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	<title>Non classé - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
	<lastBuildDate>Thu, 13 Aug 2026 08:39:10 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Non classé - En avant</title>
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		<title>Maisons de transition belges : liberté sans protection</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/08/13/maisons-transition-belgique-droits-protections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 08:39:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Détention]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<category><![CDATA[Espaces alternatifs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Non-Carcérale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les maisons de transition belges offrent une humanité sans droits. Zéro recours, zéro plainte indépendante, tests humiliants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>En Belgique, trois maisons de transition offrent un régime ouvert, du dialogue, des chances multiples. Mais le Mécanisme national de prévention des mauvais traitements en détention (MNP) vient de le révéler: ces lieux d&rsquo;humanité n&rsquo;ont pas de protections juridiques. Zéro recours contre révocation, zéro mécanisme de plainte indépendant, tests urinaires humiliants — la dignité s&rsquo;arrête parfois à la porte.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une avancée incontestable, mais fragile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les maisons de transition de Gentbrugge, Louvain et Enghien incarnent une rupture avec le carcéral classique. Elles fonctionnent en régime ouvert, avec des portes déverrouillées, un accompagnement intensif vers l&#8217;emploi, des permissions de sortie flexibles et un dialogue prioritaire sur la sanction. Pour celles et ceux qui sortent d&rsquo;années de détention, cela change tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le MNP l&rsquo;a vu lors de ses visites fin 2025 : cette humanité repose sur du vide juridique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les droits s&rsquo;arrêtent à la porte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun recours n&rsquo;existe contre révocation. La loi sur le statut externe ne le prévoit pas. Le contraste est saisissant : un transfert entre prisons ouvre droit à appel devant le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP). Une révocation de maison de transition : néant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus grave encore : il n&rsquo;existe pas de mécanisme de plainte externe et indépendant. Les trois maisons disposent de procédures internes, mais où aller se plaindre formellement ? Le CCSP ne possède pas cette compétence. Unia, institution publique interfédérale indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l&rsquo;égalité, ne traite que les cas de discrimination. Le MNP reçoit les signalements mais ne traite pas les plaintes individuelles. Un·e résident·e victime d&rsquo;une violation n&rsquo;a donc nulle part où se tourner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les normes internationales l&rsquo;exigent pourtant. Le MNP rappelle sans détour : cela contredit les Règles Nelson Mandela et les Règles pénitentiaires européennes. Comment protéger des droits quand aucun recours n&rsquo;existe ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sélectionner les « bons » condamnés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La loi énumère cinq critères : être à dix-huit mois de libération conditionnelle, être apte à la vie en communauté, ne pas présenter de contre-indications. En théorie, c&rsquo;est neutre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, d&rsquo;autres critères s&rsquo;ajoutent : maîtrise de langue requise, exclusion des faits médiatisés, absence de statut légal, orientation sexuelle, terrorisme. Aucune maison n&rsquo;accueille de femmes. Le MNP souligne qu&rsquo;aucune justification légale ne légitime ces exclusions supplémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire : ce tri s&rsquo;opère aussi au niveau des maisons elles-mêmes. Gentbrugge a refusé quatre candidat·e·s depuis son ouverture, Louvain en a refusé deux, Enghien une seule. Comment expliquer ces écarts ? Le MNP pose la question cruciale : les exploitant·e·s privés possèdent tout intérêt à ce que leurs projets réussissent. Cela peut les conduire à sélectionner préférentiellement les dossiers les plus « propres » — laissant ainsi de côté les personnes vulnérables qui auraient le plus besoin de cette passerelle. La logique du profit privé pèse-t-elle trop lourd dans une décision censée servir l&rsquo;intérêt public ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dignité mise à nu : les tests urinaires de Gentbrugge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP adresse sa critique la plus acérée aux tests urinaires pratiqués à Gentbrugge. Ces tests demeurent formellement volontaires : les participant·e·s y consentent lors de leur arrivée. Mais ils s&rsquo;accompagnent d&rsquo;une surveillance visuelle systématique, souvent exercée par du personnel du sexe opposé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP y voit une fouille à nu : exposition génitale sous surveillance. Cette pratique se déploie de façon systématique, sans indice concret justifiant chaque test. Ce traitement constitue une humiliation au sens de la Convention contre la torture et de la Convention européenne des droits humains (CEDH). Plusieurs participant·e·s ont confié au MNP que refuser serait perçu comme un aveu de culpabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette mesure s&rsquo;avère-t-elle vraiment nécessaire ? À Louvain et Enghien, les maisons ne pratiquent aucun test. Elles optent pour une approche purement comportementale : si quelqu&rsquo;un consomme, cela transparaît rapidement dans son implication au travail ou aux activités. Or, ces deux maisons n&rsquo;identifient pas plus de consommation que Gentbrugge, et elles n&rsquo;enregistrent pas davantage de révocations liées à la drogue. Le MNP en conclut qu&rsquo;une approche humiliante n&rsquo;apporte aucun bénéfice mesurable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, le secret médical s&rsquo;effiloche. Les maisons gèrent les médicaments des résident·e·s — une nécessité pratique bien réelle puisque les habitants entrent et sortent à des horaires variables. Mais cette gestion signifie que le personnel non médical connaît traitements, dépendances et diagnostics. Gentbrugge a formé un·e infirmier·ère pour encadrer cette pratique. Enghien utilise un système « crescendo » : les résident·e·s retrouvent progressivement le contrôle de leurs médicaments. Ces deux initiatives méritent d&rsquo;être saluées — mais elles restent insuffisantes. Le MNP recommande qu&rsquo;un nombre limité d&rsquo;agent·e·s responsables gère la médication, qu&rsquo;ils reçoivent une formation spécifique et que les registres évitent de mentionner le type de médicament.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après la maison : le piège</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici l&rsquo;ironie cruelle du système : on sort d&rsquo;une maison de transition en passant par la surveillance électronique (SE). Là où régnaient le régime ouvert et la flexibilité, on entre dans un système rigide : présence obligatoire à domicile selon un emploi du temps fixe, boîte de contrôle numérique qui géolocalise, procédures formelles requises pour chaque changement, zéro flexibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accompagnateurs, les prisons-mères et le tribunal de l&rsquo;application des peines vivent cette transition comme une régression. Le personnel des maisons retarde volontairement les demandes de libération conditionnelle pour l&rsquo;éviter. L&rsquo;assesseur du tribunal de Gand confirme : on cherche à contourner la SE quand c&rsquo;est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP pose un diagnostic clair : la libération conditionnelle devrait représenter la norme, non l&rsquo;exception. Cela exigerait de réviser les conditions d&rsquo;accès — permettre une transition plus précoce vers la libération plutôt que vers la SE. C&rsquo;est aussi une question économique : un retour en prison coûte cher à l&rsquo;État après qu&rsquo;une place en maison ait déjà été utilisée. La Direction générale des établissements pénitentiaires (DGD) contrôle ces placements, mais le cadre juridique demeure fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À nous d&rsquo;exiger le droit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP a remis son rapport. Les recommandations s&rsquo;énoncent clairement : cesser les tests urinaires, créer un recours contre révocation, étendre la compétence du CCSP aux maisons, imposer des exigences minimales de personnel, légaliser la transition vers libération conditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces structures ont prouvé qu&rsquo;on peut réintégrer sans murs. Elles ont montré qu&rsquo;on peut offrir des chances et de la dignité. Mais la dignité sans droits ne reste que du théâtre. La Belgique doit choisir : continuer sans fondations juridiques, ou enfin reconnaître que les condamné·e·s conservent des droits jusqu&rsquo;à la dernière porte. Ce n&rsquo;est pas de la complaisance. C&rsquo;est du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de l&rsquo;exiger.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/08/13/maisons-transition-belgique-droits-protections/">Maisons de transition belges : liberté sans protection</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Droits sociaux : l&#8217;interdiction de reculer</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/18/droits-sociaux-linterdiction-de-reculer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 06:35:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rapport 2025 de l'IFDH : le principe de standstill interdit de réduire les droits sociaux sans le justifier. Les réformes en cours l'éprouvent.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/18/droits-sociaux-linterdiction-de-reculer/">Droits sociaux : l’interdiction de reculer</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>En 2025, la Belgique a raboté le chômage, durci les pensions et alourdi les sanctions visant les malades de longue durée. <a href="https://institutfederaldroitshumains.be/sites/default/files/2026-06/Rapport-annuel-2025-IFDH.pdf" title="">Dans son rapport annuel</a>, l&rsquo;Institut fédéral des droits humains rappelle qu&rsquo;un principe constitutionnel encadre ces reculs : on ne régresse pas sans le justifier. Et si ce garde-fou méritait enfin d&rsquo;être connu ?</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un rempart nommé standstill</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1994, l&rsquo;article 23 de la Constitution garantit le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine : travail, sécurité sociale, santé, logement. La Cour constitutionnelle en déduit une obligation de « standstill » : les autorités ne peuvent pas réduire sensiblement le niveau de protection sociale sans justification raisonnable d&rsquo;intérêt général. Les trois plus hautes juridictions du pays le confirment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un frein à toute réforme. Le relèvement de l&rsquo;âge de la pension de 65 à 67 ans a passé le test. Mais reculer, désormais, exige des preuves. Et l&rsquo;IFDH constate que ces reculs « tendent à se multiplier ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car ces droits ne sont pas un supplément d&rsquo;âme. Sans revenu décent ni accès aux soins, la liberté d&rsquo;expression ou la vie privée deviennent abstraites. Les droits humains forment un tout : l&rsquo;Institut parle d&rsquo;indivisibilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui paie l&rsquo;addition ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres du rapport dérangent. Limitation des allocations de chômage à deux ans, réforme du retour au travail des personnes malades : une absence injustifiée à une évaluation du « potentiel de travail » peut désormais coûter 100 % de l&rsquo;indemnité, contre 2,5 % auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or 38 % des personnes en incapacité de longue durée souffrent de troubles liés à la santé mentale, celles-là mêmes qui risquent de manquer un rendez-vous. Et la maladie frappe d&rsquo;abord les plus pauvres : 37 % des plus précaires déclarent un problème de santé durable, contre 17 % des plus aisé·es. Sanctionner les plus fragiles, est-ce vraiment « favoriser le retour à l&#8217;emploi » ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ne s&rsquo;additionnent pas par hasard. Allocations plafonnées, impôt alourdi sur le chômage, indexation rognée au-delà de 2 000 euros : prises ensemble, elles peuvent retirer quelque 700 euros net à une mère cohabitante, qui manquent ensuite à tout le ménage. L&rsquo;Institut réclame qu&rsquo;on mesure cet effet cumulé, presque jamais chiffré dans les débats.