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	<title>Russie - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Russie - En avant</title>
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		<title>Droits humains : le monde bascule, et nous ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 08:54:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Droits humains : le monde bascule, et nous ?<br />
Le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch sonne l'alarme : l'ordre international des droits humains vacille sous les assauts conjugués de Washington, Pékin et Moscou. Mais la résistance citoyenne refuse de plier.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <a href="https://www.hrw.org/fr/world-report/2026" target="_blank" rel="noopener" title="">Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch</a> dresse un constat alarmant : sous les coups de l&rsquo;administration Trump, soutenue tacitement par Pékin et Moscou, l&rsquo;édifice international des droits humains vacille dangereusement. Mais la résistance citoyenne, partout dans le monde, refuse de céder.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a vingt ans, les États-Unis mobilisaient la communauté internationale contre les atrocités au Darfour. Aujourd&rsquo;hui, le président Trump se vante de « ne pas avoir besoin du droit international », préférant s&rsquo;appuyer sur sa « propre morale ». Le contraste est vertigineux. Et le constat de Human Rights Watch, dans son Rapport mondial 2026, est sans appel : 2025 a marqué un point de bascule.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;étau se resserre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En à peine douze mois, l&rsquo;administration américaine s&rsquo;est retirée du Conseil des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU et de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé. Elle a sanctionné le Procureur de la Cour pénale internationale, gelé l&rsquo;aide étrangère vitale pour des millions de personnes — hommes, femmes et enfants — et boycotté l&rsquo;examen de son propre bilan en matière de droits humains. Elle prévoit de quitter 66 organisations internationales, qualifiées de « modèle obsolète de multilatéralisme ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, 72 % de la population mondiale vit désormais sous des régimes autocratiques, un niveau comparable à celui de 1985. La vague démocratique amorcée il y a un demi-siècle a cédé la place à ce que les universitaires appellent une « récession démocratique ». Et cette fois, les États-Unis eux-mêmes figurent parmi les pays qui reculent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Europe dans l&rsquo;ombre ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette offensive autoritaire, que font nos gouvernements ? Force est de reconnaître que la réponse européenne a de quoi inquiéter. L&rsquo;Union européenne, le Canada, l&rsquo;Australie semblent mettre en sourdine leurs préoccupations, craignant de froisser Washington ou Pékin. En Europe occidentale — y compris en Belgique —, les restrictions aux activités de la société civile et aux manifestations se multiplient. Au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, de nombreux·ses citoyen·ne·s acceptent que les droits des « autres » soient rognés : migrant·e·s, femmes, minorités, personnes LGBT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;histoire nous l&rsquo;enseigne, et le rapport le rappelle avec force : les aspirant·e·s autocrates ne s&rsquo;arrêtent jamais aux « autres ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau mondial assombrit encore le constat. Au Soudan, les Forces de soutien rapide commettent des meurtres et des viols à grande échelle au Darfour — avec le soutien militaire présumé des Émirats arabes unis. Dans le Territoire palestinien occupé, plus de 70 000 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dans une réponse internationale largement insuffisante. En Ukraine, les crimes russes se poursuivent tandis que Trump propose une « amnistie totale » pour les crimes de guerre. Le message de cette ère est limpide : la force fait loi et les atrocités n&#8217;empêchent pas de conclure des deals.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment encore y croire ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment avoir confiance dans un système international où les États-Unis, la Chine et la Russie — trois puissances aux moyens considérables — partagent désormais un même mépris pour les normes qui pourraient limiter leur pouvoir ? Comment croire à la justice internationale quand Washington sanctionne la CPI tandis que Moscou fait condamner ses magistrat·e·s par contumace ? Comment, depuis Bruxelles ou Liège, regarder ailleurs quand nos propres gouvernements restent silencieux face à ces gouffres que creusent les grandes puissances ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espoir est dans la