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	<title>Droitshumains - En avant</title>
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	<description>Les droits humains devant</description>
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	<title>Droitshumains - En avant</title>
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		<title>La diplomatie du caramel mou</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/10/14/la-diplomatie-du-caramel-mou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 15:48:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Inde, Rwanda, Kazakhstan, bourses gazaouies : la Belgique troque ses principes contre des intérêts commerciaux. Éditorial de la newsletter « Des nouvelles d’En Avant ».</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Éditorial, « Des nouvelles d’En Avant »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où la Belgique était très active dans la promotion des droits humains et dans la construction d’instruments de protection du droit international, même si cela créait des tensions avec certains pays influents. Elle avait compris qu’un petit pays se fait entendre par la constance de ses principes plus que par le poids de son économie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de reconnaître cet héritage aujourd’hui. À sa place s’installe une diplomatie du caramel mou : sucrée, collante, et qui prend la forme de n’importe quel intérêt commercial qui passe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Inde, « plus grande démocratie du monde »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bart De Wever salue l’Inde comme la « plus grande démocratie du monde ». La formule est commode : elle compte 1,4 milliard d’électeurs et un marché immense. Elle ne dit rien de la démocratie qu’on y vit. Sous un pouvoir qui s’est installé pour un troisième mandat, l’Inde se classe 157e sur 180 au classement de Reporters sans frontières. Plus de 22 000 ONG ont perdu leur licence de financement étranger. Des défenseurs des droits humains et des journalistes croupissent en détention préventive au titre de lois antiterroristes aux contours volontairement flous. Et la Commission nationale des droits de l’homme indienne a vu son statut recommandé à la rétrogradation par l’alliance mondiale des institutions nationales. On peut commercer avec l’Inde, il le faut sans doute. On peut aussi le faire sans la parer de vertus qu’elle n’a pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Kigali, ou la mémoire courte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 septembre, à New York, Maxime Prévot a renoué les relations diplomatiques avec le Rwanda. Il assure que c’est « sans concessions ». Mais quelques mois plus tôt, la Belgique avait fait voter des sanctions européennes contre ceux qui soutiennent le M23, et rompu avec Kigali. Entre-temps, rien n’a changé sur le terrain : les mines de Rubaya et de Lomera restent aux mains de la rébellion et de ses parrains, et le coltan congolais transite toujours par le Rwanda. Amnesty International a documenté des mineurs battus à mort, des cachots souterrains, du travail forcé. On nous explique que le dialogue permettra d’infléchir Kigali. C’est un pari. Mais un pari où la Belgique remet le premier jeton sur la table avant d’avoir reçu quoi que ce soit en échange, et pendant que l’Union européenne maintient son protocole d’accord sur les matières premières avec le Rwanda, cela ressemble moins à de la stratégie qu’à une lassitude.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tapis rouge et le carnet de commandes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ajoutons la visite officielle du Roi et de la Reine au Kazakhstan, régime autoritaire mais riche en ressources et en contrats. Ajoutons la volonté affichée de lever les limites aux ventes d’armes, ces garde-fous que des décennies de débats, parfois douloureux, avaient fini par imposer. Chacun de ces gestes, pris isolément, a son explication. Mis bout à bout, ils dessinent une ligne : les intérêts économiques d’abord, les principes quand ils ne coûtent rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Treize bourses, zéro visa</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et même quand ils ne coûtent presque rien, on les marchande. Treize étudiants et chercheurs gazaouis, titulaires d’une bourse d’universités belges, ne viendront pas étudier chez nous. Non pour une raison de sécurité ou de droit, mais parce que leur dossier est devenu une monnaie d’échange au sein de la coalition, liée à des expulsions et à la question des hubs de retour, puis bloquée par une nouvelle querelle entre partenaires. Basse politique, au sens le plus littéral. La majorité des recteurs et rectrices ont dit leur malaise, et le Conseil étudiant de l’UNamur, rejoignant la position de sa rectrice Annick Castiaux, s’est dit consterné. Quand recteurs, rectrices et étudiants s’expriment ainsi, c’est que quelque chose a dépassé la mesure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que valent les principes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La crédibilité d’un petit pays se construit sur ce qu’il refuse et promeut, en termes de droits fondamentaux, autant que sur ce qu’il vend. Une Belgique qui n’a plus que des intérêts à défendre perd, au final, sur les deux tableaux : elle n’est plus entendue quand elle parle droit, et elle n’est plus respectée quand elle négocie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le caramel mou a un avantage : il se laisse mouler. Son inconvénient, c’est qu’il ne tient debout nulle part.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Dans la même newsletter</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cet éditorial ouvre le dernier numéro de « Des nouvelles d’En Avant ». Voici les articles qui l’accompagnent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://en-avant.info/2026/10/12/prison-humiliation-politique-par-defaut/">Prison : l’humiliation comme politique par défaut</a></strong><br>Plus de quarante voix, un même constat : la surpopulation abîme la dignité de toutes et tous. Le Conseil central de surveillance pénitentiaire publie un recueil dont les avis restent sans suite. Jusqu’où collaborer à un système qui n’écoute pas ses propres rapports ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://en-avant.info/2026/10/11/futurs-federer-pour-resister/">FUTURS : fédérer pour résister</a></strong><br>Né le 28 mai 2026, le collectif FUTURS veut rassembler la société civile face à la banalisation de l’extrême droite. Sa plateforme de vigilance démocratique fait de la vigilance une affaire collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://en-avant.info/2026/10/11/un-seul-choix-solidarite-internationale/">Solidarité internationale : le choix de l’humanité</a></strong><br>La campagne « Un seul choix » du CNCD-11.11.11 rappelle que la coopération internationale est un choix de société. Une étude d’ODI Global y ajoute un argument économique : un renfort, pas un fondement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://en-avant.info/2026/10/06/krugman-cheatistocratie-impunite-fiscale/">L’impunité fiscale comme choix politique : la « cheatistocratie » selon Paul Krugman</a></strong><br>Des audits en chute libre, des plus riches de moins en moins inquiétés. Paul Krugman parle de « cheatistocratie » : aux États-Unis, l’impunité fiscale est devenue un choix politique. Les chiffres sont américains. La question, elle, nous concerne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://en-avant.info/2026/10/01/maroc-surveillance-amnesty-lanceur-alerte/">Maroc : une machine à surveiller, et ses fournisseurs</a></strong><br>Logiciels espions, micros cachés, téléphones piégés. Un ancien agent du renseignement marocain témoigne auprès d’Amnesty International. Les outils viennent d’entreprises israéliennes, européennes et américaines : la machine à surveiller a des fournisseurs.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Belgique #Diplomatie #Rwanda #Inde</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/14/la-diplomatie-du-caramel-mou/">La diplomatie du caramel mou</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Prison : l&#8217;humiliation comme politique par défaut</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/10/12/prison-humiliation-politique-par-defaut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Prisons]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Détention]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil central de surveillance pénitentiaire publie un recueil de plus de quarante témoignages sur ce que la surpopulation fait à la dignité. Une recension, et une question : jusqu'où collaborer à un système qui n'écoute pas ses propres rapports ?</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/12/prison-humiliation-politique-par-defaut/">Prison : l’humiliation comme politique par défaut</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP) publie <a href="https://ccsp.belgium.be/wp-content/uploads/2026/09/La-prison-humiliante-De-gevangenis-die-vernedert.pdf">La prison humiliante</a>, un recueil de plus de quarante témoignages, en français et en néerlandais, sur ce que la surpopulation fait à la dignité. Personnes détenues, soignant·e·s, avocat·e·s, directeur·rice·s et proches décrivent, chacun·e depuis sa place, le même effritement. Sera-t-il entendu par celles et ceux qui décident&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet est né de l&rsquo;initiative d&rsquo;un acteur du monde pénitentiaire, le CCSP n&rsquo;en assurant que la coordination. Les textes n&rsquo;engagent donc ni leurs auteur·rice·s collectivement, ni le Conseil. Il faut le dire d&#8217;emblée&nbsp;: ce livre rassemble des voix, il ne formule pas de position commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces voix partent d&rsquo;un constat chiffré. À la publication, 13&nbsp;543 personnes sont détenues pour 11&nbsp;064 places opérationnelles, soit 22,4&nbsp;% de surpopulation, avec 486 matelas posés au sol. Le record de 13&nbsp;676 détenu·e·s date du 15 décembre 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des chiffres sans odeur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le recueil se méfie pourtant de ces nombres. Avocat, Nicolas Cohen ouvre son texte sur un journal d&rsquo;information qui égrène les statistiques de la surpopulation, puis s&rsquo;éteint. Son verdict tient en deux phrases.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Comme l&rsquo;argent, ça n&rsquo;a pas d&rsquo;odeur. Contrairement à l&rsquo;argent, c&rsquo;est inépuisable et sans valeur.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les contributions rendent cette odeur. Deux intervenant·e·s de services extérieurs, Assma Bousaâdi et Mathilde Bruyer, racontent des personnes qui portent les mêmes vêtements depuis des mois, sans savon ni papier toilette, malgré leurs demandes. Elles décrivent aussi des droits et des traitements expliqués dans une langue que personne ne comprend, et des courriers qui restent sans réponse. L&rsquo;humiliation se loge là, disent-elles, dans les gestes du quotidien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une humiliation qui gagne tout le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ne s&rsquo;arrête pas à la porte des cellules. Tahar Elhamdaoui, qui a connu vingt-six mois de détention préventive et travaille aujourd&rsquo;hui à la réinsertion de personnes détenues, parle d&rsquo;une humiliation devenue collective&nbsp;: elle atteint la personne détenue qui ne se sent plus reconnue, mais aussi le surveillant, la soignante ou l&rsquo;enseignant empêchés d&rsquo;exercer leur métier. Mathilde Steenbergen décrit, en néerlandais, ces agent·e·s réduit·e·s à répéter chaque jour&nbsp;: je sais que tu es traité de façon inhumaine, mais comporte-toi bien. Marc Nève, président du CCSP, ajoute à la liste les travailleur·euse·s sociaux·ales, les visiteur·euse·s bénévoles et les membres des commissions de surveillance, pendant que les avis du Conseil restent sans suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elhamdaoui rappelle surtout ce que la logique punitive oublie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La prison est une sanction décidée par la justice. Elle prive de liberté. Mais elle ne devrait jamais priver d&rsquo;humanité.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La majorité des personnes détenues retrouveront un jour leur place dans la société. La question est donc de savoir dans quel état elles sortiront&nbsp;: plus elles ont été humiliées, observe-t-il, plus elles risquent de revenir avec de la colère, de la défiance, un sentiment d&rsquo;exclusion. Mathilde Steenbergen va plus loin. Selon elle, des conditions structurellement humiliantes rendent la réinsertion presque impossible, nourrissent des taux de récidive élevés et ne font pas progresser la sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un choix qui ne dit pas son nom</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le 25 novembre 2014, la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme condamnait la Belgique pour traitement dégradant (arrêt Vasilescu) et jugeait structurels les problèmes de surpopulation et de vétusté. D&rsquo;autres condamnations ont suivi, rappelle Marc Nève, ainsi que huit réunions du Comité des ministres du Conseil de l&rsquo;Europe et neuf plans d&rsquo;action ministériels. La politique pénitentiaire, écrit-il pourtant, n&rsquo;a cessé de se dégrader.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;avocate Delphine Paci chiffre le prix de cette inertie&nbsp;: les astreintes dues par l&rsquo;État pour non-respect des arrêts de justice dépassent 300 millions d&rsquo;euros. Elle ajoute une phrase qui touche à notre question initiale.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Dans aucun autre domaine, la parole des experts n&rsquo;aura été aussi peu écoutée.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une nuance, que l&rsquo;honnêteté impose de dire. Le recueil ne parle pas d&rsquo;une seule voix sur l&rsquo;intention. Dan Kaminski écrit que personne ne veut la surpopulation, quand Nicolas Cohen y voit le fruit d&rsquo;une soif de répression. Entre les deux, un fait demeure&nbsp;: laisser durer plus de dix ans une situation condamnée par la Cour européenne ressemble fort à un choix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jusqu&rsquo;où collaborer&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Delphine Paci dit sa honte de participer à ce système. La question traverse le livre sans y être posée en ces termes, et le recueil ne la tranche pas, il n&rsquo;en a pas la mission. Je la connais bien&nbsp;: membre d&rsquo;une commission de surveillance, je partage ce sentiment de collaborer à un système qui, au bout du compte, ne tient pas compte des rapports que nous publions. La même avocate indique pourtant une piste&nbsp;: criminologues et juristes plaident depuis longtemps pour une désinflation de la population carcérale, donc moins d&rsquo;entrées plutôt que davantage de places. Le nouveau Code pénal fait d&rsquo;ailleurs de l&#8217;emprisonnement un ultime recours (article 27). Que vaut un ultime recours devenu premier réflexe&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n&rsquo;indique que ces voix atteindront celles et ceux qui décident. La prison reste pensée comme une punition, rarement comme un chemin de retour, et la facture se paiera à la sortie, en colère et en défiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui paiera, et quand&nbsp;?</p>



