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	<title>Conflits - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Conflits - En avant</title>
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		<title>Obéir ou commettre un crime de guerre : le dilemme des militaires américain·e·s</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/07/obeir-ou-commettre-un-crime-de-guerre-le-dilemme-des-militaires-americain%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 09:46:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[DroitsHumains #CrimesDeGuerre #Iran #Trump #DroitInternational]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Donald Trump a menacé de bombarder les centrales électriques et les ponts d&#8217;Iran si Téhéran ne rouvre pas le détroit d&#8217;Ormuz. Pour les expert·e·s juridiques, ce serait un crime de guerre manifeste. Mais pour les officier·ère·s américain·e·s dans la chaîne de commandement, le dilemme est immédiat et concret — obéir ou résister ? Le Guardian ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a menacé de bombarder les centrales électriques et les ponts d&rsquo;Iran si Téhéran ne rouvre pas le détroit d&rsquo;Ormuz. Pour les expert·e·s juridiques, ce serait un crime de guerre manifeste. Mais pour les officier·ère·s américain·e·s dans la chaîne de commandement, le dilemme est immédiat et concret — obéir ou résister ? Le <a href="https://www.theguardian.com/law/2026/apr/06/trump-threats-dilemma-for-officers-disobey-orders-or-commit-war-crimes" title=""><em>Guardian</em> a documenté </a>cette situation inédite dans l&rsquo;histoire militaire récente des États-Unis, au croisement du droit de la guerre et de la politique du chaos.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Power Plant Day »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Début avril 2026, Trump a publié sur Truth Social un message d&rsquo;une brutalité rare : soit l&rsquo;Iran ouvre le détroit d&rsquo;Ormuz, soit les États-Unis frapperont « chaque centrale électrique » du pays, « simultanément ». Il a évoqué un « Power Plant Day, and Bridge Day » — une journée de destruction massive de l&rsquo;infrastructure civile iranienne. Ces déclarations ont été relayées par les comptes officiels du département d&rsquo;État, leur conférant un caractère quasi-officiel. Elles concernent directement 93 millions d&rsquo;Iranien·ne·s dont la vie quotidienne dépend de cette infrastructure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le droit international humanitaire, la réponse est sans ambiguïté : s&rsquo;en prendre délibérément à des infrastructures civiles vitales — électricité, eau, transports — constitue un crime de guerre au sens des Conventions de Genève. Ce principe ne souffre aucune exception liée au rang de celui qui donne l&rsquo;ordre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La chaîne de commandement sous tension</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ancien·ne·s avocat·e·s militaires — des « JAGs », juges-avocats généraux — ont publié une analyse sur le site <em>Just Security</em> : les déclarations de Trump « placent les militaires dans une situation profondément difficile ». La règle est pourtant claire : un·e soldat·e doit refuser un ordre « manifestement illégal ». Mais reconnaître cet ordre comme tel en temps réel, sous pression hiérarchique et dans un contexte de guerre imminente, c&rsquo;est une autre affaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La référence historique s&rsquo;impose d&rsquo;elle-même. En 1968, lors du massacre de My Lai au Vietnam, des soldats américains ont refusé de participer à l&rsquo;exécution de civils. Un pilote d&rsquo;hélicoptère a même menacé de retourner ses armes contre les auteurs du massacre. Le lieutenant Calley, qui avait ordonné les tueries, a plaidé qu&rsquo;il « suivait des ordres ». La cour martiale a rejeté cet argument : des ordres « manifestement illégaux » ne constituent pas une défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais entre 1968 et 2026, Pete Hegseth a licencié les principaux JAGs du Pentagone et dissous l&rsquo;unité chargée de prévenir les dommages aux civils. Le filet de sécurité juridique s&rsquo;est effiloché. Comment résister, lorsque celles et ceux dont c&rsquo;est le rôle d&rsquo;alerter ont été systématiquement écartés ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;intimidation comme système</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mécanique est documentée. Lorsque des parlementaires démocrates ont rappelé aux militaires leur droit — et leur devoir — de refuser des ordres illégaux, Trump a répondu sur Truth Social en qualifiant cela de « comportement séditieux, passible de mort ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire que la chaîne de commandement peut fonctionner normalement lorsque le commandant en chef menace de mort quiconque évoque le droit de la guerre ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment espérer que des officier·ère·s formé·e·s à obéir trouveront la force de résister, lorsque les structures de conseil juridique ont été délibérément démantelées ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu dépasse l&rsquo;Iran. Il touche à la nature même des institutions militaires en démocratie — ces institutions qui, depuis Nuremberg, ont affirmé que « j&rsquo;obéissais aux ordres » ne suffit pas à dégager une responsabilité pénale individuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Résister, et après ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des chercheur·euse·s comme Charli Carpenter, professeure à l&rsquo;Université du Massachusetts Amherst, rappellent que l&rsquo;histoire offre des exemples de militaires ayant résisté. Qu&rsquo;un·e seul·e qui refuse peut en entraîner d&rsquo;autres. Mais cette résistance exige un courage que peu de systèmes institutionnels sont aujourd&rsquo;hui conçus pour soutenir — surtout lorsque ces systèmes ont été méthodiquement vidés de leurs garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous revient, depuis nos démocraties européennes, de nommer ce que nous voyons. Les parlements, les cours de justice, les organisations de défense des droits humains ont un rôle — non pour faire la leçon, mais pour maintenir vivant le droit international que des générations ont construit, parfois au prix du sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces voix qui, au sein même de l&rsquo;armée américaine, hésitent, résistent ou alertent méritent d&rsquo;être entendues. Elles portent quelque chose d&rsquo;essentiel : la conviction que le droit n&rsquo;est pas une option, même en temps de guerre. Surtout en temps de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le droit de la guerre s&rsquo;applique à tous. Même aux présidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><code>#DroitsHumains #CrimesDeGuerre #Iran #Trump #DroitInternational</code></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/07/obeir-ou-commettre-un-crime-de-guerre-le-dilemme-des-militaires-americain%c2%b7e%c2%b7s/">Obéir ou commettre un crime de guerre : le dilemme des militaires américain·e·s</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La bombe et le berceau</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/28/la-bombe-et-le-berceau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 15:38:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né dans la clandestinité révolutionnaire, Zayd Dohrn raconte une enfance en fuite. Son texte pose la question que personne ne veut formuler : quand la résistance pacifique ne suffit-elle plus ?</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/28/la-bombe-et-le-berceau/">La bombe et le berceau</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Zayd Ayers Dohrn, « My Childhood in the Weather Underground », <a href="https://www.newyorker.com/culture/the-weekend-essay/my-childhood-in-the-weather-underground">The New Yorker, 28 mars 2026.</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Né clandestinement en 1977, fils de Bernardine Dohrn et Bill Ayers — fondateur·rice·s du groupe révolutionnaire Weather Underground —, Zayd Ayers Dohrn raconte dans <em>The New Yorker</em> une enfance passée en fuite, sous de faux noms, dans l&rsquo;ombre du FBI. Plus qu&rsquo;un récit de famille hors norme, ce texte saisissant pose une question que notre époque préfèrerait ne pas formuler : à partir de quel moment la résistance pacifique ne suffit-elle plus ?</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une enfance sous X</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit s&rsquo;ouvre sur une scène nocturne : un enfant de quatre ans réveillé en urgence, glissant sans bruit dans l&rsquo;escalier d&rsquo;un immeuble de Harlem tandis que son père gratte le givre sur le pare-brise. La famille prend la route vers Chicago pour que la mère puisse se rendre au FBI. Nous sommes en 1980.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant une décennie, Bernardine Dohrn avait figuré parmi les dix personnes les plus recherchées des États-Unis. Son fils n&rsquo;avait pas eu d&rsquo;acte de naissance avant ses cinq ans. Ses premiers apprentissages n&rsquo;étaient pas les tables de multiplication, mais l&rsquo;art de repérer les agents fédéraux à leurs chaussures (des mocassins en cuir, bien cirés) et leurs voitures (américaines, austères, équipées d&rsquo;antennes radio surdimensionnées). À quatre ans, il maîtrisait les « trajectoires » — enchaînements de virages conçus pour semer d&rsquo;éventuels poursuivants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;auteur restitue avec une précision troublante, c&rsquo;est la normalité perçue de cette existence. Les enfants du Weather Underground et des Black Panthers formaient une microsociété parallèle, sans école fixe, sans domicile stable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le prix de la révolution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La mère de l&rsquo;auteur avait participé à des attentats symboliques contre le Capitole, le Pentagone et le siège de la police de New York. Trois de leurs ami·e·s sont mort·e·s dans l&rsquo;explosion accidentelle de leur propre bombe. Un braquage de fourgon blindé, en 1981, s&rsquo;est soldé par la mort d&rsquo;un gardien et de deux policiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dohrn ne cherche pas à absoudre ses parents. Son texte porte la marque d&rsquo;une lucidité durement conquise. Il évoque Kakuya Shakur, fille de la militante emblématique Assata Shakur, qui pose cette question déchirante : « Pourquoi avoir eu un enfant alors que tu savais que tu ne pourrais pas m&rsquo;élever ? » Et Chesa Boudin, fils adoptif de la famille, dont les parents biologiques ont été emprisonnés lors du braquage fatal — laissant derrière eux leur enfant en bas âge. Ces trajectoires rappellent que les choix radicaux ont des conséquences qui se transmettent sur plusieurs générations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dynamite et la démocratie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là que réside le cœur du texte. Dohrn formule une distinction qui semble nette : « S&rsquo;il peut y avoir des moments dans l&rsquo;histoire où certains d&rsquo;entre nous admettraient la nécessité d&rsquo;une résistance illégale et violente — l&rsquo;Allemagne nazie, par exemple, ou le Sud sous l&rsquo;esclavage —, la dynamite est un outil contre-productif dans une démocratie, aussi imparfaite soit-elle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c&rsquo;est précisément cette réserve — <em>aussi imparfaite soit-elle</em> — qui ouvre un abîme. Car la démocratie américaine des années 1960 était celle de la ségrégation légale, des assassinats de Martin Luther King et de Fred Hampton, de la surveillance systématique des militant·e·s noir·e·s par le FBI. Une démocratie formelle qui coexistait avec une violence d&rsquo;État quotidienne. Où trace-t-on la ligne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est pas théorique. Elle revient aujourd&rsquo;hui, insistante, dans des sociétés où les droits reculent sans être officiellement abolis, où les institutions fonctionnent encore mais au service de moins en moins de personnes. Comment évaluer le degré de délitement d&rsquo;un système avant d&rsquo;en conclure que les voies légales sont épuisées ? Quel est le seuil — et qui a l&rsquo;autorité morale pour le fixer ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Transmettre sans trancher</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dohrn n&rsquo;apporte pas de réponse. Il écrit depuis une position double : fils de révolutionnaires, père à son tour. Il cherche à trier l&rsquo;héritage — distinguer ce qui mérite d&rsquo;être transmis (l&rsquo;engagement, la solidarité, le refus de l&rsquo;injustice) de ce qui a produit des désastres. Mais il ne prétend pas résoudre la contradiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mère, à 84 ans, sourit lorsqu&rsquo;il lui demande si ses petites-filles pourraient un jour suivre la même voie. « On ne sait jamais », dit-elle. Cette réponse n&rsquo;est pas anodine. Elle dit que le seuil — cette ligne invisible entre résistance légitime et violence contre-productive — n&rsquo;est pas fixé une fois pour toutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être là le vrai legs de ce texte : non pas une leçon, mais une question que chaque génération devra reformuler pour elle-même, en sachant ce que les générations précédentes ont payé pour y avoir répondu trop vite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À lire — et à débattre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>#DroitsHumains #Résistance #MémoirePolitique #DésobéissanceCivile #HéritageRévolutionnaire</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/28/la-bombe-et-le-berceau/">La bombe et le berceau</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;ONU à l&#8217;épreuve de ses propres algorithmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 15:42:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;ONU prône une gouvernance mondiale éthique de l&#8217;intelligence artificielle. Elle déploie simultanément ces mêmes technologies dans ses opérations de maintien de la paix — parfois sans cadre, parfois au détriment des populations qu&#8217;elle est censée protéger. Cette tension, documentée dans une note de l&#8217;Observatoire Boutros-Ghali de mars 2026, interpelle quiconque croit en la capacité du ... </p>
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<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/">L’ONU à l’épreuve de ses propres algorithmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>L&rsquo;ONU prône une gouvernance mondiale éthique de l&rsquo;intelligence artificielle. Elle déploie simultanément ces mêmes technologies dans ses opérations de maintien de la paix — parfois sans cadre, parfois au détriment des populations qu&rsquo;elle est censée protéger. Cette tension, documentée dans <a href="https://www.observatoire-boutros-ghali.org/wp-content/uploads/2026/03/Note-YOUNSI-OBG-IA-ONU-OP-Version-FRmars.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">une note de l&rsquo;Observatoire Boutros-Ghali de mars 2026</a>, interpelle quiconque croit en la capacité du multilatéralisme à réguler le numérique.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Arbitre et joueur</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2024, le Secrétaire général António Guterres avertissait : le sort de l&rsquo;humanité ne doit « jamais être laissé à la boîte noire d&rsquo;un algorithme ». Quelques semaines plus tard, l&rsquo;ONU perfectionnait ses plateformes de surveillance géospatiale dans ses propres missions. Ce n&rsquo;est pas de la mauvaise foi — c&rsquo;est une tension structurelle qu&rsquo;Antoine Younsi, chercheur au GRIP, met en lumière avec précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;un côté, l&rsquo;organisation accumule les initiatives normatives : Pacte numérique mondial adopté à l&rsquo;unanimité en 2024, principes éthiques pour l&rsquo;usage interne des algorithmes, organe consultatif de haut niveau sur l&rsquo;IA. De l&rsquo;autre, elle intègre ces technologies dans ses opérations de paix de manière souvent expérimentale — avec des pratiques qui précèdent les règles censées les encadrer.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une gouvernance mondiale en éclats</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage normatif international est morcelé. Les États-Unis, la Chine et l&rsquo;Union européenne se disputent le rôle de puissance régulatrice. Les standards s&rsquo;accumulent, souvent incompatibles. On parle de gouvernance en « patchwork », de pratiques de « forum shopping » par lesquelles États et entreprises sélectionnent les enceintes les moins contraignantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Europe, avec son AI Act contraignant, offre un contre-modèle partiel. Mais sans mécanismes contraignants à l&rsquo;échelle onusienne, les normes restent inopposables : moins d&rsquo;un quart des États signataires de la Recommandation de l&rsquo;UNESCO sur l&rsquo;éthique de l&rsquo;IA ont réellement engagé des outils de mise en œuvre.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>SAGE, Unite Aware : la promesse prédictive</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La note examine deux outils concrets. SAGE permet aux Casques bleus de visualiser des données géolocalisées sur les violences et les tensions. Unite Aware, opérationnelle depuis 2023 à Chypre, croise des données multisources pour anticiper les crises. Un partenariat ONU–École polytechnique fédérale de Zurich a montré que des algorithmes d&rsquo;apprentissage profond pouvaient générer des prévisions à court terme de l&rsquo;intensité des conflits. En janvier 2026, la plateforme entre dans une deuxième phase, notamment au sein de la MONUSCO en République démocratique du Congo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est prometteur. Et vertigineux.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les données ne sont jamais neutres</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que la note devient la plus précieuse pour les défenseur·e·s des droits humains. Les données collectées en zone de conflit reflètent les biais de ceux qui les collectent, les omissions des formulaires, les angles morts culturels et de genre. En RDC, la simplification des catégories dans SAGE a conduit à regrouper des dizaines de groupes armés sous une même étiquette, faussant les analyses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les algorithmes entraînés sur ces données imparfaites peuvent amplifier ces biais. Une confiance excessive crée une distance entre personnels onusiens et populations — ce que des chercheur·e·s appellent la « bunkerisation » des missions. Certain·e·s évoquent même un « colonialisme des données » : technologies développées par des acteurs occidentaux, déployées sur des populations du Sud global, anciennement colonisées, sans garanties sur la propriété des données ni sur la participation des communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment garantir la protection des civils si les algorithmes ignorent les dynamiques de genre ? Comment préserver la légitimité des missions si les populations deviennent des données à extraire plutôt que des citoyen·ne·s à associer aux processus de paix ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;exemplarité ou rien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;ONU veut rester crédible dans la gouvernance mondiale de l&rsquo;IA, elle doit l&rsquo;être dans l&rsquo;usage qu&rsquo;elle en fait. Ses opérations de paix sont un laboratoire — et une vitrine. Un décalage durable entre ambitions normatives et pratiques éroderait sa légitimité, au moment précis où le monde en a le plus besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enjeux nous concernent. Nos gouvernements contribuent aux missions onusiennes et siègent aux instances de régulation. Les entreprises de nos pays participent au développement de ces technologies. Personne n&rsquo;est spectateur·rice de cette transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;IA ne sera ni solution magique ni gouffre inéluctable. Ses effets dépendent des choix que nous faisons — maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;exiger la cohérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">GouvernanceIA #MaintiendeLaPaix #DroitsHumains #NationsUnies #IntelligenceArtificielle</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/">L’ONU à l’épreuve de ses propres algorithmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Les démocraties à l&#8217;heure des « hommes forts »</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/17/les-democraties-a-lheure-des-hommes-forts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Mar 2026 17:17:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvrir le magazine Amnesty (mars 2026) de la section suisse de l&#8217;organisation, c&#8217;est prendre la mesure d&#8217;une réalité que beaucoup préfèrent encore minimiser. Intitulé « Point de bascule », le dossier coordonné par la section suisse d&#8217;Amnesty International dresse un état des lieux inquiétant — mais rigoureusement sourcé — de la dérive autoritaire à l&#8217;œuvre ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Les démocraties à l&#8217;heure des « hommes forts »" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/03/17/les-democraties-a-lheure-des-hommes-forts/#more-842" aria-label="En savoir plus sur Les démocraties à l&#8217;heure des « hommes forts »">Lire plus</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ouvrir le <a href="https://www.amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/magazine-amnesty/2026-1/sommaire/amnesty_f_2025-no124-v8finaldouble.pdf" title="">magazine <em>Amnesty</em> (mars 2026) </a>de la section suisse de l&rsquo;organisation, c&rsquo;est prendre la mesure d&rsquo;une réalité que beaucoup préfèrent encore minimiser. Intitulé « Point de bascule », le dossier coordonné par la section suisse d&rsquo;Amnesty International dresse un état des lieux inquiétant — mais rigoureusement sourcé — de la dérive autoritaire à l&rsquo;œuvre dans de nombreuses démocraties, y compris celles que l&rsquo;on croyait les plus solides.