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La richesse monte, la protection descend</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici le paradoxe que l&rsquo;Institut met en lumière. Depuis 1960, le PIB belge croît presque sans interruption. Pourtant, la protection sociale, elle, régresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, l&rsquo;État consacre 25 milliards d&rsquo;euros par an aux subventions aux entreprises : 4 % du PIB, soit 1,5 % de plus que les pays voisins, selon la Banque nationale. Les deux tiers sont des subventions salariales dont l&rsquo;efficacité reste, de l&rsquo;aveu même de la BNB, « mitigée ». Comment justifier de rogner sur les indemnités des plus vulnérables quand des milliards filent ailleurs sans évaluation sérieuse ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;urgence comme méthode</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs de ces réformes structurelles ont été votées en procédure d&rsquo;urgence. À la Chambre, le temps de parole peut alors tomber à cinq minutes par orateur·rice. L&rsquo;IFDH rappelle que cette pratique heurte les lignes directrices de l&rsquo;OSCE et de l&rsquo;Agence européenne des droits fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même précipitation gagne le travail de nuit, que la réforme de la flexibilité banalise, alors que le Centre international de recherche sur le cancer le classe « cancérigène probable ». Le message de l&rsquo;Institut est net : de vraies études d&rsquo;impact, avant comme après le vote, et pas d&rsquo;urgence pour ce qui engage durablement les droits sociaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des contre-pouvoirs qui tiennent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;inscrit dans un tableau plus large : arriéré judiciaire, surpopulation carcérale, et plus de 17 000 condamnations de l&rsquo;État belge, sur l&rsquo;accueil des demandeur·euses d&rsquo;asile, restées sans effet. Quand l&rsquo;État n&rsquo;exécute plus ses propres jugements, quel poids garde encore la loi ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, tout n&rsquo;est pas écrit. Le standstill est un levier, à disposition de qui veut s&rsquo;en saisir : juges, avocat·es, syndicats, associations comme la Ligue des familles, citoyen·nes. Encore faut-il que ces voix puissent porter : l&rsquo;Institut documente aussi les pressions sur la société civile, les journalistes et les défenseur·es des droits, parfois visé·es par des poursuites-bâillons. L&rsquo;IFDH lui-même, qui a soufflé ses cinq bougies en 2025, plaide pour une institution renforcée, capable d&rsquo;agir à tous les niveaux de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reculer, oui, parfois. Mais jamais en silence, jamais sans preuve, jamais sur le dos des plus faibles. Le rapport ne tranche pas tout : il rappelle où passe la ligne rouge. À nous de veiller à ce qu&rsquo;on ne la franchisse pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les droits ne se soldent pas.</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsSociaux #Standstill #IFDH #JusticeSociale #Belgique</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/18/droits-sociaux-linterdiction-de-reculer/">Droits sociaux : l’interdiction de reculer</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Un siècle pour réparer le monde</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/11/un-siecle-pour-reparer-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 19:50:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Global Justice Report chiffre un monde à 1,8 °C où 89 % de l'humanité y gagne. Recension du premier plan complet pour un siècle juste et habitable.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/11/un-siecle-pour-reparer-le-monde/">Un siècle pour réparer le monde</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Premier plan entièrement chiffré pour concilier justice sociale et habitabilité de la planète, le <a href="https://wir2026.wid.world/" title="">Global Justice Report du World Inequality Lab</a> décrit un monde à 1,8 °C en 2100 où 89 % de l&rsquo;humanité double ses revenus. Sa thèse dérange : sans réduction drastique des inégalités, il n&rsquo;y aura pas de transition du tout.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cent trente-six pages, deux siècles de données, une équipe coordonnée notamment par Lucas Chancel et Thomas Piketty. Là où les scénarios du GIEC traitent le climat à part, le Global Justice Report modélise tout ensemble : redistribution mondiale, réforme de l&rsquo;ordre financier international, transformation énergétique et changement des modes de consommation. Avec une conclusion simple et vertigineuse : un siècle juste est matériellement possible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois piliers, pas un de moins</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La décarbonation rapide des énergies ? Indispensable, mais insuffisante. Il faut y ajouter la sobriété : réduction du temps de travail, baisse de l&#8217;empreinte matérielle, transformation de l&rsquo;alimentation et reforestation. Et ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre ne sera financée ou politiquement tenable sans le troisième pilier : une compression massive des inégalités de revenu, de patrimoine et de pouvoir, entre pays comme à l&rsquo;intérieur de chacun. L&rsquo;égalité n&rsquo;est pas un supplément d&rsquo;âme. Elle est la condition du climat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au passage, le rapport règle un vieux débat : la sobriété ciblée bat la décroissance uniforme. Mieux vaut un monde prospère qui transforme ses secteurs, son alimentation et ses forêts qu&rsquo;un appauvrissement général sans changement de structure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À quoi ressemblerait 2100</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le scénario donne le vertige. Un revenu mensuel de 5 000 euros par habitant·e dans tous les pays, là où l&rsquo;écart va aujourd&rsquo;hui de 290 euros en Afrique subsaharienne à 4 590 en Amérique du Nord. Mille heures de travail par an au lieu de 2 100, soit 25 heures par semaine et douze semaines de congés, dans la droite ligne des conquêtes ouvrières de 1860 à 1980. L&rsquo;égalité complète entre femmes et hommes, au travail comme à la maison. L&rsquo;éducation et la santé qui passent de 11 % à 43 % des heures travaillées de l&rsquo;humanité. Les 50 % les plus pauvres qui détiennent 30 % du patrimoine mondial contre 2 % aujourd&rsquo;hui, pendant que la part des milliardaires est divisée par cent. Et au bout : 1,8 °C de réchauffement, contre plus de 4 °C si rien ne change.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Utopique ? La Suède consacre déjà plus de 30 % de ses heures de travail à l&rsquo;éducation et à la santé. Et la compression des inégalités proposée reproduit simplement, à l&rsquo;échelle du monde, ce que l&rsquo;Europe occidentale et nordique a réalisé au XXe siècle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui paie ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un Fonds mondial pour la justice, alimenté par un impôt mondial sur la fortune (jusqu&rsquo;à 20 % par an sur les milliardaires) et sur le revenu (jusqu&rsquo;à 90 % au sommet), visant 1 % de la population mondiale. Son budget : 10,3 % du PIB mondial par an, quand l&rsquo;aide au développement et les budgets cumulés de l&rsquo;ONU, du FMI et de la Banque mondiale plafonnent à 0,4 %. Chaque pays reçoit un dividende égal par habitant·e pour financer climat, écoles et hôpitaux. Comment qualifier d&rsquo;irréaliste un plan dont les transferts Nord-Sud (0,8 % du PIB mondial par an) restent inférieurs aux dommages coloniaux et climatiques que le Nord a infligés depuis 1800 ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une personne, une voix</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport ne s&rsquo;arrête pas aux chiffres : il s&rsquo;attaque à la ploutocratie mondiale. Au FMI et à la Banque mondiale, l&rsquo;Europe et l&rsquo;Amérique du Nord pèsent quatre fois leur poids démographique ; l&rsquo;Afrique subsaharienne, quatre fois moins. Le plan propose le passage au principe une personne-une voix, une Union internationale de compensation et une monnaie de réserve onusienne pour mettre fin aux « privilèges exorbitants » : les rendements que les pays riches captent sur leurs actifs étrangers représentent deux fois l&rsquo;aide au développement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteur·rice·s sont lucides : aucun chiffre ne remplacera un mouvement citoyen massif, des syndicats, des partis capables de gagner la bataille culturelle sur le sens de la sobriété et de la prospérité. Le plan peut même démarrer sans Washington ni Pékin, à condition d&rsquo;une coalition décidée et de tarifs correctifs sur les récalcitrants. Et l&rsquo;histoire plaide pour elles et eux : les impôts sur le revenu sont nés à 2-5 % avant de bondir à 80-90 % en quelques années. Qui aurait parié, en 1910, sur la social-démocratie suédoise ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport se présente comme une base de délibération, pas comme un dogme. Il pose sur la table ce qui manquait au débat : la preuve que c&rsquo;est possible. Tout est chiffré. Sauf notre volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #JusticeClimatique #Inégalités #JusticeFiscale</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/11/un-siecle-pour-reparer-le-monde/">Un siècle pour réparer le monde</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ce n&#8217;est pas de l&#8217;alarmisme, ce sont des données</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/10/ce-nest-pas-de-lalarmisme-ce-sont-des-donnees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 18:32:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[DroitsDesFemmes]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Conférence de Salomé Saqué : l'extrême droite menace les droits humains. Reculs démocratiques documentés, bataille culturelle financée, et mille façons de résister.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/ce-nest-pas-de-lalarmisme-ce-sont-des-donnees/">Ce n’est pas de l’alarmisme, ce sont des données</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Devant le public du festival Amigrants? la journaliste Salomé Saqué a déroulé une démonstration implacable : l&rsquo;extrême droite menace les droits humains, ici et maintenant. Pas une opinion, dit-elle. Un constat documenté. Et une invitation à résister.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi: <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/salome-saque-lextreme-droite-ne-resoudra-jamais-la-question-sociale/" title="">Salomé Saqué : « L’extrême droite ne résoudra jamais la question sociale »</a></p>