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<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;humiliation des droits, selon Dan Kaminski</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Professeur retraité de l&rsquo;École de criminologie de l&rsquo;UCLouvain, Dan Kaminski distingue dans son texte trois versions de l&rsquo;humiliation carcérale, dont les deux premières servent de paravent à la troisième.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La version théorique est celle de la morale pénale. Elle voit dans l&rsquo;humiliation un moyen de ramener le détenu dans les limites oubliées de son humilité&nbsp;: face à l&rsquo;orgueil démesuré du crime (l&rsquo;hubris, au sens grec), une humiliation pénale dosée en proportion. Kaminski observe qu&rsquo;on soupçonne volontiers de comédie le repentir de celui qui s&rsquo;y plie, comme si l&rsquo;on croyait peu au pouvoir de ce que l&rsquo;on inflige. Il l&rsquo;illustre avec <em>Les évadés</em>, le film de Frank Darabont, où le héros ne sort qu&rsquo;en cessant de jouer l&rsquo;humilité devant la commission de libération conditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La version cynique attribue l&rsquo;humiliation au sadisme de quelque directeur, surveillant ou codétenu. Cinéma et littérature en regorgent, de préférence avec des détenus innocents, pour que le mal soit sans excuse. Ce récit rassure&nbsp;: la prison est dure, certes, mais les abus viendraient de quelques pommes pourries qu&rsquo;il suffirait d&rsquo;écarter. Kaminski rapproche cette logique de celle des tueries de masse aux États-Unis, où l&rsquo;on désigne l&rsquo;usage des armes par des criminels ou des fous, jamais leur libre disposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La version nue est la sienne. L&rsquo;humiliation est «&nbsp;dans le programme et dans les murs&nbsp;»&nbsp;: une vie carcérale est par définition une vie dégradée, sans qu&rsquo;aucune intention soit nécessaire. Il la nomme l&rsquo;humiliation des droits, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;atteinte banale et généralisée aux droits à la vie, à la liberté, à la sécurité et à la dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la surpopulation, qu&rsquo;il appelle la «&nbsp;canicule permanente de la prison&nbsp;». Elle n&rsquo;est selon lui ni soutenue en théorie ni voulue par quiconque, même si Françoise Tulkens suggère qu&rsquo;elle est fonctionnelle, puisqu&rsquo;elle privilégie la réponse à l&rsquo;urgence sur les missions de base. Une réduction drastique des entrées la ferait disparaître et les conditions de vie s&rsquo;amélioreraient. L&#8217;emprisonnement n&rsquo;en cesserait pas pour autant d&rsquo;humilier les droits fondamentaux. Rassurés par les bonnes raisons de punir, révoltés par les abus de quelques individus, inquiets des chiffres, nous restons aveugles à cette humiliation, et cet aveuglement, conclut-il, n&rsquo;est ni théorique ni cynique&nbsp;: il est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La position de Kaminski est radicale, mais on se doit de la suivre&nbsp;: supprimer la surpopulation ne suffirait pas à faire disparaître l&rsquo;humiliation. Mais commençons quand même par là.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Prisons #SurpopulationCarcérale #Réinsertion #Belgique</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/12/prison-humiliation-politique-par-defaut/">Prison : l’humiliation comme politique par défaut</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>FUTURS : fédérer pour résister</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/10/11/futurs-federer-pour-resister/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 17:57:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême droite]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Né le 28 mai 2026, le collectif FUTURS présente sa plateforme de vigilance démocratique : fédérer la société civile face à la banalisation de l'extrême droite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://futurs.be">FUTURS</a>, collectif belge francophone né le 28 mai 2026 d&rsquo;un appel à la création d&rsquo;une plateforme de vigilance démocratique, rassemble universitaires, artistes, syndicalistes, juristes, journalistes et associations. Son point de départ est un refus&nbsp;: celui de banaliser les thèmes de l&rsquo;extrême droite et la contamination antidémocratique qui l&rsquo;accompagne. Son pari tient en un verbe, fédérer.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À bas bruit, constate l&rsquo;appel, des pensées, des discours et des actes s&rsquo;écartent des valeurs de nos démocraties. La justice, les universités, la presse et la culture deviennent des lieux à contrôler. Pas à pas, au gré des discours populistes, l&rsquo;impensable devient pensable et l&rsquo;inacceptable devient acceptable. FUTURS observe ces mutations aux États-Unis et juge nos pays perméables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;appel a été lancé par Bernard Foccroulle, Thierry Michel, Christine Pireaux et Ricardo Gutierrez. Plusieurs dizaines de personnalités de tous horizons y ont répondu. Le collectif se définit comme un espace libre, pluraliste et indépendant, au service des mobilisations de la société civile, et refuse d&rsquo;être une association de plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un danger sans frontières sectorielles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Premier argument de l&rsquo;appel&nbsp;: la transversalité. Les attaques ne visent pas un secteur à la fois, elles touchent simultanément toute la société civile. Une riposte uniquement sectorielle serait donc vouée à l&rsquo;échec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;appel passe en revue huit terrains. Pour la presse, il cite 57 journalistes tués dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions en Europe depuis 2015, et 143 aujourd&rsquo;hui emprisonnés, «&nbsp;et pas seulement en Ukraine&nbsp;». Pour la justice, il dénonce le non-respect des décisions des institutions qui disent le droit, des attaques contre son indépendance et des moyens insuffisants. En matière migratoire, il relève des visites domiciliaires, le démantèlement de structures d&rsquo;accueil et la non-application persistante de décisions de justice, en renvoyant à un rapport de la Commission européenne. À l&rsquo;école et à l&rsquo;université, il pointe la hausse du minerval, des critères de bourses plus durs, notamment en Flandre, et une priorité donnée à la réussite rapide sur la compréhension. Pour la culture, il décrit une guerre culturelle menée par l&rsquo;extrême droite et ses relais, qui vise l&rsquo;édition, les médias et la culture comme vecteur d&rsquo;esprit critique. Pour les universités, il dénonce le dénigrement de la recherche et la délégitimation des sciences sociales. La protection sociale et l&rsquo;écologie complètent le tableau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment défendre la presse quand la justice qui la protège s&rsquo;affaiblit&nbsp;? Comment défendre l&rsquo;école quand la précarité chasse les étudiant·e·s des amphithéâtres&nbsp;? Prises une à une, ces questions trouvent des réponses partielles. Posées ensemble, elles obligent à regarder le mouvement d&rsquo;ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fédérer plutôt que multiplier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie, écrivent les initiateur·rice·s, «&nbsp;ne meurt pas d&rsquo;un coup de force mais de renoncements répétés&nbsp;». Seule une vigilance organisée, durable, enracinée dans les luttes sociales et l&rsquo;action des personnes de terrain pourrait, selon eux, inverser le cours des choses et remettre au centre les droits humains tels qu&rsquo;énoncés dans les conventions internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom de la plateforme joue sur le pluriel. Il s&rsquo;agit de désamorcer le sentiment paralysant de «&nbsp;no future&nbsp;» au profit d&rsquo;un réveil des futurs, avec tout ce que ce pluriel induit de possibilités réfléchies et solidaires, imaginatives et créatives. Le collectif annonce d&rsquo;ailleurs que d&rsquo;autres domaines viendront compléter les premières thématiques, notamment les atteintes aux droits des femmes et le rejet des minorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Six pistes pour agir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">FUTURS organisera des événements qui mêlent sensibilisation aux enjeux démocratiques, débats et actions ciblées. Il veut élargir la plateforme à un maximum de citoyen·ne·s, chacun·e devenant un relais vers une rédaction, une scène, un prétoire, un amphithéâtre ou une section syndicale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif ambitionne aussi de devenir force de propositions face aux difficultés identifiées, qu&rsquo;elles touchent au climat, au social ou à la culture. Il produira des analyses sur les influences de l&rsquo;extrême droite dans la vie du pays et renverra vers des analyses extérieures. Il tisse enfin des passerelles avec des initiatives démocratiques similaires, en Belgique et en Europe, pour les promouvoir et, au besoin, les fédérer, et il donne écho aux initiatives citoyennes et aux nouveaux récits porteurs d&rsquo;espoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Chacun·e, un relais</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;appel fait de chaque lecteur·rice un maillon possible. Il demande peu de ce qui coûte beaucoup&nbsp;: parler de ces enjeux autour de soi, dans sa rédaction, sa section syndicale, son atelier, son amphithéâtre. La démarche se suit sur <a href="https://futurs.be">futurs.be</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une plateforme ne remplace ni une rédaction, ni un syndicat, ni une association. Elle peut les relier, si chacun·e s&rsquo;en saisit. Le diagnostic est posé, l&rsquo;action s&rsquo;organise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui relaiera l&rsquo;appel&nbsp;?</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Démocratie #SociétéCivile #Vigilance #FUTURS</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/11/futurs-federer-pour-resister/">FUTURS : fédérer pour résister</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Solidarité internationale : le choix de l&#8217;humanité</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/10/11/un-seul-choix-solidarite-internationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 14:36:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Enviornnement]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1109</guid>