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le monde tel qu&rsquo;il est</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sont difficiles à ignorer. Selon le <em>Democracy Report 2025</em> de l&rsquo;Institut V-Dem, pour la première fois depuis vingt ans, près de 72 % de la population mondiale vit sous un régime autocratique — le taux le plus élevé depuis 1978. Seuls 29 pays sont encore classés comme démocraties libérales, contre 43 entre 2007 et 2012. L&rsquo;indice Freedom House 2025, également cité dans le dossier, confirme : dans 60 pays, les droits politiques et civils ont reculé en 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres ne sont pas anecdotiques. Ils documentent une érosion systémique, conduite le plus souvent depuis l&rsquo;intérieur même des institutions démocratiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un mode opératoire partagé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier identifie les mécanismes récurrents de cette dérive, à travers six cas documentés. En Hongrie, Viktor Orbán contrôle à la fois le pouvoir exécutif, le judiciaire et plus de 80 % des médias. En Turquie, Recep Tayyip Erdoğan instrumentalise la justice pour éliminer ses adversaires. Aux États-Unis, Donald Trump déshumanise les minorités, démantèle les institutions de contrôle et rompt les alliances multilatérales construites depuis 1945 — à une vitesse qui a pris de court même ses critiques les plus avertis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse de la Russie poutinienne, signée par l&rsquo;historien Artem Efimov de Meduza, montre comment la peur peut être réinstallée progressivement comme instrument de gouvernance : par petites touches, sur une décennie, avant que le basculement ne devienne irréversible. En Israël, la guerre à Gaza a offert une couverture opportune pour neutraliser l&rsquo;indépendance judiciaire à l&rsquo;abri du regard public. Au Portugal, le parti d&rsquo;extrême droite Chega ! réhabilite subtilement l&rsquo;héritage de Salazar auprès d&rsquo;un électorat jeune qui n&rsquo;a pas vécu la dictature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ne pas voir, dans ces trajectoires parallèles, les contours d&rsquo;une recette partagée ? Comment croire encore que ces dérives seraient des accidents de l&rsquo;histoire, et non les symptômes d&rsquo;une tendance structurelle ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chez nous aussi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier insiste sur un point que l&rsquo;on a trop souvent tendance à esquiver : aucune démocratie n&rsquo;est immunisée. La Suisse elle-même — présentée comme un havre de stabilité politique — n&rsquo;échappe pas au durcissement des discours ni aux atteintes aux libertés fondamentales, selon la professeure Natasha Wunsch, de l&rsquo;Université de Fribourg. En Europe, la trajectoire hongroise, la montée de l&rsquo;AfD en Allemagne, ou encore la normalisation progressive du discours antimigrant montrent que le glissement peut s&rsquo;opérer rapidement, sans signal d&rsquo;alarme univoque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce constat vaut aussi pour nos sociétés. Les institutions européennes sont directement interpellées&nbsp;: l&rsquo;autonomie stratégique et la défense des valeurs démocratiques ne peuvent reposer indéfiniment sur la bonne volonté de partenaires transatlantiques devenus imprévisibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des résistances existent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier ne cède pas au catastrophisme — et c&rsquo;est là l&rsquo;une de ses forces. L&rsquo;exemple brésilien est éclairant : Jair Bolsonaro a été condamné à vingt-sept ans de prison en novembre 2025. Cette issue — rendue possible par l&rsquo;indépendance d&rsquo;une partie du pouvoir judiciaire, la mobilisation de la société civile et une presse critique — montre que la démocratie peut résister, même dans des contextes de polarisation extrême. Les Seychelles, la Bolivie, l&rsquo;Équateur illustrent d&rsquo;autres formes de redémocratisation possibles. Le rapport V-Dem en recense dix-neuf pays en cours de renforcement démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous non pas de nous résigner à l&rsquo;inéluctable, mais de soutenir celles et ceux qui, dans nos sociétés comme ailleurs, font reculer l&rsquo;étau autoritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une lecture nécessaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dossier d&rsquo;Amnesty Suisse n&rsquo;est pas une lecture de confort. Il documente, avec rigueur et diversité géographique, les ressorts d&rsquo;une dérive qui se joue à bas bruit — par petites réformes législatives, par discours répétés, par neutralisation progressive des contre-pouvoirs. Autant de signaux que l&rsquo;on a trop longtemps appris à ne pas prendre au sérieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire ce dossier, c&rsquo;est se donner les moyens de nommer ce qui se passe. Et nommer, c&rsquo;est déjà résister.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résistez.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>#DroitsHumains #Démocratie #Autoritarisme #AmnestyInternational #LibertéDExpression #EtatDeDroit #PointDeBascule #HommesForts</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/17/les-democraties-a-lheure-des-hommes-forts/">Les démocraties à l’heure des « hommes forts »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Droits humains : le monde bascule, et nous ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 08:54:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[CPI]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Droits humains : le monde bascule, et nous ?<br />
Le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch sonne l'alarme : l'ordre international des droits humains vacille sous les assauts conjugués de Washington, Pékin et Moscou. Mais la résistance citoyenne refuse de plier.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <a href="https://www.hrw.org/fr/world-report/2026" target="_blank" rel="noopener" title="">Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch</a> dresse un constat alarmant : sous les coups de l&rsquo;administration Trump, soutenue tacitement par Pékin et Moscou, l&rsquo;édifice international des droits humains vacille dangereusement. Mais la résistance citoyenne, partout dans le monde, refuse de céder.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a vingt ans, les États-Unis mobilisaient la communauté internationale contre les atrocités au Darfour. Aujourd&rsquo;hui, le président Trump se vante de « ne pas avoir besoin du droit international », préférant s&rsquo;appuyer sur sa « propre morale ». Le contraste est vertigineux. Et le constat de Human Rights Watch, dans son Rapport mondial 2026, est sans appel : 2025 a marqué un point de bascule.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;étau se resserre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En à peine douze mois, l&rsquo;administration américaine s&rsquo;est retirée du Conseil des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU et de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé. Elle a sanctionné le Procureur de la Cour pénale internationale, gelé l&rsquo;aide étrangère vitale pour des millions de personnes — hommes, femmes et enfants — et boycotté l&rsquo;examen de son propre bilan en matière de droits humains. Elle prévoit de quitter 66 organisations internationales, qualifiées de « modèle obsolète de multilatéralisme ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, 72 % de la population mondiale vit désormais sous des régimes autocratiques, un niveau comparable à celui de 1985. La vague démocratique amorcée il y a un demi-siècle a cédé la place à ce que les universitaires appellent une « récession démocratique ». Et cette fois, les États-Unis eux-mêmes figurent parmi les pays qui reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Europe dans l&rsquo;ombre ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette offensive autoritaire, que font nos gouvernements ? Force est de reconnaître que la réponse européenne a de quoi inquiéter. L&rsquo;Union européenne, le Canada, l&rsquo;Australie semblent mettre en sourdine leurs préoccupations, craignant de froisser Washington ou Pékin. En Europe occidentale — y compris en Belgique —, les restrictions aux activités de la société civile et aux manifestations se multiplient. Au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, de nombreux·ses citoyen·ne·s acceptent que les droits des « autres » soient rognés : migrant·e·s, femmes, minorités, personnes LGBT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;histoire nous l&rsquo;enseigne, et le rapport le rappelle avec force : les aspirant·e·s autocrates ne s&rsquo;arrêtent jamais aux « autres ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau mondial assombrit encore le constat. Au Soudan, les Forces de soutien rapide commettent des meurtres et des viols à grande échelle au Darfour — avec le soutien militaire présumé des Émirats arabes unis. Dans le Territoire palestinien occupé, plus de 70 000 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dans une réponse internationale largement insuffisante. En Ukraine, les crimes russes se poursuivent tandis que Trump propose une « amnistie totale » pour les crimes de guerre. Le message de cette ère est limpide : la force fait loi et les atrocités n&#8217;empêchent pas de conclure des deals.