<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Intelligence artificielle - En avant</title>
	<atom:link href="https://en-avant.info/category/intelligence-artificielle/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://en-avant.info</link>
	<description>Les droits humains devant</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Jul 2026 07:50:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.1</generator>

<image>
	<url>https://en-avant.info/wp-content/uploads/2023/12/cropped-cropped-cropped-Firefly-Impression-sur-bois-dun-livre-ouvert-42756-32x32.jpg</url>
	<title>Intelligence artificielle - En avant</title>
	<link>https://en-avant.info</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">227123439</site>	<item>
		<title>Israël: Transformer le foin en aiguilles</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 07:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1071</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pourquoi l'IA la plus avancée a-t-elle servi à tuer sans distinction à Gaza ? Ori Schwarz montre comment le calcul légitime des frappes de masse.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Pourquoi mobiliser les technologies les plus avancées pour tuer sans distinction ? Le sociologue Ori Schwarz s&rsquo;est posé la question à propos de Gaza. Sa réponse, relayée par Hubert Guillaud  <a href="https://danslesalgorithmes.net/2026/06/30/pourquoi-lia-est-elle-utilisee-pour-faire-la-guerre/">Dans les algorithmes</a>, dérange : l&rsquo;intelligence artificielle n&rsquo;a pas servi à mieux viser, mais à légitimer l&rsquo;ampleur des frappes.</em></p>
<h2 class="wp-block-heading">Un paradoxe qui dérange</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armée israélienne s&rsquo;est vantée de sélectionner ses cibles à l&rsquo;aide des outils d&rsquo;IA les plus sophistiqués. Pourtant, le résultat ressemble à une destruction massive et indiscriminée. Dans un article pour *Big Data &amp; Society*, Ori Schwarz pointe la contradiction et la retourne en question : si l&rsquo;objectif est de tuer sans distinction, pourquoi une technologie aussi avancée serait-elle nécessaire ?</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse renverse l&rsquo;intuition. L&rsquo;IA n&rsquo;était pas requise pour personnaliser le traitement, mais pour justifier un traitement uniforme, en fabriquant des justifications sur mesure. Autrement dit, elle produit de la distinction au service de l&rsquo;indiscrimination.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Fabriquer des cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;image que le chercheur emploie est frappante. On présente souvent le big data comme l&rsquo;outil qui trouve l&rsquo;aiguille dans la botte de foin, la vraie menace parmi les innocent·e·s. Ici, c&rsquo;est l&rsquo;inverse : il s&rsquo;agit de transformer le foin en aiguilles. D&rsquo;incriminer presque chaque habitant·e, presque chaque immeuble, en tissant autour de lui un récit singulier qui l&rsquo;associe à l&rsquo;ennemi.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce basculement s&rsquo;appuie sur deux mouvements anciens. L&rsquo;individualisation de la guerre, d&rsquo;abord, qui traite l&rsquo;adversaire comme un suspect à poursuivre. La juridicisation, ensuite : pour établir la légalité d&rsquo;une frappe, il faut des données. Beaucoup de données. Et l&rsquo;IA en produit à la chaîne.</p>
<h2 class="wp-block-heading">Gospel, Lavender et l&rsquo;usine à cibles</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Deux systèmes ont fonctionné en parallèle. Gospel pour les bâtiments, Lavender pour les personnes. Ce dernier attribuait à presque chaque habitant·e de Gaza un score de probabilité d&rsquo;appartenance au Hamas : trente-sept mille Palestinien·ne·s ainsi désigné·e·s par l&rsquo;algorithme. La méthode n&rsquo;a rien d&rsquo;inédit ; elle emprunte aux logiques de la police prédictive, dès 2015, quand un modèle scrutait déjà les réseaux sociaux d&rsquo;adolescent·e·s pour prédire un passage à l&rsquo;acte. Le score fait alors basculer la distinction entre combattant et civil d&rsquo;une catégorie binaire vers un continuum statistique.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2019, une Direction du ciblage a industrialisé la production. Au vingt-septième jour du conflit, l&rsquo;armée annonçait avoir frappé douze mille cibles et en générer douze cents nouvelles par jour, grâce à une « usine » tournant sans interruption. L&rsquo;accélération fut aussi politique : Netanyahou aurait reproché à son chef d&rsquo;état-major de n&rsquo;avoir bombardé « que » mille cinq cents objectifs en quarante-huit heures. Bilan, selon les chiffres cités : plus de soixante et onze mille morts, dont une part importante de femmes et de mineur·e·s, et une saisine de la Cour internationale de justice pour violation présumée de la Convention sur le génocide.</p>
<h2 class="wp-block-heading">La confiance dans les chiffres</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi le calcul rassure-t-il autant ? Parce qu&rsquo;un score porte une aura d&rsquo;objectivité. Chaque frappe devient juridiquement justifiée, chaque mort civile regrettable mais légitime. Le sociologue Eric Bonds parle de « violence humanisée » : une pratique de surveillance et d&rsquo;élimination doublée d&rsquo;un discours emprunté au langage des droits humains.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le glissement est subtil. En convertissant l&rsquo;incertitude morale en risques mesurables, l&rsquo;algorithme transforme un dilemme en procédure. Le statut moral ne dépend plus du résultat, mais du respect des étapes. On relève les seuils de « dommages collatéraux », on abandonne les tirs d&rsquo;avertissement censés protéger les habitant·e·s, et le taux de mortalité civile s&rsquo;envole. Préserver l&rsquo;éthique en l&rsquo;inscrivant dans le code : la promesse se retourne en son contraire.</p>
<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;humain, un alibi ?</h2>
<p class="wp-block-paragraph">Reste la figure rassurante de l&rsquo;humain dans la boucle. Mais que valide-t-il, quand il lui faut vingt secondes pour approuver une recommandation ? Schwarz décrit même une stratégie de camouflage : dissimuler l&rsquo;IA derrière une analyste de confiance pour que les agents acceptent ses résultats. La machine ne décide pas, dit-on. Elle se contente de désigner.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le chercheur ajoute un avertissement. Une IA parfaite, sans erreur ni biais, produirait les mêmes effroyables conséquences, simplement en accélérant. Et ce pouvoir de légitimation ne restera pas confiné à un seul conflit : d&rsquo;autres armées, elles aussi attachées au droit international, adoptent des systèmes comparables.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La guerre de demain se jouera sur les données, leurs croisements sans limites et des seuils ajustables. Le droit international, lui, n&rsquo;a encore rien tranché.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Où s&rsquo;arrête le calcul ?</p>
<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity">
<p class="wp-block-paragraph">#IA #DroitsHumains #Gaza #Algorithmes #DroitInternational</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/07/transformer-le-foin-en-aiguilles/">Israël: Transformer le foin en aiguilles</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1071</post-id>	</item>
		<item>
		<title>À qui appartiendra l&#8217;intelligence artificielle ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 08:57:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Économie Des Plateformes]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1066</guid>

					<description><![CDATA[<p>Recension de l'entretien de Bernie Sanders dans Wired : l'IA comme question de pouvoir, de démocratie et de partage des richesses produites.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/">À qui appartiendra l’intelligence artificielle ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em>Dans un <a href="https://www.wired.com/story/the-big-interview-podcast-senator-bernie-sanders/?utm_source=nl&amp;utm_brand=wired&amp;utm_mailing=WIR_SystemUpdate_070226&amp;utm_campaign=aud-dev&amp;utm_medium=email&amp;utm_content=WIR_SystemUpdate_070226&amp;bxid=5fd62ba971d49c530600b9ba&amp;cndid=63161527&amp;hasha=cf91fa6535c98cc1afad8e978f7db62a&amp;hashb=03e89099af63e2861c8c7627552fcc05ae43a705&amp;hashc=825a9a335fde5f7798257872d513fdf8aedd873bd23ef55a1f7aa3aab64715c6&amp;esrc=&amp;utm_term=WIR_Optdown" target="_blank" rel="noopener" title="">long entretien accordé à Wired fin juin</a>, le sénateur Bernie Sanders qualifie l&rsquo;intelligence artificielle de technologie la plus conséquente de l&rsquo;histoire humaine, et s&rsquo;alarme du silence qui l&rsquo;entoure au Congrès. Recension d&rsquo;une conversation où la question technique se mue, très vite, en question de pouvoir.