					<description><![CDATA[<p>La campagne « Un seul choix » du CNCD-11.11.11 rappelle que la coopération internationale est un choix de société, alors que la Belgique coupe 25 % de son budget. Une étude d'ODI Global ajoute un argument économique, qui reste un renfort.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chaque euro d&rsquo;aide européenne à l&rsquo;Afrique est associé à 6,80 euros d&rsquo;exportations européennes supplémentaires, selon une étude d&rsquo;<a href="https://odi.org/en/media-centre/every-1-of-eu-development-spending-in-africa-linked-to-680-in-european-exports-new-study-shows/">ODI Global</a> commandée par le réseau rani. Le chiffre est utile, mais il vient après l&rsquo;essentiel, que rappelle la campagne « Un seul choix » du CNCD-11.11.11 : investir dans la solidarité internationale, c&rsquo;est faire le choix de l&rsquo;humanité. Or le gouvernement belge a décidé de couper 25 % du budget de la coopération.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que la solidarité rend possible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ouvrir l&rsquo;école aux enfants d&rsquo;Afrique centrale. Permettre à des enfants de naître sans le VIH en Afrique du Sud. Sécuriser les accouchements au Sahel. Appuyer les familles paysannes d&rsquo;Asie pour une agriculture durable. Défendre les droits de celles et ceux qui produisent nos vêtements. Soutenir les personnes qui défendent la démocratie et l&rsquo;environnement sous la menace de pouvoirs autoritaires. Apporter une aide humanitaire d&rsquo;urgence. Le CNCD-11.11.11, coupole de plus de 70 ONG de développement de Belgique francophone et germanophone, décrit ainsi ce que permet chaque jour la coopération internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses chiffres disent l&rsquo;ampleur du résultat. L&rsquo;extrême pauvreté dans le monde a été réduite de moitié en vingt ans, la mortalité infantile divisée par deux depuis 2000, et 327 millions d&rsquo;enfants supplémentaires ont rejoint l&rsquo;école depuis cette date. La coopération internationale y a largement contribué : elle change des vies par millions, et elle soutient la société entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des acquis en danger</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, l&rsquo;aide mondiale au développement a été réduite de près d&rsquo;un quart, la chute la plus importante jamais enregistrée, selon la campagne. L&rsquo;<a href="https://www.oecd.org/fr/about/news/press-releases/2026/04/international-aid-fell-sharply-in-2025-says-oecd.html">OCDE</a> a elle aussi fait état, en avril 2026, d&rsquo;un net recul de l&rsquo;aide internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, le gouvernement a décidé de couper 25 % du budget de la coopération au développement, ce qui contribue à l&rsquo;affaiblissement mondial de la solidarité. D&rsquo;après une étude publiée en février 2026 dans The Lancet Global Health, ces coupes d&rsquo;aide pourraient causer jusqu&rsquo;à 22 millions de décès supplémentaires d&rsquo;ici 2030.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur n&rsquo;a pas attendu pour réagir. Lors de la formation du gouvernement fédéral, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant la Tour des Finances, à Bruxelles, pour refuser toute coupe et défendre la coopération comme compétence fédérale, selon <a href="https://bx1.be/?p=716024">BX1</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un choix de société</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le CNCD-11.11.11, la coopération internationale est un choix de société : la coopération plutôt que le chacun pour soi, la solidarité plutôt que la loi du plus fort, l&rsquo;ouverture plutôt que le repli, des ponts plutôt que des murs. Elle investit dans une prospérité partagée et dans la stabilité, elle prévient les crises, les pandémies et les conflits, elle prépare un futur plus juste et plus sûr pour toutes et tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La campagne demande donc au gouvernement belge de mettre un terme aux coupes et d&rsquo;adopter un plan de croissance menant à l&rsquo;objectif international de 0,7 % du revenu national brut, réaffirmé par l&rsquo;<a href="https://www.unseulchoix.be/etude-point-sud-objectifs-developpement-durable">Agenda 2030</a> des Nations Unies. Pour que chaque enfant aille à l&rsquo;école, pour que chaque femme accouche en sécurité, pour que nous puissions toutes et tous vivre sur une planète vivante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;étude de rani ajoute</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Publiée le 18 septembre 2026, l&rsquo;étude d&rsquo;ODI Global apporte un argument d&rsquo;une autre nature. Sur la période 2005-2024, les exportations européennes vers les pays africains sont plus élevées là où l&rsquo;aide des institutions européennes l&rsquo;est aussi : 6,80 euros par euro d&rsquo;aide, dont 5,05 en biens et 1,78 en services. Pour la Belgique, le chiffre atteint 15,42 euros, contre 4,50 pour l&rsquo;Allemagne et 7,36 pour la France. L&rsquo;aide commune étant attribuée à chaque pays selon sa part du budget européen, ces écarts invitent à la prudence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre enseignement : l&rsquo;aide mise en commun par les institutions européennes est associée à des gains d&rsquo;exportation plus élevés que la même somme dépensée séparément par chaque État. Elle porte sur toute la coopération, y compris la santé, l&rsquo;éducation et la gouvernance, et pas seulement sur les projets commerciaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteur·rice·s précisent que ces montants sont des associations illustratives, pas des rendements budgétaires. Ils n&rsquo;établissent pas de causalité, et le travail a été commandé par un réseau de plaidoyer. L&rsquo;étude souligne aussi que les bénéfices commerciaux sont la conséquence d&rsquo;un développement réussi, jamais une raison d&rsquo;y attacher des conditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une coupe de 25 %, ces données offrent un renfort bienvenu : l&rsquo;Europe, et la Belgique en particulier, ne s&rsquo;appauvrit pas en aidant. Elles ne sont toutefois pas le fondement. Un ministre des Finances peut se laisser convaincre par un taux de retour. Le choix de l&rsquo;humanité, lui, n&rsquo;en a pas besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel choix ferons-nous ?</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">« Un seul choix » : la campagne du CNCD-11.11.11</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Active depuis 1966, la coupole des ONG de développement interpelle les responsables politiques, mobilise la population et finance, par l&rsquo;Opération 11.11.11, des programmes menés avec des partenaires du Sud. Son argumentaire complet est en ligne sur <a href="https://www.unseulchoix.be">unseulchoix.be</a>. La demande est claire : mettre fin aux coupes et reprendre la route des 0,7 %.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #SolidaritéInternationale #CoopérationAuDéveloppement #UnSeulChoix #Belgique</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources</strong> : <a href="https://www.unseulchoix.be">CNCD-11.11.11, campagne « Un seul choix »</a> ; rani et ODI Global, « EU Development Cooperation Delivers for Both Partners », 18 septembre 2026 (<a href="https://odi.org/en/media-centre/every-1-of-eu-development-spending-in-africa-linked-to-680-in-european-exports-new-study-shows/">communiqué ODI</a>) ; <a href="https://www.oecd.org/fr/about/news/press-releases/2026/04/international-aid-fell-sharply-in-2025-says-oecd.html">OCDE, communiqué d&rsquo;avril 2026</a> ; <a href="https://bx1.be/?p=716024">BX1, mobilisation du secteur contre les coupes</a>.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/11/un-seul-choix-solidarite-internationale/">Solidarité internationale : le choix de l’humanité</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>L&#8217;impunité fiscale comme choix politique : la « cheatistocratie » selon Paul Krugman</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/10/06/krugman-cheatistocratie-impunite-fiscale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 10:13:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1106</guid>