<h2 class="wp-block-heading">La neutralité n&rsquo;existe pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Salomé Saqué ouvre par une mise au point qui devrait faire réfléchir toutes les rédactions. Si elle partait en reportage en Afghanistan, donnerait-elle 50 % du temps de parole aux talibans et 50 % aux femmes ? Personne ne l&rsquo;exigerait. Pourquoi, alors, exiger cette fausse équivalence entre celles et ceux qui détruisent la planète et les militant·e·s qui tentent de l&#8217;empêcher ? Donner la parole est un choix, une prise de position. La journaliste revendique la rigueur — recouper ses sources, enquêter honnêtement, suivre la Charte de Munich — mais refuse l&rsquo;indifférence. Cette position lui a valu d&rsquo;être désignée comme la journaliste la plus menacée de France.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effondrement est mesuré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sentiment que les démocraties reculent n&rsquo;est pas une impression : c&rsquo;est une réalité chiffrée. Le V-Dem Institute, qui évalue chaque année l&rsquo;état des démocraties, constate qu&rsquo;il y a désormais plus d&rsquo;autocraties que de démocraties dans le monde — les trois quarts de la planète vivent sous un régime autoritaire. Son directeur juge la situation pire que celle des années 1930. Reporters sans frontières documente, de son côté, un recul continu de la liberté de la presse, accéléré aux États-Unis depuis le retour de Donald Trump.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;extrême droite, au juste ? Saqué s&rsquo;appuie sur les travaux d&rsquo;historiens comme Nicolas Lebourg : la fabrication d&rsquo;un « nous » opposé à « eux », l&rsquo;essentialisation des différences, l&rsquo;utopie d&rsquo;une société fermée. Un écosystème entier — partis, personnalités médiatiques, milliardaires financeurs — qui coopère désormais à l&rsquo;échelle internationale, de Madrid à Washington, sous le slogan assumé « Make Europe great again ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;extrême droite tue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de la démonstration tient en trois mots. Avant même d&rsquo;accéder au pouvoir, les mouvances les plus radicales commettent des attentats : Utøya, Christchurch, Pittsburgh, El Paso. Plus de dix projets d&rsquo;attentats d&rsquo;extrême droite déjoués en France depuis 2017. Le FBI lui-même reconnaissait que ces extrémistes étaient responsables de la majorité des attentats meurtriers sur le sol américain ces vingt dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au pouvoir, les dégâts changent d&rsquo;échelle. Droits des femmes attaqués partout, jusqu&rsquo;à la perte du droit à l&rsquo;avortement aux États-Unis. Droits LGBTQIA+ rognés, de l&rsquo;interdiction de la Gay Pride en Hongrie au bannissement des personnes trans de l&rsquo;armée américaine. Et surtout, les personnes étrangères : une police de l&rsquo;immigration dotée de 75 milliards de dollars sur quatre ans, des quotas d&rsquo;arrestations, 32 mort·e·s en détention en 2025, et ce centre de Floride où Amnesty International a documenté des conditions relevant de la torture. Qui peut encore détourner le regard ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La bataille des esprits</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ces idées s&rsquo;imposent-elles ? Par une bataille culturelle méthodiquement financée. En France, Vincent Bolloré a mis son empire médiatique au service de cette vision du monde. Pierre-Édouard Stérin — qui réside en Belgique pour des raisons fiscales — y consacre 150 millions d&rsquo;euros. Sur les réseaux sociaux, la radicalisation avance masquée : conseils en séduction, musculation, décoration, autant de portes d&rsquo;entrée vers des contenus extrêmes. Hannah Arendt l&rsquo;avait dit : la liberté d&rsquo;opinion est une farce si les faits ne sont pas établis. La confusion n&rsquo;est pas la cause du vote d&rsquo;extrême droite, rappelle Saqué, mais sa condition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister, partout</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière partie de la conférence refuse le désespoir. Aux États-Unis, les mobilisations sont trois fois plus nombreuses que sous le premier mandat Trump : marées humaines des No Kings Day, scientifiques de Stand Up for Science, voisin·e·s qui s&rsquo;interposent physiquement contre les arrestations. En Allemagne, des millions de personnes dans la rue, et ces 100 000 « Mamies contre l&rsquo;extrême droite » qui tricotent leur mémoire en pancartes. Le message final est simple : participer à la démocratie ne se résume pas à voter. Rejoindre un collectif, une association, un syndicat, c&rsquo;est déjà faire barrage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;obscurité gagne du terrain. Pas nos esprits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résistons, ensemble, maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #ExtrêmeDroite #Démocratie #Résistance #SaloméSaqué</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://cirefasol.be/wp-content/uploads/2026/04/bandeu-amg-2026.jpg" alt="Amigrant's? 2026, un festival à contre-courant, organisé par CIREFASOL"/></figure>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;association qui a donné la parole à Salomé Saqué</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conférence s&rsquo;est tenue dans le cadre du festival organisé par <strong>CIREFASOL</strong> (Citoyens et Réfugiés des Fagnes Solidaires), une association citoyenne active autour de Spa, Theux et Jalhay. Née de la crise migratoire de 2015 et constituée en ASBL en 2018, elle rassemble aujourd&rsquo;hui plusieurs dizaines de bénévoles et des centaines de sympathisant·e·s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son terrain : l&rsquo;accueil et l&rsquo;accompagnement des personnes réfugiées ou demandeuses de protection internationale. Cours de français, soutien administratif, aide au logement, distribution de meubles et de vêtements, atelier vélos, soutien scolaire — et des conférences comme celle-ci, pour penser ensemble les réalités migratoires. L&rsquo;association accompagne plusieurs centaines de personnes hébergées dans les centres de Spa, Sart-Jalhay et Polleur-Theux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses membres parlent d&rsquo;« amigrants » — contraction d&rsquo;« amis » et de « migrants ». Tout est dit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f517.png" alt="🔗" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <a href="https://cirefasol.be/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cirefasol.be</a></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/10/ce-nest-pas-de-lalarmisme-ce-sont-des-donnees/">Ce n’est pas de l’alarmisme, ce sont des données</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;IA générative, illégale par conception ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/29/lia-generative-illegale-par-conception/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 15:33:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rapport « Violations in the Shell » d'Amnesty International accuse l'IA générative de violer les droits humains par conception et réclame son interdiction. Décryptage.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/29/lia-generative-illegale-par-conception/">L’IA générative, illégale par conception ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Derrière la fascination pour ChatGPT, Gemini ou Midjourney se cache une mécanique moins reluisante. Dans son rapport <a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/20260528_rapport_unlawful_by_design.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">« Violations in the Shell »</a>, Amnesty International démonte les fondations de ces outils et formule une demande inédite : leur interdiction. Et si le problème n&rsquo;était pas un défaut, mais le projet lui-même ?</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vernis et la machine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout, dans l&rsquo;IA générative, semble fluide, intelligent, prodigieux. Mais Amnesty International invite à regarder sous le capot. Son analyse, publiée en 2026, suit la « chaîne d&rsquo;approvisionnement » de ces technologies — des puces aux centres de données, des annotateur·rice·s aux résultats affichés à l&rsquo;écran — pour s&rsquo;arrêter sur le maillon décisif : les données qui les nourrissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verdict est sans appel. Les grands systèmes génératifs « autonomes » comme ChatGPT, Dall-E, Gemini, Midjourney, LLaMa, Stable Diffusion ou DeepSeek reposent sur l&rsquo;aspiration massive et non consentie de données publiques. Cette captation, qualifiée de <em>mass invasions of privacy by design</em> — des atteintes massives à la vie privée par conception —, n&rsquo;est pas un dérapage accidentel : elle est inscrite dans l&rsquo;architecture même de ces outils. Et c&rsquo;est précisément là que tout bascule. Car ce que beaucoup présentent comme une prouesse d&rsquo;ingénierie repose, à la source, sur une illégalité au regard du droit international des droits humains.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pillage érigé en méthode</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aspirer le web, c&rsquo;est aspirer nos vies : photos, textes, créations d&rsquo;artistes, traces comportementales, le tout sans demander l&rsquo;avis de quiconque. Amnesty rappelle que Meta aurait absorbé 82 téraoctets de livres piratés pour entraîner LLaMa. Le droit à la vie privée n&rsquo;est pas effleuré, il est nié à la racine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les conséquences se propagent. Les biais contenus dans ces données colossales ressortent amplifiés : stéréotypes racistes et sexistes, écrasante domination de l&rsquo;anglais qui marginalise les langues et cultures du Sud global, images truquées de femmes, et — fait glaçant — des contenus pédocriminels générés artificiellement représentant très majoritairement des fillettes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les biais ne sont pas des bugs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;addition continue de s&rsquo;alourdir. Plus les modèles grossissent, plus ils réclament de données, de puces et d&rsquo;électricité : les centres de données engloutissent énergie et eau, souvent au détriment de communautés du Sud global qui n&rsquo;en tireront aucun bénéfice. Sur les réseaux sociaux, ces mêmes modèles, mobilisés pour modérer les contenus, censurent à l&rsquo;aveugle des publications dans les langues jugées les moins « rentables », faute de traduction fiable. Enfin, à force de présenter leurs réponses avec aplomb, ils émoussent notre esprit critique : la science cognitive montre que l&rsquo;exposition répétée à une information fabriquée ancre durablement la croyance en celle-ci. La taille d&rsquo;un modèle nourrit l&rsquo;illusion de son exactitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment confier notre mémoire collective à des machines bâties sur le vol ? Comment parler d&rsquo;innovation lorsque la facture écologique et humaine est expédiée aux plus vulnérables ? Et qui rendra des comptes lorsque la frontière entre le vrai et le fabriqué se sera effacée ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une autre IA est possible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus important tient peut-être en une phrase : rien de tout cela n&rsquo;est inévitable. Amnesty insiste, ces dommages relèvent de choix industriels, pas d&rsquo;une fatalité technique. Il existe d&rsquo;autres voies — <a href="https://www.k1m.be/2026/05/29/lia-qui-ne-quitte-pas-votre-bureau-petits-modeles-de-langage-et-souverainete-des-donnees/" title="">les petits modèles de langage (SLM)</a>, spécialisés, sobres en ressources, entraînés sur des données licites et souvent plus fiables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;organisation réclame donc l&rsquo;interdiction des systèmes génératifs bâtis sur ce pillage, et celle des modèles aux discriminations avérées. La demande est forte, assumée, et elle tranche avec le fatalisme ambiant qui voudrait que l&rsquo;on s&rsquo;adapte à ces outils plutôt que de les sommer de respecter le droit. Amnesty exige des États une obligation de transparence et de diligence raisonnable en matière de droits humains, des études d&rsquo;impact environnemental pour les centres de données, une consultation réelle des communautés concernées et un droit effectif à réparation. Aux entreprises, elle ordonne de cesser l&rsquo;aspiration non consentie, de publier l&#8217;empreinte réelle de leurs systèmes et de retirer du marché les modèles qui discriminent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces garde-fous existent déjà en germe dans le RGPD, le règlement européen sur l&rsquo;IA ou le DSA. Reste à leur donner des dents. Car une technologie « intelligente » ne devrait pas avoir besoin de piétiner nos droits pour fonctionner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au boulot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#IAgénérative #DroitsHumains #ViePrivée #Amnesty #IAéthique</p>



