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	<title>Droits des femmes - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Droits des femmes - En avant</title>
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		<title>La Belgique au miroir de Genève</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 19:51:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&#8217;homme a publié sa compilation pour l&#8217;Examen périodique universel de la Belgique (voir bas de page), prévu en mai au Conseil des droits de l&#8217;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho. Une convergence ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme a publié <a href="https://docs.un.org/fr/A/HRC/WG.6/52/BEL/2" target="_blank" rel="noopener" title="">sa compilation</a> pour l&rsquo;Examen périodique universel de la Belgique </strong><em>(vo<a href="#EPU" title="">ir bas de page)</a>,</em><strong> prévu en mai au Conseil des droits de l&rsquo;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une convergence qui force la lecture</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le document n&rsquo;émane pas d&rsquo;une ONG militante ni d&rsquo;un État rival : il agrège les recommandations adressées à la Belgique par le Comité pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, le Comité CEDAW, le Comité des droits des personnes handicapées, l&rsquo;UNESCO et le Mécanisme international d&rsquo;experts indépendants chargé de promouvoir la justice et l&rsquo;égalité raciales dans le maintien de l&rsquo;ordre. Cinq instances distinctes, des mandats différents, des méthodologies propres — et un diagnostic qui se recoupe avec une netteté inhabituelle. Profilage racial, surpopulation carcérale, accueil défaillant des personnes en quête de protection, éducation inclusive en panne, violences fondées sur le genre, fragilité du cadre antiraciste : la Belgique de 2026 reçoit la même cartographie de manquements que celle de 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le plan qui n&rsquo;arrive pas</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mécanisme d&rsquo;experts comme le Comité CEDAW recommandent — à nouveau — l&rsquo;adoption d&rsquo;un plan d&rsquo;action interfédéral contre le racisme. Le rapport relève avec satisfaction que la Wallonie, la Communauté française, la Région bruxelloise et la Région flamande développent leurs propres dispositifs ; il regrette dans la même phrase qu&rsquo;aucun cadre interfédéral n&rsquo;ait pu être établi. La complexité institutionnelle belge fonctionne ici comme un alibi : chaque entité agit, et personne n&rsquo;agit ensemble. Pendant ce temps, les jeunes africain·e·s et d&rsquo;ascendance africaine continuent, selon le Mécanisme, de manifester une profonde méfiance envers les forces de l&rsquo;ordre. Méfiance que des contrôles d&rsquo;identité non enregistrés, l&rsquo;absence de garde-fous sur l&rsquo;intelligence artificielle policière et la lenteur des enquêtes sur les violences à caractère raciste ne contribuent pas à apaiser.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les corps qu&rsquo;on enferme, les enfants qu&rsquo;on trie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Trois organes différents convergent sur l&rsquo;état des prisons belges : surpopulation, surreprésentation des personnes d&rsquo;ascendance africaine, incarcération de personnes ayant un handicap psychosocial qui n&rsquo;y reçoivent pas les soins requis et y subissent souvent une médication excessive. Le Comité CRPD signale par ailleurs qu&rsquo;en Belgique, les écoles ordinaires peuvent encore refuser un·e élève handicapé·e au motif que les aménagements raisonnables seraient « trop contraignants » — alors même que notre pays affiche le pourcentage le plus élevé d&rsquo;élèves scolarisé·e·s dans l&rsquo;enseignement spécialisé de toute l&rsquo;Union européenne. Comment soutenir, à Genève, qu&rsquo;on défend l&rsquo;inclusion, lorsqu&rsquo;on trie aussi tôt, aussi systématiquement, et avec une telle constance statistique ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les invisibles que le rapport ramène à la lumière</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Restent celles et ceux que la compilation tire patiemment de l&rsquo;ombre. Les demandeur·euse·s d&rsquo;asile dont l&rsquo;accueil défaille, encore. Les migrant·e·s sans papiers que la police, selon le Mécanisme, expulse de leurs logements pour les renvoyer à la rue, parfois avec un usage excessif de la force. Les travailleuses domestiques signalées comme victimes d&rsquo;exploitation par leurs employeurs. Les femmes victimes de violences fondées sur le genre, dont les places en centres d&rsquo;accueil restent limitées et dont les fonds dédiés sont, selon le Comité CEDAW, en baisse. Les femmes dont la nationalité ou le titre de séjour ont été révoqués parce que leur nom — ou celui d&rsquo;un·e proche — figurait dans une base de données antiterroriste. Et cette pratique, dont le Comité CRPD demande la cessation, qui consiste pour la Belgique à accueillir activement dans ses hôpitaux psychiatriques des personnes handicapées résidant en France. Comment se présenter à Genève sans avoir, au préalable, croisé ces regards ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une parole sans force exécutoire, mais</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La parole des Nations Unies n&rsquo;a pas force exécutoire. Elle a force de témoignage. Elle s&rsquo;adresse à un État qui aime se présenter, dans les travées du Conseil, comme un·e défenseur·euse exigeant·e des droits humains. À ses représentant·e·s, désormais, d&rsquo;en faire quelque chose. Aux citoyen·ne·s, surtout, de leur rappeler que ces cinquante-cinq paragraphes ne se rangent pas dans un classeur diplomatique : ils nomment des vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;agir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 id="EPU" class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;EPU ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<strong>Examen périodique universel</strong> est le mécanisme du Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations Unies par lequel chaque État membre de l&rsquo;ONU — tous les 193 — voit, à tour de rôle, sa situation des droits humains examinée par ses pairs. Le dispositif a été créé en 2006 et fonctionne par cycles d&rsquo;environ quatre ans et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque examen repose sur <strong>trois documents</strong> : le rapport national rédigé par l&rsquo;État lui-même, une compilation établie par le Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme à partir des observations des organes de traités, des procédures spéciales et des agences onusiennes, et un résumé des contributions de la société civile (ONG, institution nationale des droits humains, syndicats, milieux académiques).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;examen se tient à Genève, au sein du <strong>Groupe de travail sur l&rsquo;EPU</strong>, lors d&rsquo;un dialogue interactif au cours duquel les autres États posent des questions et formulent des recommandations. L&rsquo;État examiné peut ensuite <strong>accepter</strong> ou <strong>prendre note</strong> de chacune d&rsquo;elles ; il rendra compte de leur mise en œuvre lors du cycle suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique passe son <strong>quatrième EPU</strong> lors de la 52ᵉ session du Groupe de travail, du 4 au 15 mai 2026. Le document recensé ici est la compilation du HCDH — la photographie onusienne, la plus institutionnelle des trois, celle qu&rsquo;aucun ministère ne peut écarter d&rsquo;un revers de main.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #EPU #Belgique #Antiracisme #JusticeSociale</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/">La Belgique au miroir de Genève</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Démanteler la fabrique de la pauvreté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 12:41:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&#8217;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une feuille de route exigeante. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&#8217;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire. Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au terme de son mandat de Rapporteur spécial des Nations unies sur l&rsquo;extrême pauvreté, Olivier De Schutter livre une <a href="https://www.neep-poverty.org/roadmap-for-eradicating-poverty-beyond-growth/" target="_blank" rel="noopener" title="">feuille de route exigeante</a>. Sa thèse tient en une phrase : la pauvreté n&rsquo;est pas une fatalité, elle est fabriquée. Et ce qui se fabrique peut se défaire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres ouvrent le dossier sans détour : 845 millions de personnes vivent sous le seuil officiel d&rsquo;extrême pauvreté, fixé à 3 dollars par jour. Un seuil qui maquille la réalité. À 8,20 dollars, ce sont 45 % de l&rsquo;humanité qui basculent dans la précarité extrême. Pendant six ans, De Schutter aura martelé une évidence dérangeante : nos gouvernements ne se contentent pas d&rsquo;enregistrer la pauvreté, ils la produisent — par des salaires de misère, des logements inaccessibles, des services publics démantelés, des emplois jetables. Une pauvreté manufacturée, donc politique, donc réversible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du dogme de la croissance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;attaque frontalement à un mythe tenace : la croissance du PIB suffirait à « soulever toutes les barques ». Le bilan est sans appel. Croissance et précarité ont prospéré ensemble, pendant que les inégalités se creusaient, que la santé mentale des travailleur·euse·s s&rsquo;effondrait sous la pression de la compétition, et que la dégradation écologique s&rsquo;accélérait. Tant que l&rsquo;économie continuera à fabriquer de la pauvreté à un bout, aucune politique sociale ne pourra indéfiniment la compenser à l&rsquo;autre. Pour le juriste belge, il faut donc cesser de réparer après coup et transformer la machine elle-même : combiner redistribution <em>ex post</em>, réformes du marché et investissement social <em>ex ante</em>. Bref, ce que le rapport nomme des « réformes non-réformistes ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une feuille de route co-construite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette <em>Roadmap for Eradicating Poverty Beyond Growth</em>, adoptée le 22 avril 2026 sous l&rsquo;égide de l&rsquo;OIT et de la Coalition mondiale pour la justice sociale, n&rsquo;est pas l&rsquo;œuvre d&rsquo;un cénacle d&rsquo;expert·e·s. Elle est le fruit de dix-huit mois de consultations rassemblant plus de 400 contributeur·rice·s : agences onusiennes, syndicats, mouvements de base, universitaires, organisations du Sud comme du Nord. Elle se présente comme un menu d&rsquo;options, à adapter selon les contextes nationaux, et non comme un plan unique imposé d&rsquo;en haut. Sa logique reste expérimentaliste : chaque mesure est documentée par un <em>policy profile</em> qui en pèse les forces et les limites, à partir d&rsquo;expériences déjà menées ailleurs. La démarche se prolongera dans l&rsquo;initiative <em>New Economies for Eradicating Poverty</em> (NEEP), conçue comme une plateforme d&rsquo;apprentissage collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six piliers pour une économie des droits humains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;architecture est claire : transformer les systèmes économiques (fiscalité juste, finance régulée, économie sociale et solidaire) ; refonder le travail et le soin (revenus garantis, démocratie économique, valorisation du <em>care</em>) ; universaliser les services publics et la protection sociale ; rendre justice à l&rsquo;écologie (sobriété, communs, justice climatique) ; refonder l&rsquo;ordre