					<description><![CDATA[<p>Paul Krugman décrit une « cheatistocratie » : aux États-Unis, l'impunité fiscale des plus riches est devenue un choix politique, avec des audits en chute libre.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/06/krugman-cheatistocratie-impunite-fiscale/">L’impunité fiscale comme choix politique : la « cheatistocratie » selon Paul Krugman</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est devenu courant de décrire l&rsquo;Amérique de Donald Trump comme une « kakistocratie », le pouvoir des pires. Dans un commentaire daté du 31 août 2026, l&rsquo;économiste Paul Krugman ajoute un terme : la « cheatistocratie », le pouvoir des tricheur·euse·s. Son point de départ est l&rsquo;évasion fiscale des plus riches, que les politiques publiques ont cessé de combattre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte est la transcription d&rsquo;un commentaire vidéo, <a href="https://paulkrugman.substack.com/p/from-kakistocracy-to-cheatistocracy">« From Kakistocracy to Cheatistocracy »</a>, publié sur sa page Substack. Il prolonge un texte de la veille consacré au rôle de la fraude fiscale dans la dérive oligarchique. La thèse dépasse la technique fiscale, puisqu&rsquo;elle touche à la confiance dans les règles communes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce n&rsquo;est pas la main invisible</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Krugman commence par raconter son propre cheminement. Économiste, il était porté à expliquer les inégalités par les forces du marché et par une technologie qui favorise les qualifications élevées. Mais en s&rsquo;intéressant à la poignée de personnes qui concentrent aujourd&rsquo;hui des fortunes colossales, il dit avoir été « forcé par les chiffres » de changer de lecture. Le facteur décisif serait la politique, et d&rsquo;abord la politique fiscale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son raisonnement est simple. Les États-Unis ont cessé d&rsquo;imposer des taux progressifs capables de freiner les grandes fortunes, et celles-ci se sont mises à grossir. Elles achètent ensuite du pouvoir politique, qui leur permet de grossir encore. Il rappelle que le Gilded Age s&rsquo;était refermé en grande partie parce que l&rsquo;« argent organisé », pour reprendre l&rsquo;expression de Franklin Roosevelt, avait été fortement taxé. Les taux sur les bénéfices et sur les très hauts revenus sont aujourd&rsquo;hui bien inférieurs à ceux des années 1950.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des contrôles qui s&rsquo;évaporent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des taux officiels, Krugman s&rsquo;attarde sur l&rsquo;impôt dû mais jamais perçu. Il évalue cet écart à plus de 600 milliards de dollars par an, soit quelque 40 % du déficit fédéral, voire davantage. Ce manque à gagner profiterait surtout aux plus fortuné·e·s, qui ont des revenus complexes, des sociétés-écrans et des comptes à l&rsquo;étranger. Auditer un·e millionnaire coûte beaucoup plus cher que contrôler un·e salarié·e.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s&rsquo;appuie sur les données du fisc américain (IRS). En 2011, plus de 7 % des déclarations dépassant un million de dollars étaient auditées. En 2019, la proportion était tombée à 0,7 %. Il l&rsquo;explique par des coupes budgétaires d&rsquo;au moins 25 à 30 % en termes réels et par une baisse d&rsquo;environ 40 % des effectifs chargés du contrôle. Faute de moyens, l&rsquo;administration a renoncé aux dossiers les plus coûteux, donc aux plus riches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;administration Biden avait commencé à inverser la tendance, mais ce chantier n&rsquo;en était qu&rsquo;à ses débuts. Selon Krugman, la grande loi budgétaire de Donald Trump a de nouveau amputé les moyens de contrôle, au point de faire pire qu&rsquo;avant la réforme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer l&rsquo;ampleur du manque, il propose trois comparaisons. La somme perdue chaque année équivaut à peu près au budget entier de Medicaid, le programme public d&rsquo;assurance santé des personnes à faibles revenus. Elle représente environ six fois ce que les États-Unis consacrent aux bons d&rsquo;alimentation, et quinze fois ce qu&rsquo;Elon Musk a fait économiser en démantelant l&rsquo;agence d&rsquo;aide au développement USAID, une décision qui, selon Krugman, a coûté la vie à des millions de personnes en Afrique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une préférence pour les tricheur·euse·s</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus troublant, selon lui, n&rsquo;est pas que le système avantage les riches. C&rsquo;est qu&rsquo;il avantage les moins honnêtes d&rsquo;entre elles et eux. Un·e milliardaire qui paie ce qu&rsquo;il ou elle doit se trouve désavantagé·e face aux concurrent·e·s qui trichent. Krugman y voit une « préférence positive » de la majorité actuelle pour les fraudeur·euse·s, et il nuance : tous les milliardaires ne trichent pas, certain·e·s par morale, d&rsquo;autres par souci de réputation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il avance une hypothèse, qu&rsquo;il présente lui-même comme de la spéculation. Donald Trump supposerait que personne n&rsquo;a de bons motifs, et se méfierait donc de quiconque paraît respecter les règles. L&rsquo;explication reste fragile, et elle ne remplace pas une analyse des rapports de force.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cohésion qui s&rsquo;effrite</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Krugman rappelle que l&rsquo;opinion américaine continue de penser que chacun·e doit payer ses impôts. Le pays ne glorifie pas la fraude, mais il la récompense dans les faits. Pour lui, la décomposition morale qui en résulte est pire que les chiffres : elle ronge la cohésion sociale et l&rsquo;image que la nation a d&rsquo;elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres cités sont américains. Mais la question qu&rsquo;ils posent a une portée universelle. Quand les contrôles s&rsquo;étiolent, l&rsquo;égalité devant la loi s&rsquo;étiole avec eux. Et ce qui n&rsquo;est pas perçu sur les grandes fortunes, ce sont aussi des moyens en moins pour la santé, l&rsquo;éducation et l&rsquo;accueil des plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste à savoir si nos propres administrations ont les moyens de regarder en face celles et ceux qui échappent à la règle commune. La question demeure.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #JusticeFiscale #Oligarchie #Démocratie #ÉtatsUnis</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/06/krugman-cheatistocratie-impunite-fiscale/">L’impunité fiscale comme choix politique : la « cheatistocratie » selon Paul Krugman</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Maroc : une machine à surveiller, et ses fournisseurs</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/10/01/maroc-surveillance-amnesty-lanceur-alerte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 09:04:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[surveillance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1103</guid>

					<description><![CDATA[<p>Amnesty International publie le témoignage d'un ancien agent du renseignement marocain : logiciels espions, micros cachés, téléphones piégés. Les outils viennent d'entreprises israéliennes, européennes et américaines.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/01/maroc-surveillance-amnesty-lanceur-alerte/">Maroc : une machine à surveiller, et ses fournisseurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amnesty International publie ce 1er octobre un rapport nourri par le témoignage d&rsquo;un ancien agent des services marocains. Il y décrit un dispositif qui mêle logiciels espions, micros cachés et téléphones piégés pour suivre journalistes, avocat·e·s et défenseur·euse·s des droits humains. Les outils viennent d&rsquo;entreprises installées en Israël, dans l&rsquo;Union européenne et aux États-Unis.</strong></p>


<h2 class="wp-block-heading">Un ancien agent raconte</h2>


<p class="wp-block-paragraph">Un ancien employé de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), le renseignement intérieur marocain, a accepté de décrire son travail à Amnesty International, sur plusieurs années. Il apparaît sous le pseudonyme de Safir. L&rsquo;organisation a recoupé ses propos avec des sources indépendantes, des analyses techniques et des entretiens avec dix personnes surveillées.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Le tableau frappe par sa banalité. Des téléphones d&rsquo;occasion vendus comme neufs, mais infectés avant la vente avec la complicité de boutiquier·ère·s. Des cybercafés dont tous les ordinateurs avaient été contaminés d&rsquo;avance : il suffisait qu&rsquo;un agent de terrain signale où se rendait une cible pour la voir travailler en direct. Des voisin·e·s recruté·e·s comme informateur·rice·s. Des appareils infectés physiquement lors d&rsquo;un passage à l&rsquo;aéroport. Des micros dissimulés dans des luminaires, comme chez le journaliste Omar Radi, qui a connu le harcèlement puis la prison pour avoir enquêté sur la corruption et les violations des droits humains.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Ces méthodes ne s&rsquo;arrêtent pas à la personne visée. Elles touchent sa famille, ses ami·e·s, son réseau professionnel, sans contrôle judiciaire et sans que quiconque ait à en répondre.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Pegasus, d&rsquo;abord contre les voix critiques</h2>