<pre class="wp-block-preformatted"><strong>Attention:  « entraîné sur des données licites »</strong><br><br>Cet argument est de plus en plus mis en avant, notamment par les éditeurs européens de modèles, les projets se présentant comme « éthiques » et les fournisseurs visant les secteurs régulés (santé, juridique, public). Deux précautions s’imposent. D’une part, licite et fiable ne sont pas synonymes : un corpus du domaine public peut être parfaitement légal sans être à jour ni de qualité. D’autre part, l’affirmation est presque toujours invérifiable de l’extérieur. La plupart des modèles dits « ouverts » (Llama, Gemma, Mistral) ne publient que leurs poids, jamais le détail de leur corpus d’entraînement — impossible donc de l’auditer. Avant de retenir un tel argument, exigez la documentation du modèle (model card) décrivant sources et licences ; son absence est en soi un signal. En somme : une revendication à vérifier sur pièces, et rarement étayée. La charge de la preuve incombe au fournisseur, jamais à vous.</pre><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/29/lia-generative-illegale-par-conception/">L’IA générative, illégale par conception ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>TikTok oriente les jeunes vers des contenus dépressifs et suicidaires</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/10/21/tiktok-oriente-les-jeunes-vers-des-contenus-depressifs-et-suicidaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 17:29:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle enquête d&#8217;Amnesty International révèle que deux ans après les premières alertes, la plateforme TikTok continue de plonger les jeunes utilisateurs dans des « rabbit holes » de contenus dépressifs et suicidaires. Maëlle avait 15 ans quand elle a téléchargé TikTok en 2021. Harcelée à l&#8217;école, elle cherchait une échappée. Au début, c&#8217;était drôle ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="TikTok oriente les jeunes vers des contenus dépressifs et suicidaires" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2025/10/21/tiktok-oriente-les-jeunes-vers-des-contenus-depressifs-et-suicidaires/#more-699" aria-label="En savoir plus sur TikTok oriente les jeunes vers des contenus dépressifs et suicidaires">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une <a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/sante-mentale-tiktok" target="_blank" rel="noopener" title="">nouvelle enquête d&rsquo;Amnesty International </a>révèle que deux ans après les premières alertes, la plateforme TikTok continue de plonger les jeunes utilisateurs dans des « rabbit holes » de contenus dépressifs et suicidaires.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Maëlle avait 15 ans quand elle a téléchargé TikTok en 2021. Harcelée à l&rsquo;école, elle cherchait une échappée. Au début, c&rsquo;était drôle : des vidéos de chats, des danses, des blagues. Puis une chanson l&rsquo;a touchée, une mélodie qui parlait de moments sombres. Elle a cliqué. Encore. Et encore. « Petit à petit, c&rsquo;est devenu de plus en plus sombre, raconte-t-elle aujourd&rsquo;hui, à 18 ans. Comme si la mort n&rsquo;était peut-être pas une si mauvaise idée. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En quelques semaines, jusqu&rsquo;à 75% des vidéos qui défilaient sur son écran normalisaient l&rsquo;automutilation et le suicide. « Ça m&rsquo;a gardé la tête sous l&rsquo;eau », résume-t-elle.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="« Entraîné·e·s dans le « rabbit hole » : les risques de TikTok pour la santé mentale des enfants" width="840" height="473" src="https://www.youtube.com/embed/yAvSHU6UOTU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux ans d&rsquo;alertes, rien n&rsquo;a changé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire de Maëlle n&rsquo;est pas isolée. Presque deux ans après un premier rapport accablant publié en novembre 2023, Amnesty International dévoile une nouvelle enquête menée en France qui fait froid dans le dos : TikTok continue de plonger les jeunes utilisateurs dans ce qu&rsquo;on appelle des « rabbit holes », ces terriers virtuels où les contenus dépressifs s&rsquo;enchaînent jusqu&rsquo;à l&rsquo;asphyxie mentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le démontrer, l&rsquo;organisation a créé des comptes d&rsquo;adolescents fictifs de 13 ans et observé ce que l&rsquo;algorithme leur servait. Les résultats sont glaçants. En moins d&rsquo;une heure après avoir manifesté un simple intérêt pour du contenu lié à la tristesse, ces comptes tests ont été submergés de vidéos dépressives. En trois à quatre heures à peine, ils recevaient des contenus romantisant le suicide, montrant des jeunes partageant leur intention de mourir, voire donnant des informations sur des méthodes pour y parvenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mécanique implacable de l&rsquo;algorithme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tests automatisés révèlent une logique diabolique : dès qu&rsquo;un compte regarde à peine 5% de contenus tristes, TikTok en recommande 13% dans le flux suivant. À 7,6% de vidéos dépressives visionnées, le taux monte à 16%. Plus on regarde, plus l&rsquo;algorithme en propose. C&rsquo;est une spirale dont il devient presque impossible de sortir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Édouard, 17 ans, le confirme : « J&rsquo;étais dans une profonde dépression. Petit à petit, je me sentais encore plus mal, et je voulais aller plus loin, plus fort, plus profond&#8230; Je tombais sur des vidéos de gens qui se coupaient. Je pensais : je dois atteindre ce niveau de cicatrices sinon je ne suis pas content. Je voulais me voir détruit. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marie et Charlize ne reviendront pas</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie avait 15 ans quand elle s&rsquo;est suicidée en 2021. Charlize aussi avait 15 ans quand elle est morte en 2023. Après leur disparition, leurs parents ont découvert l&rsquo;ampleur du contenu toxique auquel leurs filles étaient exposées sur TikTok. Stéphanie, la mère de Marie, est encore sous le choc : « Quand j&rsquo;ai découvert ce contenu, ça a été un choc. Des chansons qui encouragent le suicide, des contenus effrayants, toujours sombres, avec une voix qui te dit que tu ne vas pas bien, que tu es seul&#8230; Sans parler des tutoriels sur comment se couper ou faire un nœud pour se pendre. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ajoute, la voix tremblante : « Pour ces plateformes, nos enfants deviennent des produits au lieu d&rsquo;êtres humains. Ils utilisent nos enfants comme des produits avec un algorithme, en utilisant leurs émotions pour les capturer. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des jeunes désarmés face à la machine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un sondage mené auprès de 1 000 jeunes Français de 13 à 25 ans révèle l&rsquo;ampleur du problème. 82% reconnaissent passer trop de temps sur les réseaux sociaux. 58% se disent affectés par des contenus perturbants. Seul un jeune sur cinq parvient à éviter ces contenus toxiques. Et près de la moitié ignorent même que ce qu&rsquo;ils voient est personnalisé selon leurs données personnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, TikTok continue de jouer l&rsquo;innocence. Les signalements des utilisateurs sont rarement suivis d&rsquo;effets. Des contenus clairement dangereux restent en ligne. L&rsquo;entreprise ne détecte même pas les « algospeaks », ces codes utilisés pour contourner la modération, comme le drapeau suisse pour symboliser le suicide.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La loi bafouée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, depuis août 2023, TikTok est soumis au Digital Services Act européen qui exige une évaluation annuelle des risques, des mesures de protection proportionnées et l&rsquo;interdiction de publicité ciblée vers les mineurs. Sur le papier, tout est parfait. Dans les faits, l&rsquo;enquête d&rsquo;Amnesty démontre que rien n&rsquo;est respecté. TikTok n&rsquo;a pas mis en place de « coupe-circuits » pour briser ces spirales mortelles. L&rsquo;entreprise continue de maximiser l&rsquo;engagement à tout prix, au détriment de la santé mentale des plus jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Commission européenne enquête depuis février 2024. En France, une commission parlementaire a rendu ses conclusions en septembre 2025, la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale. Mais pendant que les rapports s&rsquo;accumulent, les adolescents continuent de sombrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;urgence d&rsquo;agir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Amnesty International ne mâche pas ses mots : TikTok viole le droit à la vie privée en surveillant massivement ses utilisateurs, le droit à la liberté de pensée en manipulant leur attention, et le droit à la santé en les exposant à des contenus traumatisants. L&rsquo;organisation exige que l&rsquo;entreprise change radicalement de modèle économique, abandonne la surveillance de masse et cesse de maximiser l&rsquo;engagement au détriment de tout le reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans après les premières alertes, rien n&rsquo;a changé. Marie et Charlize ne sont probablement pas les seules victimes. Combien d&rsquo;autres adolescents ont été « entraînés dans le terrier du lapin » sans que leurs proches le sachent ? Combien d&rsquo;autres Maëlle et Édouard sont encore piégés dans cette spirale ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps que les régulateurs passent des enquêtes aux sanctions. Il est temps que TikTok soit contraint de choisir : les profits ou la vie des enfants. Car pour l&rsquo;instant, le choix est fait. Et il tue.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/10/21/tiktok-oriente-les-jeunes-vers-des-contenus-depressifs-et-suicidaires/">TikTok oriente les jeunes vers des contenus dépressifs et suicidaires</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>De la méfiance à la haine : quand les réseaux sociaux menacent la démocratie</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/01/22/de-la-mefiance-a-la-haine-quand-les-reseaux-sociaux-menacent-la-democratie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 17:35:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=472</guid>