économique international (justice fiscale, annulation de dettes) ; démocratiser la planification (assemblées citoyennes, indicateurs de bien-être au-delà du PIB). Le tout adossé à un cadre juridique : celui des droits humains, qui cesserait d&rsquo;être un horizon décoratif pour devenir une boussole opérationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment continuer à célébrer chaque dixième de point de croissance comme une victoire, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;accompagne d&rsquo;une concentration accrue des richesses et d&rsquo;un climat qui se dérègle ? Comment accepter que la lutte contre la pauvreté reste cantonnée à la charité publique, alors que les leviers structurels — fiscalité, salaires, dette, services publics — sont bien identifiés ? Et comment ignorer la voix des premier·ère·s concerné·e·s, dont De Schutter rappelle qu&rsquo;aucune expertise ne peut remplacer la leur ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole pour l&rsquo;après</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mandat du juriste belge s&rsquo;achève, mais le chantier qu&rsquo;il ouvre engage déjà le prochain agenda mondial du développement, post-2030. La feuille de route est posée sur la table : accessible, opérationnelle, étayée par 400 contributions et des dizaines de profils de politiques publiques. Reste à ce que les gouvernements — y compris le nôtre — cessent de s&rsquo;en remettre à la seule croissance et acceptent de regarder en face la mécanique qu&rsquo;ils alimentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manufacturée, donc démontable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#PauvretéZéro #DroitsHumains #PostCroissance #JusticeSociale #DeSchutter</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/05/demanteler-la-fabrique-de-la-pauvrete/">Démanteler la fabrique de la pauvreté</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;année 2025: l&#8217;année des prédateurs</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 06:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans sa préface au rapport annuel 2026 d&#8217;Amnesty International, Agnès Callamard qualifie 2025 d&#8217;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit ... </p>
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<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans sa préface au <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/04/amnesty-international-calls-states-to-stop-predatory-era-taking-hold/" target="_blank" rel="noopener" title="">rapport annuel 2026 d&rsquo;Amnesty International</a>, Agnès Callamard qualifie 2025 d&rsquo;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit selon lequel l&rsquo;ordre international de 1948 aurait toujours été une « chimère ».</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;année où les pare-feu ont cédé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic est implacable. Tout au long de 2025, selon Agnès Callamard, « le bien commun de l&rsquo;humanité » a été la proie de « prédateurs voraces » dont la soif de domination économique s&rsquo;est traduite par répressions, déplacements forcés et violences massives. Gaza, Ukraine, Soudan, RDC, Myanmar, Iran : les atrocités s&rsquo;enchaînent. Face à cela, la plupart des gouvernements, notamment européens, ont « joué la carte de la capitulation ». Certains sont allés jusqu&rsquo;à imiter les prédateurs ; d&rsquo;autres ont préféré se fondre dans leur ombre. Seule une poignée d&rsquo;États leur ont fait front.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La fable de « l&rsquo;illusion »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être la contribution la plus forte du texte. Au discours qui présente désormais l&rsquo;ordre de 1948 comme obsolète, Callamard oppose un rappel historique précis : la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, la Convention sur le génocide, les Pactes internationaux ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit du travail, « souvent au grand dam d&rsquo;acteurs bien plus puissants », de générations de diplomates et de militant·e·s, notamment issu·e·s des jeunes États d&rsquo;Afrique, des Caraïbes, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie. Et la formule claque : « Il n&rsquo;appartient pas à celles et ceux qui trahissent les promesses de proclamer que celles-ci sont illusoires. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un « nouvel ordre » qui sent le vieux monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Début 2026, le secrétaire d&rsquo;État états-unien Marco Rubio a exposé la vision de substitution : une alliance de pays occidentaux et chrétiens menée par Washington, enracinée dans un « héritage commun » présenté en termes romantiques. Callamard renvoie froidement l&rsquo;image : cette histoire est aussi « faite de domination, de colonialisme, d&rsquo;esclavage et de génocide ». Pas d&rsquo;alternative réelle du côté de Pékin non plus, qui rejette l&rsquo;universalité des droits humains. Ce qu&rsquo;on nous propose ? La suprématie du commerce et l&rsquo;hégémonie de la technologie, la guerre à la société civile, l&rsquo;envolée des budgets militaires et les coupes dans l&rsquo;aide internationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui a résisté, quand même</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. La préface détaille les brèches ouvertes en 2025 : mandats d&rsquo;arrêt de la CPI contre deux dirigeants talibans pour persécution liée au genre, remise de l&rsquo;ancien président philippin Rodrigo Duterte à la Cour, 156 États votant pour des négociations sur les armes autonomes, avis consultatifs climatiques de la CIJ et de la Cour interaméricaine, grèves de dockers en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour bloquer les livraisons d&rsquo;armes vers Israël. La Belgique figure nommément parmi les États qui se sont engagés à infléchir ou suspendre ce commerce d&rsquo;armes avec Israël — aux côtés notamment de l&rsquo;Espagne, de l&rsquo;Afrique du Sud, de la Colombie et de la Slovénie. Au Népal, un gouvernement est tombé sous la pression d&rsquo;une jeunesse mobilisée contre la corruption. Au Danemark, en Norvège, au Luxembourg et au Malawi, les droits reproductifs ont progressé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir l&rsquo;histoire, ou l&rsquo;écrire ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment accepter que des puissant·e·s décrètent « illusoire » ce qui a protégé, même imparfaitement, des millions de personnes ? Comment se résigner à voir l&rsquo;ordre fondé sur les règles remplacé par celui des prédateurs, simplement parce qu&rsquo;il dérange leurs intérêts ? Et comment nos gouvernements peuvent-ils financer la diplomatie multilatérale tout en se taisant devant le génocide à Gaza ? Callamard ne prétend pas que le système de 1948 soit parfait : elle rappelle le « deux poids, deux mesures », la paralysie, les millions de victimes ignorées. Mais résister, prévient-elle, ne signifie pas défendre un monde figé. C&rsquo;est « imaginer une vision transformée et transformatrice des droits humains ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message final est sans ambiguïté : « Nous ne subissons pas seulement l&rsquo;histoire. Nous l&rsquo;écrivons aussi. » À chacun·e, dans son rôle — électeur·rice, consommateur·rice, militant·e, investisseur·euse — d&rsquo;écrire la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résister. Transformer. Écrire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Amnesty #Multilatéralisme #Callamard #Résistance</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>« Ils gagnent presque autant qu&#8217;moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 09:57:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
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		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si un travailleur gagne à peine plus qu'un chômeur, le problème n'est pas que les allocations sont trop hautes. C'est que son salaire est trop bas. Chiffres belges, réforme De Wever et flexi-jobs à la loupe.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/">« Ils gagnent presque autant qu’moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La scène est familière. Dans une conversation, quelqu&rsquo;un lâche : <em>« Moi je bosse et je touche à peine plus qu&rsquo;un chômeur. C&rsquo;est quoi l&rsquo;intérêt de travailler ? »</em> La frustration est réelle. Mais la cible est soigneusement mal choisie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le vrai problème n&rsquo;est pas en bas, il est au-dessus.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Commençons par les chiffres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, l&rsquo;allocation de chômage pour un isolé s&rsquo;élève au <strong>maximum à environ 1.594 euros net par mois</strong> — soit 1.773 euros brut auxquels s&rsquo;applique un précompte professionnel de 10,09 %. Pour un cohabitant, elle descend à <strong>1.054 euros net</strong> (1.172 euros brut). Le minimum garanti pour un isolé est de <strong>1.293 euros net</strong> (1.438 euros brut). Ça fait peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le <a href="https://www.bruxelles-j.be/droits-sociaux/obtenir-de-laide-du-cpas/quels-sont-les-categories-et-les-montants-du-revenu-dintegration-et-de-laide-sociale-et-que-se-passe-t-il-si-on-a-des-revenus-par-ailleurs/">revenu d&rsquo;intégration du CPAS</a>, dont certains parlent comme d&rsquo;une rente ? Il s&rsquo;élève à <strong>1.340,47 euros par mois pour une personne seule</strong> (taux au 1er février 2025). Contrairement aux allocations de chômage, le RIS est versé net, sans retenue de précompte ni de cotisations ONSS personnelles. Ce que le CPAS verse, c&rsquo;est ce que la personne reçoit. Avec ça, il faut payer un loyer, manger, se soigner, se déplacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Note : Tous les montants de cet article sont exprimés en net mensuel (ce que la personne perçoit effectivement), sauf indication contraire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre côté, le <a href="https://emploi.belgique.be/fr/themes/remuneration/salaire-minimum/revenu-mensuel-minimum-moyen-garanti">salaire minimum brut</a> en Belgique est de <strong>2.351 euros brut par mois</strong> depuis janvier 2025, soit environ <strong>1.954 euros net</strong>. L&rsquo;écart existe, oui. Mais voilà la vraie question : pourquoi est-il si faible ? Pas parce que les allocations sont trop généreuses — la Belgique a l&rsquo;un des taux de remplacement les plus bas d&rsquo;Europe, à 65 %. C&rsquo;est parce que les bas salaires sont trop bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Récapitulatif comparatif (montants nets mensuels, isolé)</strong></p>







