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	<title>Conflits - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Jul 2026 07:50:36 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Conflits - En avant</title>
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		<title>Israël: Transformer le foin en aiguilles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi l'IA la plus avancée a-t-elle servi à tuer sans distinction à Gaza ? Ori Schwarz montre comment le calcul légitime des frappes de masse.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi mobiliser les technologies les plus avancées pour tuer sans distinction ? Le sociologue Ori Schwarz s&rsquo;est posé la question à propos de Gaza. Sa réponse, relayée par Hubert Guillaud  <a href="https://danslesalgorithmes.net/2026/06/30/pourquoi-lia-est-elle-utilisee-pour-faire-la-guerre/">Dans les algorithmes</a>, dérange : l&rsquo;intelligence artificielle n&rsquo;a pas servi à mieux viser, mais à légitimer l&rsquo;ampleur des frappes.</em></p>
<h2 class="wp-block-heading">Un paradoxe qui dérange</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armée israélienne s&rsquo;est vantée de sélectionner ses cibles à l&rsquo;aide des outils d&rsquo;IA les plus sophistiqués. Pourtant, le résultat ressemble à une destruction massive et indiscriminée. Dans un article pour *Big Data &amp; Society*, Ori Schwarz pointe la contradiction et la retourne en question : si l&rsquo;objectif est de tuer sans distinction, pourquoi une technologie aussi avancée serait-elle nécessaire ?</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse renverse l&rsquo;intuition. L&rsquo;IA n&rsquo;était pas requise pour personnaliser le traitement, mais pour justifier un traitement uniforme, en fabriquant des justifications sur mesure. Autrement dit, elle produit de la distinction au service de l&rsquo;indiscrimination.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Fabriquer des cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;image que le chercheur emploie est frappante. On présente souvent le big data comme l&rsquo;outil qui trouve l&rsquo;aiguille dans la botte de foin, la vraie menace parmi les innocent·e·s. Ici, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : il s&rsquo;agit de transformer le foin en aiguilles. D&rsquo;incriminer presque chaque habitant·e, presque chaque immeuble, en tissant autour de lui un récit singulier qui l&rsquo;associe à l&rsquo;ennemi.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce basculement s&rsquo;appuie sur deux mouvements anciens. L&rsquo;individualisation de la guerre, d&rsquo;abord, qui traite l&rsquo;adversaire comme un suspect à poursuivre. La juridicisation, ensuite : pour établir la légalité d&rsquo;une frappe, il faut des données. Beaucoup de données. Et l&rsquo;IA en produit à la chaîne.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Gospel, Lavender et l&rsquo;usine à cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Deux systèmes ont fonctionné en parallèle. Gospel pour les bâtiments, Lavender pour les personnes. Ce dernier attribuait à presque chaque habitant·e de Gaza un score de probabilité d&rsquo;appartenance au Hamas : trente-sept mille Palestinien·ne·s ainsi désigné·e·s par l&rsquo;algorithme. La méthode n&rsquo;a rien d&rsquo;inédit ; elle emprunte aux logiques de la police prédictive, dès 2015, quand un modèle scrutait déjà les réseaux sociaux d&rsquo;adolescent·e·s pour prédire un passage à l&rsquo;acte. Le score fait alors basculer la distinction entre combattant et civil d&rsquo;une catégorie binaire vers un continuum statistique.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2019, une Direction du ciblage a industrialisé la production. Au vingt-septième jour du conflit, l&rsquo;armée annonçait avoir frappé douze mille cibles et en générer douze cents nouvelles par jour, grâce à une « usine » tournant sans interruption. L&rsquo;accélération fut aussi politique : Netanyahou aurait reproché à son chef d&rsquo;état-major de n&rsquo;avoir bombardé « que » mille cinq cents objectifs en quarante-huit heures. Bilan, selon les chiffres cités : plus de soixante et onze mille morts, dont une part importante de femmes et de mineur·e·s, et une saisine de la Cour internationale de justice pour violation présumée de la Convention sur le génocide.</p>
<h2 class="wp-block-heading">La confiance dans les chiffres</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi le calcul rassure-t-il autant ? Parce qu&rsquo;un score porte une aura d&rsquo;objectivité. Chaque frappe devient juridiquement justifiée, chaque mort civile regrettable mais légitime. Le sociologue Eric Bonds parle de « violence humanisée » : une pratique de surveillance et d&rsquo;élimination doublée d&rsquo;un discours emprunté au langage des droits humains.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le glissement est subtil. En convertissant l&rsquo;incertitude morale en risques mesurables, l&rsquo;algorithme transforme un dilemme en procédure. Le statut moral ne dépend plus du résultat, mais du respect des étapes. On relève les seuils de « dommages collatéraux », on abandonne les tirs d&rsquo;avertissement censés protéger les habitant·e·s, et le taux de mortalité civile s&rsquo;envole. Préserver l&rsquo;éthique en l&rsquo;inscrivant dans le code : la promesse se retourne en son contraire.</p>
<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;humain, un alibi ?</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Reste la figure rassurante de l&rsquo;humain dans la boucle. Mais que valide-t-il, quand il lui faut vingt secondes pour approuver une recommandation ? Schwarz décrit même une stratégie de camouflage : dissimuler l&rsquo;IA derrière une analyste de confiance pour que les agents acceptent ses résultats. La machine ne décide pas, dit-on. Elle se contente de désigner.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur ajoute un avertissement. Une IA parfaite, sans erreur ni biais, produirait les mêmes effroyables conséquences, simplement en accélérant. Et ce pouvoir de légitimation ne restera pas confiné à un seul conflit : d&rsquo;autres armées, elles aussi attachées au droit international, adoptent des systèmes comparables.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La guerre de demain se jouera sur les données, leurs croisements sans limites et des seuils ajustables. Le droit international, lui, n&rsquo;a encore rien tranché.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Où s&rsquo;arrête le calcul ?</p>
<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity">
<p class="wp-block-paragraph">#IA #DroitsHumains #Gaza #Algorithmes #DroitInternational</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Trump et l&#8217;effondrement de l&#8217;asile mondial</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/18/trump-et-leffondrement-de-lasile-mondial/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 21:03:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Nations Unies]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur les quelque 6 000 personnes admises aux États-Unis cette année au titre de réfugiées, toutes sauf trois sont des Afrikaners blanc·he·s. Le New Yorker documente la mise à mort méthodique du programme américain de réinstallation, et avec elle l&#8217;effondrement d&#8217;un pilier de la protection internationale. Lorsqu&#8217;un État inverse les principes qu&#8217;il a contribué à ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Trump et l&#8217;effondrement de l&#8217;asile mondial" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/05/18/trump-et-leffondrement-de-lasile-mondial/#more-1003" aria-label="En savoir plus sur Trump et l&#8217;effondrement de l&#8217;asile mondial">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sur les quelque 6 000 personnes admises aux États-Unis cette année au titre de réfugiées, toutes sauf trois sont des Afrikaners blanc·he·s. Le <a href="https://www.newyorker.com/news/letter-from-jordan/the-end-of-refugee-resettlement" target="_blank" rel="noopener" title=""><em>New Yorker</em> </a>documente la mise à mort méthodique du programme américain de réinstallation, et avec elle l&rsquo;effondrement d&rsquo;un pilier de la protection internationale. Lorsqu&rsquo;un État inverse les principes qu&rsquo;il a contribué à fonder, c&rsquo;est l&rsquo;idée même d&rsquo;asile qui se vide de son sens.