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	<title>Belgique - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Belgique - En avant</title>
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		<title>« La perturbation n&#8217;est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 14:58:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Rapporteur spécial Michel Forst publie sous l'égide de la Convention d'Aarhus des lignes directrices qui consacrent le droit à la protestation environnementale pacifique — y compris la désobéissance civile.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sous l&rsquo;égide de la Convention d&rsquo;Aarhus, Michel Forst, Rapporteur spécial sur les défenseur·e·s de l&rsquo;environnement, vient de publier ses </strong><a href="https://unece.org/environment-policy/public-participation/aarhus-convention/special-rapporteur-environmental-defenders"><strong><em>Guidelines on the Right to Peaceful Environmental Protest and Civil Disobedience</em></strong></a><strong>. Quarante et une pages adressées aux 47 États parties — dont la Belgique — qui consolident un acquis du droit international : la perturbation n&rsquo;est pas la violence, et la désobéissance civile non-violente est protégée. À l&rsquo;heure où les colleur·euse·s d&rsquo;autoroute et les militant·e·s du climat se retrouvent au banc des accusés, le texte trace une ligne rouge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document, qui combine deux références onusiennes (ECE/MP.PP/2025/21 et /44), a été soumis à la huitième réunion des parties à la Convention d&rsquo;Aarhus, tenue à Genève du 17 au 19 novembre 2025. Il n&rsquo;a rien d&rsquo;un manifeste militant : c&rsquo;est un outil opérationnel, méthodique, étayé par la jurisprudence du Comité des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU, de la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme et du Comité d&rsquo;examen du respect des dispositions d&rsquo;Aarhus lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Premier mécanisme contraignant dédié aux défenseur·e·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Convention d&rsquo;Aarhus, entrée en vigueur en 2001, garantit trois droits : accès à l&rsquo;information, participation aux décisions et accès à la justice en matière environnementale. Son article 3 (8) interdit toute pénalisation, persécution ou harcèlement contre celles et ceux qui exercent ces droits. En 2021, alarmée par les menaces, violences, surveillances et meurtres qui frappent les défenseur·e·s, la réunion des parties a créé par consensus un mandat de Rapporteur spécial — premier mécanisme de réponse rapide adossé à un traité juridiquement contraignant. Michel Forst, élu en 2022, en occupe le poste. Ces lignes directrices opérationnalisent ses précédentes alertes sur la « répression d&rsquo;État de la protestation environnementale ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désobéissance civile : quatre critères, une protection</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport pose une définition claire de la désobéissance civile : (a) une violation délibérée de la loi, (b) sur une question d&rsquo;intérêt public, (c) menée publiquement, (d) menée sans violence. Quatre conditions cumulatives. Et un statut : protégée par l&rsquo;article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, par l&rsquo;article 11 de la Convention européenne des droits de l&rsquo;homme, et par la Convention d&rsquo;Aarhus elle-même. Le Comité des droits de l&rsquo;homme l&rsquo;avait déjà acté dans son Observation générale n° 37 : « Les campagnes collectives de désobéissance civile ou d&rsquo;action directe peuvent être couvertes par l&rsquo;article 21, à condition d&rsquo;être non-violentes. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">« La perturbation n&rsquo;est pas la violence »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la formule-clef du document, et elle est lourde de conséquences. Michel Forst rappelle que « la simple bousculade, ou la perturbation de la circulation des véhicules, des piétons ou des activités quotidiennes ne constituent pas une &quot;violence&quot; ». Bloquer une route, occuper un site, organiser un sit-in, mener une opération de désobéissance numérique : autant d&rsquo;actes qui restent dans le périmètre de la liberté de réunion. Mieux encore : même si certains participants commettent des actes pouvant être qualifiés de violents, cela ne fait pas basculer l&rsquo;ensemble du rassemblement hors du champ de protection. La Cour européenne le dit elle aussi, dans sa jurisprudence <em>Kudrevičius</em> : les intentions pacifiques se présument, sauf preuve « suffisante et convaincante » du contraire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le test en trois temps</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toute restriction au droit de manifester doit franchir trois obstacles : (a) être prévue par la loi, (b) poursuivre un but légitime, (c) être nécessaire et proportionnée. La Cour de Strasbourg ajoute qu&rsquo;une simple « nécessité de punir une conduite illégale » ne suffit pas, et que les sanctions pénales — <em>a fortiori</em> les peines de prison — exigent une justification particulière. Forst en tire une exigence pratique : les juges nationaux doivent procéder à un examen au cas par cas, et non appliquer mécaniquement le droit pénal commun aux militant·e·s écologistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Cinq principes pour les États</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte décline cinq principes directeurs. <em>Un</em> : traiter les causes profondes de la mobilisation, qui tiennent à l&rsquo;échec des politiques environnementales nationales et internationales. <em>Deux</em> : contrer activement les récits qui criminalisent les défenseur·e·s — interdire le vocabulaire « éco-terroristes », « éco-criminels », « agents étrangers », « ennemis de l&rsquo;État » dans la bouche des responsables politiques et des médias publics. <em>Trois</em> : ne pas se servir de la montée de la désobéissance civile comme prétexte pour rétrécir l&rsquo;espace civique, ce qui implique de revoir les législations « anti-terrorisme », « ordre public » et « sécurité nationale » utilisées pour faire taire les protestations. <em>Quatre</em> : encadrer strictement la réponse policière — interdiction de la torture et des traitements inhumains, force minimale et de dernier recours, prohibition de la reconnaissance faciale et de la surveillance de masse, encadrement strict du <em>kettling</em> et des dispersions. <em>Cinq</em> : garantir une approche judiciaire qui ne contribue pas à étouffer la protestation, notamment par une protection effective contre les procédures-bâillons (SLAPPs), déjà encadrées par la directive européenne 2024/1069.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et chez nous ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique est partie à la Convention d&rsquo;Aarhus. Elle n&rsquo;échappe ni au phénomène ni aux tentations. Des procès contre des activistes climatiques, des fichages, des poursuites pour « entrave » ou « association de malfaiteurs » contre des actions de désobéissance pacifique : autant de pratiques qui doivent désormais être relues à la lumière du test en trois temps et des cinq principes. À l&rsquo;échelle européenne, la transposition de la directive anti-SLAPP est en cours. Aux échelons régional, communautaire et fédéral, l&rsquo;effort d&rsquo;analyse de cohérence — celui-là même que Forst recommande aux États dans son principe directeur n° 1 — reste largement devant nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une boussole, pas une baguette magique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les lignes directrices sont volontaires, juridiquement non contraignantes. Leur force vient d&rsquo;ailleurs : de leur consolidation de la jurisprudence existante, de leur méthodologie rigoureuse, et de leur capacité à servir de référence devant les juges, dans les commissariats, dans les commissions parlementaires. Encore faut-il qu&rsquo;elles soient traduites, disséminées et expliquées — comme le document lui-même y appelle. C&rsquo;est précisément ce travail de relais qui revient aux acteurs de terrain : ONG, syndicats, mouvements climat, défenseur·e·s des droits humains, médias indépendants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bloquer une route pour défendre une forêt n&rsquo;est pas un crime. Le droit international le dit. Reste à le faire entendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Aarhus #DésobéissanceCivile #JusticeClimatique #MichelForst #DroitsHumains</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/29/la-perturbation-nest-pas-la-violence-michel-forst-protege-la-desobeissance-climatique/">« La perturbation n’est pas la violence » : Michel Forst protège la désobéissance climatique</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La Belgique au miroir de Genève</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 19:51:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&#8217;homme a publié sa compilation pour l&#8217;Examen périodique universel de la Belgique (voir bas de page), prévu en mai au Conseil des droits de l&#8217;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho. Une convergence ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 4 février 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme a publié <a href="https://docs.un.org/fr/A/HRC/WG.6/52/BEL/2" target="_blank" rel="noopener" title="">sa compilation</a> pour l&rsquo;Examen périodique universel de la Belgique </strong><em>(vo<a href="#EPU" title="">ir bas de page)</a>,</em><strong> prévu en mai au Conseil des droits de l&rsquo;homme. Neuf pages, cinquante-cinq paragraphes, cinq mécanismes onusiens. Et un constat qui se répète, comme un écho.