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	<title>Pauvreté - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Pauvreté - En avant</title>
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		<title>À qui appartiendra l&#8217;intelligence artificielle ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 08:57:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Recension de l'entretien de Bernie Sanders dans Wired : l'IA comme question de pouvoir, de démocratie et de partage des richesses produites.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/">À qui appartiendra l’intelligence artificielle ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans un <a href="https://www.wired.com/story/the-big-interview-podcast-senator-bernie-sanders/?utm_source=nl&amp;utm_brand=wired&amp;utm_mailing=WIR_SystemUpdate_070226&amp;utm_campaign=aud-dev&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=WIR_SystemUpdate_070226&amp;bxid=5fd62ba971d49c530600b9ba&amp;cndid=63161527&amp;hasha=cf91fa6535c98cc1afad8e978f7db62a&amp;hashb=03e89099af63e2861c8c7627552fcc05ae43a705&amp;hashc=825a9a335fde5f7798257872d513fdf8aedd873bd23ef55a1f7aa3aab64715c6&amp;esrc=&amp;utm_term=WIR_Optdown" target="_blank" rel="noopener" title="">long entretien accordé à Wired fin juin</a>, le sénateur Bernie Sanders qualifie l&rsquo;intelligence artificielle de technologie la plus conséquente de l&rsquo;histoire humaine, et s&rsquo;alarme du silence qui l&rsquo;entoure au Congrès. Recension d&rsquo;une conversation où la question technique se mue, très vite, en question de pouvoir.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;éléphant dans la pièce</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bernie Sanders a 84 ans et une conviction ancienne : la richesse concentrée menace la démocratie. Depuis 2023, il en fait un combat neuf, celui de l&rsquo;intelligence artificielle. Ce qui le frappe d&rsquo;abord, confie-t-il à la journaliste Katie Drummond, c&rsquo;est un vide. Face à une technologie qui bouleversera « chaque aspect » de nos vies, il cherche au Congrès des débats à la hauteur et n&rsquo;en trouve aucun. Pas une loi d&rsquo;ampleur. Un éléphant au milieu de la pièce, que personne ne veut voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n&rsquo;a rien d&rsquo;un hasard, explique-t-il. Qu&rsquo;un·e élu·e s&rsquo;avise de réguler, et le lendemain des millions de dollars de publicités hostiles s&rsquo;abattent sur sa campagne. La peur, plus que l&rsquo;ignorance, tient les langues. D&rsquo;où deux initiatives. En mars, avec la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, il propose un moratoire sur la construction des centres de données tant que des garde-fous n&rsquo;existent pas. En juin, il dépose l&rsquo;American AI Sovereign Wealth Fund Act, qui taxerait les entreprises les plus riches du secteur pour reverser directement aux citoyen·ne·s une part de la richesse produite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À qui appartient le savoir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur quoi repose l&rsquo;IA ? Sur le travail et le savoir humains, répond Sanders. Les livres, les poèmes, les articles, les recherches scientifiques avalés par les modèles. Celles et ceux qui les ont produits n&rsquo;ont, eux, rien touché. Wired elle-même, rappelle sa directrice, n&rsquo;a perçu aucun dollar pour ce que l&rsquo;IA a moissonné dans ses pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là vient sa proposition la plus tranchante : que le public détienne la moitié de ces industries, avec la moitié des sièges au conseil d&rsquo;administration. La moitié des richesses créées reviendrait alors à la collectivité. Sam Altman, qu&rsquo;il a rencontré une heure, n&rsquo;a pas caché sa réticence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vertige des centres de données</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi la colère monte-t-elle contre les data centers ? Factures d&rsquo;électricité, bruit, saccage des paysages : les motifs immédiats sont concrets. Mais Sanders y lit autre chose. Dans une petite commune, cinq bénévoles d&rsquo;un conseil municipal se retrouvent face aux firmes les plus puissantes du monde, armées d&rsquo;avocat·e·s et d&rsquo;accords de confidentialité. Les habitant·e·s ignorent parfois ce qui se décide chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre de données, dit-il, cristallise un sentiment plus large : celui d&rsquo;une technologie imposée d&rsquo;en haut, sans consentement. Derrière la facture, il y a l&#8217;emploi. Six à huit millions de personnes conduisent camions, taxis et voitures avec chauffeur ; au Texas, des poids lourds roulent déjà