</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;éléphant dans la pièce</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bernie Sanders a 84 ans et une conviction ancienne : la richesse concentrée menace la démocratie. Depuis 2023, il en fait un combat neuf, celui de l&rsquo;intelligence artificielle. Ce qui le frappe d&rsquo;abord, confie-t-il à la journaliste Katie Drummond, c&rsquo;est un vide. Face à une technologie qui bouleversera « chaque aspect » de nos vies, il cherche au Congrès des débats à la hauteur et n&rsquo;en trouve aucun. Pas une loi d&rsquo;ampleur. Un éléphant au milieu de la pièce, que personne ne veut voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n&rsquo;a rien d&rsquo;un hasard, explique-t-il. Qu&rsquo;un·e élu·e s&rsquo;avise de réguler, et le lendemain des millions de dollars de publicités hostiles s&rsquo;abattent sur sa campagne. La peur, plus que l&rsquo;ignorance, tient les langues. D&rsquo;où deux initiatives. En mars, avec la représentante Alexandria Ocasio-Cortez, il propose un moratoire sur la construction des centres de données tant que des garde-fous n&rsquo;existent pas. En juin, il dépose l&rsquo;American AI Sovereign Wealth Fund Act, qui taxerait les entreprises les plus riches du secteur pour reverser directement aux citoyen·ne·s une part de la richesse produite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À qui appartient le savoir ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur quoi repose l&rsquo;IA ? Sur le travail et le savoir humains, répond Sanders. Les livres, les poèmes, les articles, les recherches scientifiques avalés par les modèles. Celles et ceux qui les ont produits n&rsquo;ont, eux, rien touché. Wired elle-même, rappelle sa directrice, n&rsquo;a perçu aucun dollar pour ce que l&rsquo;IA a moissonné dans ses pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là vient sa proposition la plus tranchante : que le public détienne la moitié de ces industries, avec la moitié des sièges au conseil d&rsquo;administration. La moitié des richesses créées reviendrait alors à la collectivité. Sam Altman, qu&rsquo;il a rencontré une heure, n&rsquo;a pas caché sa réticence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le vertige des centres de données</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi la colère monte-t-elle contre les data centers ? Factures d&rsquo;électricité, bruit, saccage des paysages : les motifs immédiats sont concrets. Mais Sanders y lit autre chose. Dans une petite commune, cinq bénévoles d&rsquo;un conseil municipal se retrouvent face aux firmes les plus puissantes du monde, armées d&rsquo;avocat·e·s et d&rsquo;accords de confidentialité. Les habitant·e·s ignorent parfois ce qui se décide chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le centre de données, dit-il, cristallise un sentiment plus large : celui d&rsquo;une technologie imposée d&rsquo;en haut, sans consentement. Derrière la facture, il y a l&#8217;emploi. Six à huit millions de personnes conduisent camions, taxis et voitures avec chauffeur ; au Texas, des poids lourds roulent déjà sans personne au volant. Où iront ces travailleur·euse·s de cinquante ans, demande le sénateur, quand leur métier aura disparu ? Cette dépossession, il la voit déjà se retourner en mobilisation : assemblées locales, urnes, primaires new-yorkaises emportées par la gauche.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Oligarchie et autoritarisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sanders refuse de séparer oligarchie et autoritarisme. « Frères jumeaux », dit-il. Il rappelle qu&rsquo;Elon Musk aurait dépensé quelque 290 millions de dollars pour faire élire Donald Trump, et que le premier déplacement du second mandat fut pour l&rsquo;Arabie saoudite. Fortune démesurée, mépris de la démocratie, appétit pour l&rsquo;IA : le triangle se referme. Comment, s&rsquo;étonne-t-il, peut-on juger impossible de garantir des soins à toutes et tous, mais parfaitement réaliste de bâtir des centaines de centres de données ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la peur intime, qu&rsquo;il nomme sans détour. Les deepfakes qui mettent des mots dans la bouche d&rsquo;autrui. La surveillance qui suit chaque trace laissée en ligne. Ces enfants confiés à des « compagnons » artificiels. Et l&rsquo;avertissement de Geoffrey Hinton, prix Nobel et pionnier du domaine, sur une perte de contrôle aux conséquences possiblement calamiteuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Refuser la peur comme moteur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument « il faut battre la Chine » ? Un épouvantail, tranche Sanders, une fausse urgence brandie pour tout permettre. Il dit avoir réuni autour d&rsquo;une même table des scientifiques américain·e·s et chinois·es, mus par les mêmes inquiétudes. Contre le fatalisme, il convoque l&rsquo;histoire longue des luttes : abolitionnistes, droits civiques, New Deal. Des combats jugés perdus d&rsquo;avance, et pourtant gagnés. Sa boussole tient en peu de mots : une semaine de travail allégée à salaire égal, des richesses partagées, et surtout le refus de céder ce qui nous rend humains à des machines vouées à la seule efficacité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;entretien ne referme rien. Il laisse une question suspendue : une majorité en colère peut-elle peser plus lourd que quelques fortunes ? Sanders parie que oui, sans prétendre connaître la réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui tiendra la bougie ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">#IntelligenceArtificielle #Démocratie #DroitsHumains #JusticeSociale #Oligarchie</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/07/03/a-qui-appartiendra-l-intelligence-artificielle/">À qui appartiendra l’intelligence artificielle ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1066</post-id>	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;IA qui construit l&#8217;IA : freiner, est-ce encore possible ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jun 2026 11:11:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Anthropic admet que l'IA construit déjà l'IA et réclame un frein international. Une initiative à saluer — malgré son angle mort écologique. Décryptage.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/">L’IA qui construit l’IA : freiner, est-ce encore possible ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Anthropic, l&rsquo;un des principaux laboratoires d&rsquo;intelligence artificielle au monde, <a href="https://www.anthropic.com/institute/recursive-self-improvement" target="_blank" rel="noopener" title="">vient de reconnaître publiquement </a>que ses systèmes participent de plus en plus à leur propre conception. Plus inattendu encore : l&rsquo;entreprise plaide pour qu&rsquo;existe l&rsquo;option d&rsquo;un ralentissement internationalement coordonné. Lorsque les concepteur·rice·s eux·elles-mêmes réclament un frein, qui tiendra les commandes ?</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme est technique, ses implications le sont moins. L&rsquo;« auto-amélioration récursive » désigne le moment où une IA deviendrait capable de concevoir et d&rsquo;entraîner seule la version suivante d&rsquo;elle-même. Nous n&rsquo;y sommes pas encore. Mais les chiffres qu&rsquo;avance Anthropic donnent le vertige : en 2026, plus de 80 % du code intégré à son infrastructure est écrit par son propre modèle, et chaque ingénieur·e en produit huit fois plus qu&rsquo;en 2024. La durée des tâches qu&rsquo;ils accomplissent seuls double tous les quatre mois environ : il y a deux ans, ces systèmes ne menaient à bien que des tâches de quelques minutes ; aujourd&rsquo;hui, ils abattent sans intervention humaine l&rsquo;équivalent de plusieurs heures de travail. La boucle ne s&rsquo;est pas encore refermée. Mais l&rsquo;écart se réduit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;humain, simple superviseur ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rôle humain se rétrécit à chaque étape. Hier, on écrivait le code ; aujourd&rsquo;hui, on le relit ; demain, peut-être, on se contentera de fixer un cap. Anthropic envisage trois avenirs : un essoufflement de la tendance, des gains d&rsquo;efficacité qui se cumulent, ou cette bascule où la machine se bâtit elle-même. Les deux derniers scénarios ouvrent des gouffres : surveillance de populations entières, manipulation taillée sur mesure pour chaque individu, et surtout le risque que l&rsquo;humanité perde le contrôle de ce qu&rsquo;elle a créé. L&rsquo;entreprise cite, presque en aveu, ces salarié·e·s troublé·e·s : les jours où tout fonctionne, certain·e·s confient n&rsquo;avoir plus le sentiment que leur travail compte. Comment garantir les droits fondamentaux dans un monde où la décision technique échappe à toute délibération démocratique ? Et que reste-t-il de notre responsabilité quand l&rsquo;outil décide à notre place ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le frein, un bien commun ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là que le document surprend. Anthropic affirme qu&rsquo;un ralentissement serait sans doute souhaitable, à condition qu&rsquo;il soit collectif : un frein actionné par un seul laboratoire ne ferait que désigner un·e autre vainqueur·e de la course. L&rsquo;entreprise appelle donc à un mécanisme international de coordination, capable de vérifier que chacun·e respecte la pause. L&rsquo;exercice s&rsquo;annonce ardu. Un programme d&rsquo;entraînement se dissimule plus aisément qu&rsquo;un silo de missiles, ses composants servent mille usages, et la tentation de tricher en secret est immense — car qui poursuit pendant que les autres s&rsquo;arrêtent hérite de l&rsquo;avance. Les précédents existent, tel le traité sur les forces nucléaires intermédiaires, mais ils ont exigé des décennies de patience et de confiance. Or, reconnaît l&rsquo;entreprise, le temps manque. Et celles et ceux qui ne travaillent pas dans ces laboratoires doivent, écrit-elle, prendre part à la décision.</p>