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une convergence qui force la lecture</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le document n&rsquo;émane pas d&rsquo;une ONG militante ni d&rsquo;un État rival : il agrège les recommandations adressées à la Belgique par le Comité pour l&rsquo;élimination de la discrimination raciale, le Comité CEDAW, le Comité des droits des personnes handicapées, l&rsquo;UNESCO et le Mécanisme international d&rsquo;experts indépendants chargé de promouvoir la justice et l&rsquo;égalité raciales dans le maintien de l&rsquo;ordre. Cinq instances distinctes, des mandats différents, des méthodologies propres — et un diagnostic qui se recoupe avec une netteté inhabituelle. Profilage racial, surpopulation carcérale, accueil défaillant des personnes en quête de protection, éducation inclusive en panne, violences fondées sur le genre, fragilité du cadre antiraciste : la Belgique de 2026 reçoit la même cartographie de manquements que celle de 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le plan qui n&rsquo;arrive pas</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mécanisme d&rsquo;experts comme le Comité CEDAW recommandent — à nouveau — l&rsquo;adoption d&rsquo;un plan d&rsquo;action interfédéral contre le racisme. Le rapport relève avec satisfaction que la Wallonie, la Communauté française, la Région bruxelloise et la Région flamande développent leurs propres dispositifs ; il regrette dans la même phrase qu&rsquo;aucun cadre interfédéral n&rsquo;ait pu être établi. La complexité institutionnelle belge fonctionne ici comme un alibi : chaque entité agit, et personne n&rsquo;agit ensemble. Pendant ce temps, les jeunes africain·e·s et d&rsquo;ascendance africaine continuent, selon le Mécanisme, de manifester une profonde méfiance envers les forces de l&rsquo;ordre. Méfiance que des contrôles d&rsquo;identité non enregistrés, l&rsquo;absence de garde-fous sur l&rsquo;intelligence artificielle policière et la lenteur des enquêtes sur les violences à caractère raciste ne contribuent pas à apaiser.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les corps qu&rsquo;on enferme, les enfants qu&rsquo;on trie</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Trois organes différents convergent sur l&rsquo;état des prisons belges : surpopulation, surreprésentation des personnes d&rsquo;ascendance africaine, incarcération de personnes ayant un handicap psychosocial qui n&rsquo;y reçoivent pas les soins requis et y subissent souvent une médication excessive. Le Comité CRPD signale par ailleurs qu&rsquo;en Belgique, les écoles ordinaires peuvent encore refuser un·e élève handicapé·e au motif que les aménagements raisonnables seraient « trop contraignants » — alors même que notre pays affiche le pourcentage le plus élevé d&rsquo;élèves scolarisé·e·s dans l&rsquo;enseignement spécialisé de toute l&rsquo;Union européenne. Comment soutenir, à Genève, qu&rsquo;on défend l&rsquo;inclusion, lorsqu&rsquo;on trie aussi tôt, aussi systématiquement, et avec une telle constance statistique ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les invisibles que le rapport ramène à la lumière</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Restent celles et ceux que la compilation tire patiemment de l&rsquo;ombre. Les demandeur·euse·s d&rsquo;asile dont l&rsquo;accueil défaille, encore. Les migrant·e·s sans papiers que la police, selon le Mécanisme, expulse de leurs logements pour les renvoyer à la rue, parfois avec un usage excessif de la force. Les travailleuses domestiques signalées comme victimes d&rsquo;exploitation par leurs employeurs. Les femmes victimes de violences fondées sur le genre, dont les places en centres d&rsquo;accueil restent limitées et dont les fonds dédiés sont, selon le Comité CEDAW, en baisse. Les femmes dont la nationalité ou le titre de séjour ont été révoqués parce que leur nom — ou celui d&rsquo;un·e proche — figurait dans une base de données antiterroriste. Et cette pratique, dont le Comité CRPD demande la cessation, qui consiste pour la Belgique à accueillir activement dans ses hôpitaux psychiatriques des personnes handicapées résidant en France. Comment se présenter à Genève sans avoir, au préalable, croisé ces regards ?</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une parole sans force exécutoire, mais</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La parole des Nations Unies n&rsquo;a pas force exécutoire. Elle a force de témoignage. Elle s&rsquo;adresse à un État qui aime se présenter, dans les travées du Conseil, comme un·e défenseur·euse exigeant·e des droits humains. À ses représentant·e·s, désormais, d&rsquo;en faire quelque chose. Aux citoyen·ne·s, surtout, de leur rappeler que ces cinquante-cinq paragraphes ne se rangent pas dans un classeur diplomatique : ils nomment des vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;agir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 id="EPU" class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4cc.png" alt="📌" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;EPU ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<strong>Examen périodique universel</strong> est le mécanisme du Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations Unies par lequel chaque État membre de l&rsquo;ONU — tous les 193 — voit, à tour de rôle, sa situation des droits humains examinée par ses pairs. Le dispositif a été créé en 2006 et fonctionne par cycles d&rsquo;environ quatre ans et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque examen repose sur <strong>trois documents</strong> : le rapport national rédigé par l&rsquo;État lui-même, une compilation établie par le Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme à partir des observations des organes de traités, des procédures spéciales et des agences onusiennes, et un résumé des contributions de la société civile (ONG, institution nationale des droits humains, syndicats, milieux académiques).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;examen se tient à Genève, au sein du <strong>Groupe de travail sur l&rsquo;EPU</strong>, lors d&rsquo;un dialogue interactif au cours duquel les autres États posent des questions et formulent des recommandations. L&rsquo;État examiné peut ensuite <strong>accepter</strong> ou <strong>prendre note</strong> de chacune d&rsquo;elles ; il rendra compte de leur mise en œuvre lors du cycle suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique passe son <strong>quatrième EPU</strong> lors de la 52ᵉ session du Groupe de travail, du 4 au 15 mai 2026. Le document recensé ici est la compilation du HCDH — la photographie onusienne, la plus institutionnelle des trois, celle qu&rsquo;aucun ministère ne peut écarter d&rsquo;un revers de main.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #EPU #Belgique #Antiracisme #JusticeSociale</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/07/la-belgique-au-miroir-de-geneve/">La Belgique au miroir de Genève</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Belgique : l&#8217;État de droit face au mur du non-accueil</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/24/belgique-letat-de-droit-face-au-mur-du-non-accueil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 15:52:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sept organisations belges et internationales publient un état des lieux accablant de la politique migratoire fédérale au second semestre 2025. Derrière les chiffres, un affrontement inédit : une ministre qui ordonne de désobéir à la justice, et un pouvoir judiciaire contraint de défendre publiquement la séparation des pouvoirs. Une ligne rouge franchie à l&#8217;été En ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sept organisations belges et internationales publient <a href="https://www.cire.be/publication/politique-de-non-accueil-larizona-franchit-une-nouvelle-ligne-rouge/" target="_blank" rel="noopener" title="">un état des lieux</a> accablant de la politique migratoire fédérale au second semestre 2025. Derrière les chiffres, un affrontement inédit : une ministre qui ordonne de désobéir à la justice, et un pouvoir judiciaire contraint de défendre publiquement la séparation des pouvoirs.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Une ligne rouge franchie à l&rsquo;été</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 2025, le Parlement belge vote des mesures « de crise » modifiant la Loi Accueil du 12 janvier 2007. L&rsquo;Agence fédérale Fedasil peut désormais refuser l&rsquo;hébergement aux demandeur·euse·s d&rsquo;asile déjà protégé·e·s dans un autre État membre (« statut M ») et aux familles dont les enfants introduisent une demande après un refus parental. Dès le 2 août, les familles – y compris avec de très jeunes enfants – se retrouvent à la rue sur instruction explicite de la ministre de l&rsquo;Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Le Samusocial, saturé, a refusé près de 400 familles, soit 1.500 personnes, en quelques mois, et 62 % en moyenne des demandes d&rsquo;hébergement d&rsquo;hommes isolés. Moins de 20 % des personnes au « statut M » obtiennent finalement un hébergement malgré leur vulnérabilité. La ministre affirme pourtant que « personne n&rsquo;est obligé de dormir dans la rue », renvoyant vers le « Brussels Deal » cofinancé avec la Région bruxelloise – un dispositif inconditionnel, non réservé aux demandeur·euse·s d&rsquo;asile, et vers lequel Fedasil n&rsquo;oriente personne. En octobre, l&rsquo;église du Béguinage à Bruxelles accueille symboliquement trois familles renvoyées à la rue par l&rsquo;État, rappelant qu&rsquo;il existe, à défaut d&rsquo;une politique publique, un devoir citoyen d&rsquo;hospitalité.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le pouvoir judiciaire sort de sa réserve</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La suite bascule dans l&rsquo;anomalie institutionnelle. Quand le tribunal du travail de Bruxelles annule plusieurs refus d&rsquo;accueil en septembre, la ministre ordonne à Fedasil d&rsquo;ignorer ces jugements. Le 1er octobre, la Cour de cassation, le Collège des procureurs généraux et le Collège des cours et tribunaux signent une lettre ouverte d&rsquo;une sévérité rare, estimant que ses déclarations révèlent « une évolution inquiétante dans laquelle un membre du pouvoir exécutif estime pouvoir se placer au-dessus de la loi ». Quatre familles déposent plainte au pénal pour traitement inhumain et dégradant et non-assistance à personne en danger. Plus de 16.000 décisions de justice restent non exécutées par l&rsquo;État belge. Le Comité des ministres du Conseil de l&rsquo;Europe, chargé du suivi de l&rsquo;arrêt Camara c. Belgique, somme les autorités d&rsquo;agir « dans les plus brefs délais ». Des familles et des organisations saisissent la Cour constitutionnelle, qui se prononcera au printemps 2026. Le HCR, dans une carte blanche au Soir, appelle à un sursaut politique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La santé et la dignité comme variables d&rsquo;ajustement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, les chiffres des sept organisations parlent d&rsquo;eux-mêmes. Au 1er décembre, 1.759 hommes figuraient toujours sur la liste d&rsquo;attente. Le réseau Fedasil est passé de 36.205 places début 2025 à 34.878 en décembre, les Initiatives locales d&rsquo;accueil fermant à un rythme anticipé et le gouvernement Arizona fermant désormais les centres installés sur des sites de la Défense. Entre juillet et décembre, 135.000 repas ont été servis au Hub humanitaire, qui voit ses consultations médicales divisées par deux dès novembre, avant un arrêt total prévu en avril 2026. La structure Athéna a déjà fermé fin décembre, faute de subsides. 