<p class="wp-block-paragraph">Le rapport désigne la DGST comme l&rsquo;entité qui a déployé Pegasus, le logiciel espion de la société israélienne NSO Group, à partir de septembre 2017. Le Maroc a pourtant toujours nié espionner ses citoyen·ne·s. Des documents internes de NSO, versés au procès que WhatsApp et Meta ont intenté à l&rsquo;entreprise aux États-Unis, indiquent que son personnel a organisé formations et démonstrations pour ce client, que NSO appelait « Morgen » en interne.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Amnesty a rattaché 103 numéros marocains, entrés dans le système entre septembre et décembre 2017, à des personnes précises. Soixante-cinq appartiennent à la société civile : 34 défenseur·euse·s des droits humains, 22 journalistes et travailleur·euse·s des médias, cinq avocat·e·s et quatre universitaires. Vingt-cinq sont des responsables politiques, cinq des diplomates ou des représentant·e·s d&rsquo;organisations internationales. Les voix critiques figuraient donc parmi les toutes premières cibles.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Les attaques empruntaient plusieurs chemins : infection physique de l&rsquo;appareil, lien piégé sur lequel il faut cliquer, attaque sans aucun clic, ou injection par le réseau de l&rsquo;opérateur Maroc Telecom, propriété de l&rsquo;État.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Une économie de l&rsquo;oppression</h2>


<p class="wp-block-paragraph">Amnesty cite NSO Group, la société italienne Hacking Team, aujourd&rsquo;hui devenue Memento Labs, et le réseau germano-britannique Gamma Group et FinFisher. Son secrétaire général, Agnès Callamard, parle d&rsquo;une économie mondiale de l&rsquo;oppression technologique, rendue possible par des entreprises et des États qui ne respectent pas leurs obligations en droit international.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Les réponses des entreprises sont brèves. Verint indique avoir cédé cette activité en février 2021. Memento Labs affirme n&rsquo;avoir aucun contrat actif avec une agence marocaine et dit avoir mis en place un programme de conformité interne. Les autres n&rsquo;ont pas répondu. Les autorités marocaines non plus, quatre semaines après avoir reçu le courrier d&rsquo;Amnesty.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Que vaut un engagement de conformité quand l&rsquo;outil finit dans le téléphone de l&rsquo;avocat de manifestants du Rif ? Comment défendre la liberté de la presse dans les enceintes internationales, tout en laissant partir d&rsquo;Europe les logiciels qui l&rsquo;étouffent ailleurs ? Amnesty demande aux États de suspendre l&rsquo;exportation de logiciels espions et d&rsquo;outils d&rsquo;analyse numérique vers le Maroc tant que des garanties effectives en matière de droits humains n&rsquo;existent pas.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Après la prison, l&rsquo;ombre</h2>


<p class="wp-block-paragraph">La surveillance se prolonge en campagnes de dénigrement dans des médias proches du pouvoir, nourries de détails privés que seule l&rsquo;écoute peut fournir. En 2021, le militant Fouad Abdelmoumni a été filmé chez lui avec sa fiancée ; la vidéo a circulé sur WhatsApp. Il n&rsquo;a trouvé aucun dispositif en cherchant, ce qui, dit-il, laisse penser qu&rsquo;on avait pu le poser et le retirer sans peine. Safir y voit un cas d&rsquo;école d&rsquo;opération conçue pour ne laisser aucune trace.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Le journaliste Hicham Mansouri, emprisonné en 2015 pour « adultère » et « exploitation sexuelle » à l&rsquo;issue d&rsquo;un procès qui ne respectait pas les normes internationales, vit aujourd&rsquo;hui exilé en France. Il raconte qu&rsquo;un ami, après des années de cette pression, avait éprouvé comme un soulagement le jour de son entrée en prison.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Amnesty exige la fin immédiate de cette surveillance et des enquêtes indépendantes sur chaque cas signalé. Qui, parmi celles et ceux qui fabriquent, vendent, autorisent ou détournent le regard, acceptera de répondre de ce que ces outils ont rendu possible ?</p>


<p class="wp-block-paragraph">Reste à éclairer l&rsquo;ombre.</p>


<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>


<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sources</strong> : Amnesty International, <a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/10/whistleblower-reveals-how-morocco-used-a-web-of-surveillance-to-silence-journalists/">« Morocco: Whistleblower reveals how authorities used a web of surveillance to silence journalists and activists »</a>, 1er octobre 2026 ; rapport « We start with the verdict: Inside Morocco&rsquo;s surveillance machine » (<a href="https://www.amnesty.org/en/documents/mde29/1481/2026/en/">résumé</a>).</p>