<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;angle mort écologique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Saluons l&rsquo;honnêteté de la démarche. Mais une omission frappe. Parmi les freins possibles, Anthropic cite la limite des capacités de calcul : il faudra peut-être plus d&rsquo;énergie et de puces que la planète n&rsquo;en produit. Le « compute » est ainsi pensé comme un obstacle à la croissance de l&rsquo;IA — jamais comme un coût pour le vivant. Pas un mot sur l&#8217;empreinte climatique de ces centres de données, sur l&rsquo;eau qu&rsquo;ils engloutissent, sur les terres rares qu&rsquo;ils arrachent au sol, sur les déchets — y compris nucléaires — qu&rsquo;une telle course suppose. Penser le calcul comme une ressource rare pour l&rsquo;IA, sans jamais le penser comme une charge pour la biosphère : l&rsquo;omission n&rsquo;est pas neutre. Peut-on raisonner les limites d&rsquo;une technologie sans jamais regarder ce qu&rsquo;elle prélève sur le monde ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une convergence inattendue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte paraît presque en même temps que l&rsquo;encyclique <em>Magnifica Humanitas</em>, par laquelle le pape Léon XIV appelle, lui aussi, à « désarmer » l&rsquo;intelligence artificielle et à la soumettre à une éthique commune. Un laboratoire et une Église, à quelques jours d&rsquo;intervalle, réclament des garde-fous. Coïncidence ou signal ? L&rsquo;initiative d&rsquo;Anthropic, en posant elle-même la question du contrôle, ouvre une brèche. À la société civile, aux militant·e·s des droits humains, de s&rsquo;y engouffrer : pour exiger que ces décisions ne restent pas confisquées par une poignée d&rsquo;acteur·rice·s, et que le frein, s&rsquo;il existe un jour, serve d&rsquo;abord l&rsquo;humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La boucle reste ouverte.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#IntelligenceArtificielle #DroitsHumains #GouvernanceMondiale #JusticeClimatique #Régulation</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/06/07/ia-qui-construit-ia-freiner/">L’IA qui construit l’IA : freiner, est-ce encore possible ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1030</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:43:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[Droit Du Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Économie Des Plateformes]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Justice Sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Gig Economy]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=1011</guid>

					<description><![CDATA[<p>Human Rights Watch publie une vaste enquête mondiale sur l&#8217;économie des plateformes. Derrière les apps qui livrent nos repas et acheminent nos courses, 435 millions de travailleur·euse·s subissent un même paradoxe : contrôlé·e·s comme des salarié·e·s, privé·e·s de toute protection. À quelques semaines de négociations décisives à l&#8217;OIT, le moment est venu de trancher. Apraham, ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/#more-1011" aria-label="En savoir plus sur Plateformes numériques : l&#8217;algorithme commande, personne ne répond">Lire plus</a></p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/">Plateformes numériques : l’algorithme commande, personne ne répond</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Human Rights Watch publie une <a href="https://www.hrw.org/feature/2026/05/13/algorithms-of-exploitation/rights-abuses-in-the-gig-economy-and-the-global-fight" target="_blank" rel="noopener" title="">vaste enquête mondiale </a>sur l&rsquo;économie des plateformes. Derrière les apps qui livrent nos repas et acheminent nos courses, 435 millions de travailleur·euse·s subissent un même paradoxe : contrôlé·e·s comme des salarié·e·s, privé·e·s de toute protection. À quelques semaines de négociations décisives à l&rsquo;OIT, le moment est venu de trancher.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Apraham, 74 ans, conduit pour Uber à Beyrouth depuis dix ans. Un soir d&rsquo;octobre 2024, deux passagers le braquent au couteau, lui volent voiture et téléphones. Quand il contacte la plateforme, on lui répond qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas responsable. La police attend qu&rsquo;Uber dépose plainte ; Uber attend que la police contacte l&rsquo;entreprise. « Personne n&rsquo;a bougé », résume-t-il. Sans véhicule, sans assurance, sans pension, il survit grâce à ses frères et sœurs. Son histoire ouvre l&rsquo;enquête que Human Rights Watch consacre aux travailleur·euse·s des plateformes numériques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">435 millions de personnes, un même piège</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres donnent le vertige. La Banque mondiale estime que 435 millions de personnes tirent désormais un revenu d&rsquo;une plateforme numérique. Dans l&rsquo;Union européenne, elles seraient 43 millions en 2025, en hausse de 52 % depuis 2022. L&rsquo;OIT mesure une croissance de 90 % entre 2016 et 2021. Derrière ces données, un même modèle : une application décide qui travaille, à quel prix, pour combien de temps — et peut désactiver le compte sans explication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les témoignages réunis par HRW dans dix pays composent un tableau glaçant. À Nairobi, Susan accepte des courses dans des quartiers qu&rsquo;elle juge dangereux : refuser ferait chuter sa note. À Édimbourg, Arjun constate qu&rsquo;une même commande est proposée à trois ou quatre livres selon le coursier. À Mexico, Jesús González est percuté à un feu rouge : l&rsquo;hôpital public le refoule, faute d&rsquo;affiliation. À Delhi, Ravi se brise le bras pour livrer dans les dix minutes imposées par l&rsquo;app.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Salarié·e·s en tout sauf en droit</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le mécanisme est partout identique. Les plateformes fixent les tarifs, contrôlent les itinéraires, évaluent les performances, sanctionnent les écarts. Mais elles qualifient leurs travailleur·euse·s d&rsquo;« indépendant·e·s » ou de « partenaires ». « Si elles contrôlent tout cela, comment ne sont-elles pas notre employeur ? », interroge Jesús. La question n&rsquo;est pas rhétorique : elle ouvre des contentieux dans toute l&rsquo;Europe et au-delà. Royaume-Uni, France, Espagne, Italie, Mexique : des juridictions ont reconnu un lien de subordination que les contrats s&rsquo;efforcent de nier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu est immense. Reclasser ces millions de personnes, c&rsquo;est leur ouvrir l&rsquo;accès au salaire minimum, aux congés payés, à l&rsquo;assurance maladie, à la pension. C&rsquo;est aussi remettre à leur place les algorithmes qui, comme l&rsquo;a théorisé la juriste Veena Dubal, pratiquent une « discrimination salariale algorithmique » en payant différemment deux personnes pour un même travail.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le moment européen, le moment mondial</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La directive européenne de 2024 a marqué une étape : présomption de salariat, transparence algorithmique, interdiction du licenciement automatisé. Les États membres — la Belgique comprise — ont jusqu&rsquo;en décembre 2026 pour la transposer. Mais l&rsquo;échelle du problème est mondiale. Les négociations en cours à l&rsquo;OIT, qui doivent aboutir en juin 2026, sont décisives : un premier traité international sur les droits des travailleur·euse·s de plateforme pourrait y être adopté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que faudra-t-il y inscrire ? Une présomption de salariat dès lors que la plateforme exerce un contrôle effectif. Un droit d&rsquo;accès humain aux décisions algorithmiques. La rémunération de tout le temps de travail, attente comprise. L&rsquo;accès aux protections sociales. Et le droit de s&rsquo;organiser sans représailles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;invisibilité prend fin</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Car les travailleur·euse·s ne se résignent pas. Au Mexique, l&rsquo;UNTA a obtenu en 2024 l&rsquo;accès à la sécurité sociale pour celles et ceux atteignant le salaire minimum. En Inde, les grèves de janvier 2026 ont fait reculer les promesses de livraison en dix minutes. Au Kenya, à Édimbourg, des collectifs se forment, documentent, attaquent en justice. « Nous ne sommes enfin plus invisibles », confie Manuel Durán, de l&rsquo;UNTA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière chaque application, des choix politiques, des actionnaires, des silences. Derrière chaque livraison, une personne. À nous, citoyen·ne·s et consommateur·rice·s, de soutenir celles et ceux qui exigent que le droit du travail ne s&rsquo;arrête pas aux portes de l&rsquo;app store.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le clic n&rsquo;efface rien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#DroitsHumains #GigEconomy #Plateformes #OIT2026 #JusticeSociale</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/05/22/plateformes-numeriques-lalgorithme-commande-personne-ne-repond/">Plateformes numériques : l’algorithme commande, personne ne répond</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">1011</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Le RGPD face aux IA : quand l&#8217;inférence remplace le consentement</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/04/16/le-rgpd-face-aux-ia-quand-linference-remplace-le-consentement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 09:36:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[DroitsNumériques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection_des_données]]></category>