sans personne au volant. Où iront ces travailleur·euse·s de cinquante ans, demande le sénateur, quand leur métier aura disparu ? Cette dépossession, il la voit déjà se retourner en mobilisation : assemblées locales, urnes, primaires new-yorkaises emportées par la gauche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Oligarchie et autoritarisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sanders refuse de séparer oligarchie et autoritarisme. « Frères jumeaux », dit-il. Il rappelle qu&rsquo;Elon Musk aurait dépensé quelque 290 millions de dollars pour faire élire Donald Trump, et que le premier déplacement du second mandat fut pour l&rsquo;Arabie saoudite. Fortune démesurée, mépris de la démocratie, appétit pour l&rsquo;IA : le triangle se referme. Comment, s&rsquo;étonne-t-il, peut-on juger impossible de garantir des soins à toutes et tous, mais parfaitement réaliste de bâtir des centaines de centres de données ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la peur intime, qu&rsquo;il nomme sans détour. Les deepfakes qui mettent des mots dans la bouche d&rsquo;autrui. La surveillance qui suit chaque trace laissée en ligne. Ces enfants confiés à des « compagnons » artificiels. Et l&rsquo;avertissement de Geoffrey Hinton, prix Nobel et pionnier du domaine, sur une perte de contrôle aux conséquences possiblement calamiteuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser la peur comme moteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument « il faut battre la Chine » ? Un épouvantail, tranche Sanders, une fausse urgence brandie pour tout permettre. Il dit avoir réuni autour d&rsquo;une même table des scientifiques américain·e·s et chinois·es, mus par les mêmes inquiétudes. Contre le fatalisme, il convoque l&rsquo;histoire longue des luttes : abolitionnistes, droits civiques, New Deal. Des combats jugés perdus d&rsquo;avance, et pourtant gagnés. Sa boussole tient en peu de mots : une semaine de travail allégée à salaire égal, des richesses partagées, et surtout le refus de céder ce qui nous rend humains à des machines vouées à la seule efficacité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien ne referme rien. Il laisse une question suspendue : une majorité en colère peut-elle peser plus lourd que quelques fortunes ? Sanders parie que oui, sans prétendre connaître la réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui tiendra la bougie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">#IntelligenceArtificielle #Démocratie #DroitsHumains #JusticeSociale #Oligarchie</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/">À qui appartiendra l’intelligence artificielle ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Salomé Saqué : « L&#8217;extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 14:29:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La montée des autoritarismes coïncide avec une concentration inédite des richesses. Pour la journaliste économique Salomé Saqué, l'extrême droite offre une réponse xénophobe à un problème d'abord social : le déclassement et le sentiment d'injustice.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>La montée des autoritarismes coïncide avec une concentration inédite des richesses. Pour la journaliste économique Salomé Saqué, l&rsquo;extrême droite offre une réponse xénophobe à un problème qui est d&rsquo;abord social : le déclassement et le sentiment d&rsquo;injustice. Entretien sur les narratifs qui nous empêchent de penser le partage des richesses.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi: <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;alarmisme, ce sont des données</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On ne parle quasiment plus de classes sociales dans les débats, y compris lorsqu&rsquo;on cherche à expliquer l&rsquo;émergence de l&rsquo;extrême droite. Pourquoi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, quelque chose a bougé dans la manière dont on pense la classe sociale, et dans l&rsquo;analyse aussi des raisons du glissement vers l&rsquo;extrême droite. Je pense que le vote d&rsquo;extrême droite ne s&rsquo;explique pas de façon binaire, avec une seule grande cause. En tant que journaliste, j&rsquo;ai beaucoup regardé ce que disaient les spécialistes sur le sujet — les universitaires, les sociologues : ils ne sont pas d&rsquo;accord entre eux. Je ne peux donc pas apporter une explication trop simpliste à cette question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je constate que l&rsquo;émergence de ces mouvements autoritaires intervient dans un moment de crise du système économique. Et ce n&rsquo;est pas un hasard que cela arrive au moment où l&rsquo;on a