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un programme méthodiquement détricoté</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 janvier 2025, quelques heures après son investiture, Donald Trump signe le décret « Realigning the United States Refugee Admissions Program ». Effet immédiat : suspension intégrale des admissions, gel des financements, plus de 12 000 voyages déjà programmés annulés. Pendant des décennies, les États-Unis ont assuré plus des deux tiers des réinstallations mondiales — davantage à eux seuls que tous les autres pays réunis. Ce pilier, construit par le Refugee Act de 1980 sur les ruines morales du refus d&rsquo;accueillir les Juif·ve·s pendant la Shoah, est aujourd&rsquo;hui démantelé pièce par pièce. Plus de 100 000 personnes conditionnellement approuvées attendent désormais dans le vide.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une exception racialisée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Trois semaines plus tard, un second décret crée un programme spécifique pour les Afrikaners, ces descendant·e·s blanc·he·s des colons européen·ne·s d&rsquo;Afrique du Sud, présenté·e·s comme « victimes de discrimination raciale ». Le plafond 2026 est fixé à 7 500 personnes — un plus bas historique. Sur les 6 000 admis·es à ce jour, toutes sauf trois sont des Afrikaners. La théorie complotiste du « génocide blanc », promue par Elon Musk et Stephen Miller, qu&rsquo;un juge sud-africain a qualifiée de « clairement imaginée », est devenue politique publique. Les familles soudanaises, syriennes, afghanes dont les dossiers étaient validés depuis des années restent bloquées en Jordanie, au Kenya, au Qatar. La couleur de peau filtre désormais ce que le droit prétendait protéger sans distinction.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le non-refoulement attaqué</h3>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;Assemblée générale de l&rsquo;ONU à l&rsquo;automne 2025, l&rsquo;administration américaine plaide pour rendre le statut de réfugié·e « temporaire, pas permanent ». Derrière la formule technique se joue l&rsquo;érosion du principe de non-refoulement, pierre angulaire du droit international, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque la persécution. Najmaldeen Mussa, militant soudanais torturé sous Bachir, attendait son vol vers le Nebraska. Il croupit aujourd&rsquo;hui dans un centre de détention jordanien, en attente d&rsquo;expulsion vers un Soudan en guerre où il craint pour sa vie. Combien d&rsquo;autres Mussa avant que nous regardions ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Et nous, dans tout ça ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment réagir, ici, à cet effondrement ? Lors du premier mandat Trump, le Canada et plusieurs pays européens avaient compensé en augmentant leurs quotas. Cette fois, ces mêmes pays — Allemagne, France, Autriche, Italie — réduisent les leurs, sous la pression de leurs droites nationalistes. L&rsquo;espace de protection « se contracte » partout, constate l&rsquo;International Refugee Assistance Project. La Belgique n&rsquo;est pas en reste, elle qui peine déjà à honorer ses obligations envers les demandeur·euse·s d&rsquo;asile dormant sur ses trottoirs. Comment exiger des autres ce que nous ne tenons plus nous-mêmes ? Comment croire encore au discours universaliste de nos chancelleries lorsque l&rsquo;accueil devient sélectif jusqu&rsquo;à la peau ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui tient encore</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le HCR a supprimé 5 000 emplois. Le Center for Victims of Torture a dû fermer ses programmes de soutien aux survivant·e·s. Des dizaines de milliers de personnes vulnérables — femmes violées par les RSF au Darfour, personnes LGBTQ+ menacées de mort, ex-collaborateur·rice·s afghan·e·s des forces alliées — sont abandonnées en cours de procédure. Mais des avocat·e·s plaident encore. IRAP a déposé la class action <em>Pacito v. Trump</em>. Des collectivités, des ONG, des Églises, des bénévoles continuent d&rsquo;accueillir, de plaider, de relier. L&rsquo;architecture s&rsquo;effrite, mais des mains la tiennent encore. Une étude récente du <em>Department of Health and Human Services</em> rappelle qu&rsquo;entre 2005 et 2019, les réfugié·e·s ont payé 581 milliards de dollars d&rsquo;impôts de plus que ce qu&rsquo;ils et elles ont coûté. Le « narratif » du fardeau ne résiste pas aux chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes pas spectateur·rice·s. Nos gouvernements signent encore les conventions de Genève. Notre voix, notre vote, notre vigilance comptent. Défendre l&rsquo;asile, c&rsquo;est défendre l&rsquo;idée que des personnes existent indépendamment de leur utilité ou de leur couleur de peau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tenir bon. Maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Asile #Réfugiés #Migration #Solidarité</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/18/trump-et-leffondrement-de-lasile-mondial/">Trump et l’effondrement de l’asile mondial</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Iran : la guerre invisible des écosystèmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 08:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une analyse publiée par l&#8217;IRIS, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&#8217;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Dans une <a href="https://www.iris-france.org/la-guerre-en-iran-un-conflit-aux-consequences-environnementales-et-sanitaires-durables/" target="_blank" rel="noopener" title="">analyse publiée par l&rsquo;IRIS</a>, la chercheuse Anne Sénéquier, co-directrice de l&rsquo;Observatoire de la santé mondiale, documente les conséquences environnementales et sanitaires durables du conflit en Iran. Son constat dépasse le théâtre des opérations : les guerres contemporaines ne détruisent plus seulement des territoires et des infrastructures, elles fragilisent les systèmes écologiques dont dépend la stabilité même des sociétés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des panaches au-dessus de Téhéran</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les frappes contre plusieurs dépôts pétroliers iraniens ont libéré, au-dessus d&rsquo;une agglomération de près de dix millions d&rsquo;habitant·e·s, d&rsquo;épaisses fumées chargées de benzène, de formaldéhyde, d&rsquo;hydrocarbures aromatiques polycycliques et de particules fines. Documentés par satellite via le programme européen Copernicus, ces panaches s&rsquo;inscrivent dans la durée : ils aggravent les pathologies respiratoires et cardiovasculaires existantes, et accroissent à long terme les risques de cancers et de troubles neurologiques. Dans un pays où la qualité de l&rsquo;air constitue déjà l&rsquo;un des principaux problèmes environnementaux, des millions de civil·e·s respirent désormais les conséquences invisibles d&rsquo;un conflit dont ils ne sont pas acteur·rice·s.