) ou de violations combinées (24 %).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Seuls 6,3 % des fonds passent le test</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le verdict est sans appel : sur les 175 fonds analysés, seuls 11 — soit 6,3 % — passent le filtre des quatre listes noires de Financité. « Il ne s&rsquo;agit pas ici de trancher la question de l&rsquo;autorisation ou non de ces activités économiques dans nos sociétés », précise Audrey Degée, chercheuse chez Financité. « L&rsquo;enjeu est plutôt de comprendre pourquoi ces activités se retrouvent dans des fonds qui se présentent comme socialement responsables. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un contexte européen de recul réglementaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vingtième rapport paraît dans un contexte politique préoccupant. Financité documente le « démantèlement inédit » des règles européennes de durabilité : relèvement des seuils d&rsquo;application de la directive CSRD (de 500 à 1 750 salariés), report du devoir de vigilance, assouplissement généralisé des obligations de reporting. Une dynamique portée par la montée des courants conservateurs au Parlement européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Financité formule plusieurs recommandations : créer une norme ISR minimale dans la loi, indépendante du secteur financier et basée sur les conventions internationales ; imposer un reporting public des portefeuilles complets ; mobiliser les actifs publics pour la transition ; étendre les interdictions d&rsquo;investissement aux entreprises violant les droits humains et environnementaux ; et organiser un désinvestissement obligatoire des énergies fossiles aligné sur les objectifs climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres parlent d&rsquo;eux-mêmes : sans cadre contraignant, le label « durable » reste largement une promesse non tenue.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source</strong> : Financité, <a href="https://www.financite.be/actualité/les-fonds-durables-belges-ont-investi-2573-millions-deuros-dans-la-destruction-du-climat" target="_blank" rel="noopener" title=""><em>Rapport ISR 2025</em>,</a> Bruxelles, décembre 2025.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/">41 % des fonds « durables » financent ce qu’ils prétendent combattre</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Défenseurs du climat : un combat vital sous la menace</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/10/17/defenseurs-du-climat-un-combat-vital-sous-la-menace/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 11:04:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers d'opinion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=695</guid>

					<description><![CDATA[<p>Défenseurs du climat : un combat vital sous la menace<br />
Le rapport de l'ONU révèle une répression mondiale croissante contre ceux qui luttent pour le climat. Entre criminalisation et violence, leur combat pour nos droits fondamentaux est en péril.<br />
Du Brésil à l'Ouganda, les défenseurs plantent des forêts et trouvent des solutions. Mais les États les accusent d'"écoterrorisme" au lieu de les soutenir.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/10/17/defenseurs-du-climat-un-combat-vital-sous-la-menace/">Défenseurs du climat : un combat vital sous la menace</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les défenseurs des droits humains engagés pour le climat et une transition juste font face à une répression croissante alors qu&rsquo;ils tentent de protéger nos droits fondamentaux face à la crise climatique. Le <a href="https://docs.un.org/en/A/80/114" target="_blank" rel="noopener" title="">nouveau rapport </a>de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Mary Lawlor, expose l&rsquo;ampleur alarmante de cette violence institutionnelle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement climatique constitue déjà une crise des droits humains d&rsquo;une ampleur sans précédent. Entre 3,3 et 3,6 milliards de personnes vivent dans des contextes hautement vulnérables aux effets du réchauffement. Pourtant, les États ne répondent pas à cette urgence avec les mesures nécessaires, malgré leurs obligations juridiques au titre de l&rsquo;Accord de Paris et du droit international des droits humains. Plus grave encore, ils criminalisent, répriment et excluent celles et ceux qui défendent le droit à un environnement sain.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des contributions essentielles systématiquement ignorées</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Partout dans le monde, des défenseurs des droits humains trouvent et mettent en œuvre des solutions concrètes. Au Brésil, le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre a planté 25 millions d&rsquo;arbres. En Colombie, des communautés afro-descendantes et autochtones ont obtenu la reconnaissance juridique du fleuve Atrato et créé un modèle pionnier de conservation. Aux Philippines, la restauration de forêts de mangroves a protégé plus de 3000 personnes lors du typhon Rai en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les peuples autochtones, dont les territoires concentrent une biodiversité cruciale, jouent un rôle déterminant