92 % des patient·e·s du Refugee Medical Point sont des demandeur·euse·s de protection. Les cas de tuberculose remontent, les maladies de peau représentent 12 % des diagnostics au Hub, les troubles dépressifs ou anxieux touchent près de la moitié des personnes suivies au CASO de Médecins du Monde. Une étude du Délégué général flamand aux droits de l&rsquo;enfant révèle que la moitié des centres Fedasil ne respectent pas leurs propres normes. Le sans-chez-soirisme s&rsquo;installe comme norme pour celles et ceux qui ont fui la guerre ou la persécution. Comment un pays signataire de la Convention de Genève peut-il organiser méthodiquement le renvoi à la rue des personnes qu&rsquo;il a vocation à protéger ? Que reste-t-il d&rsquo;un État de droit lorsque l&rsquo;exécutif revendique le droit d&rsquo;ignorer ses juges ? Des solutions existent : augmenter durablement la capacité d&rsquo;accueil, prévoir un budget suffisant, respecter les décisions de justice, activer un plan de répartition. Elles supposent une volonté politique qui, aujourd&rsquo;hui, fait défaut.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Tenir la ligne</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un État de droit se défend chaque jour. Au boulot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Asile #Belgique #EtatDeDroit #NonAccueil</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/24/belgique-letat-de-droit-face-au-mur-du-non-accueil/">Belgique : l’État de droit face au mur du non-accueil</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;année 2025: l&#8217;année des prédateurs</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 06:09:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans sa préface au rapport annuel 2026 d&#8217;Amnesty International, Agnès Callamard qualifie 2025 d&#8217;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans sa préface au <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/04/amnesty-international-calls-states-to-stop-predatory-era-taking-hold/" target="_blank" rel="noopener" title="">rapport annuel 2026 d&rsquo;Amnesty International</a>, Agnès Callamard qualifie 2025 d&rsquo;« année des prédateurs ». Trump, Poutine, Netanyahou : une stratégie de conquête, des destructions de grande ampleur, et des gouvernements européens qui, pour la plupart, ont choisi la capitulation. Mais la secrétaire générale refuse le défaitisme et démonte méthodiquement le récit selon lequel l&rsquo;ordre international de 1948 aurait toujours été une « chimère ».</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;année où les pare-feu ont cédé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic est implacable. Tout au long de 2025, selon Agnès Callamard, « le bien commun de l&rsquo;humanité » a été la proie de « prédateurs voraces » dont la soif de domination économique s&rsquo;est traduite par répressions, déplacements forcés et violences massives. Gaza, Ukraine, Soudan, RDC, Myanmar, Iran : les atrocités s&rsquo;enchaînent. Face à cela, la plupart des gouvernements, notamment européens, ont « joué la carte de la capitulation ». Certains sont allés jusqu&rsquo;à imiter les prédateurs ; d&rsquo;autres ont préféré se fondre dans leur ombre. Seule une poignée d&rsquo;États leur ont fait front.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La fable de « l&rsquo;illusion »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être la contribution la plus forte du texte. Au discours qui présente désormais l&rsquo;ordre de 1948 comme obsolète, Callamard oppose un rappel historique précis : la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, la Convention sur le génocide, les Pactes internationaux ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le fruit du travail, « souvent au grand dam d&rsquo;acteurs bien plus puissants », de générations de diplomates et de militant·e·s, notamment issu·e·s des jeunes États d&rsquo;Afrique, des Caraïbes, d&rsquo;Amérique latine et d&rsquo;Asie. Et la formule claque : « Il n&rsquo;appartient pas à celles et ceux qui trahissent les promesses de proclamer que celles-ci sont illusoires. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un « nouvel ordre » qui sent le vieux monde</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Début 2026, le secrétaire d&rsquo;État états-unien Marco Rubio a exposé la vision de substitution : une alliance de pays occidentaux et chrétiens menée par Washington, enracinée dans un « héritage commun » présenté en termes romantiques. Callamard renvoie froidement l&rsquo;image : cette histoire est aussi « faite de domination, de colonialisme, d&rsquo;esclavage et de génocide ». Pas d&rsquo;alternative réelle du côté de Pékin non plus, qui rejette l&rsquo;universalité des droits humains. Ce qu&rsquo;on nous propose ? La suprématie du commerce et l&rsquo;hégémonie de la technologie, la guerre à la société civile, l&rsquo;envolée des budgets militaires et les coupes dans l&rsquo;aide internationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce qui a résisté, quand même</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. La préface détaille les brèches ouvertes en 2025 : mandats d&rsquo;arrêt de la CPI contre deux dirigeants talibans pour persécution liée au genre, remise de l&rsquo;ancien président philippin Rodrigo Duterte à la Cour, 156 États votant pour des négociations sur les armes autonomes, avis consultatifs climatiques de la CIJ et de la Cour interaméricaine, grèves de dockers en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour bloquer les livraisons d&rsquo;armes vers Israël. La Belgique figure nommément parmi les États qui se sont engagés à infléchir ou suspendre ce commerce d&rsquo;armes avec Israël — aux côtés notamment de l&rsquo;Espagne, de l&rsquo;Afrique du Sud, de la Colombie et de la Slovénie. Au Népal, un gouvernement est tombé sous la pression d&rsquo;une jeunesse mobilisée contre la corruption. Au Danemark, en Norvège, au Luxembourg et au Malawi, les droits reproductifs ont progressé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir l&rsquo;histoire, ou l&rsquo;écrire ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comment accepter que des puissant·e·s décrètent « illusoire » ce qui a protégé, même imparfaitement, des millions de personnes ? Comment se résigner à voir l&rsquo;ordre fondé sur les règles remplacé par celui des prédateurs, simplement parce qu&rsquo;il dérange leurs intérêts ? Et comment nos gouvernements peuvent-ils financer la diplomatie multilatérale tout en se taisant devant le génocide à Gaza ? Callamard ne prétend pas que le système de 1948 soit parfait : elle rappelle le « deux poids, deux mesures », la paralysie, les millions de victimes ignorées. Mais résister, prévient-elle, ne signifie pas défendre un monde figé. C&rsquo;est « imaginer une vision transformée et transformatrice des droits humains ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message final est sans ambiguïté : « Nous ne subissons pas seulement l&rsquo;histoire. Nous l&rsquo;écrivons aussi. » À chacun·e, dans son rôle — électeur·rice, consommateur·rice, militant·e, investisseur·euse — d&rsquo;écrire la suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résister. Transformer. Écrire.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Amnesty #Multilatéralisme #Callamard #Résistance</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/21/lannee-2025-lannee-des-predateurs/">L’année 2025: l’année des prédateurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Francesca Albanese à Liège : « Cherchez la complicité »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/19/francesca-albanese-a-liege-cherchez-la-complicite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 12:44:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Crimes de guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Samedi 18 avril, à HEC Liège, la rapporteuse spéciale de l&#8217;ONU sur les territoires palestiniens occupés est venue à la rencontre du public belge, à l&#8217;invitation d&#8217;Amnesty International. Deux heures denses, âpres, dialoguées avec Carine Thibaut, qui ont commencé par cinq témoignages de torture et se sont achevées sur un mot d&#8217;ordre : arrêter de ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Samedi 18 avril, à HEC Liège, la rapporteuse spéciale de l&rsquo;ONU sur les territoires palestiniens occupés est venue à la rencontre du public belge, à l&rsquo;invitation d&rsquo;Amnesty International. Deux heures denses, âpres, dialoguées avec Carine Thibaut, qui ont commencé par cinq témoignages de torture et se sont achevées sur un mot d&rsquo;ordre : arrêter de détourner le regard.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des voix pour commencer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle aurait pu ouvrir par des chiffres. Francesca Albanese a choisi des voix : cinq récits de détenu·e·s palestinien·ne·s, extraits d&rsquo;un corpus de centaines qu&rsquo;elle a documentés depuis 2023. Viols commis par des soldats ou par des chiens dressés, humiliations rituelles, détenus saignés à mort dans les bras d&rsquo;autres détenus. Un silence terrible s&rsquo;abat sur la salle à l&rsquo;énoncé de ces crimes abominables. Tout ce qu&rsquo;elle avait essayé, quand même, de ne pas entendre. « Moi, j&rsquo;ai vomi, dit-elle. J&rsquo;ai vomi souvent dans cette période parce que vraiment, ça m&rsquo;a rendue malade de voir ce que les hommes et les femmes comme nous peuvent faire à d&rsquo;autres hommes et femmes comme eux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Comité contre la torture des Nations unies — peu suspect d&rsquo;activisme — a tranché en novembre : la torture est devenue une politique d&rsquo;État en Israël. Comment continuer, depuis ce constat, à débattre du « droit à l&rsquo;autodéfense » ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Mais ce que je trouve vraiment choquant, c&rsquo;est la non-action devant la torture. La torture. Et le fait qu&rsquo;on ne réagisse pas… Quel est l&rsquo;argument d&rsquo;autodéfense qu&rsquo;on peut utiliser pour justifier le viol ? Le viol… ». Francesca Albanese</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;économie d&rsquo;un génocide</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un détail résume la suite : six jours après la publication, en juillet 2025, de son rapport <em>From Economy of Occupation to Economy of Genocide</em>, l&rsquo;administration Trump la plaçait sous sanctions. Les mêmes qui visent les trafiquant·e·s de drogue. Elle avait, selon ses mots, touché un « nerf sensible ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nerf, elle l&rsquo;a rappelé à Liège : pendant que Gaza était méthodiquement détruite, la Bourse de Tel-Aviv s&rsquo;appréciait de 213 %. Le fonds de pension norvégien, pourtant réputé éthique, détenait des participations dans l&rsquo;ensemble des 46 entreprises documentées. Caterpillar, Volvo, Hyundai, Hitachi pour raser les maisons. Banques occidentales pour garantir la dette israélienne. Universités pour la recherche dite « sur l&rsquo;eau ». Pourquoi ce génocide dure-t-il ? Parce qu&rsquo;il rapporte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être sa formule la plus dérangeante : <strong>si les méthodes israéliennes ne nous choquent plus, c&rsquo;est qu&rsquo;elles sont déjà les nôtres</strong>. Manifestant·e·s dispersé·e·s, journalistes muselé·e·s, militant·e·s poursuivi·e·s au nom de l&rsquo;antisémitisme pour avoir cité le droit international. À Liège même, un membre de la Coordination Résistance a été convoqué par la police le 15 avril pour une phrase inscrite sur une affiche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;interrogation s&rsquo;adresse frontalement à la Belgique. Huit mois après la décision gouvernementale d&rsquo;interdire les produits des colonies, rien n&rsquo;a été mis en œuvre. Des citoyen·ne·s belges s&rsquo;installent en Cisjordanie sans que l&rsquo;État s&rsquo;en préoccupe. L&rsquo;accord d&rsquo;association UE-Israël, assorti pourtant d&rsquo;une clause de suspension en cas de violation des droits humains, tient toujours. « Si on ne s&rsquo;en défait pas cette année, nous serons esclaves de ce système à jamais. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chercher la complicité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire, concrètement ? Cesser de se raconter qu&rsquo;il existerait un « bon » Israël et un « mauvais » Israël, côté colonies. L&rsquo;eau, le carburant, les universités, la finance : tout est imbriqué. Il faut donc suspendre, boycotter, désinvestir, intenter des actions judiciaires stratégiques. Vérifier les citoyen·ne·s belges qui ont servi dans Tsahal. Soutenir les étudiant·e·s qui, depuis mars 2024, bloquent les partenariats universitaires : « Elles et ils ont une longueur d&rsquo;avance sur nous. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout, chercher méthodiquement les chaînes de complicité. « Comme on cherche Charlie », a-t-elle souri. Les distributeurs plutôt que les seules marques, les banques plutôt que les seuls gouvernements. On lui rappelle la condamnation obtenue en décembre 2024 par cinq femmes métisses enlevées enfants au Congo colonial : la première fois qu&rsquo;un État européen est condamné pour crime contre l&rsquo;humanité commis pendant la colonisation. Preuve, dit-elle, qu&rsquo;on n&rsquo;obtient jamais la justice par hasard — « elle se bâtit tous ensemble ». Les droits humains ne sont pas une télécommande : ils se conquièrent, ou ils reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un horizon, quand même</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question posée en fin de soirée : comment arrête-t-on un génocide ? La rapporteuse n&rsquo;a pas la réponse. Elle a un mot, emprunté aux Palestinien·ne·s : <em>soumoud</em>. Mal traduit par « résilience ». Plutôt la ténacité des arbres qui, brûlés, continuent à se nourrir entre-eux via les racines. Un Global Sumud Movement est en train d&rsquo;émerger. Si la Palestine est une blessure, elle est aussi, a-t-elle dit, « un portail par lequel on peut regarder notre futur ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de regarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Palestine #FrancescaAlbanese #Amnesty #DroitsHumains #Liège</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/19/francesca-albanese-a-liege-cherchez-la-complicite/">Francesca Albanese à Liège : « Cherchez la complicité »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>« Extraction Extinction » : le cycle de mort des énergies fossiles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/15/extraction-extinction-le-cycle-de-mort-des-energies-fossiles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 19:24:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>463 millions de personnes vivent à moins d&#8217;un kilomètre d&#8217;une infrastructure fossile. Deux milliards en sont distantes de cinq kilomètres — un quart de l&#8217;humanité. Dans son rapport Extraction Extinction, publié en novembre 2025, Amnesty International dresse un constat implacable : le cycle de vie des combustibles fossiles constitue une menace systémique pour les droits ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>463 millions de personnes vivent à moins d&rsquo;un kilomètre d&rsquo;une infrastructure fossile. Deux milliards en sont distantes de cinq kilomètres — un quart de l&rsquo;humanité. Dans son rapport <em><a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/20251112_rapport_extraction_extinction.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">Extraction Extinction</a></em>, publié en novembre 2025, Amnesty International dresse un constat implacable : le cycle de vie des combustibles fossiles constitue une menace systémique pour les droits humains et pour les écosystèmes dont dépend notre survie collective.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cartographie mondiale inédite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la première fois, Amnesty International s&rsquo;est associée aux data scientists du Better Planet Laboratory pour quantifier l&rsquo;ampleur globale des risques. Les résultats dépassent les pires anticipations. Parmi les 18 273 sites d&rsquo;infrastructure fossile en activité recensés à l&rsquo;échelle mondiale, 32 % se superposent à des écosystèmes critiques — forêts, zones humides, milieux essentiels à la séquestration du carbone. Plus frappant encore : les peuples autochtones représentent moins de 5 % de la population mondiale, mais 16,1 % des infrastructures fossiles mondiales sont implantées sur leurs territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ces sites s&rsquo;ajoutent 3 507 projets en développement ou en construction, qui exposeraient 135 millions de personnes supplémentaires à des risques documentés : cancers, maladies cardiovasculaires, asthme, anomalies congénitales. Ce ne sont pas des projections abstraites. Ce sont des vies.</p>



<div style="border: 1.5px solid #888; border-left: 4px solid #1a1a1a; padding: 1.25rem 1.5rem; margin: 1.5rem 0; background: #f7f6f3;">
  <div style="display: flex; align-items: center; gap: 10px; margin-bottom: 0.9rem;">
    <span style="font-size: 10px; font-weight: 500; letter-spacing: 0.12em; text-transform: uppercase; color: #666; border: 0.5px solid #aaa; padding: 3px 8px; border-radius: 2px;">Carte blanche</span>
    <span style="font-size: 12px; color: #999;">Le Soir · 15 avril 2026</span>
  </div>
  <p style="font-size: 16px; font-weight: 500; line-height: 1.4; margin: 0 0 0.6rem; color: #1a1a1a;">La sortie des énergies fossiles ne peut être un tabou : c&rsquo;est une obligation pour les États, dont la Belgique</p>
  <p style="font-size: 13px; color: #555; margin: 0 0 0.9rem; line-height: 1.55;">Carine Thibaut, directrice générale d&rsquo;Amnesty International Belgique francophone, et Wies De Graeve, directeur de la section flamande, appellent la Belgique à traduire ses engagements internationaux en un plan national de sortie des fossiles, à l&rsquo;occasion de la conférence de Santa Marta.</p>
  <div style="border-top: 0.5px solid #ccc; padding-top: 0.75rem; margin-top: 0.25rem;">
    <p style="font-size: 12.5px; font-style: italic; color: #555; margin: 0 0 0.6rem; line-height: 1.55;">« Continuer à investir dans de nouveaux gisements ou octroyer de nouvelles licences tout en promettant une action climatique vigoureuse n&rsquo;est pas seulement contradictoire. Cela constitue — aux yeux de la Cour internationale de Justice — un fait internationalement illicite. »</p>
    <div style="display: flex; justify-content: space-between; align-items: center; flex-wrap: wrap; gap: 8px;">
      <span style="font-size: 11.5px; color: #888;">Belgique · 72 % d&rsquo;approvisionnement fossile · 17,8 Mrd € de subventions/an</span>
      <a href="https://www.lesoir.be/740404/article/2026-04-13/la-sortie-des-energies-fossiles-ne-peut-etre-un-tabou-cest-une-obligation-pour?fbclid=IwY2xjawRMvv5leHRuA2FlbQIxMABicmlkETE1QTdrdUp2VDlHM3gxWG9Zc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHif7DDlsKGMIZWtRACc9V3Un-6kgqoHqebuCYJufjvqTQbCMpKYWUCkRjlh__aem_ayNmYAFr4-_6jP6SvayneA" style="font-size: 12px; color: #1a1a1a; text-decoration: none; border-bottom: 0.5px solid #888; padding-bottom: 1px;">Lire sur lesoir.be →</a>
    </div>
  </div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">Des zones sacrifiées à la logique du profit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les études de cas documentées par Amnesty International donnent chair à ces statistiques. Dans la baie de Guanabara au Brésil, les pêcheur·euse·s artisanal·e·s voient chaque jour des nappes d&rsquo;hydrocarbures flotter à la surface. <em>« Je vois de l&rsquo;huile dans l&rsquo;eau presque chaque jour. Nous nous plaignons aux autorités, mais il n&rsquo;y a pas de loi, pas de justice, il y a l&rsquo;impunité »</em>, témoigne Jardel Nascimento de Oliveira. Petrobras, société d&rsquo;État, est au cœur de ces dégradations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Canada, la Nation Wet&rsquo;suwet&rsquo;en résiste à la construction du gazoduc Coastal GasLink sur ses terres ancestrales non cédées, sans consentement libre, préalable et éclairé, avec la Gendarmerie royale pour escorte armée. En Colombie, Yuly Velásquez risque sa vie pour dénoncer la pollution des zones humides du Magdalena Medio. Au Sénégal, les communautés de pêcheur·euse·s du delta du Saloum — patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO — voient arriver le projet offshore Sangomar sans consultation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un fil rouge traverse tous ces cas : des communautés marginalisées, racialisées, autochtones, contraintes de porter le poids de la production fossile mondiale, sans consentement et sans réparation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des défenseur·euse·s criminalisé·e·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire encore à la bonne foi des États lorsque celles et ceux qui défendent les droits des communautés riveraines font face à l&rsquo;intimidation, à la surveillance et à la violence ? Tous les défenseur·euse·s de l&rsquo;environnement interviewé·e·s dans ce rapport ont subi des risques graves pour leur sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport rend hommage aux Neuf d&rsquo;Ogoni — Ken Saro-Wiwa et ses compagnon·ne·s de lutte, exécuté·e·s en novembre 1995 au Nigeria pour avoir osé défier Shell dans le delta du Niger. Trente ans plus tard, le gouvernement nigérian les a officiellement graciés. Une reconnaissance tardive, qui reste loin de la justice qu&rsquo;ils méritaient.