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment encore y croire ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment avoir confiance dans un système international où les États-Unis, la Chine et la Russie — trois puissances aux moyens considérables — partagent désormais un même mépris pour les normes qui pourraient limiter leur pouvoir ? Comment croire à la justice internationale quand Washington sanctionne la CPI tandis que Moscou fait condamner ses magistrat·e·s par contumace ? Comment, depuis Bruxelles ou Liège, regarder ailleurs quand nos propres gouvernements restent silencieux face à ces gouffres que creusent les grandes puissances ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espoir est dans la rue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. Chaque jour, nous voyons éclore des résistances. Les manifestations « No Kings » ont rassemblé des millions d&rsquo;Américain·e·s. En Corée du Sud, le parlement a destitué un président qui tentait d&rsquo;imposer la loi martiale. Au Népal, en Indonésie, au Maroc, la génération Z se dresse contre la corruption et la mauvaise gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Human Rights Watch appelle à la création d&rsquo;une nouvelle alliance mondiale de démocraties respectueuses des droits — du Brésil au Japon, de l&rsquo;Afrique du Sud à la Corée du Sud. Des initiatives existent déjà : le sommet « La démocratie pour toujours » au Chili en juillet 2025, le Groupe de La Haye pour la défense du droit international, plus de 70 pays signataires d&rsquo;une déclaration commune pour le multilatéralisme à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces coalitions ne suffiront pas sans nous. Sans les citoyen·ne·s qui descendent dans la rue. Sans les organisations qui documentent, dénoncent et mobilisent — malgré les menaces croissantes. Au Soudan, en Ukraine, à Hong Kong, des réseaux locaux de solidarité comblent les défaillances des États. Ils sont la preuve vivante que le pouvoir du peuple reste un moteur de changement, même dans les heures les plus sombres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charge à nous non pas de contempler l&rsquo;obscurité, mais de fournir les bougies qui éclaireront les pistes vers un avenir où le respect de tous les droits fondamentaux ne sera pas négociable. Briser la vague autoritaire est le défi de toute une génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de le relever.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #HRW2026 #Démocratie #Autoritarisme #SociétéCivile #DroitInternational #Multilatéralisme #Trump #Résistance #DignitéHumaine</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/">Droits humains : le monde bascule, et nous ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Négocier avec les talibans est hors de question</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/30/negocier-avec-les-talibans-est-hors-de-question/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jan 2026 13:14:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amnesty International]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Amnesty International et cinq organisations dénoncent le projet belge de renvoyer des Afghans en coopération avec les talibans, une violation du droit international.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/30/negocier-avec-les-talibans-est-hors-de-question/">Négocier avec les talibans est hors de question</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Belgique envisage de renvoyer de force des personnes afghanes en collaboration avec les talibans, notamment par le biais d’une coopération en matière d’identification et de retour. Amnesty International, le CIRÉ, la coalition MOVE, 11.11.11, Refugee Committee of Afghanistan et Vluchtelingenwerk Vlaanderen considèrent ce projet comme extrêmement problématique. Les talibans sont responsables de violations systématiques des droits humains à l’encontre de leur propre population. Quiconque coopère avec un tel régime prend consciemment le risque de se rendre complice de la persécution et de la torture de personnes qui relèvent aujourd’hui de la responsabilité de la Belgique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La seule question qui importe est de savoir si la Belgique soumet sciemment des personnes qui ont fui leur pays à un régime qui a recours à la torture et aux traitements inhumains&nbsp;», explique Tine Claus, directrice de Vluchtelingenwerk Vlaanderen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est présenté comme une «&nbsp;coopération purement technique&nbsp;» porte en réalité atteinte aux droits humains. Une telle coopération risque en outre de contribuer à la normalisation d’un régime responsable de violations systématiques des droits humains et va à l’encontre des valeurs fondamentales sur lesquelles repose le modèle européen des droits humains et de l’état de droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Renvoyer de force des personnes en Afghanistan constitue une violation du droit international&nbsp;; en aucun cas il ne peut s’agir d’une option. Une fois de retour dans leur pays, ces personnes courent un risque réel d’être détenues, torturées ou d’être soumises à une disparition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Technique&nbsp;» signifie en réalité «&nbsp;à la merci des talibans&nbsp;»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions techniques avec les autorités talibanes&nbsp;[<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/belgique-negocie-talibans#nb1">1</a>]&nbsp;ne sont pas neutres administrativement&nbsp;; la Belgique expose de manière concrète des personnes à des interrogatoires, à des détentions arbitraires et à des mauvais traitements à leur retour. Il est en effet avéré que les autorités talibanes reçoivent avec méfiance les personnes de retour en Afghanistan et, dans un climat où règnent l’arbitraire et l’intimidation, leur infligent des peines sévères.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un aller simple vers la persécution</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afghanistan est aujourd’hui l’un des pays les plus dangereux au monde, particulièrement pour les journalistes, les défenseur·es des droits humains et les personnes présentant un profil «&nbsp;occidentalisé&nbsp;». Les femmes et les filles sont quant à elles exclues de la vie publique, empêchées d’accéder à l’éducation et visées par des interdictions de travailler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des organisations internationales, dont les Nations unies&nbsp;[<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/belgique-negocie-talibans#nb2">2</a>], documentent régulièrement de graves violations des droits humains à l’encontre des personnes contraintes de retourner en Afghanistan. Fin 2025,&nbsp;<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/afghanistan-renvois-forces-regime-taliban-cesser">Amnesty International</a>&nbsp;a appelé à l’arrêt immédiat des retours forcés vers l’Afghanistan, en lien notamment avec les millions d’expulsions illégales pratiquées par l’Iran et le Pakistan et avec la crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver en Afghanistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, tout retour forcé en Afghanistan constitue une violation flagrante du principe de non-refoulement, pierre angulaire du droit international des réfugiés. Ce principe stipule que nul ne peut être renvoyé vers un lieu où il/elle risque d’être victime de violations graves des droits humains. Il s’applique à toutes et à tous, y compris aux personnes sans papiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Il ne s’agit pas d’une zone grise. Le gouvernement belge est au fait des violations graves des droits humains commises par les talibans. Renvoyer des personnes en Afghanistan revient à les exposer sciemment à des persécutions. C’est non seulement immoral, mais également illégal&nbsp;», indique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Belgique déjà condamnée pour sa collaboration avec le Soudan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique a déjà agi de la sorte par le passé. En 2017, le gouvernement d’alors a convié sur le territoire national des agents des services de renseignement soudanais à des fins d’identification. Après que des mauvais traitements sur les personnes renvoyées au Soudan à la suite de ces opérations ont été signalés, de vives critiques ont été adressées aux autorités belges, et s’est ensuivie une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour a estimé que la Belgique avait manqué à ses obligations en procédant à l’identification et à l’expulsion de personnes en collaboration avec un régime répressif, sans garanties suffisantes contre des mauvais traitements à leur retour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La Belgique va-t-elle commettre la même erreur, mais cette fois-ci avec les talibans&nbsp;? Les risques que présentent de telles procédures sont maintenant parfaitement connus. Quiconque décide de relancer un tel processus prend en toute conscience le risque de voir les droits humains bafoués&nbsp;», prévient Simon Horsten, de la coalition MOVE.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stigmatisation et culpabilité collective</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’accent que met explicitement la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, sur les «&nbsp;Afghans illégaux et criminels&nbsp;» est dangereux et stigmatisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sécurité est ici prise comme prétexte pour bafouer les droits humains. Amnesty International, le CIRÉ, la coalition MOVE, 11.11.11, Refugee Committee of Afghanistan et Vluchtelingenwerk Vlaanderen insistent sur le fait que la politique d’asile ne doit jamais être fondée sur la peur ou les stéréotypes, mais sur une évaluation individuelle et la protection juridique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Europe, une machine à expulser</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait que la Belgique veuille soumettre ses projets à l’examen européen s’inscrit dans une tendance plus large et inquiétante. Malgré les preuves indiquant clairement que l’Afghanistan n’est pas un pays sûr, de plus en plus de pays européens envisagent des accords de retour avec les talibans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Pour l’Europe, conclure des accords avec des régimes oppressifs tient du “pragmatisme”. Un pragmatisme qui se paie avec des vies humaines est tout bonnement inacceptable – c’est en réalité du cynisme et cela va à l’encontre des droits humains les plus basiques&nbsp;», affirme Sotieta Ngo, directrice du CIRÉ.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des appels clairs à la Belgique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est hors de question que des négociations aient lieu avec les talibans. Amnesty International, le CIRÉ, la coalition MOVE, 11.11.11, Refugee Committee of Afghanistan et Vluchtelingenwerk Vlaanderen exhortent les autorités belges&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>à ne pas entamer de négociations avec les talibans, tant en matière d’identification qu’en matière de retour ;</li>