beaucoup de mal à faire perdurer ce système de la croissance éternelle, de l&rsquo;exploitation des ressources d&rsquo;autres pays, d&rsquo;autres peuples. On en parle encore, mais plus de la même manière qu&rsquo;au XIXᵉ siècle. Des bouleversements sont intervenus : le gâteau n&rsquo;est pas infini, on ne peut pas le rendre indéfiniment plus gros. Et donc se pose la question du partage des richesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« C&rsquo;est la faute de l&rsquo;étranger » : une réponse simpliste à un problème réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je pose cette question de la montée des autoritarismes à un moment où le partage des richesses non seulement n&rsquo;est pas effectif, mais devient de moins en moins important et de plus en plus concentré. Les partis d&rsquo;extrême droite apportent une réponse simpliste et erronée à un problème économique plus large : celui de l&rsquo;accès aux ressources, de la dignité des conditions de vie. Ils disent : « C&rsquo;est la faute de l&rsquo;étranger, c&rsquo;est la faute de telle minorité, de telle religion. » Et si l&rsquo;on évince cette communauté, la promesse, c&rsquo;est : « Vous allez retrouver vos conditions de vie d&rsquo;avant » — des conditions complètement fantasmées, qui n&rsquo;ont jamais été réelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc une approche économique du problème, même si elle est totalement infondée. Ils affirment souvent : « Les étranger·ère·s vous volent votre travail. » Cela montre bien que c&rsquo;est un vrai sujet : le pouvoir d&rsquo;achat, le pouvoir économique, l&rsquo;insertion professionnelle. Au lieu de le prendre avec une approche de classe, ils le prennent avec une approche xénophobe. Mais l&rsquo;enjeu, lui, est réel. C&rsquo;est l&rsquo;un des terreaux de la montée du vote pour ces partis : ce déclassement d&rsquo;une partie des populations, et ce sentiment d&rsquo;injustice que ressentent beaucoup de gens sur le plan économique, alors même qu&rsquo;ils occupent des positions très différentes dans la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;il y a urgence. Si l&rsquo;on entend faire face à l&rsquo;extrême droite, on ne peut pas faire l&rsquo;économie de ces problèmes — économiques, pour le coup. On ne peut pas éviter cette question de la répartition des richesses, de l&rsquo;organisation économique de notre société : qui possède quoi, qui produit quoi, dans quelles conditions. Évidemment, c&rsquo;est beaucoup plus compliqué d&rsquo;essayer de résoudre cela que de désigner un·e responsable factice de tous les maux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, il est important de souligner que, dans tous les pays où l&rsquo;extrême droite arrive au pouvoir, elle ne résout pas ces questions économiques. La promesse — « On va expulser des étranger·ère·s et vos conditions de vie vont s&rsquo;améliorer » — ne se vérifie jamais. Ce n&rsquo;est pas ce qui se passe. À aucun moment ces partis n&rsquo;apportent une rupture économique, à aucun moment ils ne changent l&rsquo;ordre social. Au contraire : ils le renforcent, dans leur programme comme dans son application. Il y a très peu de doute là-dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m&rsquo;interpelle davantage, c&rsquo;est de comprendre pourquoi ils ont gagné certains esprits avec des discours qui ne sont pas corrélés à la réalité de ce qu&rsquo;ils font — littéralement, même avant d&rsquo;arriver au pouvoir, de ce qu&rsquo;ils votent au Parlement. En France, à l&rsquo;Assemblée nationale comme au Parlement européen, que votent-ils ? Ils ne protègent globalement pas les droits des travailleur·euse·s, encore moins ceux des plus vulnérables et des plus précaires. Il y a là un travail de clarification, de décryptage, que nous essayons de faire du côté des journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On voit s&rsquo;imposer progressivement une logique schmittienne — désigner un « ennemi public » commun, ici le migrant, pour garantir la cohésion sociale — y compris dans les partis du centre. Mais cela pose la question du narratif d&rsquo;une alternative, alors qu&rsquo;on fait face à une situation économique qui réclamerait une forme de mondialisation du contrôle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peu ce que disait Piketty dans son dernier ouvrage du contrôle fiscal » c&rsquo;est certain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les libertariens sont en train de s&rsquo;imposer, sur le plan politique comme économique. Quelques pour cent détiennent presque tout. Si la gauche arrive au pouvoir, en sera-t-elle capable ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toute la question : a-t-elle les recettes ? La gauche au sens partisan, je ne sais pas — ce ne sont pas les partis politiques que je couvre, et je ne fais pas de politique partisane. En revanche, je fais le constat, comme certain·e·s économistes et comme les personnes qui documentent cette situation, qu&rsquo;on ne peut pas se passer de mesures internationales sur la question du contrôle fiscal. Et ce n&rsquo;est pas si inatteignable : des choses ont déjà été mises en place. En réalité, tous les États du monde ont intérêt à ce que cela se fasse. Ensuite, ils peuvent disposer de leur argent comme ils l&rsquo;entendent pour leur propre pays. Mais que cela leur échappe complètement est néfaste pour tout le monde, sur le long terme. Donc non, ce n&rsquo;est pas si inatteignable.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le mythe de la méritocratie, machine à reproduire les inégalités</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Je regarde le programme du Vlaams Belang ou du RN : leur narratif a glissé vers la gauche sur le terrain social, je dirais sur les services publics.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, non. Même si, officiellement, ils prônent la défense des services publics — c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils disent publiquement — ce n&rsquo;est pas du tout ce qu&rsquo;on retrouve dans leur programme. Il faut vraiment le préciser. Le RN repose sur une idéologie extrêmement méritocratique : l&rsquo;idée qu&rsquo;on a ce qu&rsquo;on mérite. Ils parlent aussi d&rsquo;« assisté·e·s », de personnes qui profiteraient des aides. Ils ne visent pas que les étranger·ère·s, mais aussi celles et ceux qui ne travaillent pas, qui dépendent de l&rsquo;aide sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&rsquo;est précisément le moment, en Belgique, avec l&rsquo;attaque contre les malades de longue durée et contre les chômeur·euse·s : 200 000 personnes exclues du chômage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on revient à cette question du narratif, ce qui est très compliqué à combattre, c&rsquo;est l&rsquo;idée du « quand on veut, on peut », cette méritocratie très installée, y compris dans des sociétés fortement inégalitaires comme les États-Unis. Elle a imprégné les esprits. Il y a cette idée que les très riches, d&rsquo;une certaine manière, méritent ce qu&rsquo;ils ont. Ce qu&rsquo;il faut rappeler, c&rsquo;est que cette notion implique aussi que les très pauvres mériteraient leur sort. Et cela, on l&rsquo;intègre beaucoup moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs phénomènes s&rsquo;opèrent, dont un biais du survivant chez les personnes qui « réussissent », qui parviennent à s&rsquo;extraire de leur classe sociale. On en fait des exemples : les fameux personnages de transfuges de classe qu&rsquo;on adore mettre en scène au cinéma, dans la littérature, dans les médias. On les adore parce qu&rsquo;ils viennent valider un système : « Même si c&rsquo;est difficile, c&rsquo;est possible » — donc ce système serait acceptable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est compliqué, parce qu&rsquo;entre la réalité de la sociologie et la volonté de croire au rêve qu&rsquo;à tout moment, même très pauvre, on pourrait devenir Jeff Bezos, c&rsquo;est ce second récit qui l&#8217;emporte. Cela explique que la plupart des gens soient contre la taxe sur l&rsquo;héritage. Cela me frappe énormément. En dépit des travaux d&rsquo;économistes comme Thomas Piketty, ou de Mélanie Plouviez, qui a écrit un livre incroyable, <em>L&rsquo;Injustice en héritage</em> — en dépit de toutes les données scientifiques sur le poids de l&rsquo;héritage, sur la reproduction des inégalités et sur la pauvreté qu&rsquo;il engendre — la majorité des gens, y compris les plus pauvres, sont très massivement contre cette taxation, dont ils ne bénéficieront pourtant jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela montre une victoire dans la bataille culturelle menée par les libéraux et les ultralibéraux, aujourd&rsquo;hui reprise par l&rsquo;extrême droite, et qui nous dispense de réfléchir collectivement à la manière de nous organiser pour que tout le monde ait des conditions de vie dignes. Parce que c&rsquo;est bien cela, le but final. Mon travail de journaliste, encore une fois, c&rsquo;est simplement d&rsquo;expliquer ça. Nous avons fait beaucoup d&rsquo;émissions là-dessus sur Blast. Ce mythe de la méritocratie, qui n&rsquo;a jamais existé — comme l&rsquo;a très bien documenté Michael Sandel, qui remet en cause le concept même de méritocratie — m&rsquo;intéresse énormément. Le jour où tout le monde le comprendra, il sera compliqué pour ces partis de continuer à s&rsquo;appuyer sur ces narratifs, et d&rsquo;éviter la question des réponses économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pour cela que je suis journaliste économique : tout ça peut avoir une utilité en termes de citoyenneté. Ce sont des sujets d&rsquo;intérêt public.</p>