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;héritage invisible des décombres</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des incendies spectaculaires, les explosions et les destructions urbaines libèrent des cocktails de plomb, cadmium, nickel, chrome — métaux lourds qui pénètrent les sols et les chaînes alimentaires pour des décennies. Amiante, produits chimiques industriels, munitions non explosées : la gestion de ces débris devient l&rsquo;un des principaux défis de l&rsquo;après-guerre. À Gaza, des millions de tonnes de gravats compliqueront durablement toute reconstruction. En Ukraine, les bombardements industriels ont dispersé des polluants persistants, tandis que la destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a libéré sédiments contaminés et polluants industriels sur le bassin inférieur du Dniepr. Comment parler de paix tant que la terre reste empoisonnée ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;eau, nouvelle arme de guerre ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Iran traverse une crise hydrique aiguë, marquée par des sécheresses récurrentes et la surexploitation des nappes phréatiques. Or les hydrocarbures écoulés par les frappes contaminent désormais cours d&rsquo;eau et sous-sols, susceptibles d&rsquo;altérer durablement la qualité de l&rsquo;eau. Des accusations d&rsquo;attaques contre une usine de dessalement sur l&rsquo;île de Qeshm révèlent une bascule inquiétante : les infrastructures hydriques deviennent des cibles stratégiques à part entière. Priver une population d&rsquo;eau potable n&rsquo;est pas un dommage collatéral — c&rsquo;est une méthode. Le droit international humanitaire la proscrit, mais l&rsquo;opinion publique l&rsquo;ignore encore largement, alors même que le précédent existe : en 1991, l&rsquo;incendie de plus de six cents puits de pétrole au Koweït avait déjà signé l&rsquo;une des pires catastrophes environnementales liées à un conflit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vers une comptabilité écologique des conflits</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Conflict and Environment Observatory, les armées et leurs chaînes d&rsquo;approvisionnement représentaient 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2022. Un niveau comparable à celui de l&rsquo;aviation civile, pourtant absent du débat public sur les responsabilités climatiques. Pendant que l&rsquo;on somme les citoyen·ne·s de réduire leur empreinte, les conflits armés accélèrent silencieusement le franchissement de plusieurs limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre — climat, pollution, biodiversité, cycles biogéochimiques. La sécurité humaine ne se résume pas à l&rsquo;équilibre des puissances ou aux capacités militaires : elle dépend aussi, et peut-être surtout, des écosystèmes qui rendent la vie humaine possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse rappelle une évidence trop souvent oubliée : il n&rsquo;existe pas de droits humains sur une planète invivable. Tant que la guerre restera tolérée comme instrument politique, elle continuera d&rsquo;hypothéquer notre habitabilité commune. Documenter, mesurer, nommer les écocides militaires : voilà le préalable à toute exigence de justice climatique et sanitaire. À l&rsquo;heure où les responsabilités écologiques des secteurs aérien ou agricole s&rsquo;invitent au cœur du débat démocratique, l&rsquo;angle mort militaire ne peut plus tenir. Les générations futures ne nous demanderont pas seulement pourquoi les bombes sont tombées. Elles nous demanderont pourquoi la terre s&rsquo;est tue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Écocide #ClimatEtPaix #LimitesPlanétaires #Iran</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/iran-la-guerre-invisible-des-ecosystemes/">Iran : la guerre invisible des écosystèmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;année 2025: l&#8217;année des prédateurs</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 06:09:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans sa préface au rapport annuel 2026 d&#8217;Amnesty International, Agnès Callamard qualifie 2025 d&#8217;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans sa préface au <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/04/amnesty-international-calls-states-to-stop-predatory-era-taking-hold/" target="_blank" rel="noopener" title="">rapport annuel 2026 d&rsquo;Amnesty International</a>, Agnès Callamard qualifie 2025 d&rsquo;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit selon lequel l&rsquo;ordre international de 1948 aurait toujours été une « chimère ».</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;année où les pare-feu ont cédé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic est implacable. Tout au long de 2025, selon Agnès Callamard, « le bien commun de l&rsquo;humanité » a été la proie de « prédateurs voraces » dont la soif de domination économique s&rsquo;est traduite par répressions, déplacements forcés et violences massives. Gaza, Ukraine, Soudan, RDC, Myanmar, Iran : les atrocités s&rsquo;enchaînent. Face à cela, la plupart des gouvernements, notamment européens, ont « joué la carte de la capitulation ». Certains sont allés jusqu&rsquo;à imiter les prédateurs ; d&rsquo;autres ont préféré se fondre dans leur ombre. Seule une poignée d&rsquo;États leur ont fait front.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La fable de « l&rsquo;illusion »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être la contribution la plus forte du texte. Au discours qui présente désormais l&rsquo;ordre de 1948 comme obsolète, Callamard oppose un rappel historique précis : la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, la Convention sur le génocide, les Pactes internationaux ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit du travail, « souvent au grand dam d&rsquo;acteurs bien plus puissants », de générations de diplomates et de militant·e·s, notamment issu·e·s des jeunes États d&rsquo;Afrique, des Caraïbes, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie. Et la formule claque : « Il n&rsquo;appartient pas à celles et ceux qui trahissent les promesses de proclamer que celles-ci sont illusoires. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un « nouvel ordre » qui sent le vieux monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Début 2026, le secrétaire d&rsquo;État états-unien Marco Rubio a exposé la vision de substitution : une alliance de pays occidentaux et chrétiens menée par Washington, enracinée dans un « héritage commun » présenté en termes romantiques. Callamard renvoie froidement l&rsquo;image : cette histoire est aussi « faite de domination, de colonialisme, d&rsquo;esclavage et de génocide ». Pas d&rsquo;alternative réelle du côté de Pékin non plus, qui rejette l&rsquo;universalité des droits humains. Ce qu&rsquo;on nous propose ? La suprématie du commerce et l&rsquo;hégémonie de la technologie, la guerre à la société civile, l&rsquo;envolée des budgets militaires et les coupes dans l&rsquo;aide internationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui a résisté, quand même</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. La préface détaille les brèches ouvertes en 2025 : mandats d&rsquo;arrêt de la CPI contre deux dirigeants talibans pour persécution liée au genre, remise de l&rsquo;ancien président philippin Rodrigo Duterte à la Cour, 156 États votant pour des négociations sur les armes autonomes, avis consultatifs climatiques de la CIJ et de la Cour interaméricaine, grèves de dockers en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour bloquer les livraisons d&rsquo;armes vers Israël. La Belgique figure nommément parmi les États qui se sont engagés à infléchir ou suspendre ce commerce d&rsquo;armes avec Israël — aux côtés notamment de l&rsquo;Espagne, de l&rsquo;Afrique du Sud, de la Colombie et de la Slovénie. Au Népal, un gouvernement est tombé sous la pression d&rsquo;une jeunesse mobilisée contre la corruption. Au Danemark, en Norvège, au Luxembourg et au Malawi, les droits reproductifs ont progressé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir l&rsquo;histoire, ou l&rsquo;écrire ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment accepter que des puissant·e·s décrètent « illusoire » ce qui a protégé, même imparfaitement, des millions de personnes ? Comment se résigner à voir l&rsquo;ordre fondé sur les règles remplacé par celui des prédateurs, simplement parce qu&rsquo;il dérange leurs intérêts ? Et comment nos gouvernements peuvent-ils financer la diplomatie multilatérale tout en se taisant devant le génocide à Gaza ? Callamard ne prétend pas que le système de 1948 soit parfait : elle rappelle le « deux poids, deux mesures », la paralysie, les millions de victimes ignorées. Mais résister, prévient-elle, ne signifie pas défendre un monde figé. C&rsquo;est « imaginer une vision transformée et transformatrice des droits humains ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message final est sans ambiguïté : « Nous ne subissons pas seulement l&rsquo;histoire. Nous l&rsquo;écrivons aussi. » À chacun·e, dans son rôle — électeur·rice, consommateur·rice, militant·e, investisseur·euse — d&rsquo;écrire la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résister. Transformer. Écrire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Amnesty #Multilatéralisme #Callamard #Résistance</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Francesca Albanese à Liège : « Cherchez la complicité »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/19/francesca-albanese-a-liege-cherchez-la-complicite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 12:44:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers d'opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Prisons]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Crimes de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi 18 avril, à HEC Liège, la rapporteuse spéciale de l&#8217;ONU sur les territoires palestiniens occupés est venue à la rencontre du public belge, à l&#8217;invitation d&#8217;Amnesty International. Deux heures denses, âpres, dialoguées avec Carine Thibaut, qui ont commencé par cinq témoignages de torture et se sont achevées sur un mot d&#8217;ordre : arrêter de ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Samedi 18 avril, à HEC Liège, la rapporteuse spéciale de l&rsquo;ONU sur les territoires palestiniens occupés est venue à la rencontre du public belge, à l&rsquo;invitation d&rsquo;Amnesty International. Deux heures denses, âpres, dialoguées avec Carine Thibaut, qui ont commencé par cinq témoignages de torture et se sont achevées sur un mot d&rsquo;ordre : arrêter de détourner le regard.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des voix pour commencer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle aurait pu ouvrir par des chiffres. Francesca Albanese a choisi des voix : cinq récits de détenu·e·s palestinien·ne·s, extraits d&rsquo;un corpus de centaines qu&rsquo;elle a documentés depuis 2023. Viols commis par des soldats ou par des chiens dressés, humiliations rituelles, détenus saignés à mort dans les bras d&rsquo;autres détenus. Un silence terrible s&rsquo;abat sur la salle à l&rsquo;énoncé de ces crimes abominables. Tout ce qu&rsquo;elle avait essayé, quand même, de ne pas entendre. « Moi, j&rsquo;ai vomi, dit-elle. J&rsquo;ai vomi souvent dans cette période parce que vraiment, ça m&rsquo;a rendue malade de voir ce que les hommes et les femmes comme nous peuvent faire à d&rsquo;autres hommes et femmes comme eux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité contre la torture des Nations unies — peu suspect d&rsquo;activisme — a tranché en novembre : la torture est devenue une politique d&rsquo;État en Israël. Comment continuer, depuis ce constat, à débattre du « droit à l&rsquo;autodéfense » ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Mais ce que je trouve vraiment choquant, c&rsquo;est la non-action devant la torture. La torture. Et le fait qu&rsquo;on ne réagisse pas… Quel est l&rsquo;argument d&rsquo;autodéfense qu&rsquo;on peut utiliser pour justifier le viol ? Le viol… ». Francesca Albanese</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;économie d&rsquo;un génocide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un détail résume la suite : six jours après la publication, en juillet 2025, de son rapport <em>From Economy of Occupation to Economy of Genocide</em>, l&rsquo;administration Trump la plaçait sous sanctions. Les mêmes qui visent les trafiquant·e·s de drogue. Elle avait, selon ses mots, touché un « nerf sensible ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nerf, elle l&rsquo;a rappelé à Liège : pendant que Gaza était méthodiquement détruite, la Bourse de Tel-Aviv s&rsquo;appréciait de 213 %. Le fonds de pension norvégien, pourtant réputé éthique, détenait des participations dans l&rsquo;ensemble des 46 entreprises documentées. Caterpillar, Volvo, Hyundai, Hitachi pour raser les maisons. Banques occidentales pour garantir la dette israélienne. Universités pour la recherche dite « sur l&rsquo;eau ». Pourquoi ce génocide dure-t-il ? Parce qu&rsquo;il rapporte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être sa formule la plus dérangeante : <strong>si les méthodes israéliennes ne nous choquent plus, c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont déjà les nôtres</strong>. Manifestant·e·s dispersé·e·s, journalistes muselé·e·s, militant·e·s poursuivi·e·s au nom de l&rsquo;antisémitisme pour avoir cité le droit international. À Liège même, un membre de la Coordination Résistance a été convoqué par la police le 15 avril pour une phrase inscrite sur une affiche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;interrogation s&rsquo;adresse frontalement à la Belgique. Huit mois après la décision gouvernementale d&rsquo;interdire les produits des colonies, rien n&rsquo;a été mis en œuvre. Des citoyen·ne·s belges s&rsquo;installent en Cisjordanie sans que l&rsquo;État s&rsquo;en préoccupe. L&rsquo;accord d&rsquo;association UE-Israël, assorti pourtant d&rsquo;une clause de suspension en cas de violation des droits humains, tient toujours. « Si on ne s&rsquo;en défait pas cette année, nous serons esclaves de ce système à jamais. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chercher la complicité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire, concrètement ? Cesser de se raconter qu&rsquo;il existerait un « bon » Israël et un « mauvais » Israël, côté colonies. L&rsquo;eau, le carburant, les universités, la finance : tout est imbriqué. Il faut donc suspendre, boycotter, désinvestir, intenter des actions judiciaires stratégiques. Vérifier les citoyen·ne·s belges qui ont servi dans Tsahal. Soutenir les étudiant·e·s qui, depuis mars 2024, bloquent les partenariats universitaires : « Elles et ils ont une longueur d&rsquo;avance sur nous. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout, chercher méthodiquement les chaînes de complicité. « Comme on cherche Charlie », a-t-elle souri. Les distributeurs plutôt que les seules marques, les banques plutôt que les seuls gouvernements. On lui rappelle la condamnation obtenue en décembre 2024 par cinq femmes métisses enlevées enfants au Congo colonial : la première fois qu&rsquo;un État européen est condamné pour crime contre l&rsquo;humanité commis pendant la colonisation. Preuve, dit-elle, qu&rsquo;on n&rsquo;obtient jamais la justice par hasard — « elle se bâtit tous ensemble ». Les droits humains ne sont pas une télécommande : ils se conquièrent, ou ils reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un horizon, quand même</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question posée en fin de soirée : comment arrête-t-on un génocide ? La rapporteuse n&rsquo;a pas la réponse. Elle a un mot, emprunté aux Palestinien·ne·s : <em>soumoud</em>. Mal traduit par « résilience ». Plutôt la ténacité des arbres qui, brûlés, continuent à se nourrir entre-eux via les racines. Un Global Sumud Movement est en train d&rsquo;émerger. Si la Palestine est une blessure, elle est aussi, a-t-elle dit, « un portail par lequel on peut regarder notre futur ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Palestine #FrancescaAlbanese #Amnesty #DroitsHumains #Liège</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/19/francesca-albanese-a-liege-cherchez-la-complicite/">Francesca Albanese à Liège : « Cherchez la complicité »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Obéir ou commettre un crime de guerre : le dilemme des militaires américain·e·s</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/07/obeir-ou-commettre-un-crime-de-guerre-le-dilemme-des-militaires-americain%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 09:46:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[DroitsHumains #CrimesDeGuerre #Iran #Trump #DroitInternational]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump a menacé de bombarder les centrales électriques et les ponts d&#8217;Iran si Téhéran ne rouvre pas le détroit d&#8217;Ormuz. Pour les expert·e·s juridiques, ce serait un crime de guerre manifeste. Mais pour les officier·ère·s américain·e·s dans la chaîne de commandement, le dilemme est immédiat et concret — obéir ou résister ? Le Guardian ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a menacé de bombarder les centrales électriques et les ponts d&rsquo;Iran si Téhéran ne rouvre pas le détroit d&rsquo;Ormuz. Pour les expert·e·s juridiques, ce serait un crime de guerre manifeste. Mais pour les