rue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant. Chaque jour, nous voyons éclore des résistances. Les manifestations « No Kings » ont rassemblé des millions d&rsquo;Américain·e·s. En Corée du Sud, le parlement a destitué un président qui tentait d&rsquo;imposer la loi martiale. Au Népal, en Indonésie, au Maroc, la génération Z se dresse contre la corruption et la mauvaise gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Human Rights Watch appelle à la création d&rsquo;une nouvelle alliance mondiale de démocraties respectueuses des droits — du Brésil au Japon, de l&rsquo;Afrique du Sud à la Corée du Sud. Des initiatives existent déjà : le sommet « La démocratie pour toujours » au Chili en juillet 2025, le Groupe de La Haye pour la défense du droit international, plus de 70 pays signataires d&rsquo;une déclaration commune pour le multilatéralisme à l&rsquo;ONU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces coalitions ne suffiront pas sans nous. Sans les citoyen·ne·s qui descendent dans la rue. Sans les organisations qui documentent, dénoncent et mobilisent — malgré les menaces croissantes. Au Soudan, en Ukraine, à Hong Kong, des réseaux locaux de solidarité comblent les défaillances des États. Ils sont la preuve vivante que le pouvoir du peuple reste un moteur de changement, même dans les heures les plus sombres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charge à nous non pas de contempler l&rsquo;obscurité, mais de fournir les bougies qui éclaireront les pistes vers un avenir où le respect de tous les droits fondamentaux ne sera pas négociable. Briser la vague autoritaire est le défi de toute une génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de le relever.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #HRW2026 #Démocratie #Autoritarisme #SociétéCivile #DroitInternational #Multilatéralisme #Trump #Résistance #DignitéHumaine</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/04/droits-humains-le-monde-bascule-et-nous/">Droits humains : le monde bascule, et nous ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;impunité digitale des crimes de guerre : « War Crimes for Fun and Profit »</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/07/02/limpunite-digitale-des-crimes-de-guerre-war-crimes-for-fun-and-profit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 09:54:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte contre l'impunité]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand la violence extrême devient contenu viral : l&#8217;enquête troublante de Lindsay Freeman révèle comment les mercenaires du groupe Wagner transforment les atrocités en produit numérique rentable, exposant les failles béantes du droit international face aux nouveaux visages de la guerre moderne (merci à Jean-Paul Marthoz). Dans son investigation « War Crimes for Fun and Profit », ... </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la violence extrême devient contenu viral :<a href="https://www.lawfaremedia.org/article/war-crimes-for-fun-and-profit" target="_blank" rel="noopener" title=""> l&rsquo;enquête troublante de Lindsay Freeman </a>révèle comment les mercenaires du groupe Wagner transforment les atrocités en produit numérique rentable, exposant les failles béantes du droit international face aux nouveaux visages de la guerre moderne</strong> (<em>merci à Jean-Paul Marthoz</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son investigation « War Crimes for Fun and Profit », Lindsay Freeman du Human Rights Center de Berkeley nous confronte à une réalité aussi nouvelle qu&rsquo;effrayante : celle d&rsquo;une violence de guerre transformée en spectacle numérique. Cette enquête minutieuse révèle comment les « war influencers » du groupe Wagner ont développé un écosystème de plus de 150 chaînes Telegram pour monétiser l&rsquo;horreur, générant engagement et profits à travers la diffusion d&rsquo;images d&rsquo;une violence graphique extrême.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vide juridique exploité avec cynisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Freeman identifie une défaillance majeure du droit international contemporain. Alors que les mécanismes de justice globale agissent rapidement concernant l&rsquo;Ukraine et Gaza, les crimes documentés par le groupe Wagner en Afrique bénéficient d&rsquo;une impunité quasi-totale. Cette disparité révèle un angle mort critique : nos cadres juridiques traditionnels ne sont pas équipés pour traiter la violence digitalisée des entreprises militaires privées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;auteure établit une comparaison saisissante avec la réaction internationale face aux décapitations diffusées par Daech, qui avaient provoqué une condamnation rapide. Pourtant, quand les mercenaires russes filment et diffusent la torture d&rsquo;Africains à un volume encore plus important sur leurs chaînes comptant jusqu&rsquo;à 600 000 abonnés, aucune action apparente n&rsquo;est entreprise. Cette exploitation délibérée des technologies transforme leur violence localisée en problème global, diffusant leurs crimes dans tous les pays du monde sans conséquence juridique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La banalisation programmée de l&rsquo;atrocité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enquête révèle une sophistication troublante dans cette stratégie de normalisation. Les images de têtes sectionnées se mélangent à des photographies de safari et des descriptions de cuisine locale. Cette banalisation de l&rsquo;horreur crée une normalisation particulièrement perverse où des soldats posent devant de beaux monuments puis devant des maisons en flammes.</p>