<li>à ne renvoyer aucune personne en Afghanistan.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu d’envisager des négociations avec les talibans pour renvoyer des personnes en Afghanistan, la Belgique ferait bien mieux, au sein de la communauté internationale, d’exercer une pression diplomatique et politique sur les talibans afin que ces derniers mettent un terme aux violations graves et systématiques des droits humains dont ils se rendent coupables et de lutter contre l’impunité. De pareilles démarches ne peuvent toutefois en aucun cas se substituer à l’offre d’une protection réelle&nbsp;; il est inenvisageable de contraindre qui que ce soit à retourner en Afghanistan tant que ce pays restera aussi dangereux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les droits humains ne sont pas une faveur que l’on accorde, mais une obligation à respecter. Quiconque se soustrait à cette obligation sape l’état de droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partenaires de la majorité gouvernementale porteront une lourde responsabilité s’ils laissent ces projets advenir. La Belgique doit choisir&nbsp;: la protection ou le risque de complicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notes</p>



<p class="wp-block-paragraph">[<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/belgique-negocie-talibans#nh1">1</a>]&nbsp;<a href="https://www.hrw.org/news/2025/07/08/afghanistan-icc-issues-arrest-warrants-for-senior-taliban-leaders">https://www.hrw.org/news/2025/07/08/afghanistan-icc-issues-arrest-warrants-for-senior-taliban-leaders</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">[<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/belgique-negocie-talibans#nh2">2</a>]&nbsp;<a href="https://news.un.org/en/story/2025/07/1165484">https://news.un.org/en/story/2025/07/1165484</a></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/30/negocier-avec-les-talibans-est-hors-de-question/">Négocier avec les talibans est hors de question</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Le regard décentré : Anthony Samrani décrypte le chaos du Proche-Orient</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/13/le-regard-decentre-anthony-samrani-decrypte-le-chaos-du-proche-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 20:34:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pierre Haski lance une chaîne YouTube sur la géopolitique avec un entretien d'Anthony Samrani, consacrée au conflit israélo-palestinien. Samrani, franco-libanais, analyse les dynamiques régionales et l'impact de Gaza sur l'Occident. Malgré une vision pessimiste, il exprime un espoir nécessaire de changement face aux crises politiques et identitaires.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/13/le-regard-decentre-anthony-samrani-decrypte-le-chaos-du-proche-orient/">Le regard décentré : Anthony Samrani décrypte le chaos du Proche-Orient</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Haski inaugure sa nouvelle chaîne YouTube consacrée à la géopolitique avec un entretien d&rsquo;une heure en compagnie d&rsquo;Anthony Samrani, co-rédacteur en chef de <em>L&rsquo;Orient-Le Jour</em>. Ce dialogue entre deux journalistes francophones offre une lecture du conflit israélo-palestinien et de ses ramifications régionales depuis Beyrouth — un point de vue délibérément « décentré » qui permet d&rsquo;échapper aux grilles d&rsquo;analyse dominantes en Europe.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Gaza, Israël, Liban : Anthony Samrani face au chaos du Proche-Orient - entretien avec Pierre Haski" width="840" height="473" src="https://www.youtube.com/embed/1soKXKexCTY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Samrani, franco-libanais ayant fait le choix du retour au Liban après avoir grandi en France, incarne cette position intermédiaire : suffisamment proche pour comprendre les dynamiques locales, suffisamment distant pour les mettre en perspective. Son analyse, à la fois lucide et désabusée, dessine un tableau sombre du « nouveau Moyen-Orient » post-7 octobre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un journal centenaire comme observatoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien s&rsquo;ouvre sur le parcours personnel de Samrani et la place singulière de <em>L&rsquo;Orient-Le Jour</em> dans le paysage médiatique régional. Fondé il y a plus d&rsquo;un siècle, ce quotidien francophone a opéré sa mue : jadis perçu comme le « bulletin paroissial » des chrétiens libanais, il s&rsquo;est imposé comme une référence indépendante. L&rsquo;arrivée de Rima Abdul Malak, ancienne ministre française de la Culture, à sa direction générale témoigne d&rsquo;une ambition d&rsquo;expansion à l&rsquo;échelle régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Samrani, le Liban lui-même constitue moins un pays qu&rsquo;une « idée » — celle d&rsquo;un espace de liberté et d&rsquo;hybridité culturelle. Une utopie en échec, reconnaît-il, à l&rsquo;image de celle de l&rsquo;Europe. Un pays qui a vécu « un siècle en cinq ans » : explosion du port de Beyrouth, effondrement économique, guerre. Si une « pulsion de vie » subsiste dans la capitale, la société demeure profondément traumatisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La « défaite morale » de l&rsquo;Occident</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de l&rsquo;analyse de Samrani porte sur ce qu&rsquo;il qualifie de rupture définitive entre l&rsquo;Occident et le « Sud global ». Gaza, affirme-t-il, marque un tournant historique dont les conséquences dépasseront largement la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste pointe l&rsquo;incohérence occidentale : condamner l&rsquo;agression russe en Ukraine au nom du droit international tout en fermant les yeux sur Gaza signe, selon lui, la fin de la prétention occidentale à incarner des valeurs universelles. Ce « double standard » n&rsquo;est pas seulement perçu comme tel dans le monde arabe — il l&rsquo;est désormais par une part croissante des opinions publiques occidentales elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fracture, prédit Samrani, réveillera des tensions identitaires profondes au sein même des sociétés européennes et américaines. Gaza ne restera pas un événement lointain : il travaillera les consciences de l&rsquo;intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le nouveau paysage régional : hégémonie sans projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse géopolitique que livre Samrani est sans illusions. Israël a établi une hégémonie militaire sans précédent, capable de frapper n&rsquo;importe où sans crainte de représailles. L&rsquo;« axe de la résistance » piloté par l&rsquo;Iran s&rsquo;est effondré aux yeux des populations locales — le Hezbollah, malgré son ancrage politique au Liban, sort considérablement affaibli du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, cette victoire tactique israélienne ne débouche sur aucun horizon politique. Israël, note Samrani, « n&rsquo;a pas de projet politique à offrir » : il se comporte en forteresse assiégée, incapable de proposer autre chose que la force. Les perspectives de normalisation avec l&rsquo;Arabie saoudite, un temps envisagées, sont désormais gelées tant que la question palestinienne demeure sans réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samrani relève par ailleurs la transformation profonde de l&rsquo;Arabie saoudite sous Mohammed ben Salmane : fin du wahhabisme politique, ouverture sociale spectaculaire, mais autoritarisme accru. Une révolution par le haut qui redessine les équilibres régionaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « malheur arabe » : causes internes et externes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reprenant l&rsquo;expression de l&rsquo;intellectuel libanais Samir Kassir, Samrani distingue deux sources du « malheur arabe ». D&rsquo;un côté, les interférences étrangères et la création d&rsquo;Israël, vécue comme une injustice originelle qui a radicalisé la région depuis 1948. De l&rsquo;autre, l&rsquo;incapacité des sociétés arabes à « faire nation », à construire des systèmes politiques démocratiques, à dépasser le clientélisme et la corruption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette grille d&rsquo;analyse refuse le manichéisme : ni pure victimisation face à l&rsquo;Occident, ni culpabilisation exclusive des acteurs locaux. La sortie du « malheur arabe » suppose d&rsquo;agir sur les deux fronts — ce qui, dans le contexte actuel, relève de l&rsquo;horizon inaccessible.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : un pessimisme vital</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Anthony Samrani ne croit ni aux bombes ni à l&rsquo;argent pour résoudre les problèmes de fond. La « paix économique » promue par l&rsquo;administration Trump lui paraît aussi illusoire que la stratégie de la force israélienne. Seule une solution politique juste pour les Palestiniens, conjuguée à une refonte des systèmes politiques arabes, pourrait ouvrir une issue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vision pessimiste ? Assurément. Mais Samrani confesse ne pas pouvoir s&#8217;empêcher d&rsquo;espérer — « ne serait-ce que par nécessité vitale ». C&rsquo;est peut-être là, dans cet espoir têtu malgré tout, que réside la singularité de ce regard depuis Beyrouth : un refus de céder au désespoir, non par naïveté, mais par instinct de survie.