					<description><![CDATA[<p>La haine en ligne transforme notre démocratie, mais la solution n'est pas que technique. Notre analyse montre comment les réseaux sociaux façonnent le débat public et pourquoi nous devons repenser l'éducation numérique. Une réflexion essentielle sur notre avenir démocratique #DémocratieNumérique</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/01/22/de-la-mefiance-a-la-haine-quand-les-reseaux-sociaux-menacent-la-democratie/">De la méfiance à la haine : quand les réseaux sociaux menacent la démocratie</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face à l&rsquo;ampleur du phénomène de la haine en ligne, la solution technique apparaît souvent en effet comme une réponse évidente et immédiate. Repenser l&rsquo;architecture des plateformes numériques semble offrir une voie rapide pour endiguer ce fléau social. Pourtant, si cette restructuration technique constitue une étape indispensable, elle ne peut à elle seule résoudre une problématique dont les racines plongent bien plus profondément dans notre tissu social et notre rapport à l&rsquo;information. L&rsquo;analyse de ce phénomène exige une approche plus ambitieuse, qui prenne en compte non seulement les aspects techniques, mais aussi les dimensions sociales et éducatives de notre présence numérique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tom Husson, dans un <a href="https://aoc.media/analyse/2025/01/16/haine-en-ligne-de-linsulte-a-la-remise-en-cause-de-la-democratie/" title="">article récent de la revue AOC</a>, examine le phénomène de la haine en ligne en le replaçant dans une perspective démocratique plus large. Il développe une analyse en plusieurs temps qui permet de comprendre comment la haine en ligne transforme les relations démocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d&rsquo;abord, Tom Husson  établit une distinction fondamentale entre le conflit démocratique légitime et la haine. Le conflit, même virulent, fait partie intégrante du débat démocratique car il permet l&rsquo;expression du pluralisme et la recherche de compromis. En revanche, la haine se caractérise par sa radicalité : elle vise à détruire l&rsquo;autre, perçu comme une menace existentielle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des réseaux sociaux qui amplifient la rupture démocratique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La spécificité de la haine en ligne réside dans les conditions particulières qu&rsquo;offrent les espaces numériques. L&rsquo;absence de présence physique, l&rsquo;anonymat et la distance créent un climat de déresponsabilisation qui facilite l&rsquo;expression de comportements violents. Ces caractéristiques techniques transforment profondément la nature des relations sociales et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;article établit ensuite un lien crucial entre la haine en ligne et la crise de confiance envers le politique. La méfiance, différente de la simple défiance, marque une rupture radicale qui peut conduire à la haine. Cette dernière apparaît alors comme l&rsquo;expression violente d&rsquo;une confiance trahie, particulièrement visible dans la « haine de la représentation » politique.</p>