officier·ère·s américain·e·s dans la chaîne de commandement, le dilemme est immédiat et concret — obéir ou résister ? Le <a href="https://www.theguardian.com/law/2026/apr/06/trump-threats-dilemma-for-officers-disobey-orders-or-commit-war-crimes" title=""><em>Guardian</em> a documenté </a>cette situation inédite dans l&rsquo;histoire militaire récente des États-Unis, au croisement du droit de la guerre et de la politique du chaos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Power Plant Day »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Début avril 2026, Trump a publié sur Truth Social un message d&rsquo;une brutalité rare : soit l&rsquo;Iran ouvre le détroit d&rsquo;Ormuz, soit les États-Unis frapperont « chaque centrale électrique » du pays, « simultanément ». Il a évoqué un « Power Plant Day, and Bridge Day » — une journée de destruction massive de l&rsquo;infrastructure civile iranienne. Ces déclarations ont été relayées par les comptes officiels du département d&rsquo;État, leur conférant un caractère quasi-officiel. Elles concernent directement 93 millions d&rsquo;Iranien·ne·s dont la vie quotidienne dépend de cette infrastructure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le droit international humanitaire, la réponse est sans ambiguïté : s&rsquo;en prendre délibérément à des infrastructures civiles vitales — électricité, eau, transports — constitue un crime de guerre au sens des Conventions de Genève. Ce principe ne souffre aucune exception liée au rang de celui qui donne l&rsquo;ordre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La chaîne de commandement sous tension</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ancien·ne·s avocat·e·s militaires — des « JAGs », juges-avocats généraux — ont publié une analyse sur le site <em>Just Security</em> : les déclarations de Trump « placent les militaires dans une situation profondément difficile ». La règle est pourtant claire : un·e soldat·e doit refuser un ordre « manifestement illégal ». Mais reconnaître cet ordre comme tel en temps réel, sous pression hiérarchique et dans un contexte de guerre imminente, c&rsquo;est une autre affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La référence historique s&rsquo;impose d&rsquo;elle-même. En 1968, lors du massacre de My Lai au Vietnam, des soldats américains ont refusé de participer à l&rsquo;exécution de civils. Un pilote d&rsquo;hélicoptère a même menacé de retourner ses armes contre les auteurs du massacre. Le lieutenant Calley, qui avait ordonné les tueries, a plaidé qu&rsquo;il « suivait des ordres ». La cour martiale a rejeté cet argument : des ordres « manifestement illégaux » ne constituent pas une défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais entre 1968 et 2026, Pete Hegseth a licencié les principaux JAGs du Pentagone et dissous l&rsquo;unité chargée de prévenir les dommages aux civils. Le filet de sécurité juridique s&rsquo;est effiloché. Comment résister, lorsque celles et ceux dont c&rsquo;est le rôle d&rsquo;alerter ont été systématiquement écartés ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;intimidation comme système</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mécanique est documentée. Lorsque des parlementaires démocrates ont rappelé aux militaires leur droit — et leur devoir — de refuser des ordres illégaux, Trump a répondu sur Truth Social en qualifiant cela de « comportement séditieux, passible de mort ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire que la chaîne de commandement peut fonctionner normalement lorsque le commandant en chef menace de mort quiconque évoque le droit de la guerre ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment espérer que des officier·ère·s formé·e·s à obéir trouveront la force de résister, lorsque les structures de conseil juridique ont été délibérément démantelées ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu dépasse l&rsquo;Iran. Il touche à la nature même des institutions militaires en démocratie — ces institutions qui, depuis Nuremberg, ont affirmé que « j&rsquo;obéissais aux ordres » ne suffit pas à dégager une responsabilité pénale individuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister, et après ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheur·euse·s comme Charli Carpenter, professeure à l&rsquo;Université du Massachusetts Amherst, rappellent que l&rsquo;histoire offre des exemples de militaires ayant résisté. Qu&rsquo;un·e seul·e qui refuse peut en entraîner d&rsquo;autres. Mais cette résistance exige un courage que peu de systèmes institutionnels sont aujourd&rsquo;hui conçus pour soutenir — surtout lorsque ces systèmes ont été méthodiquement vidés de leurs garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous revient, depuis nos démocraties européennes, de nommer ce que nous voyons. Les parlements, les cours de justice, les organisations de défense des droits humains ont un rôle — non pour faire la leçon, mais pour maintenir vivant le droit international que des générations ont construit, parfois au prix du sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces voix qui, au sein même de l&rsquo;armée américaine, hésitent, résistent ou alertent méritent d&rsquo;être entendues. Elles portent quelque chose d&rsquo;essentiel : la conviction que le droit n&rsquo;est pas une option, même en temps de guerre. Surtout en temps de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit de la guerre s&rsquo;applique à tous. Même aux présidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><code>#DroitsHumains #CrimesDeGuerre #Iran #Trump #DroitInternational</code></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/07/obeir-ou-commettre-un-crime-de-guerre-le-dilemme-des-militaires-americain%c2%b7e%c2%b7s/">Obéir ou commettre un crime de guerre : le dilemme des militaires américain·e·s</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La bombe et le berceau</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/28/la-bombe-et-le-berceau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 15:38:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né dans la clandestinité révolutionnaire, Zayd Dohrn raconte une enfance en fuite. Son texte pose la question que personne ne veut formuler : quand la résistance pacifique ne suffit-elle plus ?</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/28/la-bombe-et-le-berceau/">La bombe et le berceau</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Zayd Ayers Dohrn, « My Childhood in the Weather Underground », <a href="https://www.newyorker.com/culture/the-weekend-essay/my-childhood-in-the-weather-underground">The New Yorker, 28 mars 2026.</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Né clandestinement en 1977, fils de Bernardine Dohrn et Bill Ayers — fondateur·rice·s du groupe révolutionnaire Weather Underground —, Zayd Ayers Dohrn raconte dans <em>The New Yorker</em> une enfance passée en fuite, sous de faux noms, dans l&rsquo;ombre du FBI. Plus qu&rsquo;un récit de famille hors norme, ce texte saisissant pose une question que notre époque préfèrerait ne pas formuler : à partir de quel moment la résistance pacifique ne suffit-elle plus ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une enfance sous X</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit s&rsquo;ouvre sur une scène nocturne : un enfant de quatre ans réveillé en urgence, glissant sans bruit dans l&rsquo;escalier d&rsquo;un immeuble de Harlem tandis que son père gratte le givre sur le pare-brise. La famille prend la route vers Chicago pour que la mère puisse se rendre au FBI. Nous sommes en 1980.