<p class="wp-block-paragraph">Freeman souligne la nature addictive des réseaux sociaux et s&rsquo;inquiète de la désensibilisation progressive à la violence. Elle établit une analogie éclairante avec le « Tide Pod Challenge », qui avait mené à des comportements dangereux chez les jeunes. Le groupe Wagner cultive délibérément un public global disposé à payer pour du contenu de plus en plus graphique, créant des incitants écœurants pour le bain de sang uniques à l&rsquo;ère numérique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un défi pour l&rsquo;ordre juridique international</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette commercialisation de la violence expose les limites criantes de nos mécanismes de réponse. Contrairement aux groupes armés motivés par l&rsquo;idéologie, Wagner s&rsquo;engage dans des atrocités principalement pour des gains financiers, transformant ses chaînes Telegram en véritables armes psychologiques et sources de revenus multiples. L&rsquo;absence de responsabilité érode la confiance dans les institutions et crée une perception que les lois ne s&rsquo;appliquent qu&rsquo;aux impuissants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse de Freeman constitue un avertissement crucial sur l&rsquo;émergence d&rsquo;une violence qui exploite les failles de notre système juridique international. Elle révèle comment l&rsquo;impunité digitale et la normalisation en ligne créent des dynamiques inédites qui remettent en question nos capacités de réponse face aux crimes de guerre contemporains.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#CrimesDeGuerre #ImpunitéDigitale #GroupeWagner #ViolenceEnLigne #DroitInternational #ConflitsAfricains #JusticeInternationale</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/07/02/limpunite-digitale-des-crimes-de-guerre-war-crimes-for-fun-and-profit/">L’impunité digitale des crimes de guerre : « War Crimes for Fun and Profit »</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Il faut cesser de renvoyer des personnes originaires du Caucase du Nord vers la Russie</title>
		<link>https://en-avant.info/2024/01/18/il-faut-cesser-de-renvoyer-des-personnes-originaires-du-caucase-du-nord-vers-la-russie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jan 2024 05:36:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>uerre d’agression menée en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse publiée le 18 janvier 2024.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h1 class="wp-block-heading" id="articleHeader__title"></h1>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.amnesty.be/local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/0e/674610d0b20e84aa588b8c39ab2d67.jpg@.webp" alt="Un homme tient une banderole &quot;Stop aux déportations&quot; lors d'une manifestation."/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les États européens doivent immédiatement mettre un terme au&nbsp;<strong>transfert vers la Russie</strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>réfugié·e·s</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>demandeurs·euses d’asile</strong>&nbsp;du&nbsp;<strong>Caucase du Nord</strong>, car ils pourraient être exposés en&nbsp;<strong>Russie</strong>&nbsp;à des&nbsp;<strong>actes de torture</strong>&nbsp;et des&nbsp;<strong>mauvais traitements</strong>, et à l’obligation de participer à la guerre d’agression menée en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse publiée le 18 janvier 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intitulé&nbsp;<em><a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/europe_20240118_rapport.pdf">Europe&nbsp;: The point of no return</a></em>&nbsp;ce document relève que les autorités en Croatie, en France, en Allemagne, en Pologne et en Roumanie, entre autres, ont tenté ou tentent d’extrader ou d’expulser des demandeurs·euses d’asile ayant fui les persécutions dans le Caucase du Nord pour se réfugier dans des États européens, les privant ainsi du droit à une protection internationale. En raison de leur identité religieuse et ethnique – la majorité des habitants de la région sont musulmans et appartiennent aux ethnies tchétchène, daghestanaise et ingouche – des communautés entières sont qualifiées