<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux jouent un rôle amplificateur dans ce phénomène pour plusieurs raisons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ils favorisent la confusion entre opinion et information</li>



<li>Les algorithmes privilégient les contenus provocant le plus de réactions</li>



<li>Les opinions y deviennent des marqueurs identitaires non négociables</li>



<li>Ils créent l&rsquo;illusion d&rsquo;un savoir omniscient qui remet en cause les autorités traditionnelles</li>
</ul>



<h4 class="wp-block-heading">Repenser la régulation au-delà du contrôle des contenus</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces défis, l&rsquo;auteur critique l&rsquo;approche actuelle des pouvoirs publics, trop focalisée sur le contrôle de la parole en ligne. Il met en lumière un problème fondamental : le décalage entre l&rsquo;influence réelle des plateformes numériques et leur statut juridique. En effet, ces plateformes façonnent profondément l&rsquo;organisation du débat public, mais leur responsabilité reste limitée par leur statut d&rsquo;hébergeur, et non d&rsquo;éditeur de contenus, comme le définit la Section 230 du Communications Decency Act américain. Cette situation est d&rsquo;autant plus problématique que l&rsquo;accès aux données de ces espaces numériques reste très restreint, ce qui empêche une évaluation précise de l&rsquo;ampleur du phénomène de haine en ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;auteur suggère donc que la régulation devrait porter sur l&rsquo;architecture technique des espaces numériques plutôt que sur les contenus eux-mêmes. Cette approche nécessiterait une redéfinition du statut juridique des plateformes pour mieux refléter leur rôle réel dans la structuration du débat public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, l&rsquo;article montre que la haine en ligne n&rsquo;est pas qu&rsquo;une simple émotion destructrice à condamner, mais un phénomène qui restructure profondément les relations démocratiques. Elle représente un défi majeur pour nos démocraties, nécessitant une réponse politique qui dépasse la simple modération des contenus pour s&rsquo;attaquer aux conditions techniques et juridiques qui favorisent son expression.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>AU-DELÀ DE LA TECHNIQUE : L&rsquo;URGENCE ÉDUCATIVE FACE À LA HAINE EN LIGNE</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph"><br>La tentation est grande de vouloir résoudre le problème de la haine en ligne par une simple restructuration technique des plateformes numériques. Cette approche, bien que nécessaire, se heurte à deux limites fondamentales qui exigent une réponse plus complète et ambitieuse.<br><br>Premièrement, les schémas de pensée et les comportements toxiques sont déjà profondément ancrés dans les pratiques numériques. La modification des architectures techniques, aussi pertinente soit-elle, ne pourra pas effacer des années d&rsquo;habitudes acquises dans la consommation et le partage d&rsquo;information. Les utilisateurs ont développé des réflexes émotionnels face à l&rsquo;information, privilégiant les contenus qui confirment leurs biais et rejetant violemment ceux qui les contredisent.<br><br>Deuxièmement, et c&rsquo;est peut-être le point le plus crucial, nous faisons face à une carence éducative majeure dans le développement des compétences douces (soft skills). L&rsquo;incapacité croissante à distinguer émotion et information révèle un déficit profond dans l&rsquo;apprentissage de la pensée critique et de l&rsquo;analyse distanciée. Cette confusion n&rsquo;est pas simplement le produit des réseaux sociaux &#8211; elle trouve ses racines dans un système éducatif qui n&rsquo;a pas suffisamment mis l&rsquo;accent sur :<br><br>&#8211; La capacité à identifier et gérer ses propres émotions face à l&rsquo;information<br>&#8211; L&rsquo;aptitude à analyser critiquement les sources et les contenus<br>&#8211; La compétence à débattre de manière constructive, même en cas de désaccord<br>&#8211; L&rsquo;art de maintenir une distance critique tout en restant engagé dans le débat<br><br>La réponse doit donc être double : technique ET éducative. Elle nécessite un investissement massif dans le développement de ces compétences essentielles, non seulement chez les jeunes générations mais aussi auprès des adultes. Cela implique de repenser nos programmes éducatifs pour y intégrer explicitement l&rsquo;apprentissage de la pensée critique, de l&rsquo;intelligence émotionnelle et de la citoyenneté numérique.<br><br>Sans cette dimension éducative, toute tentative de restructuration technique risque de n&rsquo;être qu&rsquo;un pansement sur une plaie béante. La vraie solution réside dans la formation de citoyens numériques capables de naviguer dans l&rsquo;océan d&rsquo;informations avec discernement, empathie et esprit critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/01/22/de-la-mefiance-a-la-haine-quand-les-reseaux-sociaux-menacent-la-democratie/">De la méfiance à la haine : quand les réseaux sociaux menacent la démocratie</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>La COP29 menacée par les conflits d&#8217;intérêts et la corruption</title>
		<link>https://en-avant.info/2024/10/31/la-cop29-menacee-par-les-conflits-dinterets-et-la-corruption/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Oct 2024 15:29:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Climategovernance]]></category>
		<category><![CDATA[COP29Azerbaidjan]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Greenwashing]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un rapport publié par Transparency International révèle comment la conférence climatique COP29, qui se tiendra en novembre 2024 à Bakou en Azerbaïdjan, risque d&#8217;être détournée au profit des intérêts pétroliers et gaziers. Un pays hôte très problématique L&#8217;Azerbaïdjan, qui accueillera la COP29, est un régime autoritaire classé 164e sur 180 au classement mondial de la ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Un <a href="https://www.transparency.org/en/publications/cop-co-opted-how-corruption-and-undue-influence-threaten-multilateral-climate-action" title="">rapport publié par Transparency International </a>révèle comment la conférence climatique COP29, qui se tiendra en novembre 2024 à Bakou en Azerbaïdjan, risque d&rsquo;être détournée au profit des intérêts pétroliers et gaziers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un pays hôte très problématique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Azerbaïdjan, qui accueillera la COP29, est un régime autoritaire classé 164e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse. Le pays obtient également un score très faible de 23/100 à l&rsquo;indice de perception de la corruption de Transparency International. Le président Ilham Aliyev, qui a succédé à son père en 2003, contrôle fermement le pays et ses ressources pétrolières.</p>