<div style="border-left:4px solid #1a1a1a;background:#f4f1ea;padding:16px 20px;margin:24px 0;font-size:0.95em;"><p style="margin:0 0 8px;font-weight:700;">Michael Sandel</p><p style="margin:0;">Philosophe politique américain, professeur à l&rsquo;Université Harvard. Proche du courant communautarien (qu&rsquo;il conteste), il est connu pour sa critique sans concession de la théorie libérale de la justice et du mérite de John Rawls. Dans <em>La Tyrannie du mérite</em>, il remet en cause le concept même de méritocratie.</p></div>



<div style="border-left:4px solid #1a1a1a;background:#f4f1ea;padding:16px 20px;margin:24px 0;font-size:0.95em;"><p style="margin:0 0 8px;font-weight:700;">Mélanie Plouviez, <em>L&rsquo;Injustice en héritage</em></p><p style="margin:0;">Sous-titré <em>Repenser la transmission du patrimoine</em> (La Découverte, 2025). L&rsquo;autrice y documente le poids de l&rsquo;héritage dans la reproduction des inégalités — et le paradoxe d&rsquo;une opposition massive à sa taxation, y compris chez celles et ceux qui n&rsquo;en bénéficieront jamais.</p></div>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Entretien réalisé à Spa, le 9 juin 2026, par Philippe Hensmans.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:43:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Économie Des Plateformes]]></category>
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		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Gig Economy]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Human Rights Watch publie une vaste enquête mondiale sur l&#8217;économie des plateformes. Derrière les apps qui livrent nos repas et acheminent nos courses, 435 millions de travailleur·euse·s subissent un même paradoxe : contrôlé·e·s comme des salarié·e·s, privé·e·s de toute protection. À quelques semaines de négociations décisives à l&#8217;OIT, le moment est venu de trancher. Apraham, ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/#more-1011" aria-label="En savoir plus sur Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Human Rights Watch publie une <a href="https://www.hrw.org/feature/2026/05/13/algorithms-of-exploitation/rights-abuses-in-the-gig-economy-and-the-global-fight" target="_blank" rel="noopener" title="">vaste enquête mondiale </a>sur l&rsquo;économie des plateformes. Derrière les apps qui livrent nos repas et acheminent nos courses, 435 millions de travailleur·euse·s subissent un même paradoxe : contrôlé·e·s comme des salarié·e·s, privé·e·s de toute protection. À quelques semaines de négociations décisives à l&rsquo;OIT, le moment est venu de trancher.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Apraham, 74 ans, conduit pour Uber à Beyrouth depuis dix ans. Un soir d&rsquo;octobre 2024, deux passagers le braquent au couteau, lui volent voiture et téléphones. Quand il contacte la plateforme, on lui répond qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas responsable. La police attend qu&rsquo;Uber dépose plainte ; Uber attend que la police contacte l&rsquo;entreprise. « Personne n&rsquo;a bougé », résume-t-il. Sans véhicule, sans assurance, sans pension, il survit grâce à ses frères et sœurs. Son histoire ouvre l&rsquo;enquête que Human Rights Watch consacre aux travailleur·euse·s des plateformes numériques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">435 millions de personnes, un même piège</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. La Banque mondiale estime que 435 millions de personnes tirent désormais un revenu d&rsquo;une plateforme numérique. Dans l&rsquo;Union européenne, elles seraient 43 millions en 2025, en hausse de 52 % depuis 2022. L&rsquo;OIT mesure une croissance de 90 % entre 2016 et 2021. Derrière ces données, un même modèle : une application décide qui travaille, à quel prix, pour combien de temps — et peut désactiver le compte sans explication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les témoignages réunis par HRW dans dix pays composent un tableau glaçant. À Nairobi, Susan accepte des courses dans des quartiers qu&rsquo;elle juge dangereux : refuser ferait chuter sa note. À Édimbourg, Arjun constate qu&rsquo;une même commande est proposée à trois ou quatre livres selon le coursier. À Mexico, Jesús González est percuté à un feu rouge : l&rsquo;hôpital public le refoule, faute d&rsquo;affiliation. À Delhi, Ravi se brise le bras pour livrer dans les dix minutes imposées par l&rsquo;app.