de «&nbsp;dangereux extrémistes&nbsp;» représentant une menace existentielle pour la sécurité nationale, ce qui justifierait leur retour dans une région où leurs droits sont fortement menacés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/russie-autorites-reveler-lieu-trouve-maxime-boutkevitch">Russie, Les autorités doivent révéler le lieu où se trouve Maxime Boutkevitch après sa disparition forcée</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Il est scandaleux de constater que plusieurs États européens, alors qu’ils affirment avoir gelé toute coopération judiciaire avec la Russie à la suite de son invasion massive de l’Ukraine, menacent de renvoyer des personnes ayant fui les persécutions dans le Caucase du Nord à l’endroit même où ces atteintes ont été commises. Les pays européens doivent reconnaître que la plupart de ces personnes risquent d’être arrêtées ou enlevées, torturées, maltraitées ou enrôlées de force à leur retour, a déclaré Nils Muiznieks, directeur pour l’Europe à Amnesty International.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La situation de ceux qui ont fui le Caucase du Nord s’est fortement délabrée en raison de la dégradation des normes relatives aux droits humains en Russie depuis l’invasion de l’Ukraine. Ils sont persécutés à coups de torture, de détention arbitraire et de disparition forcée, l’obligation de rendre des comptes étant inexistante là d’où ils viennent, et sont depuis longtemps stigmatisés et visés par des mesures d’expulsion ou d’extradition dans les États européens.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation des droits humains dans le Caucase du Nord est désastreuse, en particulier en Tchétchénie. Toute personne qui exprime des opinions critiques, milite en faveur des droits humains ou est perçue comme membre de la communauté LGBTI, risque d’être prise pour cible, tout comme ses amis et sa famille.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Les gens sont arrêtés en pleine rue, et vous avez deux options&nbsp;: aller en prison pendant 10 ans, ou partir combattre&nbsp;»</strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début de l’invasion massive de l’Ukraine, la situation des droits humains en Russie, déjà tendue, s’est nettement détériorée. Le risque d’actes de torture et de mauvais traitements, très répandus dans les lieux de détention avant l’invasion, a augmenté et, selon des informations crédibles, les minorités ethniques en Russie sont mobilisées de manière disproportionnée au sein des forces armées. Ceux qui refusent ou tentent d’échapper à la mobilisation s’exposent à de graves violations des droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un demandeur d’asile tchétchène a déclaré à Amnesty International&nbsp;: «&nbsp;Les gens sont arrêtés en pleine rue, et vous avez deux options&nbsp;: aller en prison pendant 10 ans, ou partir combattre. La prison en Tchétchénie&#8230; C’est comme si vous n’existiez plus. Mais au moins, vous avez une chance d’en sortir au bout de 10 ans. C’est sans doute mieux que d’être mobilisé, de se battre et de mourir.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le retrait de la Russie de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et la répression de toute surveillance indépendante des droits humains dans le pays accroissent le risque de violations de ces droits et privent les victimes d’un recours important pour demander des comptes aux responsables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ceux qui ont fui la situation désastreuse dans le Caucase du Nord, beaucoup risquent à présent d’être expulsés ou extradés depuis des pays européens, en violation du principe de non-refoulement. La menace des États de renvoyer des personnes en Russie s’inscrit dans un contexte de discrimination et de stigmatisation en Europe des personnes originaires du Caucase du Nord, qui sont pour la plupart musulmanes. Ce risque s’est renforcé depuis le bombardement de Gaza par Israël et les attaques de plus en plus violentes, les arrestations et les homicides en Cisjordanie, en riposte des terribles attaques du 7 octobre 2023 menées par le Hamas dans le sud d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’interdiction de renvoyer des personnes risquant d’être torturées ou maltraitées est absolue et ne souffre aucune exception, pas même pour des raisons de sécurité nationale. Le fondement juridique des transferts vers la Russie est souvent opaque ou fallacieux, s’appuyant sur des preuves secrètes fournies par les services de sécurité et des allégations infondées émanant de la Russie elle-même, notamment sous forme de «&nbsp;notices rouges&nbsp;» d’Interpol. La Russie instrumentalise ces notices pour cibler des opposant·e·s politiques, des dissident·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes et leurs proches ou associé·e·s. Certains États européens acceptent également des «&nbsp;assurances diplomatiques&nbsp;» contre la torture, non fiables