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dépossiliser : un impératif juridique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport introduit un concept clé : la « dépossilisation » — terme forgé en 2025 par le Rapporteur spécial des Nations unies sur le climat et les droits humains. Il ne s&rsquo;agit plus seulement de transition énergétique, mais de l&rsquo;élimination progressive du cycle entier des combustibles fossiles : extraction, transformation, transport, et démantèlement des campagnes de désinformation que l&rsquo;industrie organise depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États sont juridiquement tenus de protéger le droit à un environnement sain, les droits des peuples autochtones, le droit à la santé. Amnesty International appelle à l&rsquo;adoption d&rsquo;un Traité de non-prolifération des combustibles fossiles et à l&rsquo;alignement des contributions nationales déterminées sur la limite de 1,5°C.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;heure des comptes</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Extraction Extinction</em> n&rsquo;est pas un rapport de plus. C&rsquo;est une démonstration : le modèle fossile détruit des écosystèmes irremplaçables, criminalise ses opposant·e·s, et impose ses coûts les plus lourds aux communautés les moins responsables de la crise climatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au boulot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #JusticeClimatique #CombustiblesFossiles #Dépossilisation #Amnesty</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/15/extraction-extinction-le-cycle-de-mort-des-energies-fossiles/">« Extraction Extinction » : le cycle de mort des énergies fossiles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/26/lia-militaire-en-belgique-qui-decide-des-regles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 18:43:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;intelligence artificielle se déploie dans nos armées et nos services de sécurité sans cadre légal, sans débat parlementaire, sans garde-fous. En Belgique, un citoyen a déposé une pétition fédérale jugée recevable par la Chambre. Il faut 25.000 signatures pour obliger nos représentant·e·s à se saisir du sujet. Cinq minutes. Un lien. Le minimum démocratique. L&#8217;angle ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;intelligence artificielle se déploie dans nos armées et nos services de sécurité sans cadre légal, sans débat parlementaire, sans garde-fous. En Belgique, un citoyen a déposé une pétition fédérale jugée recevable par la Chambre. <a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" target="_blank" rel="noopener" title="">Il faut 25.000 signatures pour obliger nos représentant·e·s à se saisir du sujet. Cinq minutes. Un lien</a>. Le minimum démocratique.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;angle mort de l&rsquo;AI Act</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On a beaucoup célébré l&rsquo;AI Act européen, entré en vigueur en 2024. On a nettement moins parlé de son impensé le plus massif : la sécurité nationale est explicitement exclue de son champ d&rsquo;application. Ce n&rsquo;est pas un oubli technique — c&rsquo;est un choix politique délibéré. L&rsquo;Union européenne ne peut pas légiférer dans ce domaine sans révision des traités. Chaque État membre reste seul souverain, et seul responsable, de ce qu&rsquo;il autorise à ses forces armées en matière d&rsquo;IA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la Belgique ? Aucun cadre légal spécifique. Aucun débat structuré. Aucun mécanisme de contrôle indépendant. Une charte non contraignante a bien été signée le 11 juillet 2025 par près de 40 organismes fédéraux dont la Police et la Défense — mais ce document renvoie lui-même à l&rsquo;AI Act, qui exclut précisément ce qu&rsquo;on cherche à encadrer. La boucle est bouclée. Rien ne contrôle rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Palantir à nos portes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que le vide juridique s&rsquo;installe, les fournisseurs technologiques n&rsquo;attendent pas. L&rsquo;Echo et Le Soir ont révélé que Palantir — le géant américain de l&rsquo;analyse de données piloté par Peter Thiel — a ouvert une filiale belge en décembre 2025, deux mois après une rencontre entre le ministre de la Défense Theo Francken et ses représentant·e·s. Notre Premier ministre Bart De Wever évoque des « discussions exploratoires ». Aucun contrat signé, dit-il. Mais le couloir est ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre l&rsquo;enjeu, il suffit de regarder ce que Palantir fait ailleurs. Aux États-Unis, l&rsquo;entreprise fournit à l&rsquo;ICE un système de traçage des migrant·e·s et a développé ImmigrationOS — ce sont des contrats documentés, des systèmes en production. En Allemagne, la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel l&rsquo;usage de son logiciel de surveillance par la police des Länder de Hesse et de Hambourg. En Suisse, malgré dix ans de démarchage, l&rsquo;entreprise a été rejetée pour risques liés à la souveraineté des données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique sera-t-elle plus vigilante que l&rsquo;Allemagne ne l&rsquo;a été avant que ses tribunaux interviennent ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les garde-fous ne se négocient pas seuls</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Département de la Défense américain avait exigé qu&rsquo;Anthropic, l&rsquo;éditeur de l&rsquo;IA Claude, lève deux interdictions éthiques inscrites dans ses contrats : l&rsquo;usage de son IA pour la surveillance de masse de citoyen·ne·s, et son intégration dans des systèmes d&rsquo;armes létaux sans supervision humaine. Anthropic a refusé. Son fondateur a déclaré publiquement ne pas pouvoir « en bonne conscience accéder à leur demande ». Le Pentagone l&rsquo;a classé « risque sécuritaire inacceptable » — et OpenAI a pris sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est sans ambiguïté : quand une entreprise dit non, on la remplace. Comment croire encore que les garde-fous éthiques tiendront si le seul frein reste la bonne volonté d&rsquo;un fournisseur privé ? Il ne reste plus que le politique pour poser des limites. Encore faut-il qu&rsquo;il se saisisse du sujet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois demandes, un levier réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" title="">La pétition</a> déposée par le journaliste et citoyen Damien Van Achter, jugée recevable par la Chambre, formule trois demandes concrètes : que le gouvernement dresse un état des lieux des systèmes d&rsquo;IA déployés par la Défense et la Police fédérale ; que la Belgique fixe ses propres règles minimales — transparence, contrôle humain, audit indépendant ; que le Parlement se prononce sur deux usages précis : la surveillance de masse et les armes autonomes sans supervision humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un appel à l&rsquo;interdiction. C&rsquo;est une demande de débat. Le droit de pétition est inscrit dans notre Constitution : 25.000 signatures réparties entre les trois régions — 14.500 en Flandre, 8.000 en Wallonie, 2.500 à Bruxelles — obligent la Chambre à examiner le texte. Un levier institutionnel réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" title="">Signer cette pétition</a>, ce n&rsquo;est pas se prononcer pour ou contre l&rsquo;IA militaire. C&rsquo;est demander que la question soit posée là où elle doit l&rsquo;être : au Parlement, en commission, en séance publique — et non dans des négociations opaques entre un cabinet ministériel et une multinationale technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces citoyen·ne·s qui exigent la transparence sur les technologies de défense parviendront, nous en sommes certain·e·s, à faire avancer ce débat, pour peu que nous les soutenions. À nous non pas d&rsquo;attendre que les tribunaux corrigent ce que le politique aurait pu encadrer à temps, mais d&rsquo;agir maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" title="">Au boulot</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#IAMilitaire #DémocratieParlementaire #Pétition #Belgique #DroitsNumériques</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/26/lia-militaire-en-belgique-qui-decide-des-regles/">L’IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Immigration et délinquance : ce que tout le monde croit, et ce que la science dit</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/23/immigration-et-delinquance-ce-que-tout-le-monde-croit-et-ce-que-la-science-dit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 20:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Prisons]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Immigration et délinquance : ce que tout le monde croit, et ce que 120 ans de recherche scientifique disent à la place. Analyse des données et des manipulations rhétoriques.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Une conviction largement partagée. Un consensus scientifique solide qui la contredit. Et entre les deux, une machine rhétorique bien huilée dont il faut apprendre à reconnaître les rouages.</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que tout le monde « sait »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Posez la question autour de vous. Dans un café, lors d&rsquo;un repas de famille, dans une salle de formation, à la sortie d&rsquo;une réunion d&rsquo;équipe. La réponse sera presque toujours la même, formulée avec la certitude tranquille de l&rsquo;évidence : oui, bien sûr, l&rsquo;immigration augmente la délinquance. Ce n&rsquo;est pas du racisme, dira-t-on, c&rsquo;est juste les chiffres. Les faits divers. Ce qu&rsquo;on voit dans les statistiques. Ce que tout le monde constate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conviction est massivement répandue. Une enquête de janvier 2024 aux États-Unis révèle que 57 % des Américains estiment que les immigrés génèrent davantage de criminalité. Les sondages européens montrent des proportions comparables, parfois supérieures. En Belgique, le sujet structure depuis des années une partie du débat électoral et alimente les programmes des partis qui ont fait de l&rsquo;immigration leur fonds de commerce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sauf que cette conviction — cette certitude partagée, ce « bon sens » apparent — est contredite de manière massive et répétée par la recherche scientifique depuis plus d&rsquo;un siècle. C&rsquo;est ce que disent les données.