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant une décennie, Bernardine Dohrn avait figuré parmi les dix personnes les plus recherchées des États-Unis. Son fils n&rsquo;avait pas eu d&rsquo;acte de naissance avant ses cinq ans. Ses premiers apprentissages n&rsquo;étaient pas les tables de multiplication, mais l&rsquo;art de repérer les agents fédéraux à leurs chaussures (des mocassins en cuir, bien cirés) et leurs voitures (américaines, austères, équipées d&rsquo;antennes radio surdimensionnées). À quatre ans, il maîtrisait les « trajectoires » — enchaînements de virages conçus pour semer d&rsquo;éventuels poursuivants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;auteur restitue avec une précision troublante, c&rsquo;est la normalité perçue de cette existence. Les enfants du Weather Underground et des Black Panthers formaient une microsociété parallèle, sans école fixe, sans domicile stable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le prix de la révolution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mère de l&rsquo;auteur avait participé à des attentats symboliques contre le Capitole, le Pentagone et le siège de la police de New York. Trois de leurs ami·e·s sont mort·e·s dans l&rsquo;explosion accidentelle de leur propre bombe. Un braquage de fourgon blindé, en 1981, s&rsquo;est soldé par la mort d&rsquo;un gardien et de deux policiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dohrn ne cherche pas à absoudre ses parents. Son texte porte la marque d&rsquo;une lucidité durement conquise. Il évoque Kakuya Shakur, fille de la militante emblématique Assata Shakur, qui pose cette question déchirante : « Pourquoi avoir eu un enfant alors que tu savais que tu ne pourrais pas m&rsquo;élever ? » Et Chesa Boudin, fils adoptif de la famille, dont les parents biologiques ont été emprisonnés lors du braquage fatal — laissant derrière eux leur enfant en bas âge. Ces trajectoires rappellent que les choix radicaux ont des conséquences qui se transmettent sur plusieurs générations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dynamite et la démocratie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là que réside le cœur du texte. Dohrn formule une distinction qui semble nette : « S&rsquo;il peut y avoir des moments dans l&rsquo;histoire où certains d&rsquo;entre nous admettraient la nécessité d&rsquo;une résistance illégale et violente — l&rsquo;Allemagne nazie, par exemple, ou le Sud sous l&rsquo;esclavage —, la dynamite est un outil contre-productif dans une démocratie, aussi imparfaite soit-elle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est précisément cette réserve — <em>aussi imparfaite soit-elle</em> — qui ouvre un abîme. Car la démocratie américaine des années 1960 était celle de la ségrégation légale, des assassinats de Martin Luther King et de Fred Hampton, de la surveillance systématique des militant·e·s noir·e·s par le FBI. Une démocratie formelle qui coexistait avec une violence d&rsquo;État quotidienne. Où trace-t-on la ligne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est pas théorique. Elle revient aujourd&rsquo;hui, insistante, dans des sociétés où les droits reculent sans être officiellement abolis, où les institutions fonctionnent encore mais au service de moins en moins de personnes. Comment évaluer le degré de délitement d&rsquo;un système avant d&rsquo;en conclure que les voies légales sont épuisées ? Quel est le seuil — et qui a l&rsquo;autorité morale pour le fixer ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Transmettre sans trancher</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dohrn n&rsquo;apporte pas de réponse. Il écrit depuis une position double : fils de révolutionnaires, père à son tour. Il cherche à trier l&rsquo;héritage — distinguer ce qui mérite d&rsquo;être transmis (l&rsquo;engagement, la solidarité, le refus de l&rsquo;injustice) de ce qui a produit des désastres. Mais il ne prétend pas résoudre la contradiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mère, à 84 ans, sourit lorsqu&rsquo;il lui demande si ses petites-filles pourraient un jour suivre la même voie. « On ne sait jamais », dit-elle. Cette réponse n&rsquo;est pas anodine. Elle dit que le seuil — cette ligne invisible entre résistance légitime et violence contre-productive — n&rsquo;est pas fixé une fois pour toutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être là le vrai legs de ce texte : non pas une leçon, mais une question que chaque génération devra reformuler pour elle-même, en sachant ce que les générations précédentes ont payé pour y avoir répondu trop vite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire — et à débattre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>#DroitsHumains #Résistance #MémoirePolitique #DésobéissanceCivile #HéritageRévolutionnaire</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/28/la-bombe-et-le-berceau/">La bombe et le berceau</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;ONU à l&#8217;épreuve de ses propres algorithmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 15:42:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;ONU prône une gouvernance mondiale éthique de l&#8217;intelligence artificielle. Elle déploie simultanément ces mêmes technologies dans ses opérations de maintien de la paix — parfois sans cadre, parfois au détriment des populations qu&#8217;elle est censée protéger. Cette tension, documentée dans une note de l&#8217;Observatoire Boutros-Ghali de mars 2026, interpelle quiconque croit en la capacité du ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>L&rsquo;ONU prône une gouvernance mondiale éthique de l&rsquo;intelligence artificielle. Elle déploie simultanément ces mêmes technologies dans ses opérations de maintien de la paix — parfois sans cadre, parfois au détriment des populations qu&rsquo;elle est censée protéger. Cette tension, documentée dans <a href="https://www.observatoire-boutros-ghali.org/wp-content/uploads/2026/03/Note-YOUNSI-OBG-IA-ONU-OP-Version-FRmars.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">une note de l&rsquo;Observatoire Boutros-Ghali de mars 2026</a>, interpelle quiconque croit en la capacité du multilatéralisme à réguler le numérique.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Arbitre et joueur</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2024, le Secrétaire général António Guterres avertissait : le sort de l&rsquo;humanité ne doit « jamais être laissé à la boîte noire d&rsquo;un algorithme ». Quelques semaines plus tard, l&rsquo;ONU perfectionnait ses plateformes de surveillance géospatiale dans ses propres missions. Ce n&rsquo;est pas de la mauvaise foi — c&rsquo;est une tension structurelle qu&rsquo;Antoine Younsi, chercheur au GRIP, met en lumière avec précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;un côté, l&rsquo;organisation accumule les initiatives normatives : Pacte numérique mondial adopté à l&rsquo;unanimité en 2024, principes éthiques pour l&rsquo;usage interne des algorithmes, organe consultatif de haut niveau sur l&rsquo;IA. De l&rsquo;autre, elle intègre ces technologies dans ses opérations de paix de manière souvent expérimentale — avec des pratiques qui précèdent les règles censées les encadrer.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une gouvernance mondiale en éclats</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage normatif international est morcelé. Les États-Unis, la Chine et l&rsquo;Union européenne se disputent le rôle de puissance régulatrice. Les standards s&rsquo;accumulent, souvent incompatibles. On parle de gouvernance en « patchwork », de pratiques de « forum shopping » par lesquelles États et entreprises sélectionnent les enceintes les moins contraignantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Europe, avec son AI Act contraignant, offre un contre-modèle partiel. Mais sans mécanismes contraignants à l&rsquo;échelle onusienne, les normes restent inopposables : moins d&rsquo;un quart des États signataires de la Recommandation de l&rsquo;UNESCO sur l&rsquo;éthique de l&rsquo;IA ont réellement engagé des outils de mise en œuvre.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>SAGE, Unite Aware : la promesse prédictive</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La note examine deux outils concrets. SAGE permet aux Casques bleus de visualiser des données géolocalisées sur les violences et les tensions. Unite Aware, opérationnelle depuis 2023 à Chypre, croise des données multisources pour anticiper les crises. Un partenariat ONU–École polytechnique fédérale de Zurich a montré que des algorithmes d&rsquo;apprentissage profond pouvaient générer des prévisions à court terme de l&rsquo;intensité des conflits. En janvier 2026, la plateforme entre dans une deuxième phase, notamment au sein de la MONUSCO en République démocratique du Congo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est prometteur. Et vertigineux.