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Salarié·e·s en tout sauf en droit</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le mécanisme est partout identique. Les plateformes fixent les tarifs, contrôlent les itinéraires, évaluent les performances, sanctionnent les écarts. Mais elles qualifient leurs travailleur·euse·s d&rsquo;« indépendant·e·s » ou de « partenaires ». « Si elles contrôlent tout cela, comment ne sont-elles pas notre employeur ? », interroge Jesús. La question n&rsquo;est pas rhétorique : elle ouvre des contentieux dans toute l&rsquo;Europe et au-delà. Royaume-Uni, France, Espagne, Italie, Mexique : des juridictions ont reconnu un lien de subordination que les contrats s&rsquo;efforcent de nier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu est immense. Reclasser ces millions de personnes, c&rsquo;est leur ouvrir l&rsquo;accès au salaire minimum, aux congés payés, à l&rsquo;assurance maladie, à la pension. C&rsquo;est aussi remettre à leur place les algorithmes qui, comme l&rsquo;a théorisé la juriste Veena Dubal, pratiquent une « discrimination salariale algorithmique » en payant différemment deux personnes pour un même travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le moment européen, le moment mondial</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La directive européenne de 2024 a marqué une étape : présomption de salariat, transparence algorithmique, interdiction du licenciement automatisé. Les États membres — la Belgique comprise — ont jusqu&rsquo;en décembre 2026 pour la transposer. Mais l&rsquo;échelle du problème est mondiale. Les négociations en cours à l&rsquo;OIT, qui doivent aboutir en juin 2026, sont décisives : un premier traité international sur les droits des travailleur·euse·s de plateforme pourrait y être adopté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faudra-t-il y inscrire ? Une présomption de salariat dès lors que la plateforme exerce un contrôle effectif. Un droit d&rsquo;accès humain aux décisions algorithmiques. La rémunération de tout le temps de travail, attente comprise. L&rsquo;accès aux protections sociales. Et le droit de s&rsquo;organiser sans représailles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;invisibilité prend fin</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Car les travailleur·euse·s ne se résignent pas. Au Mexique, l&rsquo;UNTA a obtenu en 2024 l&rsquo;accès à la sécurité sociale pour celles et ceux atteignant le salaire minimum. En Inde, les grèves de janvier 2026 ont fait reculer les promesses de livraison en dix minutes. Au Kenya, à Édimbourg, des collectifs se forment, documentent, attaquent en justice. « Nous ne sommes enfin plus invisibles », confie Manuel Durán, de l&rsquo;UNTA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière chaque application, des choix politiques, des actionnaires, des silences. Derrière chaque livraison, une personne. À nous, citoyen·ne·s et consommateur·rice·s, de soutenir celles et ceux qui exigent que le droit du travail ne s&rsquo;arrête pas aux portes de l&rsquo;app store.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le clic n&rsquo;efface rien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #GigEconomy #Plateformes #OIT2026 #JusticeSociale</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/">Plateformes numériques : l’algorithme commande, personne ne répond</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Démanteler la fabrique de la pauvreté</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 12:41:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[PauvretéZéro]]></category>
		<category><![CDATA[PostCroissance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&#8217;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une feuille de route exigeante. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&#8217;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire. Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&rsquo;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une <a href="https://www.neep-poverty.org/roadmap-for-eradicating-poverty-beyond-growth/" target="_blank" rel="noopener" title="">feuille de route exigeante</a>. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&rsquo;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : 845 millions de personnes vivent sous le seuil officiel d&rsquo;extrême pauvreté, fixé à 3 dollars par jour. Un seuil qui maquille la réalité. À 8,20 dollars, ce sont 45 % de l&rsquo;humanité qui basculent dans la précarité extrême. Pendant six ans, De Schutter aura martelé une évidence dérangeante : nos gouvernements ne se contentent pas d&rsquo;enregistrer la pauvreté, ils la produisent — par des salaires de misère, des logements inaccessibles, des services publics démantelés, des emplois jetables. Une pauvreté manufacturée, donc politique, donc réversible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du dogme de la croissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;attaque frontalement à un mythe tenace : la croissance du PIB suffirait à « soulever toutes les barques ». Le bilan est sans appel. Croissance et précarité ont prospéré ensemble, pendant que les inégalités se creusaient, que la santé mentale des travailleur·euse·s s&rsquo;effondrait sous la pression de la compétition, et que la dégradation écologique s&rsquo;accélérait. Tant que l&rsquo;économie continuera à fabriquer de la pauvreté à un bout, aucune politique sociale ne pourra indéfiniment la compenser à l&rsquo;autre. Pour le juriste belge, il faut donc cesser de réparer après coup et transformer la machine elle-même : combiner redistribution <em>ex post</em>, réformes du marché et investissement social <em>ex ante</em>. Bref, ce que le rapport nomme des « réformes non-réformistes ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route co-construite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>Roadmap for Eradicating Poverty Beyond Growth</em>, adoptée le 22 avril 2026 sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OIT et de la Coalition mondiale pour la justice sociale, n&rsquo;est pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un cénacle d&rsquo;expert·e·s. Elle est le fruit de dix-huit mois de consultations rassemblant plus de 400 contributeur·rice·s : agences onusiennes, syndicats, mouvements de base, universitaires, organisations du Sud comme du Nord. Elle se présente comme un menu d&rsquo;options, à adapter selon les contextes nationaux, et non comme un plan unique imposé d&rsquo;en haut. Sa logique reste expérimentaliste : chaque mesure est documentée par un <em>policy profile</em> qui en pèse les forces et les limites, à partir d&rsquo;expériences déjà menées ailleurs. La démarche se prolongera dans l&rsquo;initiative <em>New Economies for Eradicating Poverty</em> (NEEP), conçue comme une plateforme d&rsquo;apprentissage collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six piliers pour une économie des droits humains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture est claire : transformer les systèmes économiques (fiscalité juste, finance régulée, économie sociale et solidaire) ; refonder le travail et le soin (revenus garantis, démocratie économique, valorisation du <em>care</em>) ; universaliser les services publics et la protection sociale ; rendre justice à l&rsquo;écologie (sobriété, communs, justice climatique) ; refonder l&rsquo;ordre économique international (justice fiscale, annulation de dettes) ; démocratiser la planification (assemblées citoyennes, indicateurs de bien-être au-delà du PIB). Le tout adossé à un cadre juridique : celui des droits humains, qui cesserait d&rsquo;être un horizon décoratif pour devenir une boussole opérationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment continuer à célébrer chaque dixième de point de croissance comme une victoire, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;accompagne d&rsquo;une concentration accrue des richesses et d&rsquo;un climat qui se dérègle ? Comment accepter que la lutte contre la pauvreté reste cantonnée à la charité publique, alors que les leviers structurels — fiscalité, salaires, dette, services publics — sont bien identifiés ? Et comment ignorer la voix des premier·ère·s concerné·e·s, dont De Schutter rappelle qu&rsquo;aucune expertise ne peut remplacer la leur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole pour l&rsquo;après</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mandat du juriste belge s&rsquo;achève, mais le chantier qu&rsquo;il ouvre engage déjà le prochain agenda mondial du développement, post-2030. La feuille de route est posée sur la table : accessible, opérationnelle, étayée par 400 contributions et des dizaines de profils de politiques publiques. Reste à ce que les gouvernements — y compris le nôtre — cessent de s&rsquo;en remettre à la seule croissance et acceptent de regarder en face la mécanique qu&rsquo;ils alimentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manufacturée, donc démontable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#PauvretéZéro #DroitsHumains #PostCroissance #JusticeSociale #DeSchutter</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/">Démanteler la fabrique de la pauvreté</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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