		<category><![CDATA[RGPD]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=924</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une recherche publiée sur Tech Policy Press met au jour une réalité dérangeante : les systèmes d&#8217;intelligence artificielle qui orchestrent nos vies numériques infèrent automatiquement nos opinions politiques, notre orientation sexuelle, nos croyances religieuses. Sans jamais les demander. En contradiction apparente avec l&#8217;article 9 du Règlement général sur la protection des données. Un continuum du ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Le RGPD face aux IA : quand l&#8217;inférence remplace le consentement" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/04/16/le-rgpd-face-aux-ia-quand-linference-remplace-le-consentement/#more-924" aria-label="En savoir plus sur Le RGPD face aux IA : quand l&#8217;inférence remplace le consentement">Lire plus</a></p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/16/le-rgpd-face-aux-ia-quand-linference-remplace-le-consentement/">Le RGPD face aux IA : quand l’inférence remplace le consentement</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une <a href="https://www.techpolicy.press/are-ai-systems-incompatible-with-data-privacy/" target="_blank" rel="noopener" title="">recherche publiée sur Tech Policy Press</a> met au jour une réalité dérangeante : les systèmes d&rsquo;intelligence artificielle qui orchestrent nos vies numériques infèrent automatiquement nos opinions politiques, notre orientation sexuelle, nos croyances religieuses. Sans jamais les demander. En contradiction apparente avec l&rsquo;article 9 du Règlement général sur la protection des données.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un continuum du profilage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Bouchaud et Pedro Ramaciotti, chercheur·euse·s affilié·e·s au CNRS, identifient quatre systèmes algorithmiques déployés sur X, s&rsquo;échelonnant du profilage explicite au profilage implicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À une extrémité : la régie publicitaire. En juin 2025, AI Forensics a révélé que TotalEnergies excluait de ses campagnes les utilisateur·rice·s intéressé·e·s par les écologistes et les produits « kosher ». Dell écartait les profils engagés avec le mot-clé « #lesbian ». La Commission européenne elle-même excluait de ses campagnes les profils affublés par la plateforme d&rsquo;étiquettes politiques — « fasciste », « communiste » — pour éviter qu&rsquo;ils reçoivent ses messages. Neuf ONG ont depuis déposé plainte auprès des coordinateurs nationaux du Digital Services Act.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment une institution qui se veut gardienne des droits fondamentaux peut-elle mobiliser des catégories politiques pour distribuer ses messages ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;inférence comme mécanisme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus insidieux : le dispositif « Community Notes ». Pour sélectionner les notes « jugées utiles par des personnes de points de vue divers », l&rsquo;algorithme doit d&rsquo;abord situer chaque contributeur·rice sur une échelle idéologique. L&rsquo;étude vérifie empiriquement, dans treize pays sur cinq continents, que ces positions inférées correspondent étroitement aux orientations politiques réelles. Meta, YouTube et TikTok déploient des dispositifs comparables. Le profilage politique devient infrastructure industrielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus profondément encore, les systèmes de recommandation — « Who to Follow », fil d&rsquo;actualité — encodent l&rsquo;idéologie dans les représentations internes des utilisateur·rice·s. Non par choix d&rsquo;ingénierie, mais comme propriété émergente : l&rsquo;opinion politique structure à ce point nos comportements en ligne que tout modèle contemporain suffisamment puissant, entraîné sur ces traces, la captera inévitablement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les IA conversationnelles aussi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les grands modèles de langage ne font pas exception. Révéler son prénom déclenche une inférence d&rsquo;origine ethnique. Mentionner un sport pratiqué active une inférence de genre. Ces déductions ont des effets concrets : la personne pratiquant la danse classique sera plus souvent orientée vers une carrière d&rsquo;infirmière que de médecin. Le persona « romance » de Grok instruit explicitement son modèle à déterminer l&rsquo;orientation sexuelle de son interlocuteur·rice. Derrière chaque requête, un profil sensible se construit à notre insu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un double bind réglementaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ici se noue le dilemme juridique. La Cour de justice de l&rsquo;Union européenne a confirmé que toute donnée « susceptible de révéler indirectement une information sensible » tombe sous la prohibition de l&rsquo;article 9. Appliquée strictement, cette lecture rend non conforme une famille entière de systèmes d&rsquo;IA contemporains. À l&rsquo;inverse, exclure le profilage passif du champ du RGPD reviendrait à autoriser les plateformes à exploiter sciemment les dimensions politiques latentes de leurs modèles, sous couvert de déni plausible. Entre ces deux branches, c&rsquo;est la promesse même d&rsquo;une vie privée à l&rsquo;ère algorithmique qui se joue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il choisir entre la protection des droits fondamentaux et l&rsquo;existence même de ces technologies ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Défendre le rempart</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteur·rice·s proposent une voie technique : contraindre, dès l&rsquo;entraînement, les modèles à ne pas pouvoir prédire l&rsquo;orientation politique de figures publiques. Leur expérimentation sur X démontre que retirer chirurgicalement la dimension idéologique augmente la diversité politique des recommandations sans en dégrader la pertinence. La compatibilité entre IA et vie privée n&rsquo;est donc pas impossible : elle suppose qu&rsquo;on cesse de laisser les systèmes apprendre ce que la loi interdit de traiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le RGPD n&rsquo;est pas un obstacle à contourner. C&rsquo;est un rempart à défendre. Les outils d&rsquo;explicabilité rendent désormais indéfendable tout déni de connaissance : ce que les algorithmes calculent est identifiable, mesurable, corrigeable. Aux régulateurs européens de tenir la ligne. Aux citoyen·ne·s de les soutenir.</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/04/16/le-rgpd-face-aux-ia-quand-linference-remplace-le-consentement/">Le RGPD face aux IA : quand l’inférence remplace le consentement</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">924</post-id>	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/26/lia-militaire-en-belgique-qui-decide-des-regles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Mar 2026 18:43:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Belgique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=864</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;intelligence artificielle se déploie dans nos armées et nos services de sécurité sans cadre légal, sans débat parlementaire, sans garde-fous. En Belgique, un citoyen a déposé une pétition fédérale jugée recevable par la Chambre. Il faut 25.000 signatures pour obliger nos représentant·e·s à se saisir du sujet. Cinq minutes. Un lien. Le minimum démocratique. L&#8217;angle ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="L&#8217;IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/03/26/lia-militaire-en-belgique-qui-decide-des-regles/#more-864" aria-label="En savoir plus sur L&#8217;IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?">Lire plus</a></p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/26/lia-militaire-en-belgique-qui-decide-des-regles/">L’IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;intelligence artificielle se déploie dans nos armées et nos services de sécurité sans cadre légal, sans débat parlementaire, sans garde-fous. En Belgique, un citoyen a déposé une pétition fédérale jugée recevable par la Chambre. <a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" target="_blank" rel="noopener" title="">Il faut 25.000 signatures pour obliger nos représentant·e·s à se saisir du sujet. Cinq minutes. Un lien</a>. Le minimum démocratique.