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source :</strong> Pierre Haski, « Gaza, Israël, Liban : Anthony Samrani face au chaos du Proche-Orient », <em>Le Monde de Pierre Haski</em> (YouTube), janvier 2025. <strong>Lien :</strong> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=1soKXKexCTY">https://www.youtube.com/watch?v=1soKXKexCTY</a></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/13/le-regard-decentre-anthony-samrani-decrypte-le-chaos-du-proche-orient/">Le regard décentré : Anthony Samrani décrypte le chaos du Proche-Orient</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>41 % des fonds « durables » financent ce qu&#8217;ils prétendent combattre</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 10:27:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Climat]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peut-on parler de greenwashing institutionnalisé ? Le nouveau rapport de Financité sur l&#8217;investissement socialement responsable en Belgique dresse un constat accablant. Sur 175 fonds labellisés durables dont la composition a pu être analysée, 72 — soit 41 % — détiennent des actifs figurant simultanément sur les quatre listes noires établies par l&#8217;organisation : droits fondamentaux, ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peut-on parler de greenwashing institutionnalisé ? Le <a href="https://www.financite.be/actualité/les-fonds-durables-belges-ont-investi-2573-millions-deuros-dans-la-destruction-du-climat" target="_blank" rel="noopener" title="">nouveau rapport de Financité</a> sur l&rsquo;investissement socialement responsable en Belgique dresse un constat accablant. Sur 175 fonds labellisés durables dont la composition a pu être analysée, 72 — soit 41 % — détiennent des actifs figurant simultanément sur les quatre listes noires établies par l&rsquo;organisation : droits fondamentaux, climat, nucléaire et armement.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">257 millions d&rsquo;euros dans les énergies fossiles</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les investissements climaticides restent massivement présents dans les portefeuilles présentés comme responsables. Fin 2024, 65 % des fonds analysés avaient investi dans des entreprises actives dans les énergies fossiles, pour un encours total de 253,9 millions d&rsquo;euros. Plus troublant encore : 58 % de ces fonds financent des entreprises engagées dans des projets d&rsquo;expansion fossile, 41 % sont exposés au charbon, et 9 % à des « bombes climatiques » — ces projets susceptibles d&rsquo;émettre plus d&rsquo;une gigatonne de CO2 sur leur durée de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une évolution positive mérite toutefois d&rsquo;être signalée : en 2023, 77 % des fonds présentaient ce type d&rsquo;exposition, pour 471 millions d&rsquo;euros. La réduction est réelle, sans pour autant marquer de rupture structurelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Armes nucléaires et droits humains bafoués</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le volet armement n&rsquo;est guère plus reluisant. La moitié des fonds analysés (87 sur 175) ont investi dans au moins une entreprise figurant sur la liste noire « armes de guerre » de Financité — bombes à sous-munitions, mines antipersonnel ou armes nucléaires. L&rsquo;encours total : 138,4 millions d&rsquo;euros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté nucléaire, 66 % des fonds (116 sur 175) présentent une exposition à l&rsquo;énergie ou aux armes atomiques, pour 330,6 millions d&rsquo;euros. Quant au respect des droits fondamentaux, 87 % des fonds ont investi dans des États ou entreprises en violation des conventions internationales ratifiées par la Belgique — principalement sur des questions de gouvernance (25 %), de droits civils (20 %) ou de violations combinées (24 %).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Seuls 6,3 % des fonds passent le test</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le verdict est sans appel : sur les 175 fonds analysés, seuls 11 — soit 6,3 % — passent le filtre des quatre listes noires de Financité. « Il ne s&rsquo;agit pas ici de trancher la question de l&rsquo;autorisation ou non de ces activités économiques dans nos sociétés », précise Audrey Degée, chercheuse chez Financité. « L&rsquo;enjeu est plutôt de comprendre pourquoi ces activités se retrouvent dans des fonds qui se présentent comme socialement responsables. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un contexte européen de recul réglementaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vingtième rapport paraît dans un contexte politique préoccupant. Financité documente le « démantèlement inédit » des règles européennes de durabilité : relèvement des seuils d&rsquo;application de la directive CSRD (de 500 à 1 750 salariés), report du devoir de vigilance, assouplissement généralisé des obligations de reporting. Une dynamique portée par la montée des courants conservateurs au Parlement européen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Financité formule plusieurs recommandations : créer une norme ISR minimale dans la loi, indépendante du secteur financier et basée sur les conventions internationales ; imposer un reporting public des portefeuilles complets ; mobiliser les actifs publics pour la transition ; étendre les interdictions d&rsquo;investissement aux entreprises violant les droits humains et environnementaux ; et organiser un désinvestissement obligatoire des énergies fossiles aligné sur les objectifs climatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres parlent d&rsquo;eux-mêmes : sans cadre contraignant, le label « durable » reste largement une promesse non tenue.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source</strong> : Financité, <a href="https://www.financite.be/actualité/les-fonds-durables-belges-ont-investi-2573-millions-deuros-dans-la-destruction-du-climat" target="_blank" rel="noopener" title=""><em>Rapport ISR 2025</em>,</a> Bruxelles, décembre 2025.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/01/01/41-des-fonds-durables-financent-ce-quils-pretendent-combattre/">41 % des fonds « durables » financent ce qu’ils prétendent combattre</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Gaza : Les témoignages accablants d&#8217;une famine orchestrée</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/08/18/gaza-les-temoignages-accablants-dune-famine-orchestree/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 18:17:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De nouveaux témoignages de civils palestiniens déplacés révèlent l&#8217;ampleur dramatique de la campagne de famine délibérément menée par Israël dans la bande de Gaza. Ces récits, recueillis par Amnesty International auprès de 19 Palestiniens dans trois camps de déplacés, dressent le portrait d&#8217;une population acculée à la survie après 22 mois de blocus et de ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De nouveaux témoignages de civils palestiniens déplacés révèlent l&rsquo;ampleur dramatique de la campagne de famine délibérément menée par Israël dans la bande de Gaza. Ces récits, recueillis par Amnesty International auprès de 19 Palestiniens dans trois camps de déplacés, dressent le portrait d&rsquo;une population acculée à la survie après 22 mois de blocus et de destructions systématiques. Entre mères contraintes de rationner leurs dernières forces pour nourrir leurs enfants et personnes âgées résignées à mourir, ces témoignages constituent selon l&rsquo;organisation une « condamnation cinglante » de l&rsquo;inaction internationale face à ce qu&rsquo;elle qualifie de génocide.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une stratégie délibérée de destruction par la faim</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les conclusions d&rsquo;Amnesty International sont sans appel : la famine qui ravage Gaza n&rsquo;est pas un « dommage collatéral » des opérations militaires israéliennes, mais le résultat escompté d&rsquo;une politique délibérée. Cette campagne systématique vise à « infliger délibérément aux Palestiniens de Gaza des conditions de vie destinées à provoquer leur destruction physique », affirme l&rsquo;organisation dans son rapport publié aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confirmation officielle de cette réalité dramatique est venue le 29 juillet dernier, lorsque le Système de classification intégrée de la sécurité alimentaire a déclaré que le seuil de famine avait été atteint dans la majeure partie de Gaza. Les chiffres du ministère de la Santé de Gaza parlent d&rsquo;eux-mêmes : au 14 août, 105 enfants étaient déjà morts des suites de complications liées à la malnutrition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation s&rsquo;est encore aggravée en juillet, avec près de 13 000 cas d&rsquo;admissions pour traitement de malnutrition aiguë chez les enfants, soit le chiffre mensuel le plus élevé depuis octobre 2023. Parmi ces cas dramatiques, au moins 2 800 concernaient des situations de malnutrition aiguë sévère, représentant 22% du total.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le calvaire des mères : « J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir échoué »</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Témoignage de S., infirmière déplacée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mes enfants s&rsquo;endorment en pleurant de faim. Le lait maternisé coûte 270 shekels pour trois jours, c&rsquo;est inabordable. Ma fille de sept mois a le poids d&rsquo;un bébé de quatre mois. J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;avoir échoué en tant que mère ; la faim de vos enfants vous fait sentir que vous êtes une mauvaise mère. »</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le témoignage de S., infirmière contrainte de fuir Jabalia avec ses deux jeunes enfants, illustre de manière poignante le calvaire des femmes enceintes et allaitantes. Réfugiée dans le camp d&rsquo;al-Taqwa, cette mère de famille a vu sa production de lait maternel s&rsquo;effondrer à partir d&rsquo;avril, la contraignant à des heures d&rsquo;efforts infructueux pour allaiter son nourrisson de sept mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pénurie touche tous les aspects de la vie quotidienne. Les couches étant introuvables, S. déchire ses propres vêtements pour en confectionner des provisoires qu&rsquo;elle ne peut même pas laver faute d&rsquo;eau potable. Sa tente, partagée avec son mari et ses deux enfants, est infestée de rats, moustiques et cafards, tandis que sa petite fille développe une infection cutanée impossible à soigner faute d&rsquo;antibiotiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation désespérée touche particulièrement les femmes enceintes et allaitantes. Selon les données de Save the Children, 43% des 747 femmes enceintes et allaitantes examinées dans ses cliniques en juillet souffraient de malnutrition. Hadeel, 28 ans et enceinte de quatre mois, confie sa terreur : « J&rsquo;ai peur de faire une fausse couche, mais je pense aussi à mon bébé : je panique rien qu&rsquo;à l&rsquo;idée de l&rsquo;impact que ma propre faim pourrait avoir sur sa santé. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;effondrement du tissu social et des solidarités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension humanitaire, cette famine orchestrée provoque un effondrement du tissu social palestinien. Nahed, 66 ans, décrit avec amertume comment « la ruée vers la nourriture près des itinéraires d&rsquo;aide a privé les gens de leur humanité ». Son témoignage révèle l&rsquo;ampleur de la dégradation : « J&rsquo;ai vu de mes propres yeux des gens porter des sacs de farine tachés du sang de ceux qui venaient d&rsquo;être abattus. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong> L&rsquo;écroulement des solidarités</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Avant, nous nous entraidions, en particulier ceux qui étaient dans le besoin. Même au début de cette guerre, les gens étaient guidés par leur instinct de survie. La faim et la guerre ont complètement changé Gaza ; elles ont changé nos valeurs. »</em> <em>(Abu Alaa, 62 ans, déplacé du camp de Jabalia)</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnes âgées payent un tribut particulièrement lourd à cette situation. Aziza, 75 ans, confie son souhait de mourir : « J&rsquo;ai l&rsquo;impression d&rsquo;être devenue un fardeau pour ma famille. J&rsquo;ai besoin de médicaments pour mon diabète, ma tension artérielle et une maladie cardiaque, et j&rsquo;ai dû prendre des médicaments périmés. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une destruction systématique des sources alimentaires</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étranglement de Gaza ne se limite pas au blocage de l&rsquo;aide humanitaire. Une évaluation des Nations unies publiée le 31 juillet révèle que 86% des cultures permanentes de Gaza ont considérablement diminué en raison des « activités liées au conflit », notamment le rasage, les bombardements et l&rsquo;utilisation d&rsquo;engins lourds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette destruction méthodique des infrastructures agricoles a des conséquences directes sur les prix. Un kilogramme de tomates coûte désormais près de 80 shekels, soit vingt fois plus qu&rsquo;avant le 7 octobre 2023. Même après l&rsquo;autorisation limitée de certaines marchandises commerciales, les prix restent dix fois supérieurs aux niveaux d&rsquo;avant-guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pêcheurs ne sont pas épargnés, confinés dans une zone réduite et dangereuse près du port où ils risquent bombardements et arrestations pour quelques poissons destinés à nourrir leurs familles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cocktail mortel : famine et épidémies</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le système de santé gazaoui, déjà décimé, fait face à une « catastrophe invisible » selon un médecin urgentiste de l&rsquo;hôpital al-Shifa. La combinaison de la malnutrition et des conditions d&rsquo;hygiène déplorables provoque l&rsquo;émergence de maladies inquiétantes, notamment le syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique rare et potentiellement mortelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante-seize cas de ce syndrome ont été enregistrés au 12 août, causant déjà quatre décès dont deux enfants. Le médicament nécessaire au traitement, l&rsquo;immunoglobuline intraveineuse, reste bloqué par le blocus israélien, condamnant les patients à une paralysie progressive.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La spirale médicale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les blessures mettent beaucoup plus de temps à cicatriser, ce qui oblige les personnes modérément blessées à rester longtemps à l&rsquo;hôpital, car leur corps est trop affaibli par le manque de nourriture. C&rsquo;est une destruction à plusieurs niveaux et entremêlés. »</em> <em>(Médecin urgentiste, hôpital al-Shifa)</em></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;impasse humanitaire et l&rsquo;urgence d&rsquo;agir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Erika Guevara Rosas, directrice du programme Recherche d&rsquo;Amnesty International, appelle à une action immédiate : « Pour commencer à inverser les conséquences dévastatrices des politiques d&rsquo;Israël, il faut lever immédiatement et sans condition le blocus et instaurer un cessez-le-feu durable. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;organisation dénonce également les nouvelles restrictions imposées aux ONG internationales, qui risquent d&rsquo;interdire totalement leur intervention sur le territoire palestinien occupé. Ces mesures coupent les familles palestiniennes de « leur seule bouée de sauvetage », alors que la plupart ont déjà épuisé leurs maigres ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu&rsquo;Israël menace de lancer une invasion terrestre de la ville de Gaza, un déplacé du camp de Jabalia résume la résignation qui gagne : « J&rsquo;ai déjà été déplacé 14 fois pendant cette guerre ; je n&rsquo;ai plus la force de fuir. S&rsquo;ils attaquent la ville, nous resterons ici à attendre la mort. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette enquête d&rsquo;Amnesty International, menée auprès de familles contraintes de survivre avec une assiette de lentilles par jour quand elle est disponible, révèle l&rsquo;ampleur d&rsquo;une tragédie qui dépasse la seule dimension humanitaire pour toucher aux fondements mêmes de l&rsquo;existence d&rsquo;un peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#Gaza #Palestine #AmnestyInternational</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/08/18/gaza-les-temoignages-accablants-dune-famine-orchestree/">Gaza : Les témoignages accablants d’une famine orchestrée</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Responsabilité de Protéger : 20 ans d&#8217;engagement face aux défis contemporains</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/07/04/responsabilite-de-proteger-20-ans-dengagement-face-aux-defis-contemporains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2025 12:24:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Crimes de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=639</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vingt ans après son adoption, la Responsabilité de Protéger fait face à un contexte dramatique : le monde connaît le plus grand nombre de conflits depuis 1945, avec 123 millions de personnes déplacées et une hausse de 72% des victimes civiles en 2023.<br />
Malgré quelques succès (12 États ont créé des mécanismes nationaux de prévention, 61 pays ont nommé des points focaux R2P), les nouveaux défis sont majeurs : conflits internationalisés, technologies émergentes (IA, drones), et paralysie du Conseil de sécurité par l'usage du veto.<br />
Le Secrétaire général appelle à développer de "nouvelles modalités de partenariats" centrées sur la prévention permanente au niveau national, les consultations régionales et l'élaboration d'orientations stratégiques adaptées aux réalités contemporaines.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/07/04/responsabilite-de-proteger-20-ans-dengagement-face-aux-defis-contemporains/">Responsabilité de Protéger : 20 ans d’engagement face aux défis contemporains</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Recension du <a href="https://documents.un.org/doc/undoc/gen/n25/104/71/pdf/n2510471.pdf" title="">rapport 2025</a> du Secrétaire général des Nations Unies</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vingt ans après l&rsquo;adoption du principe de Responsabilité de Protéger (R2P) lors du Sommet mondial de 2005, le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres présente un bilan nuancé de cette doctrine révolutionnaire dans son rapport publié en avril 2025. Entre avancées conceptuelles significatives et défis opérationnels persistants, ce document offre une photographie saisissante de l&rsquo;état actuel de la protection des populations civiles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat dressé par le rapport est sans appel : le monde traverse aujourd&rsquo;hui <strong>le plus grand nombre de conflits depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale</strong>. Cette situation s&rsquo;accompagne d&rsquo;une détérioration marquée du respect du droit international humanitaire et des droits de l&rsquo;homme, tant par les acteurs étatiques que non-étatiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chiffres révélateurs d&rsquo;une crise humanitaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les données présentées témoignent de l&rsquo;ampleur de la crise :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>123 millions</strong> de personnes déplacées de force en octobre 2024, contre 37 millions en 2005</li>