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les données ne sont jamais neutres</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que la note devient la plus précieuse pour les défenseur·e·s des droits humains. Les données collectées en zone de conflit reflètent les biais de ceux qui les collectent, les omissions des formulaires, les angles morts culturels et de genre. En RDC, la simplification des catégories dans SAGE a conduit à regrouper des dizaines de groupes armés sous une même étiquette, faussant les analyses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les algorithmes entraînés sur ces données imparfaites peuvent amplifier ces biais. Une confiance excessive crée une distance entre personnels onusiens et populations — ce que des chercheur·e·s appellent la « bunkerisation » des missions. Certain·e·s évoquent même un « colonialisme des données » : technologies développées par des acteurs occidentaux, déployées sur des populations du Sud global, anciennement colonisées, sans garanties sur la propriété des données ni sur la participation des communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment garantir la protection des civils si les algorithmes ignorent les dynamiques de genre ? Comment préserver la légitimité des missions si les populations deviennent des données à extraire plutôt que des citoyen·ne·s à associer aux processus de paix ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;exemplarité ou rien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;ONU veut rester crédible dans la gouvernance mondiale de l&rsquo;IA, elle doit l&rsquo;être dans l&rsquo;usage qu&rsquo;elle en fait. Ses opérations de paix sont un laboratoire — et une vitrine. Un décalage durable entre ambitions normatives et pratiques éroderait sa légitimité, au moment précis où le monde en a le plus besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enjeux nous concernent. Nos gouvernements contribuent aux missions onusiennes et siègent aux instances de régulation. Les entreprises de nos pays participent au développement de ces technologies. Personne n&rsquo;est spectateur·rice de cette transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;IA ne sera ni solution magique ni gouffre inéluctable. Ses effets dépendent des choix que nous faisons — maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;exiger la cohérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">GouvernanceIA #MaintiendeLaPaix #DroitsHumains #NationsUnies #IntelligenceArtificielle</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/">L’ONU à l’épreuve de ses propres algorithmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Les démocraties à l&#8217;heure des « hommes forts »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/17/les-democraties-a-lheure-des-hommes-forts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 17:17:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvrir le magazine Amnesty (mars 2026) de la section suisse de l&#8217;organisation, c&#8217;est prendre la mesure d&#8217;une réalité que beaucoup préfèrent encore minimiser. Intitulé « Point de bascule », le dossier coordonné par la section suisse d&#8217;Amnesty International dresse un état des lieux inquiétant — mais rigoureusement sourcé — de la dérive autoritaire à l&#8217;œuvre ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ouvrir le <a href="https://www.amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/magazine-amnesty/2026-1/sommaire/amnesty_f_2025-no124-v8finaldouble.pdf" title="">magazine <em>Amnesty</em> (mars 2026) </a>de la section suisse de l&rsquo;organisation, c&rsquo;est prendre la mesure d&rsquo;une réalité que beaucoup préfèrent encore minimiser. Intitulé « Point de bascule », le dossier coordonné par la section suisse d&rsquo;Amnesty International dresse un état des lieux inquiétant — mais rigoureusement sourcé — de la dérive autoritaire à l&rsquo;œuvre dans de nombreuses démocraties, y compris celles que l&rsquo;on croyait les plus solides.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde tel qu&rsquo;il est</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sont difficiles à ignorer. Selon le <em>Democracy Report 2025</em> de l&rsquo;Institut V-Dem, pour la première fois depuis vingt ans, près de 72 % de la population mondiale vit sous un régime autocratique — le taux le plus élevé depuis 1978. Seuls 29 pays sont encore classés comme démocraties libérales, contre 43 entre 2007 et 2012. L&rsquo;indice Freedom House 2025, également cité dans le dossier, confirme : dans 60 pays, les droits politiques et civils ont reculé en 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres ne sont pas anecdotiques. Ils documentent une érosion systémique, conduite le plus souvent depuis l&rsquo;intérieur même des institutions démocratiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un mode opératoire partagé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier identifie les mécanismes récurrents de cette dérive, à travers six cas documentés. En Hongrie, Viktor Orbán contrôle à la fois le pouvoir exécutif, le judiciaire et plus de 80 % des médias. En Turquie, Recep Tayyip Erdoğan instrumentalise la justice pour éliminer ses adversaires. Aux États-Unis, Donald Trump déshumanise les minorités, démantèle les institutions de contrôle et rompt les alliances multilatérales construites depuis 1945 — à une vitesse qui a pris de court même ses critiques les plus avertis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse de la Russie poutinienne, signée par l&rsquo;historien Artem Efimov de Meduza, montre comment la peur peut être réinstallée progressivement comme instrument de gouvernance : par petites touches, sur une décennie, avant que le basculement ne devienne irréversible. En Israël, la guerre à Gaza a offert une couverture opportune pour neutraliser l&rsquo;indépendance judiciaire à l&rsquo;abri du regard public. Au Portugal, le parti d&rsquo;extrême droite Chega ! réhabilite subtilement l&rsquo;héritage de Salazar auprès d&rsquo;un électorat jeune qui n&rsquo;a pas vécu la dictature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ne pas voir, dans ces trajectoires parallèles, les contours d&rsquo;une recette partagée ? Comment croire encore que ces dérives seraient des accidents de l&rsquo;histoire, et non les symptômes d&rsquo;une tendance structurelle ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chez nous aussi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier insiste sur un point que l&rsquo;on a trop souvent tendance à esquiver : aucune démocratie n&rsquo;est immunisée. La Suisse elle-même — présentée comme un havre de stabilité politique — n&rsquo;échappe pas au durcissement des discours ni aux atteintes aux libertés fondamentales, selon la professeure Natasha Wunsch, de l&rsquo;Université de Fribourg. En Europe, la trajectoire hongroise, la montée de l&rsquo;AfD en Allemagne, ou encore la normalisation progressive du discours antimigrant montrent que le glissement peut s&rsquo;opérer rapidement, sans signal d&rsquo;alarme univoque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat vaut aussi pour nos sociétés. Les institutions européennes sont directement interpellées&nbsp;: l&rsquo;autonomie stratégique et la défense des valeurs démocratiques ne peuvent reposer indéfiniment sur la bonne volonté de partenaires transatlantiques devenus imprévisibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des résistances existent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier ne cède pas au catastrophisme — et c&rsquo;est là l&rsquo;une de ses forces. L&rsquo;exemple brésilien est éclairant : Jair Bolsonaro a été condamné à vingt-sept ans de prison en novembre 2025. Cette issue — rendue possible par l&rsquo;indépendance d&rsquo;une partie du pouvoir judiciaire, la mobilisation de la société civile et une presse critique — montre que la démocratie peut résister, même dans des contextes de polarisation extrême. Les Seychelles, la Bolivie, l&rsquo;Équateur illustrent d&rsquo;autres formes de redémocratisation possibles. Le rapport V-Dem en recense dix-neuf pays en cours de renforcement démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous non pas de nous résigner à l&rsquo;inéluctable, mais de soutenir celles et ceux qui, dans nos sociétés comme ailleurs, font reculer l&rsquo;étau autoritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une lecture nécessaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier d&rsquo;Amnesty Suisse n&rsquo;est pas une lecture de confort. Il documente, avec rigueur et diversité géographique, les ressorts d&rsquo;une dérive qui se joue à bas bruit — par petites réformes législatives, par discours répétés, par neutralisation progressive des contre-pouvoirs. Autant de signaux que l&rsquo;on a trop longtemps appris à ne pas prendre au sérieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire ce dossier, c&rsquo;est se donner les moyens de nommer ce qui se passe. Et nommer, c&rsquo;est déjà résister.