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;angle mort de l&rsquo;AI Act</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On a beaucoup célébré l&rsquo;AI Act européen, entré en vigueur en 2024. On a nettement moins parlé de son impensé le plus massif : la sécurité nationale est explicitement exclue de son champ d&rsquo;application. Ce n&rsquo;est pas un oubli technique — c&rsquo;est un choix politique délibéré. L&rsquo;Union européenne ne peut pas légiférer dans ce domaine sans révision des traités. Chaque État membre reste seul souverain, et seul responsable, de ce qu&rsquo;il autorise à ses forces armées en matière d&rsquo;IA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la Belgique ? Aucun cadre légal spécifique. Aucun débat structuré. Aucun mécanisme de contrôle indépendant. Une charte non contraignante a bien été signée le 11 juillet 2025 par près de 40 organismes fédéraux dont la Police et la Défense — mais ce document renvoie lui-même à l&rsquo;AI Act, qui exclut précisément ce qu&rsquo;on cherche à encadrer. La boucle est bouclée. Rien ne contrôle rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Palantir à nos portes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que le vide juridique s&rsquo;installe, les fournisseurs technologiques n&rsquo;attendent pas. L&rsquo;Echo et Le Soir ont révélé que Palantir — le géant américain de l&rsquo;analyse de données piloté par Peter Thiel — a ouvert une filiale belge en décembre 2025, deux mois après une rencontre entre le ministre de la Défense Theo Francken et ses représentant·e·s. Notre Premier ministre Bart De Wever évoque des « discussions exploratoires ». Aucun contrat signé, dit-il. Mais le couloir est ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre l&rsquo;enjeu, il suffit de regarder ce que Palantir fait ailleurs. Aux États-Unis, l&rsquo;entreprise fournit à l&rsquo;ICE un système de traçage des migrant·e·s et a développé ImmigrationOS — ce sont des contrats documentés, des systèmes en production. En Allemagne, la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel l&rsquo;usage de son logiciel de surveillance par la police des Länder de Hesse et de Hambourg. En Suisse, malgré dix ans de démarchage, l&rsquo;entreprise a été rejetée pour risques liés à la souveraineté des données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Belgique sera-t-elle plus vigilante que l&rsquo;Allemagne ne l&rsquo;a été avant que ses tribunaux interviennent ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les garde-fous ne se négocient pas seuls</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Département de la Défense américain avait exigé qu&rsquo;Anthropic, l&rsquo;éditeur de l&rsquo;IA Claude, lève deux interdictions éthiques inscrites dans ses contrats : l&rsquo;usage de son IA pour la surveillance de masse de citoyen·ne·s, et son intégration dans des systèmes d&rsquo;armes létaux sans supervision humaine. Anthropic a refusé. Son fondateur a déclaré publiquement ne pas pouvoir « en bonne conscience accéder à leur demande ». Le Pentagone l&rsquo;a classé « risque sécuritaire inacceptable » — et OpenAI a pris sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est sans ambiguïté : quand une entreprise dit non, on la remplace. Comment croire encore que les garde-fous éthiques tiendront si le seul frein reste la bonne volonté d&rsquo;un fournisseur privé ? Il ne reste plus que le politique pour poser des limites. Encore faut-il qu&rsquo;il se saisisse du sujet.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois demandes, un levier réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" title="">La pétition</a> déposée par le journaliste et citoyen Damien Van Achter, jugée recevable par la Chambre, formule trois demandes concrètes : que le gouvernement dresse un état des lieux des systèmes d&rsquo;IA déployés par la Défense et la Police fédérale ; que la Belgique fixe ses propres règles minimales — transparence, contrôle humain, audit indépendant ; que le Parlement se prononce sur deux usages précis : la surveillance de masse et les armes autonomes sans supervision humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un appel à l&rsquo;interdiction. C&rsquo;est une demande de débat. Le droit de pétition est inscrit dans notre Constitution : 25.000 signatures réparties entre les trois régions — 14.500 en Flandre, 8.000 en Wallonie, 2.500 à Bruxelles — obligent la Chambre à examiner le texte. Un levier institutionnel réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" title="">Signer cette pétition</a>, ce n&rsquo;est pas se prononcer pour ou contre l&rsquo;IA militaire. C&rsquo;est demander que la question soit posée là où elle doit l&rsquo;être : au Parlement, en commission, en séance publique — et non dans des négociations opaques entre un cabinet ministériel et une multinationale technologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces citoyen·ne·s qui exigent la transparence sur les technologies de défense parviendront, nous en sommes certain·e·s, à faire avancer ce débat, pour peu que nous les soutenions. À nous non pas d&rsquo;attendre que les tribunaux corrigent ce que le politique aurait pu encadrer à temps, mais d&rsquo;agir maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1290?ref=da.van.ac" title="">Au boulot</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">#IAMilitaire #DémocratieParlementaire #Pétition #Belgique #DroitsNumériques</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/26/lia-militaire-en-belgique-qui-decide-des-regles/">L’IA militaire en Belgique : qui décide des règles ?</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">864</post-id>	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;ONU à l&#8217;épreuve de ses propres algorithmes</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 15:42:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conflits]]></category>
		<category><![CDATA[Droit International Humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=854</guid>

					<description><![CDATA[<p>L&#8217;ONU prône une gouvernance mondiale éthique de l&#8217;intelligence artificielle. Elle déploie simultanément ces mêmes technologies dans ses opérations de maintien de la paix — parfois sans cadre, parfois au détriment des populations qu&#8217;elle est censée protéger. Cette tension, documentée dans une note de l&#8217;Observatoire Boutros-Ghali de mars 2026, interpelle quiconque croit en la capacité du ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="L&#8217;ONU à l&#8217;épreuve de ses propres algorithmes" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/#more-854" aria-label="En savoir plus sur L&#8217;ONU à l&#8217;épreuve de ses propres algorithmes">Lire plus</a></p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/">L’ONU à l’épreuve de ses propres algorithmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>L&rsquo;ONU prône une gouvernance mondiale éthique de l&rsquo;intelligence artificielle. Elle déploie simultanément ces mêmes technologies dans ses opérations de maintien de la paix — parfois sans cadre, parfois au détriment des populations qu&rsquo;elle est censée protéger. Cette tension, documentée dans <a href="https://www.observatoire-boutros-ghali.org/wp-content/uploads/2026/03/Note-YOUNSI-OBG-IA-ONU-OP-Version-FRmars.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="">une note de l&rsquo;Observatoire Boutros-Ghali de mars 2026</a>, interpelle quiconque croit en la capacité du multilatéralisme à réguler le numérique.</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Arbitre et joueur</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 2024, le Secrétaire général António Guterres avertissait : le sort de l&rsquo;humanité ne doit « jamais être laissé à la boîte noire d&rsquo;un algorithme ». Quelques semaines plus tard, l&rsquo;ONU perfectionnait ses plateformes de surveillance géospatiale dans ses propres missions. Ce n&rsquo;est pas de la mauvaise foi — c&rsquo;est une tension structurelle qu&rsquo;Antoine Younsi, chercheur au GRIP, met en lumière avec précision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;un côté, l&rsquo;organisation accumule les initiatives normatives : Pacte numérique mondial adopté à l&rsquo;unanimité en 2024, principes éthiques pour l&rsquo;usage interne des algorithmes, organe consultatif de haut niveau sur l&rsquo;IA. De l&rsquo;autre, elle intègre ces technologies dans ses opérations de paix de manière souvent expérimentale — avec des pratiques qui précèdent les règles censées les encadrer.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une gouvernance mondiale en éclats</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage normatif international est morcelé. Les États-Unis, la Chine et l&rsquo;Union européenne se disputent le rôle de puissance régulatrice. Les standards s&rsquo;accumulent, souvent incompatibles. On parle de gouvernance en « patchwork », de pratiques de « forum shopping » par lesquelles États et entreprises sélectionnent les enceintes les moins contraignantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Europe, avec son AI Act contraignant, offre un contre-modèle partiel. Mais sans mécanismes contraignants à l&rsquo;échelle onusienne, les normes restent inopposables : moins d&rsquo;un quart des États signataires de la Recommandation de l&rsquo;UNESCO sur l&rsquo;éthique de l&rsquo;IA ont réellement engagé des outils de mise en œuvre.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>SAGE, Unite Aware : la promesse prédictive</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La note examine deux outils concrets. SAGE permet aux Casques bleus de visualiser des données géolocalisées sur les violences et les tensions. Unite Aware, opérationnelle depuis 2023 à Chypre, croise des données multisources pour anticiper les crises. Un partenariat ONU–École polytechnique fédérale de Zurich a montré que des algorithmes d&rsquo;apprentissage profond pouvaient générer des prévisions à court terme de l&rsquo;intensité des conflits. En janvier 2026, la plateforme entre dans une deuxième phase, notamment au sein de la MONUSCO en République démocratique du Congo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est prometteur. Et vertigineux.