<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le piège du flexi-job</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour compléter des salaires insuffisants, de plus en plus de Belges cumulent leur emploi principal avec un flexi-job. En 2024, <a href="https://www.onss.be/actualites/2025/07/09/les-plus-de-65-ans-adoptent-massivement-les-flexi-jobs-une-hausse-record-du-nombre-de-travailleurs-et-des-revenus-en-2024">229.423 Belges ont exercé un flexi-job</a> — 19,1 % de plus qu&rsquo;en 2023 — pour un gain moyen de <strong>3.342 euros par an</strong>, exonérés d&rsquo;impôts. Ce n&rsquo;est pas un luxe : 17 % des personnes concernées déclarent avoir besoin de ce complément pour joindre les deux bouts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat ? Quand autant de travailleurs acceptent n&rsquo;importe quelle condition pour s&rsquo;en sortir, tout le monde perd en pouvoir de négociation. Et au lieu de regarder qui tire profit de cette situation, on regarde son voisin qui touche une allocation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une mécanique ancienne : mettre les gens du bas de l&rsquo;échelle en compétition entre eux pour qu&rsquo;ils ne regardent jamais vers le haut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En haut, pendant ce temps…</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mettons les chiffres en perspective. Selon <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/emploi-et-formation/salaires-et-cout-de-la-main-doeuvre">Statbel</a>, 10 % des salariés belges gagnent moins de <strong>2.443 euros brut par mois</strong>, tandis que les 10 % les mieux payés touchent au moins <strong>6.305 euros brut</strong>. Les directeurs de société, eux, perçoivent en moyenne <strong>11.772 euros par mois</strong>, soit 189 % au-dessus de la moyenne nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la fraude et l&rsquo;évasion fiscale ? Selon <a href="https://www.lacsc.be/actualite/newsletter-vista/la-lutte-contre-la-fraude--une-arme-necessaire-pour-l-equilibre--budgetaire">Oxfam Belgique et la CSC</a>, elles coûtent chaque année <strong>30,4 milliards d&rsquo;euros</strong> à la Belgique — soit <strong>93,5 % du budget des soins de santé</strong>. Cela représente environ 6.050 euros par an par citoyen actif, soit un peu plus de deux mois et demi d&rsquo;un salaire net moyen. En 2020, <a href="https://www.rtbf.be/article/la-belgique-lutte-t-elle-suffisamment-contre-la-fraude-fiscale-11200380">383 milliards d&rsquo;euros de transactions</a> ont été déclarés par des entreprises belges vers des paradis fiscaux — légalement, mais révélant l&rsquo;ampleur des flux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Distinction importante : la fraude fiscale (illégale) et l&rsquo;optimisation fiscale agressive (légale mais moralement discutable) sont deux phénomènes distincts. Les 30,4 milliards couvrent les deux. Les 383 milliards représentent des transactions légalement déclarées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est le chômeur qu&rsquo;on montre du doigt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réforme De Wever : le troisième tiers dont personne ne parle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis janvier 2026, la réforme du chômage s&rsquo;applique. Après 24 mois sans emploi, les allocations s&rsquo;arrêtent. Les personnes exclues sont censées, selon le gouvernement, se répartir en trois groupes : un tiers retrouve un emploi, un tiers se tourne vers le CPAS, et un tiers&#8230; dispose de moyens suffisants et n&rsquo;a besoin de rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce troisième tiers est ahurissant. La <a href="https://www.cdc-ccrek.be/">Cour des comptes elle-même</a> a vivement critiqué cette estimation gouvernementale. Parce que si ces personnes avaient des moyens suffisants, elles n&rsquo;auraient pas été au chômage depuis des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité, c&rsquo;est que ce « troisième tiers » ne va probablement nulle part. Ces personnes risquent de disparaître simplement des statistiques. Elles ne retrouvent pas d&#8217;emploi. Elles n&rsquo;ont pas de patrimoine caché. Elles ne s&rsquo;adressent pas au CPAS parce qu&rsquo;elles n&rsquo;y ont pas droit — notamment parce qu&rsquo;elles cohabitent avec quelqu&rsquo;un qui travaille — ou parce que la complexité administrative les dépasse, ou par honte. Le président d&rsquo;un CPAS wallon a résumé la situation clairement : <strong><em>« On va faire disparaître des gens du radar pour les statistiques. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et sur le terrain, les CPAS observent déjà des disparités importantes, avec des présidents qui craignent un afflux « crescendo » dans les mois à venir. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral admet ne pas disposer de données sur le nombre de personnes exclues du chômage qui s&rsquo;adressent effectivement aux CPAS. Il a lancé une réforme massive sans se donner les moyens de mesurer ses propres effets.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi cette réforme arrange certains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La CSC l&rsquo;exprime sans détour : supprimer l&rsquo;allocation tend à pousser les gens à accepter n&rsquo;importe quel emploi à n&rsquo;importe quelles conditions, et contribue à renforcer la pression pour accepter des conditions de travail dégradées. Un travailleur qui sait qu&rsquo;il tombera dans le vide après deux ans de chômage est un travailleur qui n&rsquo;ose plus refuser. Ni un salaire trop bas. Ni des horaires impossibles. Ni un contrat précaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;après les chiffres de l&rsquo;ONEM, <strong>82 % des chômeurs de 55 ans et plus seront bel et bien exclus</strong> par cette réforme, contrairement aux affirmations du gouvernement sur leur protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La colère contre « ceux qui touchent des allocations » contribue mécaniquement à cet objectif. Elle divise ceux qui devraient regarder dans la même direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question à poser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La prochaine fois que quelqu&rsquo;un dit <em>« les chômeurs gagnent presque autant que moi »</em>, il y a une réponse simple : <strong><em>« Et toi, pourquoi gagnes-tu si peu ? »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que le vrai scandale n&rsquo;est pas que certains reçoivent 1.340 euros d&rsquo;aide d&rsquo;urgence. C&rsquo;est que des entreprises envoient 383 milliards vers des paradis fiscaux. Que des gens travaillent à plein temps et ont besoin d&rsquo;un deuxième job pour survivre. Et qu&rsquo;un gouvernement supprime des allocations sans même savoir où iront les personnes concernées.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4e6.png" alt="📦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <em>« Le chômage à vie n&rsquo;existe qu&rsquo;en Belgique » : un mythe à déconstruire</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On entend souvent : <em>« En Belgique, on peut toucher le chômage à vie — c&rsquo;est une exception scandaleuse. »</em> C&rsquo;est faux. Ou plutôt : c&rsquo;est une question de vocabulaire soigneusement entretenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les États membres de l&rsquo;Union européenne garantissent un revenu minimum, confirme la Commission européenne. Les noms changent selon les pays, mais le principe est le même : si vous n&rsquo;avez plus de ressources suffisantes, la société vous garantit un plancher, indéfiniment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, c&rsquo;est le RSA. Il n&rsquo;y a pas de limite de temps. En Allemagne, c&rsquo;est le Bürgergeld : sans durée maximale. Au Portugal, le Revenu Social d&rsquo;Insertion est accordé pour 12 mois renouvelables sans limite. En Espagne, en Italie, au Luxembourg, même logique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence belge, c&rsquo;est l&rsquo;étiquette — pas le principe. Ce que la Belgique appelait « allocation de chômage de longue durée » correspond fonctionnellement, dans d&rsquo;autres pays, à ce qu&rsquo;on nomme « aide sociale ». Avec la réforme De Wever, la Belgique ne supprime pas le « chômage à vie » : elle le renomme et le déplace au CPAS.<br>Ce qu&rsquo;on supprime réellement, c&rsquo;est la dignité de l&rsquo;accès. <em>Le chômage était un droit contributif, automatique, lié au passé professionnel. Le RIS du CPAS implique une enquête sociale, un examen du patrimoine, des obligations contractuelles, et — surtout — la honte sociale associée au fait de « demander la charité ». Des personnes n&rsquo;osent pas franchir la porte du CPAS, même quand elles y ont droit.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/">« Ils gagnent presque autant qu’moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Droits humains : le monde bascule, et nous ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 08:54:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[CPI]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=797</guid>

					<description><![CDATA[<p>Droits humains : le monde bascule, et nous ?<br />
Le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch sonne l'alarme : l'ordre international des droits humains vacille sous les assauts conjugués de Washington, Pékin et Moscou. Mais la résistance citoyenne refuse de plier.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <a href="https://www.hrw.org/fr/world-report/2026" target="_blank" rel="noopener" title="">Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch</a> dresse un constat alarmant : sous les coups de l&rsquo;administration Trump, soutenue tacitement par Pékin et Moscou, l&rsquo;édifice international des droits humains vacille dangereusement. Mais la résistance citoyenne, partout dans le monde, refuse de céder.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a vingt ans, les États-Unis mobilisaient la communauté internationale contre les atrocités au Darfour. Aujourd&rsquo;hui, le président Trump se vante de « ne pas avoir besoin du droit international », préférant s&rsquo;appuyer sur sa « propre morale ». Le contraste est vertigineux. Et le constat de Human Rights Watch, dans son Rapport mondial 2026, est sans appel : 2025 a marqué un point de bascule.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;étau se resserre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En à peine douze mois, l&rsquo;administration américaine s&rsquo;est retirée du Conseil des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU et de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé. Elle a sanctionné le Procureur de la Cour pénale internationale, gelé l&rsquo;aide étrangère vitale pour des millions de personnes — hommes, femmes et enfants — et boycotté l&rsquo;examen de son propre bilan en matière de droits humains. Elle prévoit de quitter 66 organisations internationales, qualifiées de « modèle obsolète de multilatéralisme ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, 72 % de la population mondiale vit désormais sous des régimes autocratiques, un niveau comparable à celui de 1985. La vague démocratique amorcée il y a un demi-siècle a cédé la place à ce que les universitaires appellent une « récession démocratique ». Et cette fois, les États-Unis eux-mêmes figurent parmi les pays qui reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Europe dans l&rsquo;ombre ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette offensive autoritaire, que font nos gouvernements ? Force est de reconnaître que la réponse européenne a de quoi inquiéter. L&rsquo;Union européenne, le Canada, l&rsquo;Australie semblent mettre en sourdine leurs préoccupations, craignant de froisser Washington ou Pékin. En Europe occidentale — y compris en Belgique —, les restrictions aux activités de la société civile et aux manifestations se multiplient. Au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, de nombreux·ses citoyen·ne·s acceptent que les droits des « autres » soient rognés : migrant·e·s, femmes, minorités, personnes LGBT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;histoire nous l&rsquo;enseigne, et le rapport le rappelle avec force : les aspirant·e·s autocrates ne s&rsquo;arrêtent jamais aux « autres ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau mondial assombrit encore le constat. Au Soudan, les Forces de soutien rapide commettent des meurtres et des viols à grande échelle au Darfour — avec le soutien militaire présumé des Émirats arabes unis. Dans le Territoire palestinien occupé, plus de 70 000 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dans une réponse internationale largement insuffisante. En Ukraine, les crimes russes se poursuivent tandis que Trump propose une « amnistie totale » pour les crimes de guerre. Le message de cette ère est limpide : la force fait loi et les atrocités n&#8217;empêchent pas de conclure des deals.