dans la lutte contre la déforestation et la réduction des émissions. Les femmes défenseures, malgré des obstacles spécifiques liés aux discriminations de genre, sont en première ligne de ces mobilisations, y compris dans des zones de conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ces réussites s&rsquo;obtiennent souvent sans soutien étatique, voire dans un contexte d&rsquo;hostilité ouverte. Quand des États accompagnent effectivement ces initiatives – comme le Brésil fournissant des hélicoptères pour larguer des semences – cela demeure l&rsquo;exception plutôt que la règle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une criminalisation multiforme et systématique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport documente une tendance inquiétante : l&rsquo;utilisation abusive du droit pénal pour sanctionner l&rsquo;activisme climatique pacifique. Les défenseurs se voient accusés d&rsquo;infractions aussi diverses qu&rsquo;inappropriées : intrusion, trouble à l&rsquo;ordre public, sédition, conspiration criminelle, financement du terrorisme, voire tentative d&rsquo;aide au suicide. Cette diversité même illustre la volonté des autorités de trouver n&rsquo;importe quel prétexte légal pour réprimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Ouganda, 129 personnes ont été arrêtées pour avoir manifesté pacifiquement contre le pipeline pétrolier d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, malgré les préoccupations légitimes quant à son incompatibilité avec l&rsquo;objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C. Aux États-Unis, près de 1000 affaires pénales ont visé les opposants au pipeline Line 3, dans un contexte de collaboration étroite entre police et entreprises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne, des membres du groupe Letzte Generation font face à des accusations relevant normalement du crime organisé, avec perquisitions de domiciles, gel de comptes bancaires et surveillance des communications. Au Royaume-Uni, le Public Order Act de 2023 criminalise désormais des tactiques de protestation jusqu&rsquo;alors tolérées, conduisant à des peines de prison pour des actions comme une marche lente de 30 minutes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une violence qui va au-delà du judiciaire</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La répression ne se limite pas aux poursuites pénales. Le rapport révèle l&rsquo;usage systématique de la violence policière, notamment de techniques de contrainte douloureuses contre des manifestants pacifiques, et des fouilles intrusives dégradantes. En Italie, 21 personnes arrêtées lors d&rsquo;une manifestation d&rsquo;Extinction Rebellion ont été détenues sept à huit heures sans accès à un avocat, l&rsquo;une d&rsquo;elles subissant une fouille corporelle invasive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les menaces de mort, la surveillance, les campagnes de diffamation et l&rsquo;assimilation à des « écoterroristes » sont monnaie courante. En France, le ministre de l&rsquo;Intérieur de l&rsquo;époque a qualifié le mouvement Les Soulèvements de la Terre d' »écoterrorisme », avant de tenter sa dissolution – une décision finalement annulée par le Conseil d&rsquo;État. En Espagne, Extinction Rebellion et Futuro Vegetal ont été désignés comme groupes de « terrorisme intérieur ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les poursuites-bâillons (SLAPP) constituent une autre arme de dissuasion massive. La condamnation de Greenpeace États-Unis à verser plus de 660 millions de dollars dans l&rsquo;affaire du pipeline Dakota Access illustre l&rsquo;ampleur des moyens déployés pour faire taire la contestation.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des groupes particulièrement vulnérables</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes défenseures du climat subissent des risques spécifiques : stigmatisation sociale, menaces de violence sexuelle, exclusion des processus décisionnels, intimidation sexiste en ligne. Leur leadership essentiel dans des contextes aussi divers que l&rsquo;Ukraine, la Syrie ou la Palestine se heurte à des obstacles structurels liés aux inégalités de genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défenseurs autochtones paient le prix le plus lourd. Le Centre de ressources sur les entreprises et les droits humains a recensé 157 attaques contre des défenseurs dans le secteur des minéraux de transition entre 2010 et 2024, touchant de manière disproportionnée les peuples autochtones. Des centaines de meurtres sont documentés chaque année par Front Line Defenders et Global Witness.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les journalistes couvrant les questions climatiques ou les manifestations font également l&rsquo;objet d&rsquo;arrestations arbitraires, de menaces, de poursuites-bâillons et d&rsquo;autocensure par crainte de représailles. Au Royaume-Uni, des responsables policiers ont ordonné des arrestations illégales de journalistes couvrant des protestations de Just Stop Oil.