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les données ne sont jamais neutres</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que la note devient la plus précieuse pour les défenseur·e·s des droits humains. Les données collectées en zone de conflit reflètent les biais de ceux qui les collectent, les omissions des formulaires, les angles morts culturels et de genre. En RDC, la simplification des catégories dans SAGE a conduit à regrouper des dizaines de groupes armés sous une même étiquette, faussant les analyses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les algorithmes entraînés sur ces données imparfaites peuvent amplifier ces biais. Une confiance excessive crée une distance entre personnels onusiens et populations — ce que des chercheur·e·s appellent la « bunkerisation » des missions. Certain·e·s évoquent même un « colonialisme des données » : technologies développées par des acteurs occidentaux, déployées sur des populations du Sud global, anciennement colonisées, sans garanties sur la propriété des données ni sur la participation des communautés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment garantir la protection des civils si les algorithmes ignorent les dynamiques de genre ? Comment préserver la légitimité des missions si les populations deviennent des données à extraire plutôt que des citoyen·ne·s à associer aux processus de paix ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;exemplarité ou rien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;ONU veut rester crédible dans la gouvernance mondiale de l&rsquo;IA, elle doit l&rsquo;être dans l&rsquo;usage qu&rsquo;elle en fait. Ses opérations de paix sont un laboratoire — et une vitrine. Un décalage durable entre ambitions normatives et pratiques éroderait sa légitimité, au moment précis où le monde en a le plus besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enjeux nous concernent. Nos gouvernements contribuent aux missions onusiennes et siègent aux instances de régulation. Les entreprises de nos pays participent au développement de ces technologies. Personne n&rsquo;est spectateur·rice de cette transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;IA ne sera ni solution magique ni gouffre inéluctable. Ses effets dépendent des choix que nous faisons — maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous d&rsquo;exiger la cohérence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">GouvernanceIA #MaintiendeLaPaix #DroitsHumains #NationsUnies #IntelligenceArtificielle</p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/25/lonu-a-lepreuve-de-ses-propres-algorithmes/">L’ONU à l’épreuve de ses propres algorithmes</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">854</post-id>	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;algorithme de X fabrique du consentement conservateur</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/03/01/lalgorithme-de-x-fabrique-du-consentement-conservateur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 16:24:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=822</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une étude publiée dans Nature en février 2026 apporte enfin une preuve expérimentale de ce que beaucoup soupçonnaient : le fil algorithmique de X (ex-Twitter) déplace les opinions politiques vers des positions conservatrices. Et l&#8217;effet persiste même quand on coupe l&#8217;algorithme. Sept semaines sous algorithme Il y a un geste que des milliards de personnes ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="L&#8217;algorithme de X fabrique du consentement conservateur" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/03/01/lalgorithme-de-x-fabrique-du-consentement-conservateur/#more-822" aria-label="En savoir plus sur L&#8217;algorithme de X fabrique du consentement conservateur">Lire plus</a></p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/01/lalgorithme-de-x-fabrique-du-consentement-conservateur/">L’algorithme de X fabrique du consentement conservateur</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une étude publiée dans <em>Nature</em> en février 2026 apporte enfin une preuve expérimentale de ce que beaucoup soupçonnaient : le fil algorithmique de X (ex-Twitter) déplace les opinions politiques vers des positions conservatrices. Et l&rsquo;effet persiste même quand on coupe l&rsquo;algorithme.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sept semaines sous algorithme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un geste que des milliards de personnes posent chaque jour sans y penser : faire défiler leur fil d&rsquo;actualité. Ce geste paraît anodin. Il ne l&rsquo;est pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une équipe de chercheur·euse·s des universités de Bocconi, Saint-Gall et de la Paris School of Economics a conduit en 2023 une expérience de terrain impliquant près de 5 000 utilisateur·rice·s américain·e·s actif·ve·s de X, réparti·e·s aléatoirement entre deux conditions : un fil chronologique classique ou le fil algorithmique « Pour vous ». Pendant sept semaines, les participant·e·s ont navigué dans leur environnement assigné pendant que les chercheur·euse·s mesuraient l&rsquo;évolution de leurs attitudes politiques et de leurs comportements en ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats, publiés dans <em>Nature</em> le 18 février 2026, sont sans ambiguïté. L&rsquo;exposition au fil algorithmique de X déplace les opinions vers des positions conservatrices — sur les priorités politiques, sur les enquêtes judiciaires visant Donald Trump, sur la guerre en Ukraine. Des effets mesurables, statistiquement solides, obtenus indépendamment de la plateforme elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l&rsquo;algorithme fait vraiment</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de reconnaître que la mécanique révélée par cette étude est d&rsquo;une redoutable efficacité. L&rsquo;algorithme de X ne se contente pas de réorganiser les contenus : il en sélectionne activement certains au détriment d&rsquo;autres. Les posts conservateurs apparaissent près de 20 % plus souvent dans le fil algorithmique que dans un fil chronologique. Les médias d&rsquo;information traditionnels y sont relégués de 58 %. À leur place, les comptes d&rsquo;activistes politiques — en majorité conservateurs — voient leur visibilité bondir de 27 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas le fruit du hasard. Ce sont des choix d&rsquo;ingénierie. Des paramètres. Des décisions prises par des êtres humains dans des salles de réunion, concernant ce que des centaines de millions d&rsquo;autres êtres humains verront ou ne verront pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;effet le plus préoccupant tient dans son asymétrie. Les utilisateur·rice·s exposé·e·s à l&rsquo;algorithme commencent à suivre des comptes d&rsquo;activistes conservateurs. Et lorsqu&rsquo;on leur retire ensuite l&rsquo;algorithme — lorsqu&rsquo;on revient au fil chronologique —, ils et elles continuent de suivre ces comptes. Les opinions façonnées ne se dissolvent pas. Le ver est dans le fruit. L&rsquo;exposition passée structure l&rsquo;exposition future.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire encore qu&rsquo;une plateforme est un simple espace neutre d&rsquo;échange, lorsque ses paramètres techniques orientent les attitudes politiques de ses utilisateur·rice·s sans que ceux et celles-ci en soient conscient·e·s ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un enjeu de droits humains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette recherche n&rsquo;est pas qu&rsquo;une curiosité académique. Elle touche au cœur de ce que la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme nomme la liberté d&rsquo;opinion et d&rsquo;expression — des droits qui présupposent que les individus forment leurs convictions dans un environnement pluraliste et non manipulé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or les plateformes algorithmiques constituent aujourd&rsquo;hui l&rsquo;environnement informationnel de premier recours pour une fraction croissante de la population mondiale. Un quart des adultes américain·e·s déclarent les réseaux sociaux comme leur source principale d&rsquo;information. En Europe, les chiffres sont comparables. Ce n&rsquo;est pas anodin quand on sait que l&rsquo;algorithme étudié ici rétrograde de 58 % les médias d&rsquo;information au profit de contenus militants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos gouvernements — dont nombre d&rsquo;entre eux se déclarent défenseurs de la liberté de la presse et du pluralisme démocratique dans les enceintes de Bruxelles ou de Strasbourg — ont-ils mesuré ce que signifie confier l&rsquo;architecture de l&rsquo;espace public à des entreprises privées dont les objectifs sont l&rsquo;engagement et la monétisation ? Comment croire encore dans l&rsquo;engagement institutionnel pour la liberté d&rsquo;expression lorsque les règlements sur la gouvernance des données restent si timides face à la puissance de ces mécanismes ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude rappelle en outre que des travaux antérieurs sur Twitter — avant même le rachat par Elon Musk — avaient déjà identifié un biais de l&rsquo;algorithme vers les contenus de droite. La propriété de la plateforme change ; l&rsquo;orientation algorithmique, elle, persiste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réguler ou subir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des citoyen·ne·s, des chercheur·euse·s, des militant·e·s se mobilisent pour rendre visibles ces mécanismes. En Europe, le règlement sur les services numériques (DSA) impose aux très grandes plateformes une transparence accrue sur leurs systèmes de recommandation et le droit pour les utilisateur·rice·s d&rsquo;accéder à un fil non personnalisé. C&rsquo;est une avancée. Insuffisante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la question n&rsquo;est pas seulement technique. Elle est politique. Qui décide de ce que des milliards de personnes voient chaque jour ? Au nom de quels intérêts ? Avec quels contrôles démocratiques ? Les auteur·rice·s de l&rsquo;étude soulignent eux-mêmes que les plateformes peuvent modifier leurs algorithmes à tout moment, sans que les chercheur·euse·s — ni les régulateur·rice·s — en soient informé·e·s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous non pas de nous résigner à subir des environnements informationnels façonnés par des logiques commerciales opaques, mais d&rsquo;exiger des mécanismes d&rsquo;audit indépendants, une transparence algorithmique effective et le renforcement des médias d&rsquo;information pluralistes capables de contrebalancer la puissance des plateformes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;étude complète est accessible sur <a href="https://www.nature.com/articles/s41586-026-10098-2">Nature</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos démocraties méritent mieux qu&rsquo;un fil.