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un siècle de consensus ignoré</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Commission Dillingham, mandatée par le Congrès américain pour évaluer les effets de l&rsquo;immigration massive d&rsquo;Europe orientale et méridionale, concluait dès <strong>1907</strong> qu&rsquo;il n&rsquo;existait « aucune preuve satisfaisante que l&rsquo;immigration ait entraîné une augmentation de la criminalité disproportionnée à l&rsquo;augmentation de la population adulte ». Le criminologue Edwin Sutherland confirmait en 1924. Un siècle plus tard, les méthodes sont plus sophistiquées, les données plus abondantes — et la conclusion est la même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La méta-analyse la plus complète à ce jour, publiée en 2017 par Ousey et Kubrin dans l&rsquo;<em>Annual Review of Criminology</em>, passe en revue 51 études menées entre 1994 et 2014 dans différents pays. Son résultat : l&rsquo;association globale entre immigration et criminalité est légèrement <em>négative</em>. Les études longitudinales — les plus robustes méthodologiquement — trouvent un effet négatif significatif. Là où l&rsquo;immigration augmente, la criminalité tend à <em>baisser</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, les économistes Olivier Marie et Paolo Pinotti publient dans le <em>Journal of Economic Perspectives</em> une synthèse internationale sur des données couvrant une trentaine de pays de l&rsquo;OCDE. Même conclusion. Une étude analysant 15 ans de données dans 216 régions de 23 pays européens arrive au même résultat. Une analyse portant sur 30 pays de l&rsquo;OCDE entre 1990 et 2019 rejette formellement l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un impact de l&rsquo;immigration sur les taux d&rsquo;homicide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, la croyance populaire ne bouge pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le paradoxe apparent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une donnée qui semble contredire tout cela et que les partisans de la thèse « immigration = criminalité » brandissent régulièrement : dans de nombreux pays occidentaux, les immigrés sont effectivement surreprésentés dans les statistiques carcérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est vrai. Et c&rsquo;est compatible avec le fait que l&rsquo;immigration n&rsquo;augmente pas les taux globaux de criminalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi ? Trois mécanismes distincts l&rsquo;expliquent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La contrainte arithmétique.</strong> Quand une population représente 8 à 15 % des habitants d&rsquo;un pays, ses comportements — quels qu&rsquo;ils soient — ont une capacité arithmétiquement limitée à faire bouger les statistiques calculées sur l&rsquo;ensemble. Imaginons une ville de 100 000 habitants où 8 % sont immigrés. Même si leur taux de délinquance individuel était deux fois plus élevé que celui des natifs, l&rsquo;effet sur le taux global de criminalité resterait mathématiquement marginal : 8 000 personnes ne peuvent pas faire bouger significativement les statistiques des 92 000 autres. C&rsquo;est une contrainte de proportion, pas un jugement de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;hypothèse de substitution.</strong> Des chercheurs ont avancé que des immigrés pourraient remplacer des natifs dans certains segments du marché criminel sans en augmenter le volume total. C&rsquo;est une hypothèse théorique plausible, encore insuffisamment documentée empiriquement, mais qui offre une explication possible à la coexistence de surreprésentation individuelle et d&rsquo;effet agrégé nul.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les biais de policing.</strong> C&rsquo;est le mécanisme le mieux documenté. Être contrôlé plus souvent augmente la probabilité d&rsquo;avoir un casier, ce qui augmente la probabilité d&rsquo;être contrôlé à nouveau, ce qui augmente la probabilité d&rsquo;une sanction plus sévère. Ce cercle cumulatif peut produire des écarts statistiques importants sans que le comportement réel des individus soit fondamentalement différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paradoxe n&rsquo;est pas une esquive. C&rsquo;est ce que la recherche empirique observe, et ce qu&rsquo;elle s&rsquo;efforce d&rsquo;expliquer honnêtement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand les exceptions s&rsquo;expliquent par le contexte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des cas où l&rsquo;immigration est associée à une hausse locale et temporaire de certains types de délits. Ils méritent d&rsquo;être examinés sérieusement, pas balayés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les afflux massifs de réfugiés en 2015 en Allemagne et en Grèce ont été étudiés en détail. Des études publiées dans <em>Labour Economics</em> et dans l&rsquo;<em>European Economic Review</em> confirment un effet sur certaines catégories de crimes dans ces contextes spécifiques. Ces études sont sérieuses. Leurs auteurs sont honnêtes sur ce qu&rsquo;ils trouvent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces mêmes auteurs prennent soin d&rsquo;expliquer <em>pourquoi</em> : des populations privées de statut légal, sans accès au marché du travail, sans perspective d&rsquo;avenir stable, concentrées dans des structures d&rsquo;hébergement précaires — ce sont des conditions criminogènes bien identifiées, indépendamment de l&rsquo;origine des personnes qui les subissent. Et leur recommandation politique est limpide : accélérer l&rsquo;accès aux droits, au travail, à un statut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La preuve inverse existe aussi. La légalisation de près de 3 millions d&rsquo;immigrés aux États-Unis par l&rsquo;<em>Immigration Reform and Control Act</em> de 1986 a entraîné une baisse de la criminalité de 3 à 5 %, soit entre 120 000 et 180 000 crimes de moins chaque année. En Espagne, la régularisation de 600 000 immigrés au début des années 2000 a eu des effets similaires. Les personnes régularisées ont massivement intégré l&#8217;emploi formel, et leurs comportements ont convergé vers ceux des natifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est donc pas l&rsquo;immigration qui protège ou qui menace. C&rsquo;est le <strong>statut</strong> — l&rsquo;accès aux droits, l&rsquo;insertion dans des structures sociales stables, la possibilité de construire quelque chose de légitime. L&rsquo;exclusion institutionnelle est criminogène. L&rsquo;intégration est protectrice. Pour tout le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment la confusion se fabrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le consensus scientifique est aussi solide et aussi ancien, comment cette croyance populaire se maintient-elle avec une telle robustesse ? Ce n&rsquo;est pas le fruit du hasard. C&rsquo;est le résultat de techniques rhétoriques identifiables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le glissement sémantique.</strong> Quand on parle d&rsquo;« immigrés » dans les statistiques, on désigne des personnes nées à l&rsquo;étranger et résidant dans le pays d&rsquo;accueil. Mais dans le discours courant, la catégorie s&rsquo;étire imperceptiblement jusqu&rsquo;à englober leurs enfants, voire leurs petits-enfants — des citoyens belges, nés ici, ayant grandi ici, souvent n&rsquo;ayant jamais vécu ailleurs. Ce glissement n&rsquo;est pas anodin : il transforme une question de statut migratoire en question d&rsquo;origine ethnique. Et il invalide tout le raisonnement causal — si un citoyen belge de troisième génération commet un délit, cela n&rsquo;entretient strictement aucun lien logique avec un flux d&rsquo;immigration récent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cherry-picking contextuel.</strong> On cite les études qui montrent un effet dans des contextes d&rsquo;exclusion extrême — comme les afflux de réfugiés sans statut ni emploi — en omettant soigneusement que leurs auteurs eux-mêmes les présentent comme des exceptions liées aux conditions d&rsquo;accueil, et non comme des preuves d&rsquo;une propension intrinsèque à la violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La thèse non falsifiable.</strong> Quand les études agrégées trouvent un effet nul, on n&rsquo;y voit pas une réfutation possible, mais un défaut de méthode statistique. Peu importe ce que les données disent : la conclusion est maintenue. On sort du champ scientifique pour entrer dans celui de la conviction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le démantèlement stratégique.</strong> On prend une explication complexe et multifactorielle — précarité, structure démographique, biais pénaux, conditions d&rsquo;accueil — on réfute chaque facteur <em>pris isolément</em>, et on en conclut abusivement que l&rsquo;ensemble est faux. Comme si réfuter que la seule précarité suffit à tout expliquer revenait à prouver que la précarité ne joue aucun rôle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le glissement causal par défaut.</strong> Une fois les facteurs structurels disqualifiés un par un, on installe une explication d&rsquo;origine ou culturelle — jamais précisément définie, jamais empiriquement testée — comme cause résiduelle inévitable. C&rsquo;est une fausse démarche scientifique : une cause doit être définie, mesurée, testée. Pas simplement posée après élimination du reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces techniques ne sont pas nouvelles. L&rsquo;historienne des sciences Naomi Oreskes les a documentées dans le cas de l&rsquo;industrie du tabac face aux études sur le cancer : pas besoin de réfuter la science, il suffit de maintenir l&rsquo;<em>impression</em> qu&rsquo;il existe un débat ouvert. Le scepticisme suffit à paralyser l&rsquo;action.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que la science ne sait pas encore</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons précis sur les vraies lacunes. Les sans-papiers restent quasi-absents des études — non par parti pris, mais par manque de données fiables les concernant. Les effets cumulatifs des biais policiers sont documentés mais insuffisamment quantifiés. La tendance des immigrés de première génération à être moins enclins à la délinquance que leurs enfants plus assimilés est bien établie aux États-Unis — mais la recherche européenne sur ce point reste parcellaire et les résultats moins homogènes. La recherche hors du contexte américain et ouest-européen est rare. Et plusieurs études suggèrent que les politiques restrictives — en privant les immigrés d&rsquo;accès au travail et au statut — pourraient aggraver les conditions criminogènes qu&rsquo;elles prétendent prévenir, mais les preuves empiriques directes restent à consolider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces lacunes sont des questions scientifiques légitimes. Elles justifient davantage de recherches. Elles n&rsquo;ouvrent pas la porte à l&rsquo;essentialisation d&rsquo;origine.