par nature, de la part des autorités russes, pour justifier le renvoi de personnes originaires du Caucase du Nord. Venant de la Russie, où la torture est endémique et le système de justice pénale régulièrement détourné, ces «&nbsp;assurances&nbsp;» visent en fait à contourner l’obligation absolue qui incombe à un État de ne pas renvoyer une personne dans un endroit où elle risquerait de voir ses doits fondamentaux piétinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’expulsion depuis la France vers la Russie a considérablement augmenté après l’attentat d’Arras, le 13 octobre 2023, lorsqu’un homme originaire du Caucase du Nord a poignardé mortellement un enseignant. Dans les jours qui ont suivi, le président Emmanuel Macron a annoncé une approche «&nbsp;impitoyable&nbsp;» face à «&nbsp;l’extrémisme&nbsp;», avec «&nbsp;un suivi spécifique&nbsp;» des jeunes hommes âgés de 16 à 25 ans originaires du Caucase. Il a également autorisé son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à prendre contact avec les autorités russes au sujet d’éventuels transferts. L’expulsion de 11 personnes vers la Russie aurait alors été planifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France coopère depuis longtemps avec la Russie concernant l’expulsion de Tchétchènes soupçonnés d’être des «&nbsp;extrémistes&nbsp;». En février 2022, Daoud Mouradov, un jeune Tchétchène qui avait été expulsé vers la Russie par la France, alors qu’il était clairement établi qu’il risquait de subir actes de torture ou mauvais traitements, est mort en détention dans des circonstances suspectes. Les autorités françaises l’avaient expulsé, mais avaient également transmis à leurs homologues russes sa demande d’asile contenant des données personnelles sur ceux qui l’avaient aidé à fuir et sur des membres de sa famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France n’est pas le seul gouvernement européen disposé à procéder à des renvois en Russie en violation du principe de non-refoulement, principe qui interdit formellement de renvoyer des personnes vers des pays où elles risquent de subir de graves violations des droits humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Roumanie, les autorités nationales ont placé en détention la demandeuse d’asile tchétchène Amina Gerikhanova en mars 2022, au motif qu’elle représentait une menace présumée pour la sécurité nationale. Elle avait fui son domicile en Ukraine au lendemain de l’invasion russe en février 2022. Les garde-frontières roumains l’ont séparée de son jeune fils et l’ont placée en détention dans l’attente de son extradition vers la Russie sur la base d’une notice rouge d’Interpol déposée par ce pays. Son extradition a été stoppée grâce à un tollé général et à la mise en place de mesures provisoires par la Cour européenne des droits de l’homme. La Roumanie lui a finalement accordé l’asile.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Depuis plusieurs années, les gouvernements et les institutions d’Europe ignorent ou minimisent les risques graves encourus par toute personne renvoyée dans le Caucase du Nord. Ces risques se sont encore intensifiés, et il est inadmissible de se servir des tensions avivées au Moyen-Orient pour justifier le renvoi de demandeurs·euses d’asile&nbsp;»</strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Magomed Zoubagirov a fui les persécutions dans son Daghestan natal en 2017. Il s’est installé en Ukraine avec son épouse&nbsp;; en mars 2022, il a été contraint de fuir à nouveau au moment de l’invasion russe. Bien qu’il ait demandé l’asile à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine, les autorités polonaises lui ont refusé l’entrée sur le territoire, invoquant une notice rouge d’Interpol émanant de la Russie, et ont procédé à son expulsion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Depuis plusieurs années, les gouvernements et les institutions d’Europe ignorent ou minimisent les risques graves encourus par toute personne renvoyée dans le Caucase du Nord. Ces risques se sont encore intensifiés, et il est inadmissible de se servir des tensions avivées au Moyen-Orient pour justifier le renvoi de demandeurs·euses d’asile, a déclaré Nils Muiznieks.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voir aussi&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.amnesty.be/mot/federation-russie">Toutes nos infos sur la Russie</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les gouvernements européens doivent mettre fin à tous les transferts vers la Russie risquant de déboucher sur des actes de torture ou des violations des droits humains, et reconnaître que ces risques sont nettement plus élevés pour les personnes originaires du Caucase du Nord. Les besoins de protection des personnes en Europe doivent être évalués de manière équitable au regard de la situation médiocre des droits humains en Russie et de la guerre qui se poursuit en Ukraine.&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading">Documents joints</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong><a href="https://www.amnesty.be/IMG/pdf/europe_20240118_rapport.pdf">europe_20240118_rapport.pdf</a></strong>17 janvier &#8211; PDF &#8211; 772.8 kio</li>