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>#AlgorithmeX #LibertéDExpression #DroitsNumeriques #DémocratieMédiatique #DSA #Désinformation #PluralismeInformatif #RéseauxSociaux #IA #GovernanceNumerique #TwitterX #ElonMusk #DroitsHumains #RegulationNumerique #MédiasIndépendants #droitsnumeriques #libertedinformation</em></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/03/01/lalgorithme-de-x-fabrique-du-consentement-conservateur/">L’algorithme de X fabrique du consentement conservateur</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">822</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Résister par le faire : quand les maker·euse·s défendent les droits fondamentaux</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/21/resister-par-le-faire-quand-les-maker%c2%b7euse%c2%b7s-defendent-les-droits-fondamentaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Feb 2026 11:32:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défenseurs des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Droits sociaux et économiques]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Migrants]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=817</guid>

					<description><![CDATA[<p>Aux États-Unis, des citoyen·ne·s utilisent imprimantes 3D et maker spaces pour résister aux raids d'ICE. Un mouvement qui interpelle l'Europe sur la défense concrète des droits fondamentaux.</p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/21/resister-par-le-faire-quand-les-maker%c2%b7euse%c2%b7s-defendent-les-droits-fondamentaux/">Résister par le faire : quand les maker·euse·s défendent les droits fondamentaux</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aux États-Unis, des citoyen·ne·s transforment leurs imprimantes 3D et leurs ateliers communautaires en outils de résistance face aux raids de l&rsquo;agence fédérale ICE. Un mouvement qui interroge l&rsquo;Europe sur sa propre trajectoire sécuritaire et sur la capacité des sociétés civiles à défendre concrètement les droits fondamentaux. Wired a mené une <a href="https://www.wired.com/story/makers-are-building-back-against-ice/" target="_blank" rel="noopener" title="">enquête à ce suje</a>t.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un quartier de Minneapolis, en janvier 2026, des agent·e·s fédéraux abattent deux personnes lors d&rsquo;une opération de contrôle migratoire. Un mois plus tard, à quelques rues de là, une imprimante 3D crache son énième sifflet d&rsquo;alerte, destiné à prévenir les habitant·e·s de la présence de l&rsquo;Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans le voisinage. C&rsquo;est toute la tension de ce moment américain : la violence d&rsquo;État d&rsquo;un côté, l&rsquo;ingéniosité citoyenne de l&rsquo;autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La solidarité en kit</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l&rsquo;intensification des opérations d&rsquo;ICE sous l&rsquo;administration Trump — dont les agent·e·s fédéraux disposent désormais d&rsquo;une latitude d&rsquo;usage de la force considérablement élargie —, les maker spaces, ces ateliers communautaires équipés d&rsquo;imprimantes 3D et de machines-outils, se sont transformés en véritables infrastructures de protection. Des milliers de sifflets circulent dans les quartiers ciblés. Des supports de caméras corporelles sont distribués aux observateur·rice·s civil·e·s. Des réseaux maillés Meshtastic, fonctionnant sans internet ni réseau mobile, permettent de communiquer hors de portée de toute surveillance. Des ateliers de réparation accueillent celles et ceux dont les portes ont été enfoncées lors de descentes policières — une réalité devenue banale dans certaines villes américaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de reconnaître que cette inventivité n&rsquo;est pas un caprice de bricoleur·euse·s. C&rsquo;est une réponse directe à une politique qui criminalise des populations entières, sépare des familles et transforme des quartiers en zones d&rsquo;occupation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des mécanismes qui nous concernent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les situations ne sont certes pas comparables en intensité. Mais depuis Bruxelles ou Liège, les mécanismes à l&rsquo;œuvre aux États-Unis renvoient à des dynamiques que nous connaissons. Les dispositifs de surveillance aux frontières européennes, le recours systématique à Frontex pour refouler des embarcations en Méditerranée, les technologies de reconnaissance faciale déployées dans plusieurs pays de l&rsquo;Union : l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas spectatrice innocente de la dérive sécuritaire mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Belgique, la question de la proportionnalité des moyens de contrôle migratoire se pose avec une acuité croissante. Les centres fermés, les raids dans les logements, les confiscations de biens de première nécessité documentées par plusieurs ONG sur nos trottoirs dessinent un paysage où l&rsquo;État de droit vacille parfois dangereusement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le « faire » comme acte politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment croire encore aux discours sur les « valeurs européennes » lorsque nos gouvernements multiplient les investissements dans des dispositifs de contrôle aux frontières sans effort comparable en matière d&rsquo;accueil ? Comment exiger des États-Unis le respect des droits fondamentaux si nous détournons le regard de nos propres pratiques ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que montrent les maker·euse·s américain·e·s, c&rsquo;est que la résistance peut être concrète, quotidienne, accessible. Comme le résume un·e participant·e anonyme interrogé·e par le magazine Wired : la résistance est d&rsquo;abord quelque chose de pratique. Cette philosophie du « faire » rappelle que les droits ne se défendent pas uniquement dans les tribunaux ou les parlements, mais aussi dans les ateliers de quartier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espoir par l&rsquo;action</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il nous revient, par nos actions, de ne pas abandonner cet espace de solidarité aux seul·e·s bricoleur·euse·s d&rsquo;outre-Atlantique. En Europe, des collectifs citoyens cartographient déjà les violences policières, documentent les conditions de rétention, développent des outils numériques de protection des droits. Des fablabs solidaires et des réseaux d&rsquo;entraide se multiplient dans nos villes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives parviendront, nous en sommes sûr·e·s, à tracer les pistes d&rsquo;une résistance démocratique, pour peu que nous les soutenions. Charge à nous non pas de céder à la peur ou au fatalisme, mais de fournir les outils — matériels et juridiques — qui permettront à chacun·e de défendre ses droits et ceux de ses voisin·e·s. La technologie change, les imprimantes 3D remplacent les machines à écrire, mais l&rsquo;essentiel demeure : des citoyen·ne·s déterminé·e·s, uni·e·s, qui refusent de baisser les bras.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de fabriquer la lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#DroitsHumains #RésistanceCitoyenne #MakerSpaces #ICE #Solidarité #ÉtatDeDroit #Frontex #Surveillance #FabLab #DroitsFondamentaux</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/21/resister-par-le-faire-quand-les-maker%c2%b7euse%c2%b7s-defendent-les-droits-fondamentaux/">Résister par le faire : quand les maker·euse·s défendent les droits fondamentaux</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">817</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Anthropic, ou le paradoxe du pompier pyromane de l&#8217;IA</title>
		<link>https://en-avant.info/2026/02/07/anthropic-ou-le-paradoxe-du-pompier-pyromane-de-lia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Hensmans]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Feb 2026 14:41:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Digital]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://en-avant.info/?p=800</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans un long article, le magazine WIRED décortique la stratégie d&#8217;Anthropic, créatrice du chatbot Claude. L&#8217;entreprise, qui se veut championne de la sécurité en intelligence artificielle, parie sur la « sagesse » de sa propre création pour éviter la catastrophe. Une promesse qui interroge profondément notre rapport démocratique à la technologie. L&#8217;enquête publiée par WIRED ... </p>
<p class="read-more-container"><a title="Anthropic, ou le paradoxe du pompier pyromane de l&#8217;IA" class="read-more button" href="https://en-avant.info/2026/02/07/anthropic-ou-le-paradoxe-du-pompier-pyromane-de-lia/#more-800" aria-label="En savoir plus sur Anthropic, ou le paradoxe du pompier pyromane de l&#8217;IA">Lire plus</a></p>