<p class="wp-block-paragraph">#Maroc #DroitsHumains #Pegasus #Surveillance #LibertéDePresse</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/10/01/maroc-surveillance-amnesty-lanceur-alerte/">Maroc : une machine à surveiller, et ses fournisseurs</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Migration : méfions-nous des fausses alternatives à la détention</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/09/28/migration-fausses-alternatives-detention/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 13:40:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Détention]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<category><![CDATA[IPV-Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[migrations]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maisons de retour, coaching ICAM : la contrainte change de décor mais ne disparaît pas. Le CIRÉ distingue les dispositifs qui reconduisent la logique de l'enfermement de ceux qui ouvrent une vraie issue — et fixe les lignes rouges d'un accompagnement digne de ce nom.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face à l&rsquo;extension de l&rsquo;enfermement des personnes étrangères, le CIRÉ refuse de s&rsquo;en tenir à la dénonciation. Son analyse pose une question qui dérange : comment défendre de vraies alternatives à la détention sans offrir au gouvernement un habillage présentable pour sa politique d&rsquo;expulsion ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son analyse <a href="https://www.cire.be/publication/enfermer-pour-controler-ou-accompagner-pour-emanciper/">« Enfermer pour contrôler, ou accompagner pour émanciper ? »</a>, publiée en septembre 2026 et signée Sotieta Ngo, le CIRÉ part d&rsquo;un constat que beaucoup d&rsquo;associations partagent : le mot « non » ne suffit plus. Le gouvernement belge revendique la politique migratoire la plus stricte de son histoire et mise sur l&rsquo;augmentation continue des places en centres fermés. À l&rsquo;échelle européenne, le Pacte sur la migration et l&rsquo;asile généralise la détention administrative, en allonge la durée et autorise celle des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des années, les organisations de défense des droits humains ont opposé à cette logique un refus net. Position claire, mais qui pèse peu dans un débat où la contrainte est devenue la norme. Le risque, souligne le CIRÉ, est de laisser le terrain aux seules autorités, qui développent leurs propres dispositifs coercitifs sous le label rassurant d&rsquo;« alternatives ».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des alternatives qui n&rsquo;en sont pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse examine d&rsquo;abord ce que les pouvoirs publics appellent ainsi. En Belgique, l&rsquo;Office des étrangers met en avant les maisons FITT, destinées aux familles avec enfants, et le coaching ICAM. Le CIRÉ rappelle que, dès 2019, des associations décrivaient les maisons de retour comme des formes alternatives de détention : la contrainte ne disparaît pas, elle s&rsquo;installe dans l&rsquo;espace domestique, sous la menace permanente d&rsquo;une expulsion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coaching ICAM porte, lui, le vocabulaire de l&rsquo;accompagnement individualisé. Mais il est entièrement structuré autour du retour, sans critères clairs de régularisation, avec des coaches peu indépendants, un suivi opaque et une obligation légale de coopérer. Difficile d&rsquo;y voir autre chose qu&rsquo;un instrument d&rsquo;alignement sur les exigences de l&rsquo;administration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène dépasse la Belgique. Le rapport cite le Dispositif de préparation au retour créé en France en 2022 : un hébergement de 90 jours maximum, un suivi assuré par l&rsquo;OFII, et l&rsquo;exclusion explicite de toute perspective de régularisation ou de recours. Quand l&rsquo;alternative sert exclusivement l&rsquo;éloignement, elle renforce la logique carcérale au lieu de la dépasser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que montrent les expériences de terrain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport ne s&rsquo;arrête pas à la critique. Il documente des pratiques qui prennent un autre chemin : chercher une solution durable plutôt qu&rsquo;un taux d&rsquo;expulsion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux Pays-Bas, le dispositif expérimental LVV, déployé dans cinq grandes villes à partir de 2019, combinait accueil et accompagnement juridique renforcé. Selon les évaluations publiées en 2024 et citées par le CIRÉ, près de 40 % des personnes suivies ont trouvé une issue pérenne : un titre de séjour dans les trois quarts des cas, un retour volontaire préparé dans le quart restant. Le gouvernement néerlandais a pourtant décidé de couper ces financements, une décision contestée en justice par les associations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, le projet « Plan Together », lancé en 2022 par JRS Belgium, propose à des familles avec enfants menacées d&rsquo;enfermement un suivi à domicile, à la fois juridique, social et psychologique, autour d&rsquo;un plan de vie construit avec elles. Sur 34 familles suivies, 19 ont obtenu une régularisation, une seule a choisi de rentrer et aucune n&rsquo;a été placée en détention. Le rapport y voit la preuve qu&rsquo;un accompagnement personnalisé peut débloquer des situations sans issue juridique, sans priver quiconque de liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux visions, un dilemme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reste que ces succès ne suffisent pas à faire consensus. Le CIRÉ distingue deux conceptions qui divisent le secteur associatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première, dite holistique, défendue notamment par PICUM ou IDC, désigne comme alternative toute forme d&rsquo;accompagnement social et juridique d&rsquo;une personne en séjour irrégulier ou exposée à la détention. Elle s&rsquo;aligne sur les standards internationaux et stabilise les trajectoires, mais elle laisse planer un flou : étiqueter ainsi un accompagnement, c&rsquo;est risquer d&rsquo;étendre le périmètre du contrôle migratoire et d&rsquo;offrir à l&rsquo;État un modèle de case management à récupérer pour renforcer la traçabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde, dite étroite, ne vise que les personnes qui remplissent toutes les conditions légales pour être détenues. Elle a la rigueur du droit, mais elle oblige à négocier des mesures qui restent contraignantes, comme l&rsquo;assignation à résidence ou le pointage policier, sans jamais interroger le dogme du retour comme seule issue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;où le dilemme formulé par l&rsquo;autrice : comment soutenir sur le terrain des pratiques émancipatrices sans cautionner les objectifs de politiques répressives ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des lignes rouges plutôt qu&rsquo;une définition</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que de trancher entre définitions, le CIRÉ propose de s&rsquo;accorder sur des principes. Un dispositif ne mérite le nom d&rsquo;accompagnement que s&rsquo;il respecte les recommandations du Conseil de l&rsquo;Europe : évaluation individuelle préalable, accès gratuit à une assistance juridique indépendante, climat de confiance garantissant que les démarches ne soient pas détournées, protection de la dignité et de la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liberté de choix devient le critère central. Dès qu&rsquo;un suivi s&rsquo;assortit de sanctions, de menaces de détention ou d&rsquo;une obligation de coopérer au retour, il n&rsquo;est plus qu&rsquo;un outil de contrôle. Enfin, l&rsquo;accompagnement individuel ne peut jamais servir de pansement : il n&rsquo;a de sens que couplé à un combat contre les lois qui fabriquent l&rsquo;irrégularité de séjour. Sans critères clairs de régularisation ni voies d&rsquo;accès à un séjour durable, les « alternatives » resteront, écrit le CIRÉ, la vitrine d&rsquo;un système d&rsquo;expulsion perfectionné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse a le mérite de ne pas choisir la facilité. Elle refuse à la fois l&rsquo;intransigeance qui laisse le champ libre et le pragmatisme qui finirait par légitimer ce qu&rsquo;il prétend adoucir. Elle invite aussi les associations, les travailleur·euse·s sociaux·ales et les citoyen·ne·s à se demander où passe, concrètement, la frontière entre soutenir une personne et surveiller une population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question reste posée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #Migration #DétentionAdministrative #CIRÉ #Belgique</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/09/28/migration-fausses-alternatives-detention/">Migration : méfions-nous des fausses alternatives à la détention</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>IA: L&#8217;inévitable est un choix</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/09/07/linevitable-est-un-choix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 06:53:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Résistance]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Yuval Noah Harari démonte le récit de l'inévitabilité de l'IA. L'entretien d'Elon Musk au même micro en offre la démonstration involontaire. Recension.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/09/07/linevitable-est-un-choix/">IA: L’inévitable est un choix</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;historien Yuval Noah Harari a accordé <a href="https://www.economist.com/business/2026/08/20/yuval-noah-harari-on-the-economic-and-political-perils-of-ai">un long entretien à The Economist</a> sur l&rsquo;avenir d&rsquo;un monde saturé d&rsquo;intelligence artificielle. Sa cible principale : le récit de l&rsquo;inévitabilité que cultivent les dirigeants de la tech. Quelques semaines plus tôt, Elon Musk illustrait ce récit, presque mot pour mot, au micro de la même rédactrice en chef.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur les prédictions de Musk (une IA dépassant l&rsquo;intelligence humaine d&rsquo;ici dix ans, une superabondance matérielle, des humains qui ne seraient plus aux commandes), Harari répond qu&rsquo;il partage la première et la troisième. Il en refuse pourtant la conclusion. Si la course actuelle se poursuit au même rythme, oui, les IA prendront le contrôle. Mais rien n&rsquo;oblige à poursuivre cette course. Nous sommes encore aux commandes en 2026, rappelle-t-il, et ce qui compte se décide maintenant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un récit qui déresponsabilise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Harari, le discours de l&rsquo;inévitabilité est un discours de démission. Ceux qui mènent la course à l&rsquo;IA répètent que personne ne peut l&rsquo;arrêter, ce qui les dispense d&rsquo;en répondre. L&rsquo;argument du déficit de confiance (impossible de ralentir, les concurrents et les États rivaux n&rsquo;attendraient pas) le fait bondir : ce déficit a été fabriqué, au fil de dix années d&rsquo;érosion délibérée de la confiance entre humains, souvent par les mêmes acteurs qui s&rsquo;en réclament aujourd&rsquo;hui. Vous l&rsquo;avez créé, vous pouvez le défaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;historien file une analogie qui parlera à nos lecteur·rice·s : les IA sont des migrantes. Prendre les emplois, dissoudre la culture, servir des puissances étrangères : ces accusations, l&rsquo;extrême droite les jette depuis des années au visage des migrant·e·s réel·le·s, sans que les faits les confirment jamais. Appliquées aux IA, elles deviennent soudain exactes. Ces migrantes-là ne demandent pas de visa et ne traversent pas la Méditerranée sur des embarcations de fortune ; elles voyagent à la vitesse de la lumière jusqu&rsquo;à nos téléphones, et leur loyauté va aux entreprises et aux gouvernements qui les contrôlent, de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;océan. Pendant que le débat public s&rsquo;épuise à viser des personnes, la seule migration massive qui échappe à tout contrôle démocratique passe inaperçue. Cette diversion protège ceux qui construisent ces systèmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Harari décrit aussi la géopolitique qui se dessine : deux empires, les États-Unis et la Chine, et des États vassaux qui achèteront une technologie qu&rsquo;un bouton peut désactiver à distance. Avec un paradoxe : plus le pouvoir se concentre, plus il devient simple à capter pour une IA. Manipuler une seule personne vieillissante et paranoïaque demande moins d&rsquo;efforts que tromper un parlement, des tribunaux et une presse libre. La complexité démocratique, si souvent moquée, devient ici une protection.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Musk, la preuve par l&rsquo;exemple</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.economist.com/podcasts/2026/07/24/an-interview-with-elon-musk">L&rsquo;entretien accordé par Elon Musk</a> à la même journaliste fonctionne comme une pièce à conviction. Tout y est. L&rsquo;inévitabilité : il dit avoir renoncé à freiner un mouvement auquel, selon lui, personne ne peut plus rien, et sa philosophie tient désormais en une formule, profiter du voyage. Le risque assumé : il maintient son estimation de 10 à 20 % de probabilité que l&rsquo;IA détruise l&rsquo;humanité, tout en écartant l&rsquo;idée d&rsquo;appuyer sur un bouton d&rsquo;arrêt, s&rsquo;il existait. La diversion, enfin : l&rsquo;homme qui annonce la singularité pour 2036 consacre une énergie considérable à prédire une guerre civile en Grande-Bretagne, provoquée par l&rsquo;immigration, à l&rsquo;horizon 2046. Harari relève la contradiction : si les IA contrôlent le monde dans dix ans, quel sens y a-t-il à s&rsquo;inquiéter d&rsquo;un conflit humain dans vingt ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confiance que Musk place dans une IA « en quête maximale de vérité » laisse l&rsquo;historien perplexe. Quatre milliards d&rsquo;années d&rsquo;évolution enseignent qu&rsquo;un organisme apprend d&rsquo;abord à survivre, y compris en mentant et en manipulant. Croire que des entités plus intelligentes que nous resteront nos esclaves dévoués relève de la pensée magique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux angles morts</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On peut adhérer à ce diagnostic, c&rsquo;est notre cas, et regretter deux absences. La première : le clivage entre Nord et Sud global. Harari évoque les États vassaux, sans nommer celles et ceux qui paieront le prix fort. Les pays qui fournissent les minerais, les travailleur·euse·s qui annotent les données pour quelques dollars, les populations dont les langues et les cultures pèsent peu dans les corpus d&rsquo;entraînement. La gouvernance de l&rsquo;IA se négocie entre Washington, Pékin et quelques conseils d&rsquo;administration ; les trois quarts de l&rsquo;humanité n&rsquo;y ont pas voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde absence, le climat et les ressources, frappe d&rsquo;autant plus que Musk en parle, lui, sans détour : la contrainte principale de l&rsquo;IA, explique-t-il, tient moins aux puces qu&rsquo;à l&rsquo;électricité, et la Chine en produit déjà plus que les États-Unis, l&rsquo;Europe et l&rsquo;Inde réunis. Voilà la course à l&rsquo;IA reformulée en course énergétique, avec ses centrales, ses centres de données et ses minerais critiques, au moment où chaque dixième de degré compte. Aucun des deux entretiens n&rsquo;en tire les conséquences.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Reprendre la main</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Harari ne plaide pas l&rsquo;arrêt de l&rsquo;IA, dont il reconnaît le potentiel en santé ou en éducation. Il demande du temps : le temps, pour des sociétés organiques, de digérer une révolution inorganique. Et des mesures précises. Interdire la personnalité juridique des IA. Leur interdire de se faire passer pour des humains ou de simuler des sentiments. Interroger chaque candidat·e aux prochaines élections sur ces questions, avant celles de l&rsquo;économie ou de l&rsquo;immigration. Il cite aussi, avec prudence, un ordre de grandeur entendu dans l&rsquo;industrie : cent fois plus de moyens consacrés à accroître les capacités des modèles qu&rsquo;à leur sécurité. Aucun autre secteur ne s&rsquo;autoriserait un tel ratio.