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment encore y croire ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment avoir confiance dans un système international où les États-Unis, la Chine et la Russie — trois puissances aux moyens considérables — partagent désormais un même mépris pour les normes qui pourraient limiter leur pouvoir ? Comment croire à la justice internationale quand Washington sanctionne la CPI tandis que Moscou fait condamner ses magistrat·e·s par contumace ? Comment, depuis Bruxelles ou Liège, regarder ailleurs quand nos propres gouvernements restent silencieux face à ces gouffres que creusent les grandes puissances ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espoir est dans la rue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. Chaque jour, nous voyons éclore des résistances. Les manifestations « No Kings » ont rassemblé des millions d&rsquo;Américain·e·s. En Corée du Sud, le parlement a destitué un président qui tentait d&rsquo;imposer la loi martiale. Au Népal, en Indonésie, au Maroc, la génération Z se dresse contre la corruption et la mauvaise gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Human Rights Watch appelle à la création d&rsquo;une nouvelle alliance mondiale de démocraties respectueuses des droits — du Brésil au Japon, de l&rsquo;Afrique du Sud à la Corée du Sud. Des initiatives existent déjà : le sommet « La démocratie pour toujours » au Chili en juillet 2025, le Groupe de La Haye pour la défense du droit international, plus de 70 pays signataires d&rsquo;une déclaration commune pour le multilatéralisme à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces coalitions ne suffiront pas sans nous. Sans les citoyen·ne·s qui descendent dans la rue. Sans les organisations qui documentent, dénoncent et mobilisent — malgré les menaces croissantes. Au Soudan, en Ukraine, à Hong Kong, des réseaux locaux de solidarité comblent les défaillances des États. Ils sont la preuve vivante que le pouvoir du peuple reste un moteur de changement, même dans les heures les plus sombres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charge à nous non pas de contempler l&rsquo;obscurité, mais de fournir les bougies qui éclaireront les pistes vers un avenir où le respect de tous les droits fondamentaux ne sera pas négociable. Briser la vague autoritaire est le défi de toute une génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de le relever.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #HRW2026 #Démocratie #Autoritarisme #SociétéCivile #DroitInternational #Multilatéralisme #Trump #Résistance #DignitéHumaine</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/">Droits humains : le monde bascule, et nous ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Notre humanité est en jeu</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/01/notre-humanite-est-en-jeu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 11:44:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=763</guid>

					<description><![CDATA[<p>Premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la dignité est le socle de tous nos droits fondamentaux. Mais elle est bien plus qu'un bouclier : elle nous oblige.<br />
La dignité nous est reconnue du simple fait d'exister. Comme le rappelle Achille Mbembe, personne n'a choisi de naître ici ou ailleurs, dans l'abondance ou la précarité. Cette absence de choix fonde l'égale dignité de tou·te·s.<br />
Pourtant, certain·e·s subissent une double peine : les femmes victimes de violences systémiques, les migrant·e·s criminalisé·e·s pour avoir fui la guerre, les populations du Sud frappées par un dérèglement climatique dont elles ne sont pas responsables.<br />
La question qui nous interpelle : comment préserver notre propre dignité si nous détournons le regard ? Notre dignité ne peut être complète tant que celle des autres est piétinée.<br />
Elle n'est pas un trésor à conserver jalousement : elle grandit lorsqu'elle se partage.<br />
À nous d'agir.</p>
<p>#Dignité #DroitsHumains #DUDH #Solidarité #DroitsDesFemmes #Migrants #JusticeClimatique</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/01/notre-humanite-est-en-jeu/">Notre humanité est en jeu</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inscrite dès le premier article de la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, la dignité humaine est le socle de tous nos droits fondamentaux. Mais si elle nous protège, ne nous oblige-t-elle pas aussi ? Réflexion sur ce qui fait de nous des êtres humains – et des citoyen·ne·s.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »</em> Ces mots, gravés dans l&rsquo;article premier de la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme adoptée le 10 décembre 1948, constituent le fondement de tout l&rsquo;édifice des droits humains. Avant même la liberté, avant l&rsquo;égalité, il y a la dignité. Elle n&rsquo;est pas un droit parmi d&rsquo;autres : elle est ce qui rend tous les autres droits possibles et nécessaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le socle de notre humanité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dignité est ce qui nous est reconnu du simple fait d&rsquo;exister. Elle ne se mérite pas, ne se gagne pas, ne peut être retirée par aucun régime, aucune loi, aucun bourreau. Comme l&rsquo;écrit le philosophe Achille Mbembe : « La décision concernant notre engendrement ne nous appartenant point, nous ne sommes donc pas comptables devant le fait d&rsquo;être né. Encore moins d&rsquo;être né là, de ceux et celles-là, dans ce pays et dans ces conditions. »<sup data-fn="d3f8c159-471e-41ec-9ac3-d4f923d7420f" class="fn"><a id="d3f8c159-471e-41ec-9ac3-d4f923d7420f-link" href="#d3f8c159-471e-41ec-9ac3-d4f923d7420f">1</a></sup></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vérité est radicale. Personne n&rsquo;a choisi de naître femme ou homme, ici ou ailleurs, dans l&rsquo;abondance ou la précarité. Cette absence de choix fonde précisément l&rsquo;égale dignité de tou·te·s. D&rsquo;explication ou de justification, nous n&rsquo;en devons aucune à aucune instance quant au fait brut de notre existence. Et pourtant, combien sont jugé·e·s, condamné·e·s, rejeté·e·s pour ce qu&rsquo;ils et elles n&rsquo;ont jamais choisi ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dignités piétinées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de reconnaître que certain·e·s subissent une double, voire une triple peine. Les femmes, d&rsquo;abord, dont la dignité est quotidiennement bafouée par les violences sexistes, les discriminations systémiques, le contrôle exercé sur leurs corps. Du harcèlement de rue aux féminicides, de l&rsquo;inégalité salariale aux entraves à l&rsquo;avortement, leur humanité est sans cesse remise en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les migrant·e·s, ensuite, coupables d&rsquo;être né·e·s du mauvais côté d&rsquo;une frontière arbitraire. Ces femmes, ces hommes et ces enfants qui dorment sur les trottoirs de Bruxelles ou de Liège, à qui la police confisque parfois les bâches avec lesquelles ils et elles tentent de se protéger du froid. Leur crime ? Avoir fui la guerre, la misère, la persécution. Avoir osé croire que leur vie valait quelque chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les victimes du réchauffement climatique, enfin, doublement invisibilisées. Celles et ceux qui voient leurs terres englouties par les eaux, leurs récoltes anéanties par la sécheresse, leur existence rendue impossible par un dérèglement dont ils et elles ne sont pas responsables. Le Bangladesh n&rsquo;a pas provoqué la crise climatique. Le Sahel non plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le miroir qui nous regarde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment préserver notre propre dignité quand nous détournons le regard ? Comment rester digne lorsque nous savons que des armes fabriquées en Wallonie servent à massacrer des civil·e·s au Soudan ? Comment nous regarder dans le miroir quand la Méditerranée continue d&rsquo;engloutir celles et ceux que Frontex refoule ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dignité, comprise dans toute sa profondeur, n&rsquo;est pas seulement un bouclier. Elle est aussi un aiguillon. Elle nous interpelle, nous bouscule, nous empêche de nous réfugier dans l&rsquo;indifférence confortable. Reconnaître la dignité de l&rsquo;autre, c&rsquo;est reconnaître qu&rsquo;il ou elle est mon égal·e en humanité. Et cette reconnaissance m&rsquo;engage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jour, des citoyen·ne·s refusent de se résigner. À Bruxelles, des bénévoles accueillent les exilé·e·s que l&rsquo;État abandonne. Des femmes brisent le silence et se lèvent ensemble. Des jeunes se mobilisent pour la Palestine, conscient·e·s que la dignité des générations futures se joue maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces femmes et ces hommes ne font pas que défendre les droits des autres. Ils et elles honorent leur propre dignité en refusant d&rsquo;être complices par leur silence. Notre dignité ne peut être complète si nous acceptons que celle des autres soit piétinée. Elle n&rsquo;est pas un trésor à conserver jalousement : elle grandit lorsqu&rsquo;elle se partage, elle s&rsquo;étiole lorsqu&rsquo;elle se replie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre dignité exige que nous luttions pour celle des autres. C&rsquo;est notre humanité qui est en jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;agir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#Dignité #DroitsHumains #DUDH #Solidarité #DroitsDesFemmes #Migrants #JusticeClimatique #Humanité</strong></p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="d3f8c159-471e-41ec-9ac3-d4f923d7420f">https://aoc.media/opinion/2025/12/29/meditation-sur-le-passant-2 <a href="#d3f8c159-471e-41ec-9ac3-d4f923d7420f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol>


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		<title>Visas Schengen : l&#8217;Europe ferme sa porte aux défenseurs des droits humains</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/10/30/visas-schengen-leurope-ferme-sa-porte-aux-defenseurs-des-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Oct 2025 17:35:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Obtenir un visa Schengen relève du parcours du combattant pour les défenseurs des droits humains d&#8217;Afrique, d&#8217;Asie et du Moyen-Orient. Dans un nouveau rapport, Amnesty International dénonce un système qui exclut les voix du Sud des forums décisionnels internationaux et contredit les engagements européens en matière de droits humains. Dans l&#8217;espace Schengen européen, les systèmes ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Obtenir un visa Schengen relève du parcours du combattant pour les défenseurs des droits humains d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Asie et du Moyen-Orient. Dans <a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/visa-schengen" title="">un nouveau rapport</a>, Amnesty International dénonce un système qui exclut les voix du Sud des forums décisionnels internationaux et contredit les engagements européens en matière de droits humains.</strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;espace Schengen européen, les systèmes de visas fonctionnent comme un véritable parcours d&rsquo;obstacles pour les défenseurs des droits humains venus de différentes régions du monde. Par conséquent, nombre d&rsquo;entre eux se voient empêchés de participer à des forums décisionnels importants. Or, ces obstacles sont en totale contradiction avec les droits et les valeurs que les États Schengen prétendent défendre, dénonce Amnesty International dans un rapport publié le 20 octobre 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intitulé <em>Fermer la porte ? Comment les politiques en matière de visas dans l&rsquo;espace Schengen européen nuisent aux défenseurs des droits humains</em>, ce rapport documente les nombreux obstacles auxquels sont confrontés les militants de 104 pays soumis à des restrictions en matière de visas. Ces pays se situent principalement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. Lorsque ces défenseurs tentent d&rsquo;obtenir des visas de courte durée pour se rendre dans l&rsquo;espace Schengen, c&rsquo;est afin de mener des actions de plaidoyer, de créer des réseaux ou de se mettre à l&rsquo;abri des risques auxquels ils sont exposés dans leur pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, l&rsquo;impact négatif sur leur mobilité équivaut à une discrimination indirecte. En effet, ces défenseurs des droits humains sont pour la plupart racialisés comme étant noirs, asiatiques et/ou musulmans, souligne l&rsquo;analyse de l&rsquo;organisation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des voix exclues des espaces décisionnels</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L&rsquo;impossibilité d&rsquo;obtenir un visa Schengen signifie que les voix et les témoignages des défenseurs des droits humains des pays du Sud sont exclus des forums où sont prises des décisions qui affectent profondément leur vie »</em>, affirme Erika Guevara Rosas, directrice principale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Si les États Schengen ont le droit de décider qui entre sur leur territoire, l&rsquo;impact de leurs systèmes de visas sur les défenseurs des droits humains de 104 pays représente un décalage flagrant entre ce à quoi ils se sont engagés, à travers leurs lignes directrices et autres engagements visant à protéger les défenseurs des droits humains, et ce qu&rsquo;ils font réellement. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il est indispensable de garantir aux défenseurs des droits humains un accès fiable, prévisible, transparent et rapide aux visas Schengen de court séjour afin de leur permettre d&rsquo;exercer leur droit de défendre les droits sans discrimination. »</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un parcours semé d&#8217;embûches</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le code des visas de l&rsquo;UE, l&rsquo;instrument législatif régissant les visas Schengen de court séjour, permet d&rsquo;accepter au cas par cas les demandes qui ne remplissent pas toutes les conditions requises. Pourtant, les personnes qui reçoivent et traitent ces demandes – y compris les prestataires de services externes – semblent souvent ignorer l&rsquo;existence de cette flexibilité. Résultat : de nombreux obstacles surgissent, notamment le rejet des demandes avant même qu&rsquo;elles n&rsquo;atteignent le stade de la prise de décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier obstacle est simplement de savoir où déposer une demande. De nombreux États Schengen n&rsquo;ont pas de représentations diplomatiques dans tous les pays soumis à des restrictions en matière de visas. Par conséquent, les défenseurs des droits humains peuvent être contraints de se rendre dans un autre pays pour déposer leur demande, ce qui peut s&rsquo;avérer financièrement prohibitif ou présenter un risque pour leur sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;ajoutent à cela d&rsquo;autres obstacles : le temps nécessaire pour obtenir un rendez-vous, l&rsquo;attente d&rsquo;une décision et la durée de validité des visas. Dans certains cas, les visas sont délivrés trop tard ou pour une période si courte qu&rsquo;ils ne tiennent compte ni du temps nécessaire pour se rendre sur place et en revenir, ni des éventuels retards de vol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les demandeurs de visa sont souvent tenus de fournir une longue liste de pièces justificatives, comprenant généralement des preuves de leurs moyens financiers : situation professionnelle, bulletins de salaire ou preuves de propriété immobilière. <strong>Or</strong>, cela est particulièrement difficile pour les militants, en particulier ceux qui sont les plus marginalisés et discriminés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une défenseuse des droits humains issue de la communauté dalit au Népal témoigne : « Ils demandent des relevés bancaires à ceux qui souhaitent se rendre dans un État Schengen. Imaginez ce que cela signifie pour des personnes qui vivent dans une situation où elles ne peuvent même pas gagner leur vie au quotidien. Certaines personnes qui souhaitent mener des actions de plaidoyer au niveau international peuvent ne pas disposer de ces moyens, car elles sont défenseuses des droits humains et la plupart de leurs actions de plaidoyer sont menées à titre bénévole. »</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une discrimination indirecte par la race</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ces obstacles entraînent une discrimination indirecte à l&rsquo;égard des défenseurs des droits humains. En effet, les politiques en matière de visas Schengen ont un impact disproportionné sur les demandeurs issus de minorités racialisées. <strong>Bi</strong>en que les règles en matière de visas soient apparemment neutres sur le plan racial – puisqu&rsquo;elles ne mentionnent pas explicitement la race ou l&rsquo;origine ethnique comme motifs de traitement différencié – il existe une forte corrélation entre les pays soumis à des restrictions en matière de visas et les populations racialisées comme noires, asiatiques et/ou musulmanes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des avancées timides, mais insuffisantes</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En juin 2024, la Commission européenne a publié une version révisée du Manuel des visas de l&rsquo;UE, qui comprend désormais des exemples pratiques illustrant comment faciliter les demandes de visa des défenseurs des droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Amnesty International se félicite de cette évolution. Toutefois, l&rsquo;organisation appelle les pays de l&rsquo;espace Schengen à veiller à ce que ce manuel révisé soit largement diffusé et pleinement mis en œuvre. Il est crucial que les agents des services des visas du monde entier – y compris les prestataires de services externes – soient pleinement formés à la manière de faciliter les déplacements des défenseurs des droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l&rsquo;organisation demande aux pays Schengen de collecter des données ventilées par race et origine ethnique afin de mettre fin à la discrimination dans le système des visas, ainsi que d&rsquo;élaborer et de mettre en œuvre une procédure de visa facilitée pour les défenseurs des droits humains, incluant un traitement accéléré des demandes. En outre, les pays Schengen devraient délivrer plus régulièrement des visas à long terme et à entrées multiples, qui constituent des outils de protection essentiels permettant aux militants de voyager lorsque nécessaire sans avoir à franchir à chaque fois les mêmes obstacles bureaucratiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Contexte</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;espace Schengen comprend 29 pays, dont la plupart sont des États membres de l&rsquo;UE, ainsi que des pays non membres tels que la Suisse et la Norvège. Tous sont liés par le code des visas de l&rsquo;UE pour la délivrance de visas Schengen de courte durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce rapport, Amnesty International s&rsquo;est entretenue avec 42 organisations internationales – basées à la fois dans l&rsquo;espace Schengen et dans des pays soumis à des restrictions en matière de visas – qui ont facilité les déplacements de centaines de défenseurs des droits humains au fil des ans. L&rsquo;organisation a également recueilli les témoignages de 32 défenseurs ayant une expérience directe des procédures de visa.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #VisaSchengen #Discrimination #LibertéDeMouvement #AmnestyInternational #DefenseursDesDroitsHumains #Europe #Justice #Migrations #DiscriminationRaciale</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/10/30/visas-schengen-leurope-ferme-sa-porte-aux-defenseurs-des-droits-humains/">Visas Schengen : l’Europe ferme sa porte aux défenseurs des droits humains</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Violences conjugales : repenser la justice au-delà du pénal</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/10/22/violences-conjugales-repenser-la-justice-au-dela-du-penal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 14:16:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[Prisons]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une femme sur trois en Belgique a vécu des violences conjugales. Pourtant, le système pénal revictimise souvent au lieu de réparer. Ce dossier explore les impasses de la justice pénale et les alternatives possibles : de la critique abolitionniste aux expériences de justice restaurative et transformatrice. Comment rendre justice sans ajouter de la violence à la violence ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face aux violences conjugales qui touchent une femme sur trois en Belgique, la réponse pénale montre ses limites. Entre témoignages de victimes confrontées à une justice inadaptée, analyses abolitionnistes et expériences de justice transformatrice, la <a href="https://www.liguedh.be/chronique-212-violences-conjugales-comment-rendre-justice/" target="_blank" rel="noopener" title="">dernière Chronique de la Ligue des droits humains</a> interroge radicalement notre manière de rendre justice. Peut-on vraiment combattre la violence par la violence ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, les chiffres glacent. Une femme sur trois de plus de 18 ans a déjà vécu des violences conjugales. Au moins 26 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint l&rsquo;année dernière. Pourtant, lorsque Victoria et Kadiatou franchissent les portes du système judiciaire, elles découvrent une machine qui produit souvent plus de violence qu&rsquo;elle n&rsquo;en répare.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand la justice revictimise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Victoria a tout enduré pendant des mois : violences psychologiques, physiques, sexuelles, emprise totale. Lorsqu&rsquo;elle porte plainte, la procédure révèle l&rsquo;ampleur du contrôle : caméras de surveillance, piratage de comptes, traceur GPS, enregistrements des viols. Deux ans plus tard, elle attend toujours son procès, raconte Aline Wavreille (<em><a href="https://www.liguedh.be/1-apres-les-coups-se-relever-pour-defendre-la-verite/" target="_blank" rel="noopener" title="">Après les coups, se relever pour défendre la vérité</a></em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Kadiatou, l&rsquo;intervention policière a empiré la situation. Les agents minimisent, invitent à « régler ça entre vous ». Son ex-conjoint leur offre un café. « Il a vu que la police n&rsquo;agirait pas contre lui », témoigne-t-elle. Au Centre de Prévention des Violences Conjugales, on confirme : les femmes noires, arabes, en difficulté socio-économique sont systématiquement moins bien prises en charge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devant les tribunaux, les agresseurs manipulent les institutions, épuisent les procédures. « Les juges laissent mon ex-conjoint dérouler ses mensonges. Pourquoi on le laisse parler alors que c&rsquo;est moi la victime ? » En 2022, deux tiers des affaires ont été classées sans suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La prison aggrave ce qu&rsquo;elle prétend réparer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les discours réclament plus de répression. Or, l&rsquo;incarcération renforce la récidive, exacerbe les émotions négatives, fabrique de l&rsquo;hostilité, analyse Juliette Béghin (<em><a href="https://www.liguedh.be/2-le-fleau-de-la-violence-conjugale-la-prison-un-remede-efficace/" target="_blank" rel="noopener" title="">Le fléau de la violence conjugale</a></em>). « Ajouter de la souffrance à la souffrance est un pur non-sens. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;institution carcérale accentue toutes les caractéristiques du patriarcat. Comment un auteur de violences peut-il remettre en question son comportement dans un lieu qui en amplifie tous les traits ? Les victimes le confirment : « J&rsquo;aurais préféré des soins, un suivi, pas la prison car ça n&rsquo;arrange rien. » Cette justice reste profondément inégalitaire : les hommes issus de milieux défavorisés, racisés, se retrouvent massivement derrière les barreaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peut-on se passer du pénal ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce constat, nombreux plaident pour des alternatives. Mais Diane Bernard invite à la nuance (<em><a href="https://www.liguedh.be/4-face-aux-violences-conjugales-peut-on-se-passer-du-penal/" target="_blank" rel="noopener" title="">Peut-on se passer du pénal ?</a></em>). Le choix n&rsquo;est pas évident. D&rsquo;abord, distinguer le pénal de ses dysfonctionnements. On peut critiquer les classements sans suite, les stéréotypes, tout en reconnaissant un sens au principe des procédures. Ne pas confondre pénal et carcéral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les alternatives sont multiples. En Belgique : médiations réparatrices, médiations-mesures, dispositifs extrajudiciaires. Mais seul l&rsquo;auteur peut refuser la médiation proposée, pas la victime. Cette asymétrie interroge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le fond, les fonctions diffèrent. Le pénal vise la réparation symbolique, la neutralisation, l&rsquo;affirmation publique de valeurs. Les alternatives visent une reconstruction profonde, une transformation. Le pénal peut neutraliser mais son efficacité sur la récidive est contestée. Les alternatives peuvent transformer mais manquent du potentiel protecteur immédiat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, le procès affirme publiquement l&rsquo;inacceptable. Les alternatives, plus confidentielles, peinent à remplir cette fonction symbolique. Ne pas nommer publiquement les violences risque d&rsquo;entretenir leur banalisation. Bernard souligne les risques : les alternatives peuvent reproduire les rapports de pouvoir, supposent une symétrie qui n&rsquo;existe pas en cas d&#8217;emprise. La question n&rsquo;est pas de choisir mais de réfléchir à leur articulation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;impasse structurelle du système pénal</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Margaux Coquet, qui développe une critique abolitionniste dans <em><a href="https://www.liguedh.be/3-le-systeme-penal-doit-etre-interrompu-plutot-que-repare/" target="_blank" rel="noopener" title="">Le système pénal doit être interrompu plutôt que réparé</a></em>, ces échecs sont structurels. Le système repose sur des mythes déconstruits par la recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier mythe : son intervention serait nécessaire au maintien de l&rsquo;ordre social. Or, la majorité des situations criminalisées sont déjà traitées ailleurs. Les alternatives sont donc déjà la règle. Deuxième mythe : la peine dissuaderait. Mais l&rsquo;association entre punition et dissuasion relève de l&rsquo;intuition. Les rares études concluent que la menace de la peine n&rsquo;est efficace que pour ceux qui n&rsquo;en ont pas besoin. Troisième mythe : la justice protégerait les victimes. En réalité, le processus pénal produit souvent une victimisation secondaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système reproduit les rapports de domination. Il criminalise à deux vitesses : les petits délits sont sévèrement réprimés, la criminalité économique, environnementale ou politique reste impunie. Les personnes pauvres, racisées ou étrangères sont surreprésentées. Il punit les individus en déconnectant artificiellement leur faute du contexte socio-économique, invisibilisant ainsi la pauvreté, l&rsquo;exclusion, les addictions à l&rsquo;origine des situations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monopole étatique de la violence produit un désinvestissement social, une perte de compétences en gestion collective des conflits. L&rsquo;abolitionnisme en déduit que le système est structurellement vicié. Les réformes n&rsquo;ont fait qu&rsquo;étendre son emprise. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;interrompre et de créer d&rsquo;autres formes de justice, indissociables des luttes pour la justice sociale, contre le capitalisme, la suprématie blanche, le patriarcat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La justice transformatrice : reprendre le pouvoir sur nos conflits</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines victimes se détournent des institutions étatiques. En filigrane : ne pas ajouter de la violence à la violence. Emmanuelle de Buisseret Hardy explore ces alternatives (<em><a href="https://www.liguedh.be/5-face-aux-violences-interpersonnelles-se-reapproprier-les-pratiques-de-justice-pour-transformer-les-communautes/" target="_blank" rel="noopener" title="">Se réapproprier les pratiques de justice</a></em>). La justice transformatrice désigne ces pratiques collectives hors du pénal, issues des processus autochtones et des luttes queer, noires, anti-racistes. Le problème commence avec les conditions sociales qui rendent la violence possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ruth Morris distingue deux types de victimes : celles de violences interpersonnelles et celles d&rsquo;injustices systémiques. Le pénal reconnaît les premières, ignore les secondes. La justice transformatrice considère qu&rsquo;il est de la responsabilité de la communauté de prendre en charge victime et auteur. Concrètement : un groupe de soutien à la victime, un groupe de responsabilisation de l&rsquo;auteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Morris identifie cinq besoins : sécurité, réponses, reconnaissance, réparation collective, sens. Le pénal n&rsquo;y répond pas. Cette approche se distingue de la justice restaurative, récupérée par le pénal, qui vise à restaurer un état antérieur déjà traversé par des dominations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une expérience en justice restaurative : promesses et limites</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais que se passe-t-il concrètement dans un parcours de justice restaurative ? Luce Goutelle, chercheuse indépendante et initiatrice du projet Traverser/Transcender, livre un témoignage rare et précieux (<em><a href="https://www.liguedh.be/6-hors-des-sentiers-battus-une-experience-en-justice-restaurative/" target="_blank" rel="noopener" title="">Hors des sentiers battus. Une expérience en justice restaurative</a></em>). Suite à des violences sexuelles, elle a poussé la porte d&rsquo;un service d&rsquo;accompagnement en justice restaurative, hors dépôt de plainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Pourquoi ne pas porter plainte ? » D&rsquo;innombrables personnes n&rsquo;ont cessé de le lui répéter. Comme si porter plainte était le graal, comme si cela allait tout régler. « Même les agresseurs semblaient déconcertés par le fait que je ne porte pas plainte. J&rsquo;ai eu le sentiment qu&rsquo;ils préféraient presque être punis plutôt que l&rsquo;espace de dialogue et de responsabilisation que je leur proposais. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goutelle rejoint la criminologue Anne Lemonne : il est problématique de conseiller par automatisme à une victime de porter plainte sans la prévenir du parcours qui l&rsquo;attend. « Dans l&rsquo;état actuel du système judiciaire, porter plainte est souvent vécu par les victimes comme une sur-violence. Les acteurs de la justice pénale l&rsquo;avouent eux-mêmes : la justice pénale n&rsquo;est pas conçue pour les victimes. Elle ne répare pas, elle punit, elle protège l&rsquo;État. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, la justice restaurative est une forme de justice complémentaire ou alternative au pénal. Contrairement à la justice pénale qui punit, elle vise – quand les conditions sont réunies – à ouvrir un espace de communication entre auteurs et victimes, où les besoins et les émotions peuvent être exprimés dans un cadre sécurisant. Elle peut prendre une forme collective (victimes et auteurs concernés par les mêmes types de faits mais pas par les mêmes affaires) ou individuelle (communication entre personnes liées par la même affaire).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goutelle a expérimenté la forme individuelle : des rendez-vous alternés avec les médiatrices, puis potentiellement une confrontation. « Ce que l&rsquo;on ne m&rsquo;a pas dit, c&rsquo;est que la médiation est un sport de combat. Un entraînement sportif de haut niveau que je devais appréhender comme une athlète. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son témoignage révèle les limites de la justice restaurative. D&rsquo;abord, la question de l&rsquo;écoute : « Permettre un espace pour s&rsquo;exprimer ne garantit pas que l&rsquo;on sera pleinement écouté. Plus j&rsquo;ai avancé, plus j&rsquo;ai réalisé que j&rsquo;étais face à des personnes en incapacité quasi-totale de sortir d&rsquo;une posture égocentrique. Les violences n&rsquo;étaient pas un &lsquo;dérapage&rsquo; mais la continuité d&rsquo;un comportement où l&#8217;empathie, la remise en question et l&rsquo;écoute manquent cruellement. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, la responsabilisation des agresseurs : « Le cadre offre peu de marge pour agir sur leur responsabilisation. Les deux fois, j&rsquo;étais face à un enfant qui attend qu&rsquo;on le gronde. Seules la menace de la prison et leur image les inquiétaient. Les considérations sur les conséquences pour les victimes étaient rares, pour ne pas dire inexistantes. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la reconnaissance et les réparations : « L&rsquo;un a reconnu le viol, l&rsquo;autre avoir &lsquo;insisté&rsquo;. J&rsquo;ai appris que c&rsquo;était extrêmement rare. Mais quand il a été question de réparations, les deux ont brillé par leur absence. La justice restaurative est mal outillée pour demander et obtenir des réparations – matérielles, financières ou symboliques. Pour améliorer cela, il faudrait créer des ponts avec des avocats et des services de responsabilisation des auteurs. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goutelle souligne aussi le décalage de temporalité : la victime qui initie la démarche a déjà beaucoup cheminé, contrairement à l&rsquo;agresseur. Cette asymétrie est accentuée par le fait que les victimes sont très souvent accompagnées de manière thérapeutique, ce qui est rarement le cas des agresseurs. « En tant que victime, on apprend à s&rsquo;exprimer en acceptant que l&rsquo;agresseur ne réponde pas à la majorité de nos attentes. Dépendre de ce qu&rsquo;il va être capable de dire serait lui donner trop de pouvoir. Le chemin est un retour vers soi, pour apprendre à se croire, à retrouver confiance. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle conclut avec nuance : « Sans pouvoir trancher si l&rsquo;expérience a été positive ou négative, elle m&rsquo;a fait grandir. L&rsquo;autoroute du droit pénal est inadaptée. Chercher une solution unique, c&rsquo;est faire fausse route. Plus nous dessinerons de chemins possibles de réparations, plus nous avancerons. La justice restaurative en est un, avec ses limites. » Elle plaide pour mettre davantage en dialogue les différentes formes de justices – pénale, restaurative, transformatrice, alternative – et les articuler avec les diverses formes thérapeutiques. « Notre société, gangrénée par les violences sexuelles, aurait beaucoup à gagner à se donner les moyens de déployer ce chantier. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Former et transformer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche demande des ressources considérables, difficiles à mobiliser dans nos sociétés capitalistes. Dès lors, bien que le système judiciaire ne constitue pas une réponse adaptée, il peut représenter pour les victimes une réponse crédible à leurs besoins de justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour celles qui s&rsquo;y tournent, la formation des professionnels reste cruciale. Police, magistrats, avocats doivent comprendre les mécanismes des violences conjugales, l&#8217;emprise, le contrôle coercitif. Victoria témoigne : avec une avocate formée, tout change. « Elle m&rsquo;explique les étapes, elle m&rsquo;informe, elle me consulte. J&rsquo;ai confiance. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les violences conjugales ne sont pas qu&rsquo;un problème pénal. Elles sont économiques, sociales, de santé publique, de droits humains. Indissociables de nos structures patriarcales, de la culture du viol. La paupérisation croissante risque d&rsquo;augmenter les violences. Les causes sont aussi liées à nos politiques socio-économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il devient urgent de se former à des approches communautaires et non-violentes, de mettre en place des réseaux de solidarité, de faire porter les luttes sur les conditions matérielles de l&rsquo;émancipation des femmes. Il est urgent aussi de s&rsquo;intéresser à l&#8217;emprise et au contrôle coercitif, non pour davantage punir mais pour mieux soutenir victimes et auteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rappelle Audre Lorde : « Les outils du maître ne détruiront pas la maison du maître. » Si nous voulons vraiment combattre les violences conjugales, nous devons cesser de croire que la prison peut nous en protéger. Nous devons inventer d&rsquo;autres manières de faire justice, qui ne reproduisent pas la violence qu&rsquo;elles prétendent combattre. Des manières qui transforment nos communautés plutôt que de punir les individus. Entre l&rsquo;impasse du pénal et les promesses des alternatives, entre la nécessité de protéger et celle de transformer, la question demeure : comment rendre justice sans ajouter de la violence à la violence ?</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>L&#8217;avortement en Belgique : un droit largement soutenu mais des défis persistent</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/09/25/lavortement-en-belgique-un-droit-largement-soutenu-mais-des-defis-persistent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Sep 2025 13:47:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Avortemnt]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Selon un sondage d'Amnesty International, 92,5% des Belges soutiennent le droit à l’avortement, mais persistent des obstacles et des inquiétudes sur son accessibilité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h1 class="wp-block-heading"></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un sondage Amnesty International révèle que 92,5% des Belges soutiennent le droit à l&rsquo;avortement, tout en pointant les obstacles à son accès et la nécessité de rester vigilants.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une <a href="https://www.amnesty.be/campagne/droits-femmes/avortement/sondage-avortement-belgique-2025" target="_blank" rel="noopener" title="">enquête menée par iVOX pour Amnesty International </a>en juin 2025 auprès de 2000 personnes représentatives de la population belge dresse un état des lieux éclairant sur la perception de l&rsquo;avortement dans le pays. Les résultats témoignent d&rsquo;un consensus social fort en faveur de ce droit, mais aussi d&rsquo;inquiétudes quant à sa préservation et son accessibilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un consensus sociétal massif</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre est sans appel : 92,5% des Belges se déclarent favorables au droit à l&rsquo;avortement. Cette adhésion massive transcende les régions, les genres et les générations, même si des nuances existent. Seuls 4% s&rsquo;opposent totalement à l&rsquo;avortement en toutes circonstances, un pourcentage particulièrement faible qui souligne l&rsquo;ancrage de ce droit dans les valeurs de la société belge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus significatif encore, 86% des répondants affirment que « l&rsquo;avortement devrait toujours être le choix de la personne qui avorte », revendiquant ainsi une autonomie corporelle pleine et entière. Cette position de principe s&rsquo;accompagne d&rsquo;une demande concrète : 82% souhaitent que chaque personne puisse accéder à l&rsquo;avortement légalement, sans discrimination et en toute sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un paradoxe : soutien fort mais sujet tabou</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ce soutien massif, 67% des Belges considèrent paradoxalement l&rsquo;avortement comme un sujet tabou dans la société. Cette contradiction révèle un décalage entre les convictions personnelles et le débat public, où le sujet reste difficile à aborder ouvertement. Ce silence relatif pourrait expliquer pourquoi 35% des Belges avouent ne pas connaître le cadre légal actuel, et pourquoi seuls 9,7% le maîtrisent précisément.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une vigilance jugée nécessaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;actualité internationale pèse sur les perceptions : 78% des Belges s&rsquo;inquiètent de voir le droit à l&rsquo;avortement remis en question dans certains pays, et 84% jugent important de rester vigilants pour protéger ce droit en Belgique. Cette préoccupation n&rsquo;est pas infondée au regard des reculs observés dans plusieurs démocraties occidentales ces dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les droits acquis ne sont jamais définitifs », pourrait-on lire en filigrane de ces résultats. Les répondants semblent avoir intégré que les avancées sociales peuvent être remises en cause et qu&rsquo;une mobilisation continue est nécessaire pour les préserver.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des obstacles persistants à lever</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sondage identifie clairement les barrières qui entravent encore l&rsquo;accès à l&rsquo;avortement. La pression sociale et la peur du jugement arrivent en tête (45%), suivies des raisons culturelles ou religieuses (39%). Ces obstacles « soft » mais puissants créent un environnement où exercer son droit reste difficile pour certaines femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;y ajoutent des obstacles pratiques : l&rsquo;opposition du partenaire (27%), les délais d&rsquo;attente trop longs dus à la pénurie de médecins pratiquant l&rsquo;IVG (23%), et le délai légal de 12 semaines jugé trop court (22%). Ces éléments dessinent les contours d&rsquo;un système qui, bien que légal, n&rsquo;offre pas un accès équitable à toutes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une évolution du cadre légal ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces constats, les Belges plébiscitent plusieurs évolutions. Près de la moitié (47%) sont favorables à un allongement du délai légal pour permettre l&rsquo;accès à l&rsquo;avortement plus tard dans la grossesse. Cette demande fait écho aux débats actuels sur l&rsquo;extension du délai de 12 à 18 semaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus fondamentalement, 74% souhaitent que l&rsquo;avortement soit reconnu comme un droit fondamental, et 73% qu&rsquo;il soit considéré comme un soin de santé à part entière. Ces revendications vont dans le sens d&rsquo;une normalisation et d&rsquo;une dépénalisation complète de l&rsquo;acte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une réalité personnelle pour beaucoup</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sondage lève aussi le voile sur la réalité vécue : 11% des répondants ont déjà avorté, et 39% connaissent quelqu&rsquo;un qui l&rsquo;a fait. Ces chiffres rappellent que l&rsquo;avortement n&rsquo;est pas une abstraction politique mais une réalité concrète qui touche de nombreuses familles belges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes de moins de 34 ans sont particulièrement concernés (17% ont déjà avorté), soulignant l&rsquo;importance de politiques adaptées à cette tranche d&rsquo;âge, notamment en matière d&rsquo;information et d&rsquo;accessibilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : consolider et progresser</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sondage dresse le portrait d&rsquo;une Belgique largement acquise au droit à l&rsquo;avortement mais consciente de sa fragilité. Si le consensus social est fort, les défis restent nombreux : lever les tabous, améliorer l&rsquo;information, faciliter l&rsquo;accès et adapter le cadre légal aux réalités d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats constituent un appel à l&rsquo;action pour les décideurs politiques et les acteurs de la santé. Dans un contexte international où ce droit recule dans certains pays, la Belgique a l&rsquo;opportunité de montrer l&rsquo;exemple en consolidant et en améliorant l&rsquo;accès à l&rsquo;avortement pour toutes les personnes qui en ont besoin.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Enquête réalisée en ligne par iVOX pour Amnesty International du 2 au 14 juin 2025 auprès de 2000 personnes représentatives de la population belge. Marge d&rsquo;erreur maximale : 2,2%.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/09/25/lavortement-en-belgique-un-droit-largement-soutenu-mais-des-defis-persistent/">L’avortement en Belgique : un droit largement soutenu mais des défis persistent</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L’IA dans les CPAS belges : anticiper les dérives possibles</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/09/24/lia-dans-les-cpas-belges-anticiper-les-derives-possibles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 07:36:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=677</guid>