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une exclusion des espaces de décision</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, alors que la Conférence des Parties (COP) devrait constituer un espace privilégié de participation des défenseurs, elle est devenue un lieu d&rsquo;exclusion et de risques. Les COP organisées en Égypte (2022), aux Émirats arabes unis (2023) et en Azerbaïdjan (2024) se sont tenues dans des pays où l&rsquo;espace civique est sévèrement restreint, exposant les participants à la surveillance, à la détention et aux représailles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les obstacles sont multiples : manque de transparence des accords avec les pays hôtes, déséquilibres régionaux, coûts prohibitifs, difficultés d&rsquo;obtention de visas, restrictions à la liberté d&rsquo;expression et de réunion sur place, obstacles bureaucratiques. Cette exclusion prive les négociations climatiques des voix les plus légitimes et les mieux informées sur les solutions à mettre en œuvre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une impasse démocratique face à l&rsquo;urgence</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est sans appel : il ne peut y avoir de solution autoritaire à la crise climatique. L&rsquo;atténuation efficace du changement climatique et une transition véritablement juste nécessitent la participation pleine et entière des défenseurs des droits humains. Leur répression compromet directement notre capacité collective à faire face à la plus grande menace pour les droits fondamentaux de notre époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Déclaration sur les défenseurs des droits de l&rsquo;homme, adoptée par consensus à l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies en 1998, garantit pourtant le droit de toute personne de promouvoir et défendre les droits humains, y compris par des activités pacifiques contre leurs violations. Le droit d&rsquo;opposition pacifique englobe non seulement les violations déjà commises, mais aussi leurs risques et causes profondes – ce qui inclut sans équivoque l&rsquo;inaction climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récentes décisions judiciaires, notamment l&rsquo;arrêt de la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme dans l&rsquo;affaire KlimaSeniorinnen contre Suisse (2024) et l&rsquo;avis du Tribunal international du droit de la mer (2024), confirment le lien indissociable entre changement climatique et droits humains. Pourtant, ces avancées juridiques se heurtent à l&rsquo;inertie ou à l&rsquo;hostilité des États.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des recommandations pour un changement de cap</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La Rapporteuse spéciale formule des recommandations claires. Les États doivent créer un environnement sûr permettant aux défenseurs de travailler sans crainte de représailles, cesser toute stigmatisation, garantir que leur législation sur les rassemblements respecte le droit international, et légiférer contre l&rsquo;utilisation abusive du droit pénal et civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entreprises opérant dans les secteurs à haut risque – exploitation forestière, production énergétique, mines, pétrole et gaz, agro-industrie, marché des crédits carbone – doivent être tenues légalement de réaliser des diligences raisonnables en matière de droits humains et d&rsquo;environnement, incluant l&rsquo;évaluation des risques pour les défenseurs et leur responsabilité civile et pénale en cas de contribution à des représailles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques doit garantir la transparence et la participation sûre des défenseurs dans tous les accords avec les pays hôtes des COP. Les investisseurs et organisations fournissant des financements climatiques doivent adopter une tolérance zéro face aux représailles.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un choix sans alternative</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le souligne Mary Lawlor, les États n&rsquo;ont pas le choix entre action et inaction climatique – seulement entre action efficace et destruction continue. Pour être efficace, cette action doit respecter les droits humains et ceux qui les défendent, dans tous les domaines. Travailler avec les défenseurs permettrait d&rsquo;adopter de véritables solutions de réduction des émissions, de construire des stratégies d&rsquo;atténuation et de résilience depuis la base, et d&rsquo;opérer une transition vers des moyens de production énergétique justes et durables qui autonomisent les personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le modèle économique d&rsquo;extraction et de profit qui nous a conduits à cette impasse ne peut être la base de solutions viables. L&rsquo;universalité des droits humains doit être réaffirmée avec force. C&rsquo;est ce que répètent les défenseurs du monde entier. Il n&rsquo;y a plus de temps à perdre.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DéfenseursClimat #DroitsHumains #JusticeClimatique #TransitionJuste #ActivismePacifique #PeupleAutochtones #CriseClimatique #NationsUnies #Répression #LibertéExpression</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/10/17/defenseurs-du-climat-un-combat-vital-sous-la-menace/">Défenseurs du climat : un combat vital sous la menace</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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