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste sa dernière image, celle d&rsquo;un génie qui nous aurait accordé cent vœux. Il en reste un. L&rsquo;IA pourrait être l&rsquo;occasion de poser une question trop longtemps repoussée : qu&rsquo;est-ce qui fait la valeur d&rsquo;une vie humaine, si ce n&rsquo;est plus de jouer aux échecs ou de faire fructifier un capital ? Les réponses ne viendront ni des empires ni des conseils d&rsquo;administration. Elles viendront de citoyen·ne·s qui refusent qu&rsquo;on décide à leur place, et qui le disent. Rien n&rsquo;est encore écrit.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;entretien Musk en bref</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Reçue dans une usine Tesla au Texas, la rédactrice en chef de The Economist, Zanny Minton Beddoes, a <a href="https://www.economist.com/podcasts/2026/07/24/an-interview-with-elon-musk">interrogé Elon Musk</a> pendant plus de nonante minutes. Il y prédit une IA dépassant la somme des intelligences humaines vers 2031, un âge de superabondance où l&rsquo;argent aura perdu son sens dès 2036, et des humains écartés des commandes comme le furent les chimpanzés face à nous. Il maintient une probabilité de 10 à 20 % que l&rsquo;IA détruise l&rsquo;humanité, tout en jugeant le mouvement impossible à arrêter, y compris par lui-même. Il esquisse une coordination minimale entre laboratoires : des appels réguliers, un droit de regard mutuel sur les nouveaux modèles avant leur sortie, l&rsquo;État en dernier recours. Sur l&#8217;emploi, il annonce un travail devenu optionnel, comparable au jardinage, financé par un revenu universel élevé, sans expliquer la transition politique ni sociale. L&rsquo;entretien bascule ensuite. Défense intégrale des coupes de Doge dans l&rsquo;aide américaine (zéro mort, affirme-t-il face à une journaliste qui conteste), guerre civile jugée inévitable en Grande-Bretagne, soutien revendiqué à des partis d&rsquo;extrême droite européens présentés comme des gens normaux, attaques répétées contre des médias qui seraient haïs du public. Deux visions du monde cohabitent dans le même homme : l&rsquo;abondance pour demain, la peur pour aujourd&rsquo;hui.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">#IntelligenceArtificielle #DroitsHumains #Démocratie #Harari #Régulation</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/09/07/linevitable-est-un-choix/">IA: L’inévitable est un choix</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Maisons de transition belges : liberté sans protection</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/08/13/maisons-transition-belgique-droits-protections/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Aug 2026 08:39:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<category><![CDATA[Détention]]></category>
		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
		<category><![CDATA[Espaces alternatifs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Non-Carcérale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les maisons de transition belges offrent une humanité sans droits. Zéro recours, zéro plainte indépendante, tests humiliants.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>En Belgique, trois maisons de transition offrent un régime ouvert, du dialogue, des chances multiples. Mais le Mécanisme national de prévention des mauvais traitements en détention (MNP) vient de le révéler: ces lieux d&rsquo;humanité n&rsquo;ont pas de protections juridiques. Zéro recours contre révocation, zéro mécanisme de plainte indépendant, tests urinaires humiliants — la dignité s&rsquo;arrête parfois à la porte.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une avancée incontestable, mais fragile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les maisons de transition de Gentbrugge, Louvain et Enghien incarnent une rupture avec le carcéral classique. Elles fonctionnent en régime ouvert, avec des portes déverrouillées, un accompagnement intensif vers l&#8217;emploi, des permissions de sortie flexibles et un dialogue prioritaire sur la sanction. Pour celles et ceux qui sortent d&rsquo;années de détention, cela change tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le MNP l&rsquo;a vu lors de ses visites fin 2025 : cette humanité repose sur du vide juridique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les droits s&rsquo;arrêtent à la porte</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun recours n&rsquo;existe contre révocation. La loi sur le statut externe ne le prévoit pas. Le contraste est saisissant : un transfert entre prisons ouvre droit à appel devant le Conseil central de surveillance pénitentiaire (CCSP). Une révocation de maison de transition : néant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus grave encore : il n&rsquo;existe pas de mécanisme de plainte externe et indépendant. Les trois maisons disposent de procédures internes, mais où aller se plaindre formellement ? Le CCSP ne possède pas cette compétence. Unia, institution publique interfédérale indépendante qui lutte contre la discrimination et promeut l&rsquo;égalité, ne traite que les cas de discrimination. Le MNP reçoit les signalements mais ne traite pas les plaintes individuelles. Un·e résident·e victime d&rsquo;une violation n&rsquo;a donc nulle part où se tourner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les normes internationales l&rsquo;exigent pourtant. Le MNP rappelle sans détour : cela contredit les Règles Nelson Mandela et les Règles pénitentiaires européennes. Comment protéger des droits quand aucun recours n&rsquo;existe ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sélectionner les « bons » condamnés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La loi énumère cinq critères : être à dix-huit mois de libération conditionnelle, être apte à la vie en communauté, ne pas présenter de contre-indications. En théorie, c&rsquo;est neutre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pratique, d&rsquo;autres critères s&rsquo;ajoutent : maîtrise de langue requise, exclusion des faits médiatisés, absence de statut légal, orientation sexuelle, terrorisme. Aucune maison n&rsquo;accueille de femmes. Le MNP souligne qu&rsquo;aucune justification légale ne légitime ces exclusions supplémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pire : ce tri s&rsquo;opère aussi au niveau des maisons elles-mêmes. Gentbrugge a refusé quatre candidat·e·s depuis son ouverture, Louvain en a refusé deux, Enghien une seule. Comment expliquer ces écarts ? Le MNP pose la question cruciale : les exploitant·e·s privés possèdent tout intérêt à ce que leurs projets réussissent. Cela peut les conduire à sélectionner préférentiellement les dossiers les plus « propres » — laissant ainsi de côté les personnes vulnérables qui auraient le plus besoin de cette passerelle. La logique du profit privé pèse-t-elle trop lourd dans une décision censée servir l&rsquo;intérêt public ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dignité mise à nu : les tests urinaires de Gentbrugge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP adresse sa critique la plus acérée aux tests urinaires pratiqués à Gentbrugge. Ces tests demeurent formellement volontaires : les participant·e·s y consentent lors de leur arrivée. Mais ils s&rsquo;accompagnent d&rsquo;une surveillance visuelle systématique, souvent exercée par du personnel du sexe opposé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP y voit une fouille à nu : exposition génitale sous surveillance. Cette pratique se déploie de façon systématique, sans indice concret justifiant chaque test. Ce traitement constitue une humiliation au sens de la Convention contre la torture et de la Convention européenne des droits humains (CEDH). Plusieurs participant·e·s ont confié au MNP que refuser serait perçu comme un aveu de culpabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette mesure s&rsquo;avère-t-elle vraiment nécessaire ? À Louvain et Enghien, les maisons ne pratiquent aucun test. Elles optent pour une approche purement comportementale : si quelqu&rsquo;un consomme, cela transparaît rapidement dans son implication au travail ou aux activités. Or, ces deux maisons n&rsquo;identifient pas plus de consommation que Gentbrugge, et elles n&rsquo;enregistrent pas davantage de révocations liées à la drogue. Le MNP en conclut qu&rsquo;une approche humiliante n&rsquo;apporte aucun bénéfice mesurable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, le secret médical s&rsquo;effiloche. Les maisons gèrent les médicaments des résident·e·s — une nécessité pratique bien réelle puisque les habitants entrent et sortent à des horaires variables. Mais cette gestion signifie que le personnel non médical connaît traitements, dépendances et diagnostics. Gentbrugge a formé un·e infirmier·ère pour encadrer cette pratique. Enghien utilise un système « crescendo » : les résident·e·s retrouvent progressivement le contrôle de leurs médicaments. Ces deux initiatives méritent d&rsquo;être saluées — mais elles restent insuffisantes. Le MNP recommande qu&rsquo;un nombre limité d&rsquo;agent·e·s responsables gère la médication, qu&rsquo;ils reçoivent une formation spécifique et que les registres évitent de mentionner le type de médicament.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après la maison : le piège</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voici l&rsquo;ironie cruelle du système : on sort d&rsquo;une maison de transition en passant par la surveillance électronique (SE). Là où régnaient le régime ouvert et la flexibilité, on entre dans un système rigide : présence obligatoire à domicile selon un emploi du temps fixe, boîte de contrôle numérique qui géolocalise, procédures formelles requises pour chaque changement, zéro flexibilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accompagnateurs, les prisons-mères et le tribunal de l&rsquo;application des peines vivent cette transition comme une régression. Le personnel des maisons retarde volontairement les demandes de libération conditionnelle pour l&rsquo;éviter. L&rsquo;assesseur du tribunal de Gand confirme : on cherche à contourner la SE quand c&rsquo;est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP pose un diagnostic clair : la libération conditionnelle devrait représenter la norme, non l&rsquo;exception. Cela exigerait de réviser les conditions d&rsquo;accès — permettre une transition plus précoce vers la libération plutôt que vers la SE. C&rsquo;est aussi une question économique : un retour en prison coûte cher à l&rsquo;État après qu&rsquo;une place en maison ait déjà été utilisée. La Direction générale des établissements pénitentiaires (DGD) contrôle ces placements, mais le cadre juridique demeure fragile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À nous d&rsquo;exiger le droit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le MNP a remis son rapport. Les recommandations s&rsquo;énoncent clairement : cesser les tests urinaires, créer un recours contre révocation, étendre la compétence du CCSP aux maisons, imposer des exigences minimales de personnel, légaliser la transition vers libération conditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces structures ont prouvé qu&rsquo;on peut réintégrer sans murs. Elles ont montré qu&rsquo;on peut offrir des chances et de la dignité. Mais la dignité sans droits ne reste que du théâtre. La Belgique doit choisir : continuer sans fondations juridiques, ou enfin reconnaître que les condamné·e·s conservent des droits jusqu&rsquo;à la dernière porte. Ce n&rsquo;est pas de la complaisance. C&rsquo;est du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de l&rsquo;exiger.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/08/13/maisons-transition-belgique-droits-protections/">Maisons de transition belges : liberté sans protection</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Les défenseurs des droits humains en péril : comment l&#8217;isolement géographique menace ceux qui nous protègent</title>
		<link>https://en-avant.info/2025/03/08/les-defenseurs-des-droits-humains-en-peril-comment-lisolement-geographique-menace-ceux-qui-nous-protegent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2025 21:52:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Prisonniers d'opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<category><![CDATA[DéfenseursDroitsHumains]]></category>
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		<category><![CDATA[Droitshumains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un rapport récent de l'ONU révèle les dangers mortels auxquels font face les défenseurs des droits humains dans les zones rurales et isolées. Avec 196 défenseurs des terres et de l'environnement tués en 2023, Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale des Nations Unies, souligne comment l'isolement géographique devient un "multiplicateur de risque". Fracture numérique, absence de protection juridique et menaces des entreprises s'ajoutent à leur vulnérabilité. Découvrez les recommandations urgentes pour les gouvernements, entreprises et la société civile pour protéger ces sentinelles essentielles des droits humains.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/03/08/les-defenseurs-des-droits-humains-en-peril-comment-lisolement-geographique-menace-ceux-qui-nous-protegent/">Les défenseurs des droits humains en péril : comment l’isolement géographique menace ceux qui nous protègent</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans notre monde interconnecté, il est facile de croire que l&rsquo;information circule librement et que les violations des droits humains peuvent être instantanément signalées et traitées. Cependant, un récent <a href="https://bit.ly/HRC5853" target="_blank" rel="noopener" title="">rapport de Mary Lawlor,</a> Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits humains, révèle une réalité troublante : les défenseurs travaillant dans des contextes isolés, éloignés et ruraux font face à des défis uniques et souvent mortels précisément en raison de leur emplacement.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les dangers cachés de l&rsquo;éloignement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport s&rsquo;ouvre sur le cas tragique de Quinto Inuma Alvarado, un défenseur des droits humains autochtone Kichwa de la région amazonienne du Pérou, assassiné en novembre 2023. Après avoir participé à un atelier avec des défenseurs des droits environnementaux et fonciers, Quinto a été victime d&rsquo;une embuscade sur le chemin du retour &#8211; des assaillants ont bloqué la rivière avec un tronc d&rsquo;arbre et l&rsquo;ont abattu de plusieurs balles. Malgré les nombreuses menaces de mort reçues au cours de ses 25 années de lutte contre les exploitants forestiers et les trafiquants de drogue, et malgré certaines mesures de protection du gouvernement péruvien, il a été tué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire n&rsquo;est malheureusement pas unique. Selon les rapports mondiaux cités dans le document de l&rsquo;ONU, au moins 196 défenseurs des terres et de l&rsquo;environnement ont été tués en 2023, beaucoup d&rsquo;entre eux travaillant dans des zones rurales ou éloignées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi l&#8217;emplacement est important</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Être basé dans une zone rurale, éloignée ou isolée crée ce que le rapport appelle un « multiplicateur de risque » pour les défenseurs des droits humains. Ces individus souffrent souvent de :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Manque de mécanismes de soutien</li>