<h4 class="wp-block-heading">SOCAR, le géant pétrolier aux commandes</h4>



<p class="wp-block-paragraph">La compagnie pétrolière nationale SOCAR joue un rôle central dans l&rsquo;organisation de la COP29. Le président désigné de la COP29, Mukhtar Babayev, est un ancien cadre dirigeant de SOCAR. Le président actuel de SOCAR siège au comité d&rsquo;organisation et le PDG de la COP29 est membre du conseil de surveillance de SOCAR.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or SOCAR a un lourd passif en matière de corruption. L&rsquo;entreprise a notamment été accusée de verser des pots-de-vin à des parlementaires européens et américains pour défendre les intérêts du régime azerbaïdjanais.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des conflits d&rsquo;intérêts majeurs</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport pointe plusieurs conflits d&rsquo;intérêts inquiétants :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>SOCAR poursuit actuellement une stratégie d&rsquo;expansion de sa production pétrolière et gazière, en contradiction avec les objectifs climatiques</li>



<li>Plusieurs membres du comité d&rsquo;organisation ont été impliqués dans des scandales de corruption</li>



<li>Les entreprises proches de la famille présidentielle obtiennent des contrats liés à la COP29</li>



<li>La société civile indépendante est muselée tandis qu&rsquo;une « Coalition d&rsquo;ONG » proche du pouvoir est mise en avant</li>
</ul>



<h4 class="wp-block-heading">Une stratégie de communication massive</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement azerbaïdjanais a engagé la firme de relations publiques Teneo pour 4,7 millions de dollars afin de gérer sa communication autour de la COP29. Cette campagne vise notamment à promouvoir l&rsquo;idée que l&rsquo;expansion des énergies fossiles est compatible avec l&rsquo;action climatique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des recommandations pour préserver l&rsquo;intégrité de la COP</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces risques, Transparency International formule plusieurs recommandations :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer les critères de sélection des pays hôtes</li>



<li>Exiger plus de transparence sur les arrangements d&rsquo;organisation</li>



<li>Établir des règles strictes sur les conflits d&rsquo;intérêts</li>



<li>Garantir l&rsquo;indépendance de la présidence</li>



<li>Assurer la participation effective de la société civile</li>
</ul>



<h4 class="wp-block-heading">Un précédent inquiétant</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Ces révélations font écho à la controverse autour de la COP28 à Dubaï, où la compagnie pétrolière nationale ADNOC avait profité de l&rsquo;événement pour conclure des contrats pétroliers et gaziers pour 100 milliards de dollars.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une menace pour l&rsquo;action climatique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport conclut que sans réformes profondes des règles d&rsquo;organisation, les COP risquent d&rsquo;être de plus en plus détournées par les intérêts fossiles, compromettant gravement la lutte contre le changement climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;exemple de l&rsquo;Azerbaïdjan montre comment un pays exportateur de pétrole avec un gouvernement autoritaire peut utiliser sa position d&rsquo;hôte pour promouvoir ses propres intérêts au détriment des objectifs climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La COP29 sera donc un test crucial pour l&rsquo;avenir de la gouvernance climatique mondiale. Sans garde-fous solides contre l&rsquo;influence indue des industries fossiles, la crédibilité même du processus multilatéral de négociation climatique pourrait être remise en cause.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Corruption #Transparency #Greenwashing #ClimateGovernance #COP29Azerbaijan #FossilFuelLobbying #ClimateNegotiations</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2024/10/31/la-cop29-menacee-par-les-conflits-dinterets-et-la-corruption/">La COP29 menacée par les conflits d’intérêts et la corruption</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Cybercheck : La technologie controversée qui soulève des questions sur la surveillance policière</title>
		<link>https://en-avant.info/2024/10/17/cybercheck-la-technologie-controversee-qui-souleve-des-questions-sur-la-surveillance-policiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2024 07:56:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Page de synthèse d&#8217;un article de Wired: This AI Tool Helped Convict People of Murder. Then Someone Took a Closer Look Dans un contexte où les forces de l&#8217;ordre cherchent constamment à améliorer leurs capacités d&#8217;enquête, une entreprise canadienne nommée Global Intelligence a fait son entrée sur le marché avec une technologie prometteuse appelée Cybercheck. ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Page de synthèse d&rsquo;un article de Wired: <a href="https://www.wired.com/story/cybercheck-crime-reports-prosecutions" title="">This AI Tool Helped Convict People of Murder. Then Someone Took a Closer Look </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans un contexte où les forces de l&rsquo;ordre cherchent constamment à améliorer leurs capacités d&rsquo;enquête, une entreprise canadienne nommée Global Intelligence a fait son entrée sur le marché avec une technologie prometteuse appelée Cybercheck. Cet outil, vendu comme une solution de pointe pour la géolocalisation des suspects, soulève aujourd&rsquo;hui de sérieuses questions quant à son efficacité et sa légalité.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une promesse technologique séduisante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cybercheck se présente comme un système capable de géolocaliser une personne en temps réel ou dans le passé, en utilisant uniquement des données de source ouverte. Selon Adam Mosher, le fondateur de Global Intelligence, Cybercheck utilise plus de 700 algorithmes pour analyser le « profil cybernétique » d&rsquo;un individu, constitué de ses identifiants en ligne, et déterminer les réseaux sans fil avec lesquels il a interagi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette technologie, vendue pour seulement 309 dollars par affaire, promet des capacités de surveillance comparables à celles des agences de renseignement nationales. Depuis 2017, Cybercheck aurait été utilisé par 345 organismes d&rsquo;application de la loi différents pour environ 24 000 recherches.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Encadré : Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un « profil cybernétique » ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Adam Mosher, un profil cybernétique est un amalgame de noms, pseudonymes, adresses e-mail, numéros de téléphone, adresses IP, identifiants Google et autres identifiants en ligne qui se combinent pour créer l&#8217;empreinte numérique unique d&rsquo;une personne.</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Des résultats contestés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les affirmations de Global Intelligence sur l&rsquo;efficacité de Cybercheck, de nombreux cas ont mis en lumière des incohérences et des erreurs dans les rapports générés par le système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;affaire du meurtre de Tyree Halsell à Akron, Ohio, Cybercheck a produit deux rapports identiques plaçant le suspect, Phillip Mendoza, sur les lieux du crime à 18 jours d&rsquo;intervalle, avec le même niveau de précision. Cette incohérence a conduit les procureurs à retirer les preuves fournies par Cybercheck dans plusieurs affaires de meurtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres services de police ont signalé des problèmes similaires. Le Bureau d&rsquo;enquête criminelle de l&rsquo;Ohio a constaté que certaines pistes fournies par Cybercheck n&rsquo;ont pas abouti, tandis que le bureau du shérif du comté de Yakima, dans l&rsquo;État de Washington, a déclaré ne pas recevoir « beaucoup d&rsquo;informations ou des informations précises » de l&rsquo;outil.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-en-avant wp-block-embed-en-avant"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nEowRPHrxt"><a href="https://en-avant.info/2024/09/11/lia-dans-les-commissariats-americains-revolution-ou-menace-pour-la-justice/">L&rsquo;IA dans les commissariats américains : révolution ou menace pour la justice ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;IA dans les commissariats américains : révolution ou menace pour la justice ? » &#8212; En avant" src="https://en-avant.info/2024/09/11/lia-dans-les-commissariats-americains-revolution-ou-menace-pour-la-justice/embed/#?secret=OJG6WCLlJu#?secret=nEowRPHrxt" data-secret="nEowRPHrxt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Des questions sur la méthodologie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des aspects les plus controversés de Cybercheck est son manque de transparence. Le système ne conserve pas de preuves à l&rsquo;appui de ses conclusions et n&rsquo;indique pas où il puise ses données ni comment il établit des liens entre différents points de données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opacité a suscité des critiques de la part d&rsquo;experts en renseignement de source ouverte (OSINT). Rob Lee, expert en OSINT au SANS Institute, affirme qu&rsquo;il est hautement improbable que certaines des informations contenues dans les rapports Cybercheck puissent être obtenues à partir de sources accessibles au public.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Encadré : L&rsquo;avis d&rsquo;un expert</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« L&rsquo;affirmation selon laquelle il est possible d&rsquo;atteindre ce niveau de précision en utilisant uniquement des données de source ouverte, sans autre validation ni transparence des méthodes et des sources de données de l&rsquo;outil, est très suspecte et discutable. » &#8211; Rob Lee, SANS Institute</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Les implications juridiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;utilisation de Cybercheck dans les enquêtes criminelles soulève également des questions juridiques. Dans plusieurs affaires, les avocats de la défense ont contesté l&rsquo;admissibilité des rapports Cybercheck comme preuves, arguant que le manque de transparence du système viole les droits des accusés à un procès équitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le comté de Summit, Ohio, les juges ont statué que Cybercheck ne pouvait être admis comme preuve que si Global Intelligence accordait aux accusés l&rsquo;accès à son code source. Cependant, une cour d&rsquo;appel de l&rsquo;Ohio a récemment jugé que l&rsquo;exclusion des rapports Cybercheck pour des raisons non liées à l&rsquo;efficacité de la technologie était une erreur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;attrait persistant pour les forces de l&rsquo;ordre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les controverses, de nombreux services de police continuent de s&rsquo;intéresser à Cybercheck. L&rsquo;outil est perçu comme une solution potentielle pour résoudre des affaires difficiles, en particulier lorsque les méthodes traditionnelles d&rsquo;enquête ont échoué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Brad Gessner, avocat en chef du procureur du comté de Summit, explique : « Nous ne voulons pas fermer les portes qui peuvent nous aider à découvrir la vérité dans nos affaires. » Cette attitude reflète le dilemme auquel sont confrontées les forces de l&rsquo;ordre : comment équilibrer le besoin d&rsquo;outils d&rsquo;enquête efficaces avec les préoccupations éthiques et juridiques que soulèvent ces technologies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : Un débat qui dépasse Cybercheck</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire Cybercheck met en lumière des questions plus larges sur l&rsquo;utilisation des technologies de surveillance par les forces de l&rsquo;ordre. Alors que la société devient de plus en plus numérique, le besoin de méthodes d&rsquo;enquête adaptées se fait pressant. Cependant, l&rsquo;utilisation d&rsquo;outils comme Cybercheck soulève des inquiétudes quant à la protection de la vie privée et aux droits des accusés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat autour de Cybercheck illustre la nécessité d&rsquo;un cadre réglementaire clair pour l&rsquo;utilisation des technologies de surveillance par les forces de l&rsquo;ordre. Il souligne également l&rsquo;importance de la transparence et de la responsabilité dans le développement et l&rsquo;utilisation de ces outils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que la technologie continue d&rsquo;évoluer, il est crucial de trouver un équilibre entre l&rsquo;efficacité des enquêtes et la protection des droits individuels. L&rsquo;affaire Cybercheck pourrait bien devenir un cas d&rsquo;école dans ce débat en cours sur la surveillance à l&rsquo;ère numérique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Encadré : Chiffres clés</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>345 : Nombre d&rsquo;organismes d&rsquo;application de la loi ayant utilisé Cybercheck</li>