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résistez.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>#DroitsHumains #Démocratie #Autoritarisme #AmnestyInternational #LibertéDExpression #EtatDeDroit #PointDeBascule #HommesForts</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/17/les-democraties-a-lheure-des-hommes-forts/">Les démocraties à l’heure des « hommes forts »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Droits humains : le monde bascule, et nous ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 08:54:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[CPI]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Droits humains : le monde bascule, et nous ?<br />
Le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch sonne l'alarme : l'ordre international des droits humains vacille sous les assauts conjugués de Washington, Pékin et Moscou. Mais la résistance citoyenne refuse de plier.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/">Droits humains : le monde bascule, et nous ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <a href="https://www.hrw.org/fr/world-report/2026" target="_blank" rel="noopener" title="">Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch</a> dresse un constat alarmant : sous les coups de l&rsquo;administration Trump, soutenue tacitement par Pékin et Moscou, l&rsquo;édifice international des droits humains vacille dangereusement. Mais la résistance citoyenne, partout dans le monde, refuse de céder.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a vingt ans, les États-Unis mobilisaient la communauté internationale contre les atrocités au Darfour. Aujourd&rsquo;hui, le président Trump se vante de « ne pas avoir besoin du droit international », préférant s&rsquo;appuyer sur sa « propre morale ». Le contraste est vertigineux. Et le constat de Human Rights Watch, dans son Rapport mondial 2026, est sans appel : 2025 a marqué un point de bascule.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;étau se resserre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En à peine douze mois, l&rsquo;administration américaine s&rsquo;est retirée du Conseil des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU et de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé. Elle a sanctionné le Procureur de la Cour pénale internationale, gelé l&rsquo;aide étrangère vitale pour des millions de personnes — hommes, femmes et enfants — et boycotté l&rsquo;examen de son propre bilan en matière de droits humains. Elle prévoit de quitter 66 organisations internationales, qualifiées de « modèle obsolète de multilatéralisme ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, 72 % de la population mondiale vit désormais sous des régimes autocratiques, un niveau comparable à celui de 1985. La vague démocratique amorcée il y a un demi-siècle a cédé la place à ce que les universitaires appellent une « récession démocratique ». Et cette fois, les États-Unis eux-mêmes figurent parmi les pays qui reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Europe dans l&rsquo;ombre ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette offensive autoritaire, que font nos gouvernements ? Force est de reconnaître que la réponse européenne a de quoi inquiéter. L&rsquo;Union européenne, le Canada, l&rsquo;Australie semblent mettre en sourdine leurs préoccupations, craignant de froisser Washington ou Pékin. En Europe occidentale — y compris en Belgique —, les restrictions aux activités de la société civile et aux manifestations se multiplient. Au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, de nombreux·ses citoyen·ne·s acceptent que les droits des « autres » soient rognés : migrant·e·s, femmes, minorités, personnes LGBT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;histoire nous l&rsquo;enseigne, et le rapport le rappelle avec force : les aspirant·e·s autocrates ne s&rsquo;arrêtent jamais aux « autres ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau mondial assombrit encore le constat. Au Soudan, les Forces de soutien rapide commettent des meurtres et des viols à grande échelle au Darfour — avec le soutien militaire présumé des Émirats arabes unis. Dans le Territoire palestinien occupé, plus de 70 000 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dans une réponse internationale largement insuffisante. En Ukraine, les crimes russes se poursuivent tandis que Trump propose une « amnistie totale » pour les crimes de guerre. Le message de cette ère est limpide : la force fait loi et les atrocités n&#8217;empêchent pas de conclure des deals.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment encore y croire ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment avoir confiance dans un système international où les États-Unis, la Chine et la Russie — trois puissances aux moyens considérables — partagent désormais un même mépris pour les normes qui pourraient limiter leur pouvoir ? Comment croire à la justice internationale quand Washington sanctionne la CPI tandis que Moscou fait condamner ses magistrat·e·s par contumace ? Comment, depuis Bruxelles ou Liège, regarder ailleurs quand nos propres gouvernements restent silencieux face à ces gouffres que creusent les grandes puissances ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espoir est dans la rue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. Chaque jour, nous voyons éclore des résistances. Les manifestations « No Kings » ont rassemblé des millions d&rsquo;Américain·e·s. En Corée du Sud, le parlement a destitué un président qui tentait d&rsquo;imposer la loi martiale. Au Népal, en Indonésie, au Maroc, la génération Z se dresse contre la corruption et la mauvaise gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Human Rights Watch appelle à la création d&rsquo;une nouvelle alliance mondiale de démocraties respectueuses des droits — du Brésil au Japon, de l&rsquo;Afrique du Sud à la Corée du Sud. Des initiatives existent déjà : le sommet « La démocratie pour toujours » au Chili en juillet 2025, le Groupe de La Haye pour la défense du droit international, plus de 70 pays signataires d&rsquo;une déclaration commune pour le multilatéralisme à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces coalitions ne suffiront pas sans nous. Sans les citoyen·ne·s qui descendent dans la rue. Sans les organisations qui documentent, dénoncent et mobilisent — malgré les menaces croissantes. Au Soudan, en Ukraine, à Hong Kong, des réseaux locaux de solidarité comblent les défaillances des États. Ils sont la preuve vivante que le pouvoir du peuple reste un moteur de changement, même dans les heures les plus sombres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charge à nous non pas de contempler l&rsquo;obscurité, mais de fournir les bougies qui éclaireront les pistes vers un avenir où le respect de tous les droits fondamentaux ne sera pas négociable. Briser la vague autoritaire est le défi de toute une génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de le relever.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #HRW2026 #Démocratie #Autoritarisme #SociétéCivile #DroitInternational #Multilatéralisme #Trump #Résistance #DignitéHumaine</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/">Droits humains : le monde bascule, et nous ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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