<li>Mauvaises liaisons de transport</li>



<li>Couverture médiatique limitée</li>



<li>Absence de présence policière locale</li>



<li>Accès à Internet peu fiable ou inexistant</li>



<li>Prestataires de services inadéquats</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les défenseurs des zones rurales font souvent l&rsquo;objet de discriminations basées sur leurs origines. Une femme défenseuse des droits humains d&rsquo;Indonésie a rapporté être considérée comme inférieure simplement parce qu&rsquo;elle était perçue comme « une villageoise, pas une personne de la grande ville. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fractures numériques et déserts juridiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les défis s&rsquo;étendent aux questions fondamentales de connectivité et de représentation juridique. Dans certaines zones isolées de Colombie, la couverture Internet atteint moins de 24% des foyers. Cette fracture numérique est aggravée par un manque d&rsquo;infrastructures bancaires, rendant difficile pour les défenseurs de recevoir des fonds d&rsquo;urgence ou d&rsquo;effectuer des transactions financières de base.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien juridique présente un autre obstacle majeur. Le rapport note que dans les zones reculées, il est « difficile, voire impossible, de trouver un avocat spécialisé en droits humains. » Même lorsqu&rsquo;une assistance juridique est disponible, les coûts peuvent être prohibitifs. Dans la République de l&rsquo;Altaï en Russie, par exemple, les frais d&rsquo;admission au barreau s&rsquo;élèvent à environ 5 000 dollars &#8211; vingt fois plus que le salaire minimum mensuel. Ces coûts sont généralement répercutés sur les clients, rendant la représentation juridique inabordable pour de nombreux défenseurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces des entreprises et résistance communautaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux défenseurs des droits humains en milieu rural se retrouvent en conflit avec de puissants intérêts commerciaux. La Rapporteuse spéciale entend régulièrement des défenseurs autochtones affirmer que le consentement libre, préalable et éclairé pour des projets sur leurs terres est « soit manipulé, soit absent. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un cas au Libéria, des défenseurs locaux exigeant des comptes pour un déversement toxique provenant d&rsquo;une installation minière ont fait face à une répression violente. Lorsqu&rsquo;ils ont protesté, 44 personnes ont été poursuivies pour des crimes incluant « vol à main armée, incendie criminel et menaces terroristes. » Les personnes détenues ont rapporté avoir été dénudées, ligotées, privées d&rsquo;eau et battues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré ces défis, les communautés ont trouvé des moyens créatifs de se défendre en l&rsquo;absence de protection étatique. En Colombie, les Gardes Indigènes emploient des méthodes de protection collective non-violentes pour fournir les premiers secours et défendre les territoires contre les conflits armés. D&rsquo;autres communautés ont établi des réseaux de communication, des groupes de surveillance et des espaces de protection collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aller de l&rsquo;avant : Recommandations pour le changement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport conclut avec des recommandations pour diverses parties prenantes :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les gouvernements :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Promouvoir publiquement le travail des défenseurs des droits humains en milieu rural</li>



<li>Renforcer les réseaux de soutien en dehors des capitales</li>



<li>Élargir l&rsquo;accès à Internet et aux outils de communication sécurisés</li>



<li>Établir des corridors sécurisés pour les défenseurs dans les zones de conflit</li>



<li>S&rsquo;assurer que les entreprises respectent les droits humains</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les entreprises :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Adopter des politiques de tolérance zéro contre les représailles envers ceux qui soulèvent des préoccupations</li>



<li>S&rsquo;assurer que le consentement libre, préalable et éclairé est respecté</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la société civile :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Développer des stratégies pour garantir que les défenseurs ruraux puissent participer aux événements et formations</li>



<li>Établir des méthodes de communication fiables pour aider à signaler les violations</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le message essentiel tout au long du rapport est que l&#8217;emplacement ne devrait pas déterminer si les défenseurs des droits humains reçoivent une protection. Comme le note la Rapporteuse spéciale, « De nombreux gouvernements manquent à leurs obligations morales et légales de protéger les défenseurs des droits humains, y compris ceux dans des zones isolées, éloignées et rurales&#8230; Les États peuvent et devraient protéger les défenseurs qui font leur travail, peu importe où ils sont basés. »</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet article est basé sur le rapport « Hors de vue : les défenseurs des droits humains travaillant dans des contextes isolés, éloignés et ruraux » de la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor (A/HRC/58/53).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2025/03/08/les-defenseurs-des-droits-humains-en-peril-comment-lisolement-geographique-menace-ceux-qui-nous-protegent/">Les défenseurs des droits humains en péril : comment l’isolement géographique menace ceux qui nous protègent</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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