<li><strong>72 % d&rsquo;augmentation</strong> des victimes civiles dans les conflits armés en 2023</li>



<li><strong>7 victimes sur 10</strong> enregistrées en Israël et dans le Territoire palestinien occupé</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces statistiques reflètent une réalité où les principes fondamentaux du droit humanitaire &#8211; distinction, proportionnalité et précautions &#8211; sont systématiquement bafoués.</p>







<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne une transformation majeure : alors qu&rsquo;en 2005 les conflits étaient principalement intra-étatiques, les conflits inter-étatiques impliquant des acteurs régionaux ou internationaux deviennent <strong>« une caractéristique de plus en plus significante »</strong> de l&rsquo;environnement sécuritaire mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution complexifie considérablement l&rsquo;application de la R2P, qui doit désormais s&rsquo;adapter à des réalités géopolitiques mouvantes où les ramifications des conflits dépassent largement les frontières nationales.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Innovations technologiques et nouveaux défis</h4>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des aspects les plus préoccupants identifiés concerne l&rsquo;impact des nouvelles technologies sur la commission de crimes d&rsquo;atrocité. Le rapport met en garde contre :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;utilisation de l&rsquo;<strong>intelligence artificielle</strong> sur les champs de bataille</li>



<li>La <strong>prolifération des véhicules aériens sans équipage</strong></li>



<li>L&rsquo;exploitation des <strong>réseaux sociaux</strong> pour promouvoir la déshumanisation et l&rsquo;incitation à la violence</li>



<li>Les <strong>cyberattaques</strong> visant les infrastructures critiques</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ces évolutions technologiques posent des défis inédits en matière de responsabilité et d&rsquo;imputabilité, rendant plus difficile l&rsquo;identification des responsables et encourageant potentiellement l&rsquo;usage de ces technologies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Succès et bonnes pratiques : des raisons d&rsquo;espérer</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ce tableau sombre, le rapport met en lumière des <strong>avancées significatives</strong> dans la mise en œuvre de la R2P :</p>



<h5 class="wp-block-heading">Mécanismes nationaux de prévention</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Au moins <strong>douze États membres</strong> ont établi des mécanismes nationaux de prévention des crimes d&rsquo;atrocité, s&rsquo;alignant sur le Protocole de la Région des Grands Lacs. Ces initiatives nationales constituent l&rsquo;épine dorsale d&rsquo;une approche préventive efficace.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Réseaux régionaux et partenariats</h5>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>61 pays</strong> ont nommé des points focaux R2P</li>



<li><strong>56 États membres</strong> et l&rsquo;Union européenne participent au Groupe d&rsquo;Amis de la R2P</li>



<li>Des réseaux comme <em>Global Action against Mass Atrocity Crimes</em> facilitent le partage de bonnes pratiques</li>
</ul>



<h5 class="wp-block-heading">Justice transitionnelle et réconciliation</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Des pays comme l&rsquo;Australie, le Canada, la Finlande, la Norvège, la Suède et récemment la Suisse ont reconnu leur responsabilité dans la commission de crimes contre les minorités nationales ou les peuples autochtones, démontrant l&rsquo;importance d&rsquo;une <strong>« gestion constructive de la diversité »</strong>.</p>



<h5 class="wp-block-heading">Défis institutionnels et paralysie du Conseil de sécurité</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport n&rsquo;élude pas les dysfonctionnements institutionnels majeurs. La <strong>paralysie du Conseil de sécurité</strong>, notamment due à l&rsquo;usage du droit de véto, entrave régulièrement les prises de décision efficaces et génère des <strong>« perceptions de deux poids, deux mesures »</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette impasse, plusieurs initiatives innovantes ont émergé :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Résolution 76/262 de l&rsquo;Assemblée générale exigeant une réunion formelle dans les 10 jours suivant un véto</li>



<li>Code de conduite du Groupe ACT (Accountability, Coherence and Transparency)</li>



<li>Initiative de retenue du véto en cas d&rsquo;atrocités de masse</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Recommandations stratégiques pour l&rsquo;avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Secrétaire général identifie <strong>trois domaines d&rsquo;action prioritaires</strong> :</p>



<ol class="wp-block-list">
<li><strong>Mécanismes de prévention permanents</strong> au niveau national</li>



<li><strong>Consultations régionales</strong> pour partager expériences et leçons apprises</li>



<li><strong>Orientations stratégiques et techniques</strong> pour l&rsquo;implémentation domestique, régionale et multilatérale</li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading">Implications pour les organisations et la société civile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport revêt une importance particulière pour les ONG et organisations internationales. Il rappelle le <strong>rôle crucial de la société civile</strong> dans :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La détection précoce des signaux d&rsquo;alerte</li>



<li>Le développement de stratégies de prévention à long terme</li>



<li>La sensibilisation et la mobilisation communautaire</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : un appel à l&rsquo;action renouvelé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt ans après sa conception, la Responsabilité de Protéger demeure <strong>« un cadre pertinent pour l&rsquo;action »</strong> malgré la détérioration du contexte international. Le rapport souligne que la conviction fondamentale sous-jacente à la R2P persiste, comme en témoignent les efforts décrits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, face aux défis contemporains, de <strong>« nouvelles modalités de partenariats et méthodes de travail »</strong> s&rsquo;imposent. L&rsquo;engagement du Secrétaire général est clair : renforcer et intensifier les efforts individuels et conjoints des États membres pour prévenir les atrocités et protéger les populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les acteurs de la coopération internationale et du développement, ce rapport constitue un appel pressant à intégrer une <strong>« perspective de prévention des atrocités »</strong> dans l&rsquo;ensemble de leurs programmes et stratégies. Car comme le rappelle le document, notre bien-être global est <strong>« inextricablement lié au bien-être des plus vulnérables d&rsquo;entre nous »</strong>.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce rapport complet est disponible sous la référence A/79/875-S/2025/248 et mérite une attention particulière de tous les acteurs engagés dans la protection des droits humains et la prévention des conflits.</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/07/04/responsabilite-de-proteger-20-ans-dengagement-face-aux-defis-contemporains/">Responsabilité de Protéger : 20 ans d’engagement face aux défis contemporains</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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