<li>24 000 : Nombre approximatif de recherches effectuées avec Cybercheck depuis 2017</li>



<li>309 $ : Prix par affaire pour l&rsquo;utilisation de Cybercheck</li>



<li>700+ : Nombre d&rsquo;algorithmes utilisés par Cybercheck selon Global Intelligence</li>
</ul>
</blockquote><p>The post <a href="https://en-avant.info/2024/10/17/cybercheck-la-technologie-controversee-qui-souleve-des-questions-sur-la-surveillance-policiere/">Cybercheck : La technologie controversée qui soulève des questions sur la surveillance policière</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Elon Musk exploite massivement vos données publiées sur X</title>
		<link>https://en-avant.info/2024/09/15/elon-musk-exploite-massivement-vos-donnees-publiees-sur-x/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Sep 2024 15:23:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=371</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elon Musk, xAI, a&#160;lancé son propre concurrent puissant à ChatGpt et à Claude,&#160;Grok AI&#160;. Décrit comme « un assistant de recherche IA avec une touche d’humour et une pointe de rébellion », Grok est conçu pour avoir moins de garde-fous que ses principaux concurrents. Sans surprise, Grok est sujet aux hallucinations et aux préjugés , l’assistant IA étant accusé ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Elon Musk, xAI, a&nbsp;<a href="https://www.wired.com/story/elon-musk-announces-grok-a-rebellious-ai-without-guardrails/">l</a>ancé son propre concurrent puissant à ChatGpt et à Claude,&nbsp;Grok AI&nbsp;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Décrit comme « un assistant de recherche IA avec une touche d’humour et une pointe de rébellion », Grok est conçu pour avoir moins de garde-fous que ses principaux concurrents. Sans surprise, Grok est sujet aux hallucinations et aux préjugés , l’assistant IA étant accusé de diffuser de fausses informations sur les élections de 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La page du centre d&rsquo;aide Grok décrit comment xAI « peut utiliser vos publications X ainsi que vos interactions, entrées et résultats d&rsquo;utilisateur avec Grok à des fins de formation et de réglage fin ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour empêcher l&rsquo;utilisation de vos posts dans l&rsquo;entraînement de Grok, vous avez plusieurs options :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>Rendre votre compte privé</li>



<li>Ajuster les paramètres de confidentialité de X</li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les réglages, allez dans « Confidentialité et sécurité &gt; Partage des données et personnalisation &gt; Grok ». Désactivez l&rsquo;option « Autoriser l&rsquo;utilisation de vos publications et interactions avec Grok pour l&rsquo;entraînement ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="605" data-attachment-id="372" data-permalink="https://en-avant.info/2024/09/15/elon-musk-exploite-massivement-vos-donnees-publiees-sur-x/capture-decran-2024-09-15-a-17-12-56/#main" data-orig-file="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56.png" data-orig-size="2298,1358" data-comments-opened="0" data-image-meta="{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}" data-image-title="Capture d’écran 2024-09-15 à 17.12.56" data-image-description="" data-image-caption="" data-large-file="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-1024x605.png" src="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-1024x605.png" alt="" class="wp-image-372" srcset="https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-1024x605.png 1024w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-300x177.png 300w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-768x454.png 768w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-1536x908.png 1536w, https://en-avant.info/wp-content/uploads/2024/09/Capture-decran-2024-09-15-a-17.12.56-2048x1210.png 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Même si vous n&rsquo;utilisez plus X, connectez-vous pour vous désinscrire. X peut exploiter tous vos anciens messages, y compris les images, pour de futurs modèles, sauf si vous vous y opposez explicitement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous pouvez effacer tout l&rsquo;historique de vos conversations en une fois. xAI supprime les conversations de ses systèmes sous 30 jours, sauf obligation légale ou de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;avenir de Grok est incertain, mais l&rsquo;IA de Musk mérite attention. Protégez vos données en surveillant ce que vous partagez sur X et en restant informé des changements de politique de confidentialité. Ajuster ces paramètres vous donne plus de contrôle sur l&rsquo;utilisation de vos informations par des technologies comme Grok.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2024/09/15/elon-musk-exploite-massivement-vos-donnees-publiees-sur-x/">Elon Musk exploite massivement vos données publiées sur X</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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