					<description><![CDATA[<p>La suppression des allocations pour les chômeurs de longue durée bouleverse l'aide sociale belge, posant des défis majeurs à l'ère de l'intelligence artificielle.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les courriers viennent de partir. Des milliers de chômeurs de longue durée belges découvrent en ce moment même qu’ils vont perdre leurs allocations. Dans quelques mois, beaucoup d’entre eux franchiront les portes des CPAS, transformant radicalement le paysage de l’aide sociale en Belgique : la sécurité sociale sera dorénavant conditionnée par une enquête sociale individuelle. Cette vague annoncée nous met face à une responsabilité unique : celle d’anticiper et de prévenir les dérives possibles, notamment celles liées à l’usage précipité de l’intelligence artificielle face à cet afflux sans précédent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article a été publié sous une f<a href="https://www.lesoir.be/699754/article/2025-09-18/lia-dans-les-cpas-belges-anticiper-la-tempete-sociale-qui-sannonce" target="_blank" rel="noopener" title="">orme résumée dans le journal Le Soir </a>le 18/9/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La tentation de l’automatisation face à la vague qui arrive&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les CPAS le savent : ils vont être submergés. Face à cette crise annoncée, la tentation sera grande de se tourner vers l’intelligence artificielle comme bouée de sauvetage administrative. Le traitement automatisé des dossiers, l’évaluation algorithmique de l’éligibilité, la prédiction des besoins apparaîtront comme des solutions miraculeuses pour gérer l’afflux. Les fournisseurs de solutions technologiques frappent déjà aux portes des CPAS, prêts à vendre leurs systèmes clés en main. Mais avant de céder à cette tentation, il est crucial d’examiner ce qui s’est passé ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Royaume-Uni, le « système de bien-être numérique » décrit par Amnesty International<sup data-fn="9a7ee8ac-96b9-4fb5-85d2-17952d4d0b86" class="fn"><a id="9a7ee8ac-96b9-4fb5-85d2-17952d4d0b86-link" href="#9a7ee8ac-96b9-4fb5-85d2-17952d4d0b86">1</a></sup> offre un aperçu glaçant de notre futur possible. Des citoyens vulnérables y ont été transformés en simples « points de données ». « Le succès d’une demande peut dépendre davantage de leur capacité à rentrer dans une case ou à remplir certains critères que de leur éligibilité réelle. Dans le cas présent, la technologie a une vision simpliste des réalités complexes des personnes qui minimise leurs besoins, surtout quand elles ne peuvent pas obtenir l’aide dont elles ont besoin d’un humain professionnel du travail social », constate l’organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnes exclues du chômage, déjà fragilisées par l’annonce brutale, risquent de subir une double peine. Après le choc de l’exclusion, elles pourraient se retrouver face à une aide sociale technologiquement intrusive, soit-disant personnalisée, mais en réalité automatisée, déshumanisée. Ce déclencheur de détresse pourrait briser les dernières résistances psychologiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le piège algorithmique qui se prépare&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les algorithmes déployés dans l’urgence reproduiront et amplifieront les biais existants de manière particulièrement pernicieuse. Imaginons le parcours de ces futurs exclus : des parcours professionnels fragmentés, des problèmes de santé non reconnus, des origines sociales ou géographiques défavorisées. Ces profils atypiques risquent d’être systématiquement mal évalués par des systèmes conçus sur des données historiques inadaptées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces nouveaux demandeurs ne correspondent à aucune catégorie préétablie : ni chômeurs classiques, ni travailleurs, ni invalides reconnus. Cette position intermédiaire les plonge dans les angles morts algorithmiques — ces zones d’ombre où les systèmes ne savent pas comment catégoriser, donc comment aider.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple autrichien<sup data-fn="697250cd-d619-4477-aeb7-5a11985b76a0" class="fn"><a id="697250cd-d619-4477-aeb7-5a11985b76a0-link" href="#697250cd-d619-4477-aeb7-5a11985b76a0">2</a></sup> a été rapidement critiqué pour son traitement inégalitaire des femmes et des personnes handicapées. Le genre féminin et les « obligations de soins » (appliquées uniquement aux femmes) ont reçu un poids négatif, réduisant leur score d’opportunité de réintégration. Le président de l’AMS a tenté de justifier ce biais en disant que l’algorithme « ne faisait que refléter la dure réalité du marché du travail ». Cette justification a été rejetée, et le système déclaré illégal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’effacement programmé du lien humain au moment crucial&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans quelques semaines, des milliers de personnes vivront un moment de rupture profonde. L’arrivée au CPAS après l’exclusion du chômage représente un traumatisme : la honte, la détresse psychologique, la peur de l’inconnu. C’est précisément à ce moment critique que l’accompagnement humain est non pas souhaitable, mais vital.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, si nous n’y prenons garde, l’automatisation déployée dans l’urgence remplacera l’écoute empathique par des formulaires en ligne impersonnels, les entretiens personnalisés par des chatbots aux réponses standardisées, et les décisions réfléchies par des scores algorithmiques froids<sup data-fn="c6d4eb02-080f-4605-9e3c-a20b7ba90b05" class="fn"><a id="c6d4eb02-080f-4605-9e3c-a20b7ba90b05-link" href="#c6d4eb02-080f-4605-9e3c-a20b7ba90b05">3</a></sup>. Les travailleurs sociaux, déjà en sous-effectif, risquent d’être contraints d’utiliser ces outils comme seule solution, transformant malgré eux leur mission d’accompagnement en simple validation de décisions algorithmiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces personnes, en état de choc, ont perdu non seulement leurs revenus, mais aussi leur identité sociale, leur estime d’elles-mêmes. Si nous laissons des systèmes automatisés traiter leur détresse, elles risquent de sombrer dans l’invisibilité numérique avant même que nous ayons pu mesurer l’ampleur du désastre humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’opacité algorithmique : une injustice annoncée&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons déjà anticiper les scénarios : un algorithme refusera une aide ou orientera vers un dispositif inadapté. La personne, épuisée, ne comprendra pas. Les systèmes d’IA, mis en œuvre dans l’urgence, fonctionneront comme des « boîtes noires », incompréhensibles même pour les travailleurs sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opacité crée une forme d’arbitraire technologique particulièrement cruelle pour des personnes déjà vulnérables. Après avoir navigué des années dans les méandres du système, rempli d’innombrables formulaires, elles se retrouvent face à des décisions incompréhensibles et incontestables. C’est une négation programmée du droit fondamental à comprendre et à contester.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Agir maintenant : vers une approche éthique et humaine de l’IA dans les CPAS&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe du <strong>« Human-in-the-Loop »</strong> doit être inscrit dès maintenant. L’IA ne doit jamais remplacer le jugement humain dans les décisions d’aide sociale. Les CPAS doivent affirmer ce principe et résister aux sirènes des vendeurs de solutions miracles. Les outils d’IA peuvent aider aux tâches administratives, mais toute décision impactant une vie humaine doit rester sous contrôle d’un travailleur social formé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut lancer immédiatement les <strong>évaluations d’impact sur les droits humains</strong>. Il n’est pas trop tard pour anticiper la vulnérabilité psychologique des exclus, leur méconnaissance du système, leur besoin urgent d’accompagnement. Ces évaluations doivent guider la conception de systèmes qui aident, pas excluent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exiger la transparence avant le déploiement est capital</strong>. Les algorithmes doivent être expliqués dans un langage accessible. Les bénéficiaires doivent avoir le droit de comprendre et de contester les décisions, avec des voies de recours claires, budgétisées dès maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est indispensable de former les équipes dès maintenant</strong>. Les travailleurs sociaux doivent comprendre les limites et biais des outils d’IA, non seulement les utiliser. Ils doivent pouvoir contourner les recommandations algorithmiques quand leur expertise humaine le justifie. Il s’agit de les armer pour résister à la pression de l’automatisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Impliquer dès aujourd’hui les futurs concernés s’avère essentiel</strong>. Les personnes qui ont reçu leur courrier d’exclusion doivent être parties prenantes de la réflexion. Leur voix, leur expérience, leur compréhension des besoins réels sont essentielles pour éviter des systèmes inadaptés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vague qui va déferler ne doit pas devenir le prétexte d’une fuite en avant technologique. Au contraire, elle nous met face à la responsabilité de repenser notre système d’aide sociale avant qu’il ne soit trop tard. Nous avons encore quelques semaines, peut-être quelques mois, pour établir les garde-fous nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IA, si nous la cadrons maintenant, peut libérer du temps précieux. Mais ce temps gagné ne doit pas servir à traiter les gens comme des dossiers. Il doit être sanctuarisé pour l’écoute, l’accompagnement, la reconstruction du lien social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les CPAS sont face à un choix historique : soit ils préparent une automatisation déshumanisante, soit ils posent dès aujourd’hui les bases d’un modèle d’aide sociale augmentée, où la technologie sert l’humain, sans le remplacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Recommandations urgentes pour les CPAS belges&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">1. Instaurer un moratoire préventif sur l’automatisation complète des décisions. Aucune décision d’attribution ou de refus ne sera prise uniquement par un algorithme.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">2. Créer dès maintenant un comité éthique, avec travailleurs sociaux, représentants des futurs bénéficiaires, experts en éthique et technologie, doté d’un pouvoir de veto réel.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">3. Inscrire le droit à l’interaction humaine comme principe inviolable. Chaque futur bénéficiaire doit pouvoir parler à un humain, être écouté, accompagné. Ce droit doit être budgétisé dès maintenant.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">4. Auditer tous les systèmes d’IA avant leur déploiement, avec une attention particulière aux profils des exclus du chômage.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">5. Affecter un budget équivalent pour le renforcement de l’accompagnement humain à chaque budget prévu pour l’IA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est encore temps d’agir.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les courriers sont partis, mais les personnes ne sont pas encore arrivées. Nous disposons d’une fenêtre d’opportunité unique pour éviter le désastre annoncé. L’IA peut être un outil utile, mais seulement si nous posons maintenant les garde-fous nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions se posent aujourd’hui, dans chaque CPAS de Belgique. Les réponses que nous y apporterons dans les semaines qui viennent détermineront si les exclus du chômage trouveront au CPAS une main tendue ou un algorithme froid. Le temps presse. La vague arrive. Il est encore temps d’agir, mais plus pour longtemps.</p>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="9a7ee8ac-96b9-4fb5-85d2-17952d4d0b86">https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/royaume-utilisation-incontrolee-technologies-systemes <a href="#9a7ee8ac-96b9-4fb5-85d2-17952d4d0b86-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">︎</a></li><li id="697250cd-d619-4477-aeb7-5a11985b76a0">https://algorithmwatch.org/en/austrias-employment-agency-ams-rolls-out-discriminatory-algorithm/ <a href="#697250cd-d619-4477-aeb7-5a11985b76a0-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">︎</a></li><li id="c6d4eb02-080f-4605-9e3c-a20b7ba90b05">En Belgique, les CPAS reçoivent déjà des “clignotants” de leur administration de tutelle. Ces clignotants identifient des situations jugées anormales vu les croisements de bases de données de l’emploi, de l’intégration sociale, du handicap, etc. Les assistants sociaux doivent alors vérifier si ces clignotants, générés automatiquement, imposent de reconsidérer les droits des bénéficiaires. Le nombre de clignotants a triplé en 5 ans mais plus des 50% d’entre eux sont erronés. Cela génère une charge de travail inutile pour les assistants sociaux et une suspicion généralisée sur les ayants-droit. <a href="#c6d4eb02-080f-4605-9e3c-a20b7ba90b05-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/09/24/lia-dans-les-cpas-belges-anticiper-les-derives-possibles/">L’IA dans les CPAS belges : anticiper les dérives possibles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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