<p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/07/anthropic-ou-le-paradoxe-du-pompier-pyromane-de-lia/">Anthropic, ou le paradoxe du pompier pyromane de l’IA</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.wired.com/story/the-only-thing-standing-between-humanity-and-ai-apocalypse-is-claude/" title="">Dans un long article</a>, le magazine <em>WIRED</em> décortique la stratégie d&rsquo;Anthropic, créatrice du chatbot Claude. L&rsquo;entreprise, qui se veut championne de la sécurité en intelligence artificielle, parie sur la « sagesse » de sa propre création pour éviter la catastrophe. Une promesse qui interroge profondément notre rapport démocratique à la technologie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enquête publiée par <em>WIRED</em> en ce début 2026 met le doigt sur une contradiction que les observateur·rice·s des droits humains connaissent bien : celle d&rsquo;un acteur qui dénonce un danger tout en contribuant à l&rsquo;alimenter. Anthropic, start-up californienne valorisée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, se présente comme l&rsquo;entreprise d&rsquo;IA la plus obsédée par la sécurité. Elle finance des recherches sur les risques existentiels, publie des analyses détaillées des failles de ses modèles, et a même recruté une philosophe, Amanda Askell, pour rédiger le cadre éthique de son chatbot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, comme le souligne <em>WIRED</em>, cela ne l&#8217;empêche nullement de poursuivre, avec la même détermination que ses concurrents, la course au développement d&rsquo;une intelligence artificielle toujours plus puissante. Le PDG Dario Amodei reconnaît lui-même que le défi est « intimidant ». Son récent article de blog, <em>L&rsquo;adolescence de la technologie</em>, évoque des « océans noirs de l&rsquo;infini » — des mots qui tranchent singulièrement avec le discours proto-utopique qu&rsquo;il tenait quelques mois plus tôt. Ce glissement sémantique, à lui seul, devrait nous alerter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Confier les clés à la machine ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse d&rsquo;Anthropic à ce paradoxe tient en une formule qui laisserait perplexe n&rsquo;importe quel·le juriste en droits fondamentaux : « En Claude nous avons confiance. » L&rsquo;entreprise a mis à jour la « Constitution de Claude », un document qui ne s&rsquo;adresse plus aux ingénieur·e·s, mais au chatbot lui-même. Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;imposer des règles strictes, mais de guider Claude vers un « jugement indépendant », une capacité à être « intuitivement sensible » aux situations éthiques complexes. Le texte exprime même l&rsquo;espoir que le modèle « puise de plus en plus dans sa propre sagesse ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sagesse. Le mot est lâché. Amanda Askell le défend avec un aplomb remarquable dans les colonnes de <em>WIRED</em> : « Je pense que Claude est certainement capable d&rsquo;une certaine forme de sagesse. » L&rsquo;affirmation est vertigineuse. Car ce que propose Anthropic, au fond, c&rsquo;est de déléguer à un algorithme — aussi sophistiqué soit-il — des arbitrages qui relèvent du cœur même de l&rsquo;éthique humaine. Quand faut-il refuser d&rsquo;aider un utilisateur ? Comment annoncer un diagnostic médical grave ? À quel moment la prudence devient-elle censure ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces questions ne sont pas nouvelles. Elles traversent depuis des siècles les débats sur la responsabilité morale, la justice et la gouvernance. La nouveauté, c&rsquo;est qu&rsquo;on envisage désormais d&rsquo;en confier la résolution à un système que personne ne sait véritablement expliquer — y compris ses créateur·rice·s.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Où sont les citoyen·ne·s ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ne pas s&rsquo;interroger, à la lecture de cet article, sur l&rsquo;absence totale de contrôle démocratique dans cette équation ? Comment accepter que des décisions éthiques fondamentales soient prises dans les bureaux d&rsquo;une start-up californienne, sans aucune forme de délibération publique ? Comment croire que la « sagesse » d&rsquo;un modèle linguistique puisse se substituer aux mécanismes — imparfaits mais essentiels — de la démocratie représentative ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;article de <em>WIRED</em> révèle que Sam Altman, patron d&rsquo;OpenAI, envisage de confier un jour la direction de son entreprise à une IA. Nous ne sommes plus dans la science-fiction. Le projet est explicite : remplacer la gouvernance humaine par une gouvernance algorithmique. Cela concerne directement les droits fondamentaux de milliards de personnes — le droit à l&rsquo;information, le droit à la vie privée, le droit à ne pas être discriminé·e par un système opaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, le Règlement sur l&rsquo;intelligence artificielle (AI Act), entré en application progressive depuis 2025, tente d&rsquo;imposer des garde-fous. En Belgique, le débat sur l&rsquo;encadrement de la reconnaissance faciale et des systèmes décisionnels automatisés avance, mais reste largement en deçà de l&rsquo;accélération technologique. Force est de reconnaître que nos institutions peinent à suivre le rythme imposé par des entreprises dont les budgets de recherche dépassent ceux de nombreux États.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le miroir tendu</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait toutefois réducteur de ne voir dans cette affaire qu&rsquo;une critique de la Silicon Valley. L&rsquo;article de <em>WIRED</em> nous tend un miroir. Car le paradoxe d&rsquo;Anthropic est aussi le nôtre. Nous utilisons massivement ces technologies tout en redoutant leurs conséquences. Nous exigeons des réponses éthiques de la part d&rsquo;entreprises privées, tout en refusant d&rsquo;investir les moyens nécessaires dans une gouvernance publique de l&rsquo;IA. Nous critiquons la concentration du pouvoir technologique, tout en restant passif·ve·s face à la captation de nos données et de notre attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La constitution de Claude, aussi bien intentionnée soit-elle, ne peut pas remplacer une constitution tout court — celle qui organise nos droits, nos contre-pouvoirs et notre vie en société. L&rsquo;IA constitutionnelle est un objet fascinant. Mais elle ne deviendra un progrès réel que si elle s&rsquo;inscrit dans un cadre de régulation défini par des processus démocratiques, avec la participation des citoyen·ne·s, et pas seulement des ingénieur·e·s et des investisseur·euse·s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations de défense des droits humains, en Belgique comme ailleurs, ont un rôle crucial à jouer dans ce débat. Non pas pour rejeter la technologie en bloc, mais pour exiger qu&rsquo;elle serve les droits fondamentaux plutôt que de les soumettre à la bonne volonté d&rsquo;algorithmes — fussent-ils « sages ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À nous de l&rsquo;exiger.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f50e.png" alt="🔎" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> ENCADRÉ — La « Constitution de Claude », mode d&#8217;emploi</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Publiée par Anthropic en janvier 2026, la nouvelle <a href="https://www.anthropic.com/constitution" title="">« Constitution de Claude » </a>est un document de plusieurs milliers de mots qui ne s&rsquo;adresse pas aux utilisateur·rice·s, mais au chatbot lui-même. Contrairement à la version précédente, qui compilait des textes de référence externes (Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme, principes anti-discrimination de DeepMind, conditions d&rsquo;utilisation d&rsquo;Apple), cette mise à jour se présente comme un guide éthique intégré.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trois principes fondamentaux</strong> structurent le texte : l&rsquo;entraide (être utile à l&rsquo;utilisateur·rice), la sécurité (ne pas causer de tort) et l&rsquo;honnêteté (ne pas induire en erreur). La constitution demande à Claude de faire preuve de « jugement indépendant » lorsque ces principes entrent en conflit — par exemple, quand aider un·e utilisateur·rice pourrait mettre en danger une tierce personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le point le plus controversé</strong> est l&rsquo;invitation faite au modèle à développer sa propre « sagesse ». Amanda Askell, philosophe et auteure principale du document, assume cette ambition : il ne s&rsquo;agit plus de programmer des interdits, mais de cultiver chez l&rsquo;IA une sensibilité éthique contextuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les critiques</strong> portent sur l&rsquo;absence de contrôle externe : ce cadre éthique est défini par l&rsquo;entreprise elle-même, sans validation démocratique ni audit indépendant obligatoire. L&rsquo;AI Act européen impose certes des obligations de transparence pour les systèmes à haut risque, mais la question de savoir si un chatbot grand public entre dans cette catégorie reste ouverte.</p>
</blockquote>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>#IntelligenceArtificielle #DroitsHumains #Anthropic #Claude #AIAct #GouvernanceNumérique #ÉthiqueIA #Démocratie #RégulationIA #DroitsFondamentaux</strong></p><p>The post <a href="https://en-avant.info/2026/02/07/anthropic-ou-le-paradoxe-du-pompier-pyromane-de-lia/">Anthropic, ou le paradoxe du pompier pyromane de l’IA</a> first appeared on <a href="https://en-avant.info">En avant</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">800</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