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		<title>Alexeï Navalny porté disparu</title>
		<link>https://en-avant.info/2023/12/20/alexei-navalny-porte-disparu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Dec 2023 07:18:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prisonniers d'opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Navalny]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=62</guid>

					<description><![CDATA[<p>#AlexeïNavalny porté disparu</p>
<p>Le principal opposant russe a annoncé une campagne contre la réélection de Poutine avant de disparaître.<br />
Image de Alexeï NavalnyS'ouvre dans une nouvelle fenêtre<br />
fr.wikipedia.org<br />
Alexeï Navalny</p>
<p>La communauté internationale doit agir !</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Source: <a href="https://www.economist.com/europe/2023/12/14/alexei-navalny-russias-opposition-leader-is-missing-in-the-gulag">https://www.economist.com/europe/2023/12/14/alexei-navalny-russias-opposition-leader-is-missing-in-the-gulag</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-individus/reseau-actions-urgentes/article/inquietudes-lieu-trouve-alexei-navalny">https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-individus/reseau-actions-urgentes/article/inquietudes-lieu-trouve-alexei-navalny</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation autour d&rsquo;Alexeï Navalny est alarmante. En tant que principal leader de l&rsquo;opposition russe, il a annoncé le 7 décembre une campagne pour discréditer la réélection de Vladimir Poutine, peu avant de disparaître. Son message appelait à l&rsquo;action contre le pouvoir en place, prévoyant les élections présidentielles de mars 2024 comme un moment clé. Pour rappel, il a été condamné à 19 ans de prison sur la base de diverses accusations forgées de toutes pièces, (une peine qui pourrait être étendue à 30 ans en raison de nouvelles accusations de terrorisme).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 11 décembre, les responsables de la colonie pénitentiaire où il purgeait une peine injuste de 19 ans de prison ont informé ses avocats qu’il n’était plus officiellement inscrit dans cette colonie pénitentiaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est possible qu’il soit en transit vers une autre colonie pénitentiaire, ce qui peut durer des semaines sans qu’aucune information ne soit fournie aux proches du prisonnier. Ces transferts mettent quasi systématiquement en danger la santé et le bien-être des détenu·e·s, qui sont exposés à des mauvais traitements et à des actes de harcèlement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif de Navalny était de susciter le doute et la contestation quant à la légitimité du processus électoral. Cependant, sa disparition subite, sans localisation précise, soulève des préoccupations sérieuses quant à sa sécurité et à son bien-être. Les tribunaux russes ont suspendu les audiences auxquelles il devait comparaître jusqu&rsquo;à ce que sa localisation soit établie, laissant ses avocats et sa famille dans l&rsquo;angoisse et alimentant les spéculations sur son sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas seulement Navalny qui est en danger ; d&rsquo;autres prisonniers politiques, tels qu&rsquo;Alexei Gorinov, semblent également avoir disparu, ajoutant à l&rsquo;inquiétude générale quant au respect des droits de l&rsquo;homme et à la sécurité des opposants politiques en Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La disparition de Navalny intervient après une série d&rsquo;actions hostiles à l&rsquo;égard de ses avocats et de ses alliés. Les efforts pour le localiser au sein du système carcéral russe se poursuivent, alors que ses proches et ses soutiens s&rsquo;interrogent sur son sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation souligne les défis persistants auxquels sont confrontés les opposants politiques en Russie et suscite des préoccupations internationales concernant les droits de l&rsquo;homme et la sécurité des voix dissidentes.</p>



<p class="has-very-light-gray-to-cyan-bluish-gray-gradient-background has-background wp-block-paragraph"><strong>Pour agir concrètement:</strong> <a href="https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-individus/reseau-actions-urgentes/article/inquietudes-lieu-trouve-alexei-navalny">https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-individus/reseau-actions-urgentes/article/inquietudes-lieu-trouve-alexei-navalny</a></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2023/12/20/alexei-navalny-porte-disparu/">Alexeï Navalny porté disparu</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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