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi cela importe ici et maintenant</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La confusion entretenue sur ce sujet n&rsquo;est pas sans conséquences politiques concrètes. Elle prépare le terrain à des politiques qui, au nom de la sécurité, produisent exactement l&rsquo;inverse de ce qu&rsquo;elles promettent : maintenir des populations dans des statuts précaires, leur fermer l&rsquo;accès au travail légal, multiplier les contrôles fondés sur l&rsquo;apparence — tout cela crée les conditions d&rsquo;une vulnérabilité accrue, pour les immigrés comme pour les communautés dans lesquelles ils vivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains parlent de « scepticisme opportuniste » : face à une multitude de récits contradictoires, la tentation est forte de rejeter les données qui dérangent et de retenir celles qui confortent nos croyances préexistantes. C&rsquo;est précisément cette fragilité épistémique que les techniques décrites plus haut exploitent méthodiquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse n&rsquo;est pas d&rsquo;opposer une contre-propagande émotionnelle. C&rsquo;est de maintenir les exigences de la rigueur : distinguer les études selon leur robustesse méthodologique, identifier les intérêts qui financent les « observatoires » et les « think tanks », refuser les analogies fallacieuses, et rappeler que l&rsquo;absence de certitude absolue sur tel ou tel point n&rsquo;est pas une invitation à choisir la conclusion qu&rsquo;on préfère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur immigration et délinquance, la science dit quelque chose de clair, de solide, de répété depuis cent vingt ans : ce n&rsquo;est pas l&rsquo;origine qui détermine le comportement — c&rsquo;est la condition sociale, juridique et économique dans laquelle les êtres humains sont placés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que « tout le monde sait » est faux. Ce n&rsquo;est pas une opinion. C&rsquo;est ce que les données disent.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources principales</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ousey &amp; Kubrin, <em>Annual Review of Criminology</em>, 2017 (méta-analyse de 51 études, 1994–2014)</li>



<li>Marie &amp; Pinotti, <em>Journal of Economic Perspectives</em>, 38(1), 2024</li>



<li>Light, Miller &amp; Kelly, <em>Criminology</em>, 2017 (sans-papiers et criminalité violente, USA)</li>



<li>Megalokonomou &amp; Vasilakis, <em>European Economic Review</em>, 160, 2023 (réfugiés, îles grecques)</li>



<li>Lange &amp; Sommerfeld, <em>Labour Economics</em>, 86, 2024 (réfugiés, Allemagne)</li>



<li>Kurlychek &amp; Johnson, <em>Social Science Research Network</em>, 2019 (désavantage cumulatif pénal)</li>
</ul><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/23/immigration-et-delinquance-ce-que-tout-le-monde-croit-et-ce-que-la-science-dit/">Immigration et délinquance : ce que tout le monde croit, et ce que la science dit</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>« Ils gagnent presque autant qu&#8217;moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 09:57:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si un travailleur gagne à peine plus qu'un chômeur, le problème n'est pas que les allocations sont trop hautes. C'est que son salaire est trop bas. Chiffres belges, réforme De Wever et flexi-jobs à la loupe.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/">« Ils gagnent presque autant qu’moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La scène est familière. Dans une conversation, quelqu&rsquo;un lâche : <em>« Moi je bosse et je touche à peine plus qu&rsquo;un chômeur. C&rsquo;est quoi l&rsquo;intérêt de travailler ? »</em> La frustration est réelle. Mais la cible est soigneusement mal choisie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le vrai problème n&rsquo;est pas en bas, il est au-dessus.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Commençons par les chiffres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, l&rsquo;allocation de chômage pour un isolé s&rsquo;élève au <strong>maximum à environ 1.594 euros net par mois</strong> — soit 1.773 euros brut auxquels s&rsquo;applique un précompte professionnel de 10,09 %. Pour un cohabitant, elle descend à <strong>1.054 euros net</strong> (1.172 euros brut). Le minimum garanti pour un isolé est de <strong>1.293 euros net</strong> (1.438 euros brut). Ça fait peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le <a href="https://www.bruxelles-j.be/droits-sociaux/obtenir-de-laide-du-cpas/quels-sont-les-categories-et-les-montants-du-revenu-dintegration-et-de-laide-sociale-et-que-se-passe-t-il-si-on-a-des-revenus-par-ailleurs/">revenu d&rsquo;intégration du CPAS</a>, dont certains parlent comme d&rsquo;une rente ? Il s&rsquo;élève à <strong>1.340,47 euros par mois pour une personne seule</strong> (taux au 1er février 2025). Contrairement aux allocations de chômage, le RIS est versé net, sans retenue de précompte ni de cotisations ONSS personnelles. Ce que le CPAS verse, c&rsquo;est ce que la personne reçoit. Avec ça, il faut payer un loyer, manger, se soigner, se déplacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Note : Tous les montants de cet article sont exprimés en net mensuel (ce que la personne perçoit effectivement), sauf indication contraire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">De l&rsquo;autre côté, le <a href="https://emploi.belgique.be/fr/themes/remuneration/salaire-minimum/revenu-mensuel-minimum-moyen-garanti">salaire minimum brut</a> en Belgique est de <strong>2.351 euros brut par mois</strong> depuis janvier 2025, soit environ <strong>1.954 euros net</strong>. L&rsquo;écart existe, oui. Mais voilà la vraie question : pourquoi est-il si faible ? Pas parce que les allocations sont trop généreuses — la Belgique a l&rsquo;un des taux de remplacement les plus bas d&rsquo;Europe, à 65 %. C&rsquo;est parce que les bas salaires sont trop bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Récapitulatif comparatif (montants nets mensuels, isolé)</strong></p>







<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le piège du flexi-job</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour compléter des salaires insuffisants, de plus en plus de Belges cumulent leur emploi principal avec un flexi-job. En 2024, <a href="https://www.onss.be/actualites/2025/07/09/les-plus-de-65-ans-adoptent-massivement-les-flexi-jobs-une-hausse-record-du-nombre-de-travailleurs-et-des-revenus-en-2024">229.423 Belges ont exercé un flexi-job</a> — 19,1 % de plus qu&rsquo;en 2023 — pour un gain moyen de <strong>3.342 euros par an</strong>, exonérés d&rsquo;impôts. Ce n&rsquo;est pas un luxe : 17 % des personnes concernées déclarent avoir besoin de ce complément pour joindre les deux bouts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat ? Quand autant de travailleurs acceptent n&rsquo;importe quelle condition pour s&rsquo;en sortir, tout le monde perd en pouvoir de négociation. Et au lieu de regarder qui tire profit de cette situation, on regarde son voisin qui touche une allocation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une mécanique ancienne : mettre les gens du bas de l&rsquo;échelle en compétition entre eux pour qu&rsquo;ils ne regardent jamais vers le haut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En haut, pendant ce temps…</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mettons les chiffres en perspective. Selon <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/emploi-et-formation/salaires-et-cout-de-la-main-doeuvre">Statbel</a>, 10 % des salariés belges gagnent moins de <strong>2.443 euros brut par mois</strong>, tandis que les 10 % les mieux payés touchent au moins <strong>6.305 euros brut</strong>. Les directeurs de société, eux, perçoivent en moyenne <strong>11.772 euros par mois</strong>, soit 189 % au-dessus de la moyenne nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la fraude et l&rsquo;évasion fiscale ? Selon <a href="https://www.lacsc.be/actualite/newsletter-vista/la-lutte-contre-la-fraude--une-arme-necessaire-pour-l-equilibre--budgetaire">Oxfam Belgique et la CSC</a>, elles coûtent chaque année <strong>30,4 milliards d&rsquo;euros</strong> à la Belgique — soit <strong>93,5 % du budget des soins de santé</strong>. Cela représente environ 6.050 euros par an par citoyen actif, soit un peu plus de deux mois et demi d&rsquo;un salaire net moyen. En 2020, <a href="https://www.rtbf.be/article/la-belgique-lutte-t-elle-suffisamment-contre-la-fraude-fiscale-11200380">383 milliards d&rsquo;euros de transactions</a> ont été déclarés par des entreprises belges vers des paradis fiscaux — légalement, mais révélant l&rsquo;ampleur des flux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Distinction importante : la fraude fiscale (illégale) et l&rsquo;optimisation fiscale agressive (légale mais moralement discutable) sont deux phénomènes distincts. Les 30,4 milliards couvrent les deux. Les 383 milliards représentent des transactions légalement déclarées.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est le chômeur qu&rsquo;on montre du doigt.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réforme De Wever : le troisième tiers dont personne ne parle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis janvier 2026, la réforme du chômage s&rsquo;applique. Après 24 mois sans emploi, les allocations s&rsquo;arrêtent. Les personnes exclues sont censées, selon le gouvernement, se répartir en trois groupes : un tiers retrouve un emploi, un tiers se tourne vers le CPAS, et un tiers&#8230; dispose de moyens suffisants et n&rsquo;a besoin de rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce troisième tiers est ahurissant. La <a href="https://www.cdc-ccrek.be/">Cour des comptes elle-même</a> a vivement critiqué cette estimation gouvernementale. Parce que si ces personnes avaient des moyens suffisants, elles n&rsquo;auraient pas été au chômage depuis des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité, c&rsquo;est que ce « troisième tiers » ne va probablement nulle part. Ces personnes risquent de disparaître simplement des statistiques. Elles ne retrouvent pas d&#8217;emploi. Elles n&rsquo;ont pas de patrimoine caché. Elles ne s&rsquo;adressent pas au CPAS parce qu&rsquo;elles n&rsquo;y ont pas droit — notamment parce qu&rsquo;elles cohabitent avec quelqu&rsquo;un qui travaille — ou parce que la complexité administrative les dépasse, ou par honte. Le président d&rsquo;un CPAS wallon a résumé la situation clairement : <strong><em>« On va faire disparaître des gens du radar pour les statistiques. »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et sur le terrain, les CPAS observent déjà des disparités importantes, avec des présidents qui craignent un afflux « crescendo » dans les mois à venir. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral admet ne pas disposer de données sur le nombre de personnes exclues du chômage qui s&rsquo;adressent effectivement aux CPAS. Il a lancé une réforme massive sans se donner les moyens de mesurer ses propres effets.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi cette réforme arrange certains</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La CSC l&rsquo;exprime sans détour : supprimer l&rsquo;allocation tend à pousser les gens à accepter n&rsquo;importe quel emploi à n&rsquo;importe quelles conditions, et contribue à renforcer la pression pour accepter des conditions de travail dégradées. Un travailleur qui sait qu&rsquo;il tombera dans le vide après deux ans de chômage est un travailleur qui n&rsquo;ose plus refuser. Ni un salaire trop bas. Ni des horaires impossibles. Ni un contrat précaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;après les chiffres de l&rsquo;ONEM, <strong>82 % des chômeurs de 55 ans et plus seront bel et bien exclus</strong> par cette réforme, contrairement aux affirmations du gouvernement sur leur protection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La colère contre « ceux qui touchent des allocations » contribue mécaniquement à cet objectif. Elle divise ceux qui devraient regarder dans la même direction.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La question à poser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La prochaine fois que quelqu&rsquo;un dit <em>« les chômeurs gagnent presque autant que moi »</em>, il y a une réponse simple : <strong><em>« Et toi, pourquoi gagnes-tu si peu ? »</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que le vrai scandale n&rsquo;est pas que certains reçoivent 1.340 euros d&rsquo;aide d&rsquo;urgence. C&rsquo;est que des entreprises envoient 383 milliards vers des paradis fiscaux. Que des gens travaillent à plein temps et ont besoin d&rsquo;un deuxième job pour survivre. Et qu&rsquo;un gouvernement supprime des allocations sans même savoir où iront les personnes concernées.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4e6.png" alt="📦" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <em>« Le chômage à vie n&rsquo;existe qu&rsquo;en Belgique » : un mythe à déconstruire</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On entend souvent : <em>« En Belgique, on peut toucher le chômage à vie — c&rsquo;est une exception scandaleuse. »</em> C&rsquo;est faux. Ou plutôt : c&rsquo;est une question de vocabulaire soigneusement entretenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les États membres de l&rsquo;Union européenne garantissent un revenu minimum, confirme la Commission européenne. Les noms changent selon les pays, mais le principe est le même : si vous n&rsquo;avez plus de ressources suffisantes, la société vous garantit un plancher, indéfiniment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, c&rsquo;est le RSA. Il n&rsquo;y a pas de limite de temps. En Allemagne, c&rsquo;est le Bürgergeld : sans durée maximale. Au Portugal, le Revenu Social d&rsquo;Insertion est accordé pour 12 mois renouvelables sans limite. En Espagne, en Italie, au Luxembourg, même logique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence belge, c&rsquo;est l&rsquo;étiquette — pas le principe. Ce que la Belgique appelait « allocation de chômage de longue durée » correspond fonctionnellement, dans d&rsquo;autres pays, à ce qu&rsquo;on nomme « aide sociale ». Avec la réforme De Wever, la Belgique ne supprime pas le « chômage à vie » : elle le renomme et le déplace au CPAS.<br>Ce qu&rsquo;on supprime réellement, c&rsquo;est la dignité de l&rsquo;accès. <em>Le chômage était un droit contributif, automatique, lié au passé professionnel. Le RIS du CPAS implique une enquête sociale, un examen du patrimoine, des obligations contractuelles, et — surtout — la honte sociale associée au fait de « demander la charité ». Des personnes n&rsquo;osent pas franchir la porte du CPAS, même quand elles y ont droit.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/04/ils-gagnent-presque-autant-qumoi-ou-comment-retourner-sa-colere-contre-les-mauvaises-personnes/">« Ils gagnent presque autant qu’moi » — ou comment retourner sa colère contre les mauvaises personnes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>41 % des fonds « durables » financent ce qu&#8217;ils prétendent combattre</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 10:27:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on parler de greenwashing institutionnalisé ? Le nouveau rapport de Financité sur l&#8217;investissement socialement responsable en Belgique dresse un constat accablant. Sur 175 fonds labellisés durables dont la composition a pu être analysée, 72 — soit 41 % — détiennent des actifs figurant simultanément sur les quatre listes noires établies par l&#8217;organisation : droits fondamentaux, ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="41 % des fonds « durables » financent ce qu&#8217;ils prétendent combattre" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/#more-760" aria-label="En savoir plus sur 41 % des fonds « durables » financent ce qu&#8217;ils prétendent combattre">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peut-on parler de greenwashing institutionnalisé ? Le <a href="https://www.financite.be/actualité/les-fonds-durables-belges-ont-investi-2573-millions-deuros-dans-la-destruction-du-climat" target="_blank" rel="noopener" title="">nouveau rapport de Financité</a> sur l&rsquo;investissement socialement responsable en Belgique dresse un constat accablant. Sur 175 fonds labellisés durables dont la composition a pu être analysée, 72 — soit 41 % — détiennent des actifs figurant simultanément sur les quatre listes noires établies par l&rsquo;organisation : droits fondamentaux, climat, nucléaire et armement.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">257 millions d&rsquo;euros dans les énergies fossiles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les investissements climaticides restent massivement présents dans les portefeuilles présentés comme responsables. Fin 2024, 65 % des fonds analysés avaient investi dans des entreprises actives dans les énergies fossiles, pour un encours total de 253,9 millions d&rsquo;euros. Plus troublant encore : 58 % de ces fonds financent des entreprises engagées dans des projets d&rsquo;expansion fossile, 41 % sont exposés au charbon, et 9 % à des « bombes climatiques » — ces projets susceptibles d&rsquo;émettre plus d&rsquo;une gigatonne de CO2 sur leur durée de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une évolution positive mérite toutefois d&rsquo;être signalée : en 2023, 77 % des fonds présentaient ce type d&rsquo;exposition, pour 471 millions d&rsquo;euros. La réduction est réelle, sans pour autant marquer de rupture structurelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Armes nucléaires et droits humains bafoués</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le volet armement n&rsquo;est guère plus reluisant. La moitié des fonds analysés (87 sur 175) ont investi dans au moins une entreprise figurant sur la liste noire « armes de guerre » de Financité — bombes à sous-munitions, mines antipersonnel ou armes nucléaires. L&rsquo;encours total : 138,4 millions d&rsquo;euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté nucléaire, 66 % des fonds (116 sur 175) présentent une exposition à l&rsquo;énergie ou aux armes atomiques, pour 330,6 millions d&rsquo;euros. Quant au respect des droits fondamentaux, 87 % des fonds ont investi dans des États ou entreprises en violation des conventions internationales ratifiées par la Belgique — principalement sur des questions de gouvernance (25 %), de droits civils (20 %) ou de violations combinées (24 %).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Seuls 6,3 % des fonds passent le test</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le verdict est sans appel : sur les 175 fonds analysés, seuls 11 — soit 6,3 % — passent le filtre des quatre listes noires de Financité. « Il ne s&rsquo;agit pas ici de trancher la question de l&rsquo;autorisation ou non de ces activités économiques dans nos sociétés », précise Audrey Degée, chercheuse chez Financité. « L&rsquo;enjeu est plutôt de comprendre pourquoi ces activités se retrouvent dans des fonds qui se présentent comme socialement responsables. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un contexte européen de recul réglementaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vingtième rapport paraît dans un contexte politique préoccupant. Financité documente le « démantèlement inédit » des règles européennes de durabilité : relèvement des seuils d&rsquo;application de la directive CSRD (de 500 à 1 750 salariés), report du devoir de vigilance, assouplissement généralisé des obligations de reporting. Une dynamique portée par la montée des courants conservateurs au Parlement européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Financité formule plusieurs recommandations : créer une norme ISR minimale dans la loi, indépendante du secteur financier et basée sur les conventions internationales ; imposer un reporting public des portefeuilles complets ; mobiliser les actifs publics pour la transition ; étendre les interdictions d&rsquo;investissement aux entreprises violant les droits humains et environnementaux ; et organiser un désinvestissement obligatoire des énergies fossiles aligné sur les objectifs climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres parlent d&rsquo;eux-mêmes : sans cadre contraignant, le label « durable » reste largement une promesse non tenue.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source</strong> : Financité, <a href="https://www.financite.be/actualité/les-fonds-durables-belges-ont-investi-2573-millions-deuros-dans-la-destruction-du-climat" target="_blank" rel="noopener" title=""><em>Rapport ISR 2025</em>,</a> Bruxelles, décembre 2025.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